Exportations d’aliments à Hong-Kong

Un émissaire japonais a tenté de convaincre Hong-Kong d’assouplir sa politique d’importation d’aliments en provenance de 5 provinces japonaises situées près de la centrale accidentée de Fukushima : Fukushima, Ibaraki, Tochigi, Gunma et Chiba. En vain. Le Japon va donc inviter des officiels au Japon pour leur montrer les contrôles effectués sur la nourriture et fournir régulièrement des informations sur l’accident et des données sur la contamination.
41 pays ou groupes de pays maintiennent des restrictions à l’importation d’aliment en provenance du Japon.
Le Japon, qui est un importateur net d’aliments, exporte peu. Avant la catastrophe en 2010, ses exportations de produits agricoles et de la pêche étaient de 492 milliards de yens (3,6 milliards d’euros au cours actuel). Elles étaient de 451,1 milliards de yens en 2011 et 449, 7 milliards en 2012. Ce qui fait une baisse de 8,5% environ. Avec la dévaluation du yen, cette somme est passée à 550,5 milliards de yens en 2013.

Soutien financier lié au centre de stockage de déchets

Plus de précisions sur le montant de l’aide financière proposée par le gouvernement pour faciliter l’acceptation des centres de stockage de déchets issus des travaux de décontamination à Fukushima :
Le gouvernement a fait passer son offre à 301 milliards de yens (2,2 milliards d’euros) sur 30 ans. Si l’on ajoute les autres aides existantes, on arrive à près de 500 milliards de yens (3,6 milliards de yens). La part dédiée aux déchets était de 100 à 150 milliards de yens le mois dernier, selon les sources. Le gouverneur de Fukushima et les maires des deux communes concernées vont étudier l’offre. Ils ont déjà fait part de leur satisfaction.
La nouvelle offre se décompose ainsi : 150 milliards de yens pour les deux centres, qui iront essentiellement aux deux communes qui acceptent les déchets, 100 milliards pour aider à la reconstruction de Fukushima et 51 milliards supplémentaires aux communes qui hébergent des centres de production d’électricité. Il s’agit des centrales nucléaires.
Les communes qui hébergent les centrales reçoivent déjà 6,7 milliards de yens par an. Cela va être augmenté de 1,7 milliards pour faire face à la baisse de revenus liés à l’arrêt définitif des réacteurs et leur démantèlement. Cela devrait durer 30 ans.
Mais le gouvernement doit encore négocier avec près de 2 000 propriétaires à propos des terrains. Il va les acheter ou les louer, selon leur préférence. Cela ne va pas être aussi facile : le ministre va découvrir qu’avec les citoyens, tout ne se règle pas avec de l’argent…

Soutien financier pour les déchets

Le ministère de l’environnement va augmenter son aide au développement économique de la région de Fukushima à partir du moment où les centres de stockage seront acceptés. Comme le ministre de l’environnement l’avait dit, l’argent viendra à bout des réticences. Le gouvernement propose maintenant 300 milliards de yens (2,1 milliards d’euros) sur 30 ans. Le marchandage continue, mais les populations ne sont pas sur la même logique. Elles veulent des garanties.
Au bout de 30 ans, le gouvernement doit reprendre les déchets, comme il l’a promis. Mais cela va entraîner une baisse des subventions. Les élus locaux demanderont alors le prolongement des centres de stockage…

Compagnies d’électricité fragiles

Il y a 10 compagnies d’électricité au Japon qui se partagent le territoire. 9 exploitaient du nucléaire et 8 étaient dans le rouge à cause de l’arrêt des réacteurs. Au cours du premier trimestre de l’année fiscale 2014 (avril – mai – juin), 6 compagnies ont fait des bénéfices, y compris TEPCo. Elles invoquent des coupures dans les dépenses et une augmentation de leurs tarifs. Mais toutes réclament un redémarrage rapide de leurs réacteurs nucléaires pour retrouver les profits. Il ne tient pourtant qu’à elles d’avoir des réacteurs aux normes !
Les trois compagnies qui restent dans le rouge sont Hokkaïdô, Kansaï et Kyûshû Electric, qui les plus dépendante envers l’énergie nucléaire.
Okinawa Electric, qui n’exploite pas de nucléaire, était aussi déficitaire pour cette période.

