TEPCo a reçu 105,5 milliards de yens (770 millions d’euro) d’aide financière. C’est le 30ième versement. Parallèlement, la compagnie a indiqué avoir fait une nouvelle demande d’aide financière de 512,5 milliards de yens (3,75 milliards d’euros). En prenant en compte cette nouvelle demande, le montant total des fonds demandés pour l’indemnisation des victimes du désastre de Fukushima s’élève à 5 301,4 milliards de yens (plus de 38,8 milliards d’euros au cours actuel). Ces sommes sont censées être remboursées ultérieurement par Tepco, mais nul ne sait quand.
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Hausse du déficit commercial
Le Japon affiche un déficit commercial de 55,5 milliards d’euros au premier semestre 2014, en hausse de plus de 50% sur un an. La balance commerciale n’est pas sortie du rouge depuis deux ans. La hausse des importations d’hydrocarbures suite à la catastrophe de Fukushima et l’arrêt complet du parc nucléaire, est une des raisons. La dévaluation de la monnaie a renchéri ce coût. D’un autre côté, les exportations peinent à décoller.
Indemnisations plus équitables
Le village d’Iitaté a été entièrement évacué mais depuis, il a été divisé en différentes zones en fonction du niveau de contamination, comme partout ailleurs. Le montant des indemnisations dépend de la zone, ce qui ne plait pas aux habitants. Les résidents des zones les moins contaminées, où le gouvernement promet un retour, pensent que cette politique divise les habitants. Ils ont fait une demande officielle pour que tout le monde obtienne la même chose. Ils vont aussi demander un soutien supplémentaire de 3 millions de yens car ils n’ont été évacués que tardivement et ont donc été exposés pendant plus d’un mois aux retombées radioactives sans le savoir.
Environ 2 500 personnes, soit environ 40% du village, devraient se joindre à cette demande.
Indemnisation réduite
De récentes affaires ont montré que la commission d’arbitrage qui établit le niveau de compensation reçu par les victimes de la catastrophe nucléaire n’est pas toujours loyale. Le Maïnichi cite le cas d’une dame de 66 ans qui vivait en bonne santé à Minami-Sôma. Elle avait quelques problèmes de tension, mais rien d’autre. Elle a fait une hémorragie cérébrale dans le centre d’accueil des réfugiés où elle était et n’a pas recouvré toutes ses capacités motrices. Elle a besoin d’une canne pour se déplacer.
Elle a fourni 3 certificats médicaux dans son dossier de demande d’indemnisation. Un du médecin qui l’a reçue aux urgences. Il dit que l’impact de la catastrophe nucléaire est « inconnu ». En revanche, le médecin de famille et celui qui a suivi sa réhabilitation ont certifié que l’hémorragie et ses conséquences étaient dues à 100% au stress engendré par la catastrophe nucléaire.
TEPCO a soumis sa propre analyse du dossier et a conclu que la catastrophe n’a contribué qu’à 50%. Son médecin n’a jamais vu la dame en question. Il ne l’a pas auscultée. La commission a conclu comme TEPCo sans demander l’avis d’un médecin tiers et lui a allouée une indemnisation de 7 millions de yens (51 000 euros). Il n’a pas, non plus, justifié sa décision.
Le quotidien a trouvé plusieurs autres cas où la commission n’a pas sollicité l’avis d’experts tiers. Officiellement, c’est pour gagner du temps. Mais le quotidien avait déjà révélé que, par défaut, la contribution de la catastrophe était fixée à 50%.
Indemnisation en cas de décès
Si le décès d’un proche peut être attribué à la catastrophe, la famille a droit à une compensation financière. Au 25 juin 2014, il y avait ainsi 1 729 liés directement ou indirectement à la catastrophe nucléaire selon le Fukushima Minpo. C’est plus que le nombre de décès liés au séisme et tsunami à Fukushima : 1 603. La décision d’accorder ou pas cette reconnaissance officielle dépend de la commune. Les autorités provinciales veulent donc harmoniser les critères.
La compensation est de 5 millions de yens (36 000 euros) si c’est la personne qui a le principal revenu du foyer qui est décédé. La moitié autrement.
C’est un panel d’experts composés de médecins, juristes,… mis en place dans chaque commune qui décide si les mauvaises conditions de vie après l’évacuation ont pu accélérer le décès.
