Nouveau rapport sur la triple catastrophe

Le HCFDC a publié un rapport sur les conséquences des trois catastrophes au Japon avec beaucoup de chiffres et de données.

La pêche à la rascasse est suspendue

Les pêcheurs de Fukushima ne pêchent que 32 espèces, les font contrôler avant de les mettre sur le marché. Ils ont adopté une limite de 50 Bq/kg, qui est la moitié de la limite gouvernementale. Mais ils ont récemment pêché une rascasse à 110 Bq/kg au large d’Iwaki. Les 13,2 kg pêchés ne seront pas commercialisés et les 2,5 kg de la veille seront repris, même s’ils ne dépassaient pas la limite. La pêche à la rascasse est suspendue.

Voici les dernières données sur les sédiments marins devant la centrale qui sont toujours fortement contaminés en césium.

Contamination des sédiments des bassins de rétention

C’est bien connu, le césium s’accumule dans les sédiments et c’est particulièrement vrai dans les bassins, lac, réservoirs qui recueillent l’eau de pluie qui lessive les sols. Selon une étude de la province de Fukushima et du ministère de l’agriculture, la concentration en césium radioactif dépasse 8 000 Bq/kg dans les sédiments de 576 réservoirs agricoles utilisés pour l’irrigation sur 1 939 contrôlés. Il y en a 3 730 en tout. 8 000 Bq/kg constitue la limite à partir de laquelle les autorités japonaises considèrent que les boues de station d’épuration, les cendres d’incinérateur et les déchets issus de la décontamination doivent être traités comme déchets radioactifs.

Parmi ces réservoirs, il y en a 14 où la contamination dépasse 100 000 Bq/kg. Cela monte à 370 000 Bq/kg à Motomiya ou 390 000 Bq/kg à Futaba.

108 des 576 bassins de rétention contaminés sont en zone évacuée. Et 9 sur les 14 les plus fortement contaminés sont aussi en zone évacuée.

En été, quand le niveau de l’eau est bas, le débit de dose à proximité augmente. Les autorités régionales s’inquiètent aussi pour les champs et rizières irriguées, même si le niveau de contamination de l’eau reste faible. En cas de sécheresse, la boue pourrait devenir poussière et contaminer les environs. Cependant, le ministère de l’environnement n’a aucune intention de curer ces bassins. Et celui de l’agriculture renvoie vers l’environnement car la décontamination n’est pas de sa compétence. Il se contente de transmettre l’information. Et s’il le faisait, il ne pourrait pas se faire indemniser par TEPCo.

Les autorités régionales ont évalué à 15,4 milliards de yens (plus de 100 millions d’euros) le coût de la décontamination et de la prise en charge des déchets. Le gouvernement pourrait commencer par les réservoirs les plus contaminés en zone non évacuée.

Traces de césium dans l’eau potable

La NRA a mis en ligne des résultats de mesure sur l’eau potable dans tout le Japon. Il y a des traces de césium dans l’eau du robinet dans les provinces d’Iwaté, Miyagi, Yamagata, Fukushima, Ibaraki, Tochigi, Gunma, Saïtama, Chiba, Tôkyô, Kanagawa et Niigata (12 provinces sur 47). La plus forte concentration est de 7,4 mBq/L (0,007 4 Bq/L) à Tochigi.

Point sur la contamination de la mer

La NRA a mis en ligne des résultats de mesure de la contamination des sédiments marins au large de la centrale de Fukushima et au-delà. On trouve du strontium 90, particulièrement radiotoxique, à de grandes distances, mais à un niveau moindre que le césium. Les prélèvements ont eu lieu en mai 2013. La contamination en césium seulement aux mêmes points, mais sur des prélèvements en novembre 2013, sont aussi disponibles. Au Nord, la tendance à la baisse est notable. C’est pas le cas au Sud où il y a des points où cela augmente.
Il y a aussi des données sur la contamination de l’eau de mer, avec quelques mesures de strontium dans des prélèvements de mai 2013, ainsi que dans des prélèvements d’août 2013.
En ce qui concerne la contamination de l’eau de mer à proximité de la centrale, la NRA a commencé à afficher les résultats en potassium 40 (K-40)  naturel à côté de ceux pour le césium. Les prélèvements datent de décembre 2013.

TEPCo a mis en ligne ses derniers résultats de mesure sur les poissons pêchés dans le port devant la centrale : ils sont tous contaminés, souvent à de fortes teneurs. Cela monte à 244 000 Bq/kg pour les deux césium. Il y a aussi des résultats sur des poissons pêchés dans un rayon de 20 km devant la centrale : de nombreux spécimens dépassent encore la limite de 100 Bq/kg. La plus forte valeur est de 400 Bq/kg.

Selon une étude, le fleuve Abukuma, qui se jette dans l’océan à Miyagi après avoir traversé Fukushima, a rejeté environ 10 TBq (10 000 milliards de becquerels) de césium lors de la première année de la catastrophe. Et 60% de ce rejet aurait eu lieu suite au passage du typhon n°15 en septembre 2011 (6,2 TBq).

Par ailleurs, il y a un nouveau record de la contamination de l’eau du puits 1-16 : 3,1 millions de becquerels par litre en bêta total (prélèvement du 20 janvier). Le précédent record était de 2,7 MBq/L dans le prélèvement du 16 janvier.

Saumons du Pacifique légèrement contaminés

Une compagnie de pêche de Seattle a fait mesurer la contamination de saumons du Pacifique. Sur les 7 spécimens, elle en a trouvé 2 qui étaient légèrement contaminés. Mais un échantillon a plus de césium 134 (1,2 Bq/kg) que de césium 137 (< 1Bq/kg). Un tel résultat est surprenant.
Un autre a 1,4 Bq/kg en césium 137 et une contamination inférieure à 1 Bq/kg pour le césium 134, ce qui est plus plausible.

Dorades radioactives

L’agence de recherche des coopératives de pêche annonce avoir pêché une dorade grise avec 12 400 Bq/kg en césium. Elle a été prise dans l’embouchure du fleuve Niidagawa, à 37 km à vol d’oiseau de la centrale le 17 novembre dernier. Deux autres spécimens avaient 197 et 426 Bq/kg. L’agence a pêché 37 dorades en tout au large d’Iwaki en octobre-novembre dernier et les autres poissons étaient tous en dessous de la limite de 100 Bq/kg.

Il s’agissait d’une pêche “expérimentale” : la pêche commerciale de ce poisson est interdite au large de Fukushima et Miyagi. Les coopératives de pêche des communes au Nord d’Ibaraki ne le pêchent pas non plus.