Début du retrait des panneaux latéraux autour du réacteur n°1

TEPCo a commencé à retirer les panneaux latéraux qui entourent le réacteur n°1. La compagnie a mis des photos et une vidéo en ligne. Le panneau retiré ce jour mesure 23 m sur 17 m et pèse 20 tonnes. Il y a 17 autres panneaux à retirer. TEPCo espère avoir fini avant la fin de l’année.

Il faudra ensuite retirer les débris, puis reconstruire une structure afin de vider la piscine de combustibles avec 392 assemblages. Il y en a pour plusieurs années encore, d’autant plus qu’il y a de nombreuses barres endommagées qu’il va être difficile de retirer. Elles étaient là avant la catastrophe. Le retrait des combustibles ne devrait commencer qu’en 2020, au plus tôt.

Les panneaux et un toit avaient été mis en place en octobre 2011 pour limiter les rejets gazeux et l’eau de pluie. Le retrait du toit avait débuté en juillet 2015. Ces travaux ont pris beaucoup de retard à cause du scandale lié aux rejets de poussières radioactives lors des travaux de démantèlement du réacteur n°3, suite aux négligences de la compagnie.

Démantèlement du réacteur n°1 : nouvelle vidéo de TEPCo

TEPCo a engagé le démantèlement de la structure qui recouvrait le réacteur n°1. Elle va ensuite retirer les débris et reconstruire une nouvelle structure afin de retirer le combustible de la piscine de refroidissement. Cela a déjà été effectué pour le réacteur n°4. Pour le réacteur n°3, le retrait des débris est terminé et TEPCo construit une nouvelle structure.

Une vidéo promotionnelle de TEPCo explique les opérations à venir et insiste sur les mesures prises pour éviter la dispersion de poussières. Comme le retrait des débris du réacteur n°3 avait entraîné des rejets conséquents de poussières radioactives qui avait contaminé des travailleurs et fort probablement des rizières situées au-delà des zones évacuées, TEPCo promet de faire attention cette fois-ci.

Ce que ne dit pas la vidéo, c’est que les travaux auraient dû débuter en juillet 2014, mais ils ont pris du retard suite au scandale des rejets de poussières radioactives. Ce n’est que le 31 décembre 2013 que l’on avait appris que TEPCo n’avait pas aspergé des résines fixatrices sur le réacteur n°3 ou les avait fortement diluées. Voir notre bilan des quatre ans à ce propos, ainsi que celui pour les cinq ans.

TEPCo explique que toutes les mesures mises en place au niveau du réacteur n°1 sont pour la “tranquillité d’esprit des riverains” (sic). C’est que ces idiots de riverains, ils ont peur de tout !

TEPCo a commencé une radiographie muons du cœur du réacteur n°2

TEPCo et des équipes de recherche ont déjà utilisé des particules cosmiques pénétrantes, à savoir les muons, pour radiographier l’intérieur des réacteurs accidentés. Le combustible nucléaire étant très dense, il devrait absorber plus de muons que s’il y a du vide.

La compagnie avait ainsi conclu en mars 2015 que le corium du réacteur n°1 a entièrement percé la cuve (pas de morceau supérieur à 1 m). Puis, ces détecteurs étaient trop gros pour le réacteur n°2… Mais l’université de Nagoya avait déjà effectué une radiographie du réacteur n°2, forcément avec l’accord de TEPCo, et conclu que 70 à 100% du cœur du réacteur n°2 a fondu.

TEPCo vient de communiquer en japonais (et aussi en anglais maintenant) sur sa propre radiographie muons du réacteur n°2, avec des photos. Il lui faut accumuler plus de données pour conclure, mais la compagnie explique que, pour le moment, on ne voit rien dans la zone du cœur. En revanche, elle voit bien une zone plus dense au niveau de la piscine de combustibles. A suivre…

Dans un entretien avec ABC news en Australie, Naohiro Masuda, le directeur en charge du chantier de sécurisation et démantèlement des réacteurs accidentés, estime à 600 tonnes le combustible fondu. Il espère que la compagnie aura réussi à localiser le combustible fondu (corium) d’ici 2021 afin de lancer les travaux de retrait. Mais la technologie à mettre en œuvre est encore à développer.

En revanche, il est assez affirmatif quant au taux de fusion : dans le réacteur n°1, tout aurait fondu, selon lui, ce qui est confirmé par les muons. Mais pour les réacteurs n°2 et 3, il explique que de 30 à 50% du combustible est resté dans la cuve, sans étayer cette affirmation. Ce n’est pas en accord avec les affirmations de l’université de Nagoya. Quant au réacteur n°3, aucune radiographie muons n’a été effectuée pour le moment.

Fukushima Nuclear Accident Archives

La Japan Atomic Energy Agency (l’équivalent du CEA) a créé une base de données, documents, articles, vidéo… sur la catastrophe de Fukushima et ses conséquences.

TEPCo reporte l’auscultation de l’intérieur des réacteurs 1 et 2 par des robots

TEPCo devait inspecter l’intérieur de l’enceinte de confinement des réacteurs n°1 et 2 à l’aide de robots avant la fin de l’année fiscale qui se termine le 31 mars, mais elle ne tiendra pas ses délais. Parmi les obstacles, il y a une eau trop trouble qui réduit la visibilité, comme cela avait été constaté lors de tests préliminaires.

En mai dernier, la compagnie vantait pourtant ses robot dans une vidéo promotionnelle.

Le robot qui devait pénétrer dans le réacteur n°1 va être adapté et la compagnie espère pouvoir effectuer l’endoscopie en 2016, sans pour autant donner de calendrier. Le document mis en ligne sur le site de la compagnie est peu explicite, comme d’habitude.

Aspirateur géant pour le réacteur n°1

TEPCo a commencé à retirer les débris qui jonchent le sommet du réacteur n°1 avec un aspirateur géant. La compagnie va ensuite installer un système d’aspersion d’une résine fixatrice afin d’éviter la dispersion de poussières comme pour le réacteur n°3.

Les débris qu’il peut aspirer peuvent faire jusqu’à 25 cm et 20 kg. L’appareil est, bien entendu, télécommandé car le débit de dose y est trop élevé pour des humains. Voir quelques photos commentées en japonais.

De forts débits de dose découverts

Selon la presse japonaise, TEPCo aurait annoncé avoir mesuré des débits de dose très élevés au voisinage de l’enceinte de confinement du réacteur n°2. La plus forte valeur, de 9,4 sieverts par heure ( 9 400 mSv/h !), qui est létale en quelques minutes, a été détectée au niveau du sol sans que TEPCo ne sache pourquoi. La compagnie annonce qu’elle va décontaminer, sans plus de précision.

Du côté de la cheminée de rejet commune aux réacteurs n°1 et 2, TEPCo a mis en ligne (en japonais uniquement), des photos montrant des dégradations. Le démantèlement est difficile à mettre en œuvre à cause des débits des dose élevés à proximité (pages 15 et 16 du document), jusqu’à 2 sieverts par heure (2 000 mSv/h) au pied, là où il y avait plus de 10 sieverts par heure en août 2011.