Pré-sélection de site de stockage de déchets à Miyagi

Le ministère de l’environnement a sélectionné 3 sites potentiels dans la province de Miyagi (Kurihara, Kami et Taïwa) pour y mettre les déchets radioactifs ayant plus de 8 000 Bq/kg en césium, comme les cendres d’incinérateur, les boues de station d’épuration… Ces sites sont éloignés des habitations et des cours d’eau. Des études géologiques doivent encore y être menées avant d’un sélectionner un. Quatre autres sites seront ouverts dans d’autres provinces sans que l’on sache où.

Un responsable du ministère de l’environnement est allé rencontrer les maires des 3 communes où le gouvernement veut faire des études géologiques en vue de l’implantation d’un site de stockage de déchets radioactifs issus de la catastrophe. Les maires ne semblent pas ravis d’avoir été choisis et ils ne comprennent pas le processus de sélection. L’un a un site touristique, l’autre dit que de l’eau située à proximité alimente un réservoir.

Dernier train de débris

Le dernier train de débris du tsunami est arrivé à Tôkyô, ce jour. Il a pratiquement fait un voyage par jour depuis septembre 2012. 184 000 tonnes de déchets ont été transportées. La masse totale de débris est estimée à 17 millions de tonnes. Pour Iwaté et Miyagi, les autorités pensent avoir fini de les traiter d’ici le 31 mars prochain. En revanche, pour les 2,5 millions de tonnes de débris à Fukushima, contaminés par l’accident nucléaire, il n’y a toujours pas de solution.

Point sur le traitement des déchets du tsunami

Le ministère de l’environnement a mis en ligne des statistiques en anglais sur le traitement des débris du tsunami : 90 et 96% des débris seraient traités à Iwaté et Miyagi, mais seulement 62% à Fukushima, à cause de la radioactivité, bien que la zone d’évacuation ne soit pas prise en compte dans ces statistiques. Rien n’y a été fait pour le moment.

Il a aussi mis en ligne une présentation sur les progrès de la décontamination et ses projets de centres d’entreposage : tout va bien.

Déchets à Naraha : demande de référendum

Un groupe d’habitants de Naraha demande l’organisation d’un referendum local sur la construction d’un centre d’entreposage de déchets issus de la décontamination dans leur commune. Ils ont récolté 2 151 signatures valides, ce qui est beaucoup plus que le minimum requis pour que le sujet soit considéré par le conseil municipal qui a 20 jours pour prendre une décision.

Demande d’autorisation de mise en service de l’usine de retraitement

Japan Nuclear Fuel Limited, qui espère toujours pouvoir démarrer un jour son usine de “retraitement” des combustibles usés de Rokkashô-mura, a déposé une demande à l’autorité de sûreté, montrant qu’elle satisfaisait aux nouvelles règles de sûreté. Personne ne sait combien de temps l’instruction prendra. Au minimum 6 mois. Et ce n’est pas dit que l’usine, dont le démarrage a déjà été repoussé 20 fois, puisse fonctionner. Les travaux de construction de l’usine ont commencé en 1993 et elle n’a jamais marché… Enfin, les failles de la péninsule Shimokita doivent être réétudiées. Cela pourrait aussi changer la donne.

L’utilité de l’usine reste à démontrer car le surgénérateur Monju, qui doit utiliser le plutonium extrait, n’est pas au point. Les réacteurs traditionnels sont tous arrêtés. Pourront-ils utiliser du MOx ? Bref, le village nucléaire japonais ne veut pas admettre que la situation du nucléaire a changé et qu’il faudrait tout revoir.

Retard dans le traitement des débris contaminés

Le gouvernement a admis qu’il lui faudra plus de temps pour traiter les débris du tsunami à Fukushima à cause de la radioactivité. Cela devrait durer jusqu’en 2016, soit deux ans de retard, sans compter les zones les plus contaminées où rien n’est prévu pour le moment. La quantité totale de déchets des zones où les travaux sont possibles serait de 802 000 tonnes.

En ce qui concerne la décontamination, le gouvernement se donne trois ans de plus pour finir en mars 2017. La simple idée que la décontamination puisse avoir une fin est assez saugrenue : les niveaux atteints restent élevés et les habitants ne s’en satisfont pas. Il y a aussi 70% de montagnes et forêts à Fukushima qui ne sont pas décontaminées et qui recontaminent certaines zones près des habitations.

Le gouvernement va mettre la priorité sur les infrastructures et les zones habitées de façon à permettre le retour des habitants. Les zones les plus contaminées, où l’exposition externe dépasserait 50 mSv/an, ne sont pas concernées par ce plan. Ni la commune de Futaba car les discussions avec la municipalité n’ont pas abouti. 96% de cette commune sont classés en zone de retour difficile.

Vingtième report du démarrage de l’usine de retraitement

Japan Nuclear Fuel Ltd a reporté pour la 20ième fois la date de démarrage de son usine dite de retraitement des combustibles irradiés de Rokkashô-mura (Aomori). La nouvelle date est octobre 2014. Il lui faut mettre son usine aux nouvelles normes de sûreté entrée en vigueur la veille. La toute première date de démarrage proposée était en 1997…

Par ailleurs, le gouverneur de Fukushima a réitéré sa demande de voir tous les réacteurs nucléaires de sa province définitivement arrêtés. TEPCo n’a pas encore pris officiellement de décision pour les 4 réacteurs de Fukushima daï-ni qui ont été inondés par le tsunami.

Des enfants jouent sur des sacs de déchet

A Shirakawa, les sacs contenant les déchets radioactifs issus de la décontamination sont entreposés à l’air libre dans un parc, comme partout ailleurs. Mais ce parc est juste devant des immeubles et une habitante a vu des enfants jouer sur ces sacs. Elle a alerté les autorités régionales, propriétaires des habitations, qui n’ont pas réagi. Un journaliste du Maïnichi, qui révèle l’affaire, a mesuré jusqu’à 2,23 microsieverts par heure à proximité de sacs situés près de la rue. Il y avait 10 fois moins en s’éloignant des sacs. Le quotidien est ensuite aller inspecter d’autres complexes d’habitations, dans la même ville. Il a trouvé deux collégiens (ou collégiennes) en train de bavarder à proximité de tels sacs sans être informé(e)s du risque.

Le quotidien rappelle que les autorités locales sont responsables des déchets et de la protection des populations. La loi impose un débit de dose inférieur à 1 mSv/an (ou 0,23 microsievert par heure) au niveau de la bordure du site d’entreposage. La région a réagi après l’intervention du journal.

La région possède 78 complexes d’habitation et n’en a décontaminé que 21.

Le gouvernement veut acheter les terrains où il veut entreposer les déchets

Le gouvernement va acheter les terrains où il veut installer l’entreposage des déchets radioactifs issus de la décontamination. Mais la valeur du terrain va être calculée en prenant en compte leur dépréciation suite à la catastrophe. Le gouvernement va tenter d’estimer la valeur des terrains en fonction de leur utilité potentielle après la levée de l’ordre d’évacuation. Le manque à gagner suite à la dépréciation devra être compensé par TEPCo. Le gouvernement applique ainsi les règles habituelles pour les expropriations, qui fixent la valeur du terrain au moment de l’achat. Mais on ne sait pas comment il va estimer la valeur du terrain dans le futur, car l’ordre d’évacuation ne sera pas levé de si peu dans ces zones.

La surface totale à acheter est de 19 km2 pour 28 millions de m3. Elle inclut un centre de tri et d’incinération sur chaque site. Trois communes sont concernées pour le moment : Ôkuma (11 km2), Naraha (3 km2) et Futaba (5 km2) et plusieurs milliers de propriétaires. Certains demandent un achat au prix du terrain avant la catastrophe. D’autres ne veulent pas vendre. Cela va prendre du temps.

Les ministres de l’environnement et de la reconstruction étaient en visite à Fukushima pour convaincre les autorités locales d’accepter l’entreposage. Les concertations avec les habitants évacués auront lieu l’an prochain.

On se demande pourquoi le gouvernement veut acheter les terrains si l’entreposage est limité à 30 ans. Il pourrait aussi les louer. Cette limitation dans le temps n’est pas crédible.

Pour les personnes concernées, cela signifie qu’il n’y aura pas de retour possible avant 30 ans minimum. Bien plus, dans les faits.