Taux d’indemnisation

Le Maïnichi continue son enquête sur le taux d’indemnisation des victimes de la catastrophe nucléaire. Il s’intéresse au problème des décès liés à la catastrophe et a regardé 120 cas « résolus ». Pour 80% de ces cas, la commission d’arbitrage a estimé que la part de responsabilité de la catastrophe était inférieure ou égale à 50%. Et donc TEPCo indemnise les familles en fonction de sa part de responsabilité.
A titre de comparaison, la famille qui est allée en justice suite à un suicide, a obtenu une reconnaissance de 80% de part de responsabilité due à la catastrophe.
La somme standard fixée pour indemniser les familles est inférieure à 20 millions de yens (145 000 euros), ce qui est moins que ce qui est retenu pour un accident de la route. Une décote est ensuite appliquée en fonction de la part de responsabilité de TEPCo. A titre de comparaison, la famille qui est allée en justice, a obtenu 49 millions de yens (358 000 euros).
Lors des audiences au tribunal, TEPCo a mis en avant plusieurs autres cas de suicides où un arbitrage de la commission d’indemnisation avait fixé sa part de responsabilité à 10 et 30%. Mais la cour ne l’a pas suivie.

Demande d’indemnisation

88 personnes viennent de porter plainte contre le gouvernement et les autorités régionales pour avoir failli dans leur devoir de protéger les enfants de la radioactivité en mars 2011. Elles demandent 100 000 yens (730 euros) de dommages et intérêts.
Elles reprochent aux autorités de ne pas avoir diffusé rapidement les données en leur possession. Il y a aussi 24 enfants qui réclament le droit à une éducation dans un environnement sain.

Coût de la catastrophe nucléaire

Selon une étude par deux universitaires, Ken’ichi Ôshima et Masafumi Yokémoto, les coûts directs de la catastrophe nucléaire de la centrale de Fukushima daï-ichi s’élèveront à 11 000 milliards de yens (80 milliards d’euros). C’est près du double de l’estimation gouvernementale de 2011. Cela se décompose ainsi :
–    4 910 milliards de yens (36 milliards d’euros) d’indemnisations des évacués ;
–    2 480 milliards de yens (18 milliards d’euros) pour la décontamination ;
–    2 170 milliards de yens (16 milliards d’euros) pour le démantèlement des réacteurs ;
–    1 076 milliards de yens (7,9 milliards d’euros) pour la gestion des déchets radioactifs engendrés par l’accident, sans leur stockage définitif, qui est inconnu.
Il s’agit du prix minimum, préviennent les auteurs. D’autres études donnent un coût deux fois plus élevé pour la décontamination. Le fond de soutien gouvernemental, qui avance, sans intérêt, le coût de l’indemnisation, a fixé à 9 000 milliards de yens la limite. Cette estimation ne prend pas en compte tous les coûts indirects sur l’économie locale, l’industrie nucléaire japonaise…

Accord pour le centre de stockage

Les autorités régionales de Fukushima ont donné leur feu vert à l’installation à Futaba et Ôkuma d’un centre d’entreposage de déchets radioactifs issus de la décontamination après en avoir discuté avec les communes, l’assemblée régionale et des chefs de communauté. L’annonce officielle est prévue pour vendredi. Débuteront alors les négociations avec les 2 000 propriétaires terriens. Il est toujours prévu que ces déchets quittent les sites au bout de 30 ans, sans que personne ne sache où.

Suicides liés à la catastrophe nucléaire

La justice a jugé recevable la plainte de la famille de Hamako Watanabé qui s’était suicidée en juillet 2011, lors d’une visite ponctuelle dans sa maison de Kawamata, commune évacuée. La famille réclamait 91,16 millions de yens (665 000 euros) et a obtenu 49 millions de yens (358 000 euros). Le tribunal a estimé qu’il y avait un lien direct avec l’accident, ce que contestait TEPCo qui mettait en avant d’autres facteurs qui auraient contribué au suicide, comme des troubles du sommeil et des soins antérieurs à la catastrophe.
TEPCo n’a pas décidé si elle allait faire appel ou non. C’est la première fois que TEPCo est condamnée à indemniser la famille d’une personne qui s’est suicidée. Il y a eu un précédent, résolu par une négociation à l’amiable, via la commission de conciliation. Il y a d’autres plaintes en cours d’instruction.
56 suicides sont considérés comme liés à la triple catastrophe à Fukushima. C’est plus que dans les provinces voisines de Miyagi et d’Iwaté où c’est respectivement 37 et 30. A Fukushima, le taux de suicide parmi les réfugiés est à la hausse : 10 en 2011, 13 en 2012, 23 en 2013 et déjà 10 jusqu’en juillet cette année. Les lettres d’adieu ou le témoignage des proches sont utilisés pour faire le lien avec les catastrophes.

