Le gouvernement envisage de mettre dans la loi que l’entreposage des déchets radioactifs à Fukushima ne dépassera pas 30 ans et que les déchets seront stockés définitivement en dehors de la province. Il espère ainsi rassurer les élus locaux. Mais comment trouvera-t-il un autre site d’ici là ?
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Sites d’entreposage : achat des terrains envisagé
Le gouvernement veut acheter les terrains où il compte installer les centres d’entreposage des déchets issus de la décontamination : cela devrait lui coûter 100 milliards de yens (plus de 700 millions d’euros) sur le budget 2014 qui ne seront pas remboursés par TEPCo. La construction des centres et leur exploitation devraient coûter 10 fois plus. En 2013, 14,6 milliards de yens (100 millions d’euros) ont été affectés aux études préliminaires sur les sites présentis à Futaba, Ôkuma et Naraha.
Le gouvernement espère commencer à y mettre des déchets en 2015. Les estimations sont de l’ordre de 3 à 5 km2 pour ces sites et le gouvernement prévoit d’acheter 18 km2 de terrains. Le volume de déchets à y mettre serait de l’ordre de 15 à 28 millions de m3. Les deux ministres viendront le 14 décembre tenter de convaincre les élus locaux.
Reprise des déchets liquides à Tôkaï-mura
On l’a déjà dit, l’installation de retraitement de Tôkaï-mura (Ibaraki) a des déchets liquides qui menacent. La NRA va donc autoriser la reprise partielle des activités afin de les reprendre. Il y a 3,5 m3 d’une solution qui contient du plutonium et plus de 400 m3 de déchets très radioactifs à vie longue. La solidification du plutonium devrait prendre deux ans et la vitrification des déchets liquides, 21 ans !
Mission “déchets”
Les ministres de l’environnement et de la reconstruction sont à Fukushima pour prier les populations locales d’accepter les centres d’entreposage des déchets radioactifs issus de la décontamination dans les communes de Futaba, d’Ôkuma et de Naraha, qui sont les plus proches de la centrale.
Officiellement, ces déchets n’y resteront que 30 ans, le temps de trouver un site définitif, mais personne n’est dupe. Ces trois communes avaient accepté les études pour la recherche de site, pas les sites. Les discussions se font avec le gouverneur de Fukushima et les trois maires, pas la population.
Les deux ministres veulent aussi convaincre le maire de Tomioka d’accepter les boues de stations d’épuration et les cendres d’incinérateurs qui dépassent les 100 000 Bq/kg en césium.
Le ministre de l’environnement va aussi mettre en place un groupe de travail pour discuter du transport des déchets vers ces trois sites. La quantité totale de sol contaminé est de l’ordre de 35 millions de tonnes, selon les estimations officielles. Cela va donc prendre des années.
Le Japon à la peine avec son plutonium
Selon la NRA, l’entreposage de solutions contenant du plutonium et d’autres substances dangereuses à l’unité de retraitement de Tôkaï-mura est très dangereuse en cas de défaillance des installations. Il y a 3,5 m3 de liquide contenant du plutonium et 430 m3 de déchets liquides très radioactifs. En cas d’arrêt du refroidissement, cette dernière solution pourrait se mettre à bouillir 55 heures. En 23 heures pour la solution au plutonium. En cas de défaillance du système d’extraction de l’hydrogène, une explosion hydrogène serait possible au bout de 38 heures pour les déchets et 11 heures pour le plutonium.
L’exploitant dit qu’il lui faut 18 mois pour transformer le plutonium en combustible MOx, sans solution d’utilisation par la suite, et 20 ans pour vitrifier les déchets liquides. Cela ne pourra commencer qu’après avoir démontré que les installations satisfont aux nouveaux critères de sûreté qui entreront en application le 18 décembre prochain. L’exploitant, la JAEA, a donc demandé l’autorisation d’exploiter ses installations au plus vite, sans attendre l’instruction de ses dossiers…
Japan Nuclear Fuel, l’entreprise qui espère pouvoir exploiter un jour l’usine de retraitement des combustibles usés à Rokkashô-mura, va devoir investir 200 milliards de yens supplémentaires (1,4 milliard d’euros) pour la mettre aux nouvelles normes de sûreté. Cela devrait augmenter son coût de 10%. Elle n’a encore jamais fonctionné alors qu’elle aurait dû démarrer en 1997 ! Ce sont les actionnaires qui paieront. TEPCo, le plus gros d’entre eux, détient 28,6% des parts… Cela va donc lui coûter plus de 60 milliards de yens alors que l’usine ne lui servira probablement à rien.
