Toujours l’eau contaminée

Le système de filtrage du césium de la station de traitement des eaux contaminées s’est arrêté. Ce serait dû à une erreur humaine.

Comme TEPCo n’a pas réussi à créer un bouchon de glace dans la galerie souterraine située entre les réacteurs 2 et 3, elle a proposé à la NRA de cimenter la tranchée. Cette dernière a reconnu qu’il n’y avait probablement pas d’autre solution possible. Le sujet va être débattu lors de réunions communes.

La contamination en tritium de l’eau d’un puits situé en amont des réacteurs où l’eau est pompée pour être rejetée dans la mer, vient de battre son propre record avec 370 Bq/L (prélèvement du 22 septembre 2014). C’est moins que la limite de rejet qui est de 1 500 Bq/L.

Effet du pompage en amont

On le sait, TEPCo a commencé à pomper l’eau souterraine bien en amont des réacteurs, la transvase dans des cuves, la contrôle avant de la rejeter dans l’océan. Ces opérations devaient réduire de 100 m3 par jour les infiltrations d’eau souterraine dans les sous-sols des réacteurs. La compagnie pompe entre 300 et 350 m3 par jour et a ainsi rejeté 36 000 m3 d’eau depuis mai dernier.
Les effets se faisaient attendre, TECPo ne constatant aucune baisse et son stock d’eau contaminée continue à augmenter de 400 m3 par jour. La compagnie vient d’annoncer qu’elle a enfin observé un effet : le volume d’eau qui s’infiltre semblerait avoir été réduit de 50 à 80 m3 par jour. Il s’agit là d’une estimation corrigée des données saisonnières qui prend en compte les précipitations. Il est vrai que les pluies ont été particulièrement abondantes cet été au Japon.
La compagnie aurait aussi observé une baisse de 20 cm du niveau de l’eau dans trois puits de contrôle. Voir le document explicatif en japonais.
Pour limiter encore plus les infiltrations d’eau souterraine dans les sous-sols des réacteurs où elle se contamine, TEPCo veut aussi pomper l’eau souterraine à proximité, la décontaminer et la rejeter dans l’océan. La compagnie a eu une réunion avec des pêcheurs d’Iwaki pour leur expliquer ses projets, mais ils s’y sont opposés.
Ils étaient 90 et TEPCo va organiser une autre réunion pour ceux qui n’ont pas pu venir. Elle devra aussi fournir plus d’études et des chiffres.
Cette dernière démarche de TEPCo est aussi un pas de plus vers le rejet de l’eau des cuves après décontamination. Si elle arrive à convaincre pour l’eau souterraine traitée, elle espère ensuite pouvoir convaincre plus facilement pour celle des cuves.
En attendant, TEPCo continue de pomper l’eau contaminée dans des cuves. Elle en a près de 400 000 tonnes maintenant, plus ce qui reste dans les sous-sols, galeries souterraines…

Echec du gel de la galerie souterraine

On le sait, TEPCo veut geler le sol tout autour des quatre réacteurs accidentés pour limiter les infiltrations d’eau souterraine et les fuites vers la mer d’eau contaminée. Mais, les tests pour geler une galerie souterraine pleine d’eau contaminée en aval des réacteurs se sont révélés être un échec, comme la compagnie l’a reconnu il y a un mois. Seulement 90% de la section de la galerie a pris en glace et l’eau continue à circuler.
TEPCo a proposé de cimenter une partie et la NRA vient de donner son feu vert. Pourquoi ne pas avoir mis du ciment dès le début, c’est plus simple et moins cher que la glace ?

Fuites en mer : document de TEPCo

TEPCo a mis en ligne un document en anglais où elle présente les mesures prises pour réduire les fuites. Ce document avait déjà été publié en japonais le 15 août dernier. Il fait apparaître une évaluation des fuites en mer qui montre, si l’on fait les calculs, que les autorisations annuelles de rejet sont dépassées. TEPCo ne le mentionne pas et préfère dire que le niveau de contamination de l’eau de mer, au large, est faible. Certes, mais il est anormal.

Records de contamination

Records de la contamination radioactive de l’eau : il s’agit de données sur le strontium, qui est long à mesurer. Les prélèvements datent donc de mai 2014. Dans les puits de contrôle 1-14, 1-17 et 1-6, il y avait, respectivement, 2 200, 5 600 et 690 000 Bq/L. Pour l’eau de mer, il y a aussi de nombreux records compris entre 250 et 1 400 Bq/L (prélèvements des 12 et 15 mai 2014).
A titre de comparaison, TEPCo ne s’autorise pas à rejeter en mer une eau qui aurait plus de 5 Bq/l en bêta total. Et le strontium est un émetteur bêta.