Offre gouvernementale pour les déchets radioactifs

Le gouvernement et les autorités régionales de Fukushima ont précisé leur offre aux deux communes, Futaba et Ôkuma, qui acceptent l’installation d’un site « temporaire » d’entreposage des déchets radioactifs dus à la catastrophe nucléaire. La région va leur verser directement 15 milliards de yens (110 millions d’euros) pour rebâtir les communes et aider les habitants à refaire leur vie et le gouvernement 85 milliards de yens (620 millions d’euros). Cette somme est incluse dans l’offre globale faite récemment et servira, notamment, à compenser la perte de valeur des terrains suite à la catastrophe. Une brochure explicative va être distribuée à tous les habitants et un numéro vert mis en place.
Les conseils municipaux se sont déclarés satisfaits mais certains membres ont demandé au gouvernement de rencontrer directement les propriétaires des terrains concernés avant de prendre une décision finale.

Soutien au démantèlement

Le ministère de la recherche veut dédier un budget de 8,1 milliards de yens (60 millions d’euros) à la recherche sur le démantèlement des installations nucléaires. Cet argent devrait partiellement être dédié à un nouvel institut de recherche et de formation situé à Fukushima. Son nom pourrait être quelque chose comme International Joint Research Center for Dismantlement of Nuclear Reactors (2 milliards de yens). Le reste devrait être dédié au traitement et stockage du combustible fondu et autres déchets radioactifs.

Pas de prime pour les employés Hokkaïdô Electric

Hokkaïdô Electric devrait ne pas verser de prime de fin d’année en décembre prochain. Elle est en discussions avec les syndicats à ce propos. La compagnie a demandé l’autorisation au gouvernement de pratiquer une deuxième hausse de ses tarifs d’électricité. C’est la première à le faire, mais d’autres compagnies pourraient suivre.

Vers un accord pour les déchets à Fukushima

Les autorités régionales de Fukushima vont finalement accepter la proposition gouvernementale relative à l’installation d’un centre d’entreposage des déchets radioactifs issus de la décontamination, à Ôkuma et Futaba. Les conseils municipaux devraient aussi donner leur accord lors de la réunion avec la région le 25 septembre. Le lendemain, une autre réunion avec le gouvernement est prévue, pour discuter de l’utilisation des fonds (301 milliards de yens). Le surlendemain, ce sera au tour des habitants. Le marchandage entre le gouvernement et les autorités locales semble terminé.
L’annonce devrait être faite avant le 3 septembre, date du prochain remaniement ministériel où le ministre de l’environnement, le très controversé Nobuteru Ishihara, pourrait être remplacé. Le nouveau ministre devant s’approprier le dossier, cela entraînerait un retard supplémentaire d’un mois minimum. Et les pouvoirs locaux ne pensent pas pouvoir obtenir plus.
La province a donc décidé de faciliter les négociations et va prendre à sa charge la différence de prix des terrains entre avant et après la catastrophe. C’était une des revendications des propriétaires prêts à vendre.
Le gouvernement espère commencer les travaux en janvier. Mais il doit encore négocier avec près de 2 000 propriétaires, soit l’achat de leur terrain, soit la location. Ce n’est pas encore gagné.

Budget pour la décontamination

Le ministère de l’environnement va demander un budget de 300 milliards de yens dédié à la décontamination pour l’année fiscale 2015. C’est plus que les 258 milliards de yens de l’année 2014. Il va aussi demander 150 milliards de yens pour les centres de stockage et d’entreposage des déchets radioactifs liés à la catastrophe. C’est autant qu’en 2014. Et puis, il y a les aides aux autorités locales pour qu’elles acceptent.