Inventaire du plutonium japonais
L’Asahi fait le point sur l’inventaire en plutounium du Japon. Il y a 260 tonnes de plutonium sur la planète, dont 120 tonnes au Royaume-Uni. Sur ces 120 tonnes, 96 proviennent de réacteurs britanniques. Sur les 24 autres tonnes, 17 appartiennent au Japon. En Grande-Bretagne, aucun réacteur n’utilise de combustible au plutonium (MOx).
Le Japon a aussi 17,9 tonnes de plutonium en France et 9,3 tonnes sur son territoire. Les perspectives d’utiliser ce combustible sont très réduites car aucun réacteur ne fonctionne actuellement. Le seul réacteur japonais à utiliser du MOx était à Fukushima… Cela n’empèche pas le Japon à souhaiter démarrer un jour son usine de retraitement toute neuve qui n’a jamais servi. Elle peut produire 7 tonnes de plutonium par an.
L’Allemagne, qui veut consommer tout son plutonium avant 2016, a fait des échanges avec le Japon. Du plutonium Japonais stocké en France a été échangé contre du plutonium allemand stocké en Grande-Bretagne. La France a ensuite transformé le plutonium devenu allemand en MOx et le Royaume Uni est payé pour entreposer le plutonium devenu japonais.
La loi japonaise est telle que les exploitants n’ont pas d’autre solution que le retraitement, même si ce n’est pas rentable économiquement, car les piscines d’entreposage près des réacteurs sont bientôt pleines et il n’y a pas d’entreposage centralisé. La province d’Aomori n’accepte d’entreposer des combustibles usés qu’à la condition qu’ils soient destinés à être retraités.
Stockage des déchets radioactifs
Le gouvernement envisage d’acheter les terrains autour de la centrale de Fukushima daï-ichi afin d’y entreposer les déchets radioactifs. Il est question de 15 km2, ce qui signifie des milliers de propriétaires. La bande fait 5 km de long dans la direction Nord-Sud et 3 km de large dans la direction Est-Ouest. Il s’agit aussi de créer une zone tampon autour de la centrale où il n’y aura pas de retour des populations.
Premier transport de combustibles de la piscine n°4
Les 22 assemblages neufs de la piscine du réacteur n°4 transportés la veille sont maintenant dans la piscine commune située au niveau du sol, à une centaine de mètres du réacteur. TEPCo a mis en ligne des photos et des vidéos.
Transport du premier container de la piscine n°4
TEPCo a transporté le container de transport chargé de 22 assemblages de combustible neuf de la piscine du réacteur n°4 vers la piscine commune. Elle a mis en ligne des photos et une vidéo.
Les médias ont aussi envoyé des hélicoptères pour couvrir l’évènement, ce qui n’a pas été du goût de TEPCo qui a protesté pour des raisons de sécurité.
Cette opération devra être répétée 70 fois environ.
Recherche de site d’enfouissement des déchets
Le gouvernement japonais attendait depuis 2002 que des communes se portent volontaires pour accueillir un centre d’enfouissement les déchets nucléaires les plus radioactifs qui sortent des centrales. Faute de candidat, il va changer son approche. La commune de Toyo (Kôchi) avait candidaté, puis s’était rétractée face à l’opposition des habitants. Le gouvernement va rechercher lui-même le site le plus adapté, proposer des mesures d’accompagnement financier et aller rencontrer les élus locaux pour les convaincre. Une carte des lieux potentiellement favorables, où l’activité sismique et volcanique est réduite, devrait être publiée l’an prochain.
Le gouvernement devrait aussi réorganiser l’organisme en charge des déchets.