Des caméras de surveillance ont filmé un renard dans le réacteur n°2

TEPCo a mis en ligne des images d’un renard prises le 21 décembre 2015 dans le réacteur n°2 par des caméras de surveillance. Elle ne sait pas par où il est passé. L’animal a été vu pendant 7 à 8 minutes et l’on ne connaît pas la dose qu’il a prise. Elle doit être très élevée car il y a jusqu’à 10 sieverts par heure dans cette zone du réacteur, interdisant l’accès aux humains.

En 2013, des rats avaient rongé des câbles électriques, faisant disjoncter 9 installations.

Nouvelles informations sur la fusion des réacteurs 2 et 3

TEPCo a mis en ligne de nouvelles informations sur les accidents survenus dans les réacteurs n°2 et 3 de la centrale de Fukushima daï-ichi. Lire son communiqué en anglais et le document associé. Le document en japonais est beaucoup plus détaillé.

• La fusion du cœur du réacteur n°2 aurait eu lieu au bout de quatre jours. Voici l’explication avancée par TEPCo. Le système de refroidissement de secours se serait arrêté au bout de quatre jours, le 14 mars au soir et la température est montée. Pour maintenir le refroidissement, les personnes sur place ont tenté d’injecter de l’eau à partir d’un camion pompier. Cela n’a pas fonctionné car la pression à l’intérieur de la cuve était trop élevée. Pour faire diminuer la pression, il fallait éventer le réacteur en ouvrant huit vannes de secours. Cela a été tenté aux premières heures du 15 mars, mais cela n’a pas marché. Ces vannes auraient dû être ouvertes à l’aide d’azote maintenu sous pression, mais, les joints en caoutchouc de la vanne d’injection auraient fondu à cause de la chaleur, entraînant une fuite. La température aurait atteint 200°C, ce qui est plus que ce qui était prévu…

La pression a finalement baissé après qu’une des vannes se soit finalement ouverte vers 1h du matin.

Ces joints peuvent tenir jusqu’à 170°C pendant quelques heures seulement. Ces pièces particulièrement fragiles sont présentes sur les autres réacteurs du même type. TEPCo va les changer sur ses autres réacteurs de Kashiwazaki-Kariwa.

• En ce qui concerne le réacteur n°3, les plus forts rejets radioactifs dans l’atmosphère ne seraient pas dus aux évents destinés à faire baisser la pression, mais à une perte d’étanchéité du confinement. Le réacteur n°3 a été éventé à trois reprises durant les premiers jours. Le troisième évent a eu lieu à 21h le 13 mars, mais la pression n’aurait pas baissé comme attendu. Ainsi, les rejets qui ont suivi, entre la nuit du 14 et le 16 mars seraient dus à une perte de l’étanchéité. TEPCo était déjà arrivé à une conclusion similaire pour le réacteur n°2.

Annonce du retrait du toit du réacteur n°2

TEPCo a annoncé qu’elle allait commencer à retirer le toit du réacteur n°2 à partir de l’été 2016, au plus tôt. Elle espère finir pour mars 2019. Puis elle procédera au retrait des 615 assemblages de combustible de la piscine à partir de 2020. La compagnie se donne deux ans pour indiquer comment elle s’y prendra. Elle pourrait recouvrir le bâtiment d’une couverture avant de faire tomber les murs.

Comme pour les réacteur n°1 et 3, le débit de dose est trop élevé pour que se soient des humains qui fassent le travail.

De forts débits de dose découverts

Selon la presse japonaise, TEPCo aurait annoncé avoir mesuré des débits de dose très élevés au voisinage de l’enceinte de confinement du réacteur n°2. La plus forte valeur, de 9,4 sieverts par heure ( 9 400 mSv/h !), qui est létale en quelques minutes, a été détectée au niveau du sol sans que TEPCo ne sache pourquoi. La compagnie annonce qu’elle va décontaminer, sans plus de précision.

