Le Japon veut réviser sa loi sur la responsabilité financière en cas d’accident nucléaire. Actuellement, la loi stipule que tout doit être payé par l’exploitant. Dans les faits, TEPCo aurait été en faillite et dans l’impossibilité de payer si le gouvernement ne l’avait pas racheté. Par ailleurs, en décidant de la politique énergétique du pays, le gouvernement porte une part de responsabilité.
Une commission va donc être mise en place pour faire des propositions de révision de la loi. Elle devra aussi étudier l’intérêt de rejoindre les conventions internationales à ce propos.
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Réunion publique pour les déchets
Une réunion publique a été organisée à Iwaki avec les habitants d’Ôkuma et Futaba à propos du centre d’entreposage des déchets radioactifs issus de la décontamination. Entre 400 et 540 personnes étaient présentes. Cela dépend des médias.
Le gouvernement veut acquérir 16 km2 de terrain dans ces deux communes pour y installer un centre d’entreposage. Le prix ne sera pas beaucoup plus bas que le prix avant la catastrophe. Les autorités ont réitéré leur promesse que les déchets n’y resteront pas plus de trente ans. Un site de stockage définitif sera recherché en dehors de la province de Fukushima.
Selon les médias, des habitants se sont exprimés pour s’opposer au projet ou pour dire qu’ils ne croient pas qu’un autre site pourra être trouvé dans l’avenir.
Indemnisation des évacués
Les habitants de Namié avaient saisi la structure de conciliation à propos de leur indemnisation. Ils réclamaient plus d’argent. L’arbitre a accepté de proposer une augmentation mensuelle de 150 000 yens (1 100 euros), qui est rétroactive sur deux ans. Selon les autorités municipales, 98% des habitants accepteraient cet arbitrage. TEPCo n’a pas encore donné son accord et dit l’étudier. Elle doit répondre avant le 28 mai.
15 000 habitants ont dû être évacués de Namié.
La justice vient de décider qu’un homme originaire de la zone comprise entre 20 et 30 km, considéré comme évacué « volontaire », a droit à une indemnisation de la part de TEPCo. Il réclamait 130 millions de yens (0,9 million d’euros) car il souffrait de stress post-traumatique qui l’empêchait de travailler. La cour de Kyôto, où il habite actuellement, a reconnu que son stress était lié à l’accident nucléaire. Elle a demandé à TEPCo de payer 400 000 yens (2 900 euros) par mois pendant un an à partir de mai. Cette somme est basée sur son revenu avant l’accident et d’autres facteurs.
TEPCo a refusé de commenter ce jugement.
28ième versement
TEPCo a reçu 175,9 milliards de yens (1,25 milliards d’euros) d’aide sans intérêt de la part du gouvernement. Il s’agit du 28ième versement.
Soutien financier pour le site de stockage des déchets
Pour vaincre la réticence des deux communes sélectionnées pour accueillir un centre d’entreposage des déchets radioactifs issus de la décontamination à Fukushima, le gouvernement envisage des compensations financières conséquentes. Il achèterait ou louerait les terrains au prix du marché sans accident et serait prêt à déplacer les tombes. Si les familles ne veulent pas déplacer les sépultures, le projet de stockage les évitera de façon à permettre les visites et l’entretien.
Ces indemnisations viendront s’ajouter à celles de TEPCo.
TEPCo rembourse et perd des clients
Comme TEPCo a gagné de l’argent l’an dernier, elle va rembourser 150 milliards de yens (1 milliard d’euros) de dette aux trois principales banques du pays. L’Etat, qui lui prête de l’argent sans intérêt, attendra. TEPCo a remboursé 4 milliards de yens (30 millions d’euros) à la Banque de développement du Japon en avril et devrait faire de même en octobre.
TEPCo aurait perdu, durant l’année fiscale 2013, 8 450 clients parmi les gros consommateurs qui peuvent choisir leur fournisseur d’électricité. Sur 220 000 clients, qui bénéficient de l’ouverture du marché de l’électricité depuis mars 2000, 30 900 sont allés voir ailleurs. TEPCo a perdu 1 200 clients supplémentaires le 1er avril 2014, qui correspond au début de la nouvelle année fiscale.
