Effet du pompage en amont

On le sait, TEPCo a commencé à pomper l’eau souterraine bien en amont des réacteurs, la transvase dans des cuves, la contrôle avant de la rejeter dans l’océan. Ces opérations devaient réduire de 100 m3 par jour les infiltrations d’eau souterraine dans les sous-sols des réacteurs. La compagnie pompe entre 300 et 350 m3 par jour et a ainsi rejeté 36 000 m3 d’eau depuis mai dernier.
Les effets se faisaient attendre, TECPo ne constatant aucune baisse et son stock d’eau contaminée continue à augmenter de 400 m3 par jour. La compagnie vient d’annoncer qu’elle a enfin observé un effet : le volume d’eau qui s’infiltre semblerait avoir été réduit de 50 à 80 m3 par jour. Il s’agit là d’une estimation corrigée des données saisonnières qui prend en compte les précipitations. Il est vrai que les pluies ont été particulièrement abondantes cet été au Japon.
La compagnie aurait aussi observé une baisse de 20 cm du niveau de l’eau dans trois puits de contrôle. Voir le document explicatif en japonais.
Pour limiter encore plus les infiltrations d’eau souterraine dans les sous-sols des réacteurs où elle se contamine, TEPCo veut aussi pomper l’eau souterraine à proximité, la décontaminer et la rejeter dans l’océan. La compagnie a eu une réunion avec des pêcheurs d’Iwaki pour leur expliquer ses projets, mais ils s’y sont opposés.
Ils étaient 90 et TEPCo va organiser une autre réunion pour ceux qui n’ont pas pu venir. Elle devra aussi fournir plus d’études et des chiffres.
Cette dernière démarche de TEPCo est aussi un pas de plus vers le rejet de l’eau des cuves après décontamination. Si elle arrive à convaincre pour l’eau souterraine traitée, elle espère ensuite pouvoir convaincre plus facilement pour celle des cuves.
En attendant, TEPCo continue de pomper l’eau contaminée dans des cuves. Elle en a près de 400 000 tonnes maintenant, plus ce qui reste dans les sous-sols, galeries souterraines…

Fuites en mer : document de TEPCo

TEPCo a mis en ligne un document en anglais où elle présente les mesures prises pour réduire les fuites. Ce document avait déjà été publié en japonais le 15 août dernier. Il fait apparaître une évaluation des fuites en mer qui montre, si l’on fait les calculs, que les autorisations annuelles de rejet sont dépassées. TEPCo ne le mentionne pas et préfère dire que le niveau de contamination de l’eau de mer, au large, est faible. Certes, mais il est anormal.

Records de contamination

Records de la contamination radioactive de l’eau : il s’agit de données sur le strontium, qui est long à mesurer. Les prélèvements datent donc de mai 2014. Dans les puits de contrôle 1-14, 1-17 et 1-6, il y avait, respectivement, 2 200, 5 600 et 690 000 Bq/L. Pour l’eau de mer, il y a aussi de nombreux records compris entre 250 et 1 400 Bq/L (prélèvements des 12 et 15 mai 2014).
A titre de comparaison, TEPCo ne s’autorise pas à rejeter en mer une eau qui aurait plus de 5 Bq/l en bêta total. Et le strontium est un émetteur bêta.

Paroles de ministre

Le nouveau ministre de l’environnement a fait sa première sortie à Fukushima, ce qui est normal, étant donnée l’ampleur du désastre. La nouvelle ministre de l’industrie a choisi la centrale accidentée pour sa première sortie. Elle y a encouragé les ouvriers sur place, mais n’a rien proposé de concret pour les protéger.
Interrogée par les journalistes qui l’accompagnaient à propos de l’eau contaminée, elle a aussi expliqué qu’elle pense que la situation est « globalement sous contrôle », répétant la célèbre phrase du premier ministre devant le comité olympique, il y a un an. Et d’ajouter, que les effets de la pollution radioactive sont complètement bloqués dans le port. Là encore, il s’agit d’un copier-coller des paroles du premier ministre, sans que l’on en sache plus sur ce qu’ils entendent par « les effets ». Et dire que c’est cette ministre qui doit redonner confiance dans l’énergie nucléaire.
Voir notre note du 15 août dernier à propos des fuites en mer qui dépassent les autorisations de rejet. Que signifie « sous contrôle » quand il y a des fuites élevées ?
TEPCo a mis des photos de cette visite. Preuve qu’elle communique de façon ouverte et transparente !

Bétonnage du port

TEPCo veut cimenter le fond