Reconstruction après la triple catastrophe : le budget n’est pas entièrement dépensé

Selon l’agence de la reconstruction, 35,3% du budget 2013 dédié aux zones touchées par les trois catastrophes de 2011 n’ont pas été dépensés. C’était 35,2% l’année précédente. Ces chiffres mettent en avant les retards pris dans les programmes dus à une pénurie de main d’œuvre, de matériaux de construction et des problèmes de coordination entre le gouvernement et les autorités locales.
Il y a aussi des désaccords sur la hauteur des digues de protection à construire ou reconstruire. Dans les territoires contaminés, c’est l’absence d’exutoire pour les déchets issus de la décontamination qui retarde les travaux. 50% des 996 milliards de yens (7,2 milliards d’euros) dédiés à la décontamination n’auraient ainsi pas été utilisés.
L’argent non utilisé a été reporté dans le budget de l’année suivante.
Le budget total alloué par le gouvernement à la réhabilitation des territoires affectés par les trois catastrophes est de 25 000 milliards de yens sur 5 ans (presque 200 milliards d’euros). 18 000 milliards ont été utilisés à la fin de l’année fiscale 2013. Les autorités locales demandent une extension, car 5 ans c’est trop court.

Deuxième demande d’augmentation des tarifs

Hokkaïdô Electric a demandé de pouvoir augmenter ses tarifs d’électricité de 17% en moyenne à partir de l’automne. C’est la première compagnie à faire une deuxième demande d’augmentation. Elle n’obtiendra pas 17%, mais cela fait partie du marchandage. Elle avait obtenu le droit d’augmenter ses tarifs de 7,73% en moyenne pour les particuliers et petits consommateurs à l’automne dernier.
Pour les entreprises, Hokkaïdô Electric veut appliquer une hausse de 20%. Elle n’a pas besoin du feu vert gouvernemental pour cela.

L’éternel problème des déchets radioactifs

Comme l’avait expliqué sans vergogne le ministre de l’environnement, c’est l’argent qui permettra de faire accepter les centres d’entreposage de déchets radioactifs issus de la décontamination, comme si les opposants ou les personnes réticentes n’étaient que dans une position de marchandage. Ils ont quand même tout perdu suite à la catastrophe nucléaire et ont donc le droit à un peu plus d’égards.
Et c’est d’argent dont il est question entre le gouvernement et les autorités régionales. Le gouvernement a proposé 230 milliards de yens (1,7 milliards d’euros) sur 30 ans « d’aides au développement régional » en échange du stockage. 30 ans correspondent à la durée d’entreposage des déchets. Mais, le gouvernement devrait aussi satisfaire à la demande d’arrêter définitivement les 4 réacteurs de la centrale de Fukushima daï-ni, située à une dizaine de kilomètres au Sud de daï-ichi. Il arrêtera donc de verser les aides correspondantes qui sont de 12 milliards de yens par an (87 millions d’euros).
Les autorités régionales, qui y perdent au change, ont réagi vivement et réclament plus.

Les centres d’entreposage des déchets radioactifs issus de la décontamination prévus à Fukushima ne devraient accueillir que des déchets de Fukushima, pas des autres provinces touchées. A Tochigi, le gouvernement a sélectionné un autre site dans la commune de Shioya sur des terrains qui lui appartiennent. Le site de 3 hectares devrait accueillir des boues de station d’épuration, des cendres d’incinérateurs, paille de riz et d’autres déchets qui ont une contamination en césium supérieure à 8 000 Bq/kg. Le maire a exprimé son opposition au projet à l’émissaire gouvernemental, mais a déclaré être prêt à discuter avec le ministère. Plus d’une centaine de personnes ont manifesté leur désaccord devant la salle de réunion.
Ce n’est pas très loin de Nikkô, qui est un site très touristique, connu pour la statue des 3 singes qui se cachent les oreilles, les yeux et la bouche. Il y a aussi une source à moins de 4 km, Shojinzawa Yusui, classée parmi les 100 meilleures eaux minérales en 1985.
Aucune étude sérieuse ne semble avoir été menée pour le moment puisque il doit encore déterminer la distance aux habitations, aux ressources aquatiques, les biotopes du lieu… et la quantité de déchets à stocker. Elle est actuellement de 14 000 tonnes environ. Contrairement au cas de Fukushima, il semble que ce site soit prévu pour être définitif. Dans tout le pays, en dehors de Fukushima, il y en a 146 000 tonnes, réparties dans 12 provinces.