TEPCo affiche un résultat positif
Pour la première fois depuis le début de la catastrophe, TEPCo a affiché un résultat excédentaire pour l’année fiscale 2013. Le profit net du groupe est de 438,65 milliards de yens (3 milliards d’euros). La compagnie a coupé drastiquement dans ses coûts et a vu ses profits augmenter grâce à l’augmentation de ses tarifs.
En revanche, 6 autres compagnies d’électricité ayant des centrales nucléaires sont encore dans le rouge. Kansaï Electric affiche une perte de 97,4 milliards de yens (700 millions d’euros). C’est la troisième année consécutive. Le PDG a admis que les perspectives de redémarrage des réacteurs étaient sombres.
Kyûshû Electric et Hokkaïdô Electric vont demander un soutien financier à la Banque de développement du Japon. Après trois années consécutives de pertes, la loi japonaise interdit l’obtention de prêts auprès des établissements financiers. Les deux compagnies se retournent donc vers un établissement public.
Visite à Miyakoji
Le district de Miyakoji, dans la commune de Tamura, est situé entre 20 et 30 km de la centrale de Fukushima, avec un petite partie à moins de 20 km. Dans les premiers jours de la catastrophe, il y a eu ordre d’évacuer jusqu’à 20 km, puis de se confiner entre 20 et 30. Le confinement a duré trop longtemps et a été suivi d’un conseil à l’évacuation. Miyakoji n’a finalement pas été fortement touché par les retombées radioactives. Pour la partie située au-delà de 20 km, les habitants ont pu rentrer à partir de septembre 2011. Et pour la partie située en deçà de 20 km l’ordre d’évacuer a été levé le 1er avril 2014, après des travaux de décontamination. Pour ces derniers, les indemnisations s’arrêteront dans un an.
Le New-York Times est allé enquêter dans ce village où il y avait 3 000 habitants. Un tiers seulement est rentré. Les autres rechignent à cause de la crainte des radiations et de l’absence de commodités (médecin, commerces…). Ils vont finir par rentrer, contraints et forcés, pour des raisons économiques. Leur maison ne vaut plus rien et il est souvent difficile de refaire sa vie ailleurs. Pour ceux qui sont restés loin, les dommages dus au séisme aggravés par l’abandon de la maison font que leur habitation s’est fortement dégradée. L’indemnisation n’est pas suffisante pour les mettre en état ou pour emménager ailleurs.
Les habitants se sentent pris au piège et accusent TEPCo de ne pas leur rembourser la valeur de la maison. Et pour faire pression, le gouvernement a promis 9 000 dollars supplémentaires à ceux qui rentreront.
Le maire de Tamura est outré : ils sont victimes et doivent encore mendier ce qu’ils estiment être leur dû. 500 habitants originaires de Miyakoji ont donc entamé une action en justice.
A tout cela s’ajoute l’inquiétude des parents avec de jeunes enfants à cause de la pollution radioactive.
Dans les zones plus contaminées, mais non évacuées car étant au-delà de 20 km, les habitants ont aussi un sentiment d’injustice, car eux, n’ont pas pu partir et n’ont presque pas été indemnisés.
La gestion de la catastrophe par les autorités a conduit à une situation inextricable à cause de règles trop rigides et des traitements contradictoires en fonction du lieu d’habitation. Leur seule proposition maintenant, est le retour, quel que soit l’avis des populations.
Fond de réserve de KEPCo
Kansaï Electric (KEPCo) veut utiliser les 150 milliards de yens (1 milliard d’euros) qui lui restent sur son fond de réserve pour faire face à l’augmentation de ses coûts, les perspectives de redémarrer rapidement un réacteur nucléaire s’amenuisant. Ce fond de réserve était de 640 milliards en 2011 (4,6 milliards d’euros). C’est l’assemblée générale des actionnaires en juin prochain qui entérinera la décision.
27ième versement
TEPCO a reçu 191,8 milliards de yens (1,4 milliard d’euros) d’aides de l’Etat. C’est le 27ième versement.