Paroles de ministre

Le nouveau ministre de l’environnement a fait sa première sortie à Fukushima, ce qui est normal, étant donnée l’ampleur du désastre. La nouvelle ministre de l’industrie a choisi la centrale accidentée pour sa première sortie. Elle y a encouragé les ouvriers sur place, mais n’a rien proposé de concret pour les protéger.
Interrogée par les journalistes qui l’accompagnaient à propos de l’eau contaminée, elle a aussi expliqué qu’elle pense que la situation est « globalement sous contrôle », répétant la célèbre phrase du premier ministre devant le comité olympique, il y a un an. Et d’ajouter, que les effets de la pollution radioactive sont complètement bloqués dans le port. Là encore, il s’agit d’un copier-coller des paroles du premier ministre, sans que l’on en sache plus sur ce qu’ils entendent par « les effets ». Et dire que c’est cette ministre qui doit redonner confiance dans l’énergie nucléaire.
Voir notre note du 15 août dernier à propos des fuites en mer qui dépassent les autorisations de rejet. Que signifie « sous contrôle » quand il y a des fuites élevées ?
TEPCo a mis des photos de cette visite. Preuve qu’elle communique de façon ouverte et transparente !

Décontamination de l’eau

TEPCo reconnaît qu’elle ne pourra pas traiter avec ALPS toute l’eau contaminée avant la fin de l’année fiscale, qui termine le 31 mars 2015. Il y en a actuellement 367 000 m3 auxquels il faut ajouter ce qu’il y a dans les sous-sols des réacteurs, bâtiments turbine, galeries souterraines…, plus toute l’eau supplémentaire d’ici là, de l’ordre de 43 000 m3, pour arriver à un total de 420 000 m3.
TEPCo espère traiter 380 000 m3 d’ici le 31 mars 2015 avec ALPS. Pour les 40 000 m3 restant, elle veut retirer le césium et strontium avant de les passer dans ALPS plus tard. La station ALPS est supposée retirer 62 radioéléments, mais n’a toujours pas le feu vert de la NRA pour fonctionner à plein régime et peine toujours à abaisser la contamination de certains radioéléments à des niveaux jugés acceptables.

Eau contaminée : “situation sous contrôle”

Il y a un an, le premier ministre japonais déclarait devant le comité international olympique que la situation était « sous contrôle » en ce qui concerne les fuites en mer d’eau contaminée. Un an plus tard, TEPCo a reconnu que le pompage en amont dans les nappes phréatiques ne servait à rien, que le mur gelé dans une galerie souterraine n’a pas pris et, maintenant, que la station de traitement des eaux contaminées, ALPS, n’est toujours pas au point. Outre des pannes à répétition, ses performances ne sont pas à la hauteur des espérances pour quatre éléments.
TEPCo veut donc installer une nouvelle ligne test pour ALPS, avec une meilleure protection contre les fuites et une unité de décontamination supplémentaire pour ces quatre éléments.
Tout doit fonctionner pour décembre 2014 et pouvoir traiter 2 000 m3/jour. Mais cela fait des mois et des mois que la station ALPS est pour bientôt. Les premiers tests ont eu lieu en mars 2013.
En attendant, les fuites en mer continuent et l’eau continue de s’accumuler dans des cuves. Il y en a maintenant 367 000 m3 auxquels il faut ajouter ce qu’il y a dans les sous-sols des réacteurs, bâtiments turbine, galeries souterraines…

Eau contaminée : peu de progrès

TEPCo est toujours à la peine avec l’eau contaminée. Il y a trois mois, elle a commencé à pomper de l’eau en amont des réacteurs pour la rejeter en mer. Cela n’a pas été facile car cette eau est contaminée au tritium à cause des cuves voisines. Il y a aussi du césium, comme dans les cours d’eau, suite au lessivage des sols. Les pêcheurs étaient réticents et TEPCo leur avait menti par omission en ne leur disant pas que les fuites en mer continuaient. Après de longues discussions, un double contrôle avant rejet en mer, TEPCo en a finalement rejeté 25 000 m3 en trois mois. Elle l’avait annoncé que cette mesure allait faire diminuer la quantité d’eau qui pénètre dans les sous-sols des réacteurs où elle se contamine beaucoup plus et elle vient de reconnaître qu’il n’en est rien. Il y a toujours 400 m3 par jour qui viennent s’ajouter au stock et il faut toujours ajouter des cuves et des cuves pour la stocker.
Par ailleurs, le gouvernement japonais a retenu trois compagnies étrangères parmi 29 candidatures pour déterminer la meilleure méthode pour séparer le tritium de l’eau contaminée. Il s’agit de Kurion (Etats-Unis), General Electric Hitachi Nuclear Energy Canada Inc et RosRAO (Russie). Elles vont recevoir chacune jusqu’à un milliards de yens (7,3 millions d’euros) en R&D pour déterminer si le tritium peut être séparé à un coût raisonnable. Elles doivent rendre leur conclusion pour mars 2016. Il n’y a aucun engagement à déployer ces technologies par la suite.
Pendant ce temps là, les fuites en mer continuent (cf 15 août dernier).