De son côté, la commission en charge de fixer les indemnités versées par TEPCo a décidé, selon le Maïnichi, de diviser par deux la somme versée en cas de décès. Pour cela, la part de la catastrophe dans le décès est fixée à 50%. Il y a, bien entendu, des cas où c’est manifestement 100%, mais le secrétariat a décidé d’adopter 50% par défaut. Si les familles ne sont pas satisfaites, elles doivent aller devant les tribunaux.
Dans les statistiques de cette commission, il y a 11 cas de décès où la part de la catastrophe nucléaire est fixée : pour 10 cas, c’est 50% avec un indemnité de 5 à 7 millions de yens. Pour un cas, c’est 90% avec une indemnité de 16,2 millions de yens.
Cette règle de 50% n’est pas officielle.
Reuters rapporte le cas d’un fermier qui est allé devant les tribunaux après le suicide de sa femme.
Coût de la remise aux normes
Le coût des travaux d’amélioration de la sûreté du parc nucléaire japonais s’élève à 2 200 milliards de yens (16 milliards d’euros). Et ce n’est pas fini. D’autres mesures de protection sont encore nécessaires. C’est beaucoup plus que ce qui avait été estimé par les exploitants du nucléaire. Pour Chubu Electric et sa centrale de Hamaoka, l’estimation des coûts a doublé en un an : elle est passée de 150 à 300 milliards de yens.
Augmentation des indemnisations
15 000 habitants de Namié, soit plus de 70% des résidents, avaient conjointement saisi la commission de conciliation pour réclamer une meilleure indemnisation suite à leur évacuation forcée. Après des négociations, la commission avait proposé une augmentation de 50 000 yens (360 euros) par mois et par personne. Les personnes âgées de plus de 75 ans devaient recevoir 30 000 yens (214 euros) supplémentaires par mois et par personne. Les plaignants, qui réclamaient plus, avaient accepté cette décision, mais TEPCo vient de la rejeter. Elle refuse d’indemniser mieux les victimes de la catastrophe nucléaire. Elle accepte juste de verser 20 000 yens de plus par mois et par personne aux résidents de Namié qui ont plus de 75 ans et qui ont été blessés ou sont tombés malades.
La compagnie verse chaque mois 100 000 yens (714 euros) à chacun des 80 000 habitants des zones où il est obligatoire d’évacuer. Donner plus aux habitants de Namié serait inique, selon TEPCo.
Dans son jugement, la commission avait pris en compte le fait que les habitants de Namié vivent actuellement dans une situation extrêmement instable et sans avenir. Mais TEPCo considère que ce statut précaire était déjà pris en compte dans l’indemnisation qu’elle verse actuellement et qu’elle n’a donc pas besoin de verser plus.
Les communes concernées par les évacuations forcées vont donc demander au gouvernement de revoir les règles d’indemnisation. Le rôle de la commission de conciliation est remis en question par cette décision unilatérale de TEPCo, alors que la compagnie s’était engagée à respecter ses décisions. TEPCo avait déjà refusé un jugement de la commission relatif à ses propres employés. C’est la première fois qu’elle refuse pour d’autres personnes.
Nouveau versement pour TEPCo
TEPCo a reçu 89,4 milliards de yens (638 millions d’euros) d’aide gouvernementale. C’est le 29ième versement.
Responsabilité civile en cas d’accident nucléaire
Il existe plusieurs conventions internationales en terme de responsabilité civile suite à un accident nucléaire. Un de ces conventions n’a été signée que par les Etats-Unis, l’Argentine, le Maroc et la Roumanie. Cela ne suffit pour entrer en application. Les Etats-Unis font donc pression pour que le Japon rejoigne cette convention pour qu’elle puisse entrer en application. Les compagnies américaines sont aussi demandeuses de garanties pour intervenir à la centrale accidentée. Le gouvernement japonais devrait proposer la ratification au parlement.
Décontamination impossible des zones les plus touchées
Le ministère de l’environnement a reconnu que la décontamination dans les zones les plus contaminées, pudiquement classées en « zone de retour difficile », n’est pas assez efficace pour permettre un retour des populations. Les essais menés ont réussi à faire baisser de 50 à 80% la contamination, mais le débit de dose ambiant reste au dessus des 20 mSv/an.
Le National Institute of Advanced Industrial Science and Technology estime que la décontamination des zones inhabitables coûterait 6,6 milliards de dollars. Encore faudrait-il que ce soit réalisable. L’an dernier, ce même institut avait estimé à 19,2 milliards de dollars le coût de la décontamination des zones où un retour est envisagé. Le gouvernement a estimé que l’entreposage sur 30 ans lui coûtera 10,4 milliards de dollars, en incluant le prix d’achat des terrains.