Plainte collective contre les constructeurs de la centrale de Fukushima daï-ichi

1 400 personnes ont porté plainte contre les trois constructeurs de la centrale de Fukushima daï-ichi. Ils réclament 100 yens (70 centimes) par personne à Hitachi, Toshiba et General Electric. Il y a parmi eux 38 résidents de Fukushima, mais aussi 400 étrangers de Corée, Taiwan…. Ils espèrent être bientôt 10 000.

La loi japonaise ne prévoit pas de compensations de la part du constructeur, seulement de l’exploitant. Mais les plaignants pensent que les constructeurs doivent aussi payer car les indemnités de TEPCo sont en fait prises en charge par les contribuables et les consommateurs d’électricité.

Etudes sismiques à Kashiwazaki-Kariwa

TEPCo a annoncé qu’elle allait mener une étude des failles sous sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa, pour confirmer qu’elles ne sont pas actives.
Il y a 23 failles sous cette centrale et la NRA a demandé des études complémentaires. Cette étude va prendre plusieurs mois. TEPCo le savait, mais cela ne l’a pas empêcher d’annoncer un redémarrage de deux réacteurs de cette centrale à partir de juillet prochain dans son plan financier avalisé par le gouvernement.

La province d’Iwaté demande à être mieux indemnisée

Les autorités régionales d’Iwaté et de nombreuses communes de cette province ont réclamé environ 54 millions d’euros de dédommagement à TEPCo. Mais la compagnie a refusé certaines demandes. Elles ont donc saisi la commission d’arbitrage pour une somme de l’ordre de 10 millions d’euros environ. C’est la première fois qu’une province fait une telle demande.

Indemnisations : TEPCo discrimine ses employés

On se souvient de l’histoire de ses employés de TEPCo qui ont dû évacuer leur logement suite à la catastrophe nucléaire et à qui la compagnie a demandé de rembourser les indemnités reçues. Le Maïnichi, qui continue à enquêter sur le sujet, a découvert que, dès octobre 2011, TEPCo a demandé à ses employés de ne pas demander de compensations. Officiellement, il s’agissait, à l’époque, de laisser la priorité aux autres victimes alors que les demandes affluaient. Mais cela durer pendant plusieurs mois, TEPCo décourageant ses employés ou refusant leur demande.

Le document déniché par le quotidien, daté du 27 octobre 2011, explique que la section en charge des indemnisations est débordée, mais qu’elle va bien indemniser ses employés qui ont souffert comme les autres. Elle leur demande juste d’attendre avant d’envoyer leur dossier. Et d’ajouter que la situation devrait s’améliorer à la fin novembre ou au début décembre 2011. Mais entre 10 et 20 employés de la centrale, qui ont déposé leur demande au début 2012, conformément à la requête de leur employeur, se sont vus refuser toute indemnisation alors qu’ils y ont droit, comme toute personne qui habitait un territoire évacué. Tous les employés qui ont quitté la province de Fukushima ou qui ont été mutés ailleurs ont essuyé un refus.

Chaque personne évacuée à droit à 100 000 yens par mois (714 euros) à cause du stress engendré, en plus de la compensation de la perte éventuelle de l’emploi, du loyer etc. Les employés de TEPCo et leur famille souffrent autant que les autres. Le quotidien cite le cas d’une famille avec deux enfants qui étaient locataires pendant une dizaine d’année à proximité de Fukushima daï-ichi. La femme et les enfants ont  quitté Fukushima de peur d’être stigmatisés comme famille d’employés de TEPCo. Ils ont perdu toute vie sociale sur le nouveau lieu de vie. La femme ne va pas aux réunions de réfugiés de sa nouvelle commune pour les mêmes raisons. Quand le mari, qui ne voit sa famille qu’une fois par semaine, a, début 2012, demandé des indemnisations, elles lui été refusées, sous prétexte qu’il n’a plus le statut de réfugié. Mais pour lui, c’est un devoir de rester à la centrale de Fukushima daï-ichi, malgré la vexation.

Après, le PDG de TEPCo déclare dans la presse qu’il veut retenir ses employés qui quittent la compagnie… Et c’est sans vergogne que la compagnie, annonce sur son site qu’elle va indemniser toutes les personnes éligibles, “jusqu’à la dernière personne”. Il y a des personnes moins éligibles que d’autres…

TEPCo veut se redéployer

TEPCo veut investir 2 670 milliards de yens (20 milliards d’euros) d’ici 2022 pour se développer au Japon et à l’étranger, retrouver les profits et proposer un avenir à ses employés qui quittent la compagnie. Elle va notamment investir dans les gaz de schiste. Elle n’a pas l’argent et compte sur de nouveaux emprunts bancaires.
Elle a perdu un dixième de cette somme depuis le début de la catastrophe nucléaire.

TEPCo : plan de redressement irréaliste

Le gouvernement japonais a approuvé le plan de redressement de TEPCo qui prévoit le redémarrage de deux réacteurs de Kashiwazaki-Kariwa dès juillet 2014 et de deux autres tranches en 2015. C’est complétement irréaliste, mais le gouvernement a accepté.
Le gouverneur de Niigata est toujours opposé à ce redémarrage. Il a parlé de plan chimérique et critique le fait que les banques et les actionnaires n’aient pas pris leurs responsabilités.

Demande de compensation complémentaire

Environ 180 habitants du district de Nagadoro d’Iitaté, qui avaient été évacués tardivement malgré une forte contamination, ont demandé une compensation à TEPCo, à cause de l’angoisse engendrée. La structure de conciliation qui a été saisie leur a donné raison, mais TEPCo rechigne à payer et n’accepte pas la décision.

Expansion dans le démantèlement

Le Japon veut réorganiser le démantèlement des installations nucléaires, un immense marché international. Il a déjà créé l’International Research Institute for Nuclear Decommissioning (IRID), soutenu par l’industrie nucléaire, exploitants et constructeurs, bien qu’initié par le gouvernement. Il veut créer une division “démantèlement” dans la structure en charge de la compensation des victimes, ce qui en a surpris plus d’un, car ce sont deux choses différentes. Cette division devrait absorber l’IRID qui a pour but de développer des nouvelles technologies.

Mais le président de l’IRID pense que le Japon devrait plutôt créer une agence en charge du démantèlement, à l’instar du Royaume Uni. Il est soutenu par des fonctionnaires qui ne comprennent pas le couplage de démantèlement et de l’indemnisation.