Du côté de la cheminée de rejet commune aux réacteurs n°1 et 2, TEPCo a mis en ligne (en japonais uniquement), des photos montrant des dégradations. Le démantèlement est difficile à mettre en œuvre à cause des débits des dose élevés à proximité (pages 15 et 16 du document), jusqu’à 2 sieverts par heure (2 000 mSv/h) au pied, là où il y avait plus de 10 sieverts par heure en août 2011.

TEPCo examine la cheminée de rejet des réacteurs 1 et 2

La cheminée de rejet des réacteurs 1 et 2 de la centrale de Fukushima daï-ichi, qui fait 120 m de hauteur, commence à se détériorer. Les jambes de soutien montrent des fissures et des déformations. La compagnie doit contrôler leur évolution afin de déterminer si la cheminée doit être renforcée ou démantelée. Elle estime cependant qu’il n’y a pas de risque d’effondrement, même en cas de fort séisme.

Le problème est que cette cheminée, qui a servi aux rejets de gaz radioactifs lors de l’accident, est elle-même très radioactive. En 2011, un débit de dose de l’ordre de 10 sieverts par heure a été relevé. C’est une dose létale en moins d’une heure. En 2013, un robot a relevé jusqu’à 25 sieverts par heure. Des mesures vont à nouveau être effectuées.

Nouveaux jalons dans la sécurisation des réacteurs

TEPCo annonce avoir réussi à retirer des derniers blocs de béton qui obstruaient l’accès des robots à l’enceinte de confinement du réacteur n°2. Comme ils étaient fixés dans le sol, il n’a pas été possible de le retirer avec des engins télécommandés. Ce sont donc des travailleurs qui ont conduit les engins sur place, après avoir installé des panneaux pour atténuer le rayonnement. (Voir le schéma et les photos mis en ligne par TEPCo). Le débit de dose ambiant était tout de même de l’ordre de 4 à 6 mSv/h. C’est beaucoup quand on sait que la limite moyenne à ne pas dépasser est de 20 mSv par an pour les travailleurs. La plus forte dose prise lors de ces opérations serait de 2,5 mSv.

La compagnie doit encore décontaminer les lieux et trouver un moyen de faire baisser le débit de dose. Il y en a pour plusieurs mois.

Du côté du réacteur n°1, TEPCo annonce avoir terminé de retirer le toit. Elle a mis des photos en ligne. Elle avait commencé en juillet dernier à retirer les 6 panneaux qui formaient la canopée. Il lui a fallu tant de temps à cause du scandale des poussières radioactives lors du déblaiement du haut du réacteur n°3. (Voir notre synthèse de mars 2015 à ce propos). La compagnie va retirer quelques débris qui gène les opérations d’aspersion d’agent fixant les poussières, puis les panneaux latéraux. Le retrait des débris en vue d’accéder aux combustibles de la piscine ne devrait pas commencer avant la mi-2016.

70 à 100% du cœur du réacteur n°2 aurait fondu

Les muons, ces particules cosmiques, ont été utilisés pour radiographier deux des réacteurs de Fukushima daï-ichi, confirmant ainsi la fusion des cœurs. Pour le réacteur n°2, c’est l’université de Nagoya qui a effectué le travail. Cette même équipe affirme qu’il est fort probable que 70 à 100% du cœur de ce réacteur a fondu. Où est passé le corium, c’est la dire le cœur fondu ? Il n’est pas encore possible de répondre à cette question. TEPCo estime qu’une partie est restée dans la cuve du réacteur.

Les chercheurs de l’université de Nagoya doivent présenter leurs résultats lors d’un congrès de la société japonaise de physique à Ôsaka. Pour arriver à ces conclusions, ils ont comparé le réacteur n°2 au réacteur n°5. Voir une ancienne présentation de cette équipe, qui montre la technologie utilisée.

TEPCo, qui a déjà montré que tout le cœur du réacteur n°1 a percé la cuve, veut à son tour radiographier le réacteur n°2 avec des muons, mais le détecteur qu’elle a fait développer est trop grand et peut pas être utilisé

L’AIEA publie son rapport sur la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi

L’AIEA a publié son rapport sur la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi. Il y a 1 200 pages en tout réparties en

avec des annexes.

En feuilletant rapidement certaines parties, il apparaît que ce rapport a beaucoup puisé dans les rapports des commissions d’enquête gouvernementale et parlementaire et n’apporte pas beaucoup d’information nouvelle.

Dans sa communication, l’AIEA a mis en avant deux points repris par les médias :

  • une trop grande confiance dans la sûreté des installations nucléaires et un manque de préparation pour faire face à l’accident (il aurait été difficile de dire l’inverse…)
  • qu’il est peu probable qu’il y ait une augmentation du nombre de cancers de la thyroïde chez les enfants de Fukushima.

Problèmes avec les détecteurs de muons

Les muons sont des particules cosmiques qui peuvent traverser de fortes épaisseurs. Ils ont été utilisés radiographier les cœurs des réacteurs 1 et 2. En effet, le corium, c’est à dire le combustible fondu, est plus dense, et absorbe plus de muons.

Des essais effectués sur le réacteur n°1 ont permis de confirmer la fusion du cœur et le percement de la cuve. Après ce premier essai, de nouveaux détecteurs ont été développés, pour un coût de 4 millions de dollars, mais, selon la NHK, la télévision publique, ils sont trop grands pour être installés dans le réacteur n°2. Il faudrait en démonter une partie, décontaminer les lieux, ce qui conduirait à un triplement du coût. TEPCo et les autorités vont donc utiliser les détecteurs qui ont servi pour le réacteur n°1.

Ce qui a de surprenant dans cette histoire, outre le fait que les détecteurs aient été construits sans se préoccuper de savoir s’ils avaient la bonne taille, c’est que le réacteur n°2 a déjà été radiographié par l’université de Nagoya sans que TEPCo n’ait mentionné ces résultats.

La compagnie a aussi reporté l’envoi d’un robot dans la cuve du réacteur n°2.

TEPCo a réussi à vider l’eau contaminée de la galerie souterraine reliée au bâtiment turbine du réacteur n°2

On le sait, un des principaux problèmes auxquels doit faire face TEPCo est l’eau contaminée qui s’accumule toujours au rythme de 300 m3 par jour à cause des infiltrations de l’eau souterraine qui se mélange à l’eau de refroidissement, fortement contaminée. Cette eau est partiellement décontaminée et stockée dans des cuves.

TEPCo a mené plusieurs tentatives pour réduire ces infiltrations, qui vont du pompage de l’eau souterraine, en amont, au gel du sous-sol tout autour des réacteurs. Mais, en aval, il y a de nombreuses galeries souterraines avec des câbles et des tuyaux. TEPCo a tenté, tout au long du printemps et de l’été 2014 de geler, à titre expérimental, une de ces galeries, avant de reconnaître, en août 2014, que c’était un échec. En septembre 2014, elle a proposé de colmater ces galeries avec du ciment pour bloquer les écoulements, tout en pompant l’eau pour éviter les débordements. En vain. Puis, en novembre 2014, elle a proposé de les remplir de ciment.

TEPCo vient d’annoncer qu’elle a enfin réussi à vider l’eau fortement contaminée d’une galerie souterraine reliée au bâtiment turbine du réacteur n°2. Il y avait 4 500 m3. C’est une bonne nouvelle, car cela signifie qu’elle a réussi à y bloquer l’écoulement. Cela devrait entraîner une réduction des fuites vers l’océan. Une autre galerie reliée au réacteur n°3 devrait suivre, en juillet, dès que la compagnie a l’accord des autorités de mettre l’eau dans le bâtiment turbine n°1. Le cimentage continue, comme on peut le voir sur ce document remis à la presse.

Pour l’occasion, la compagnie a remis à jour la page présentant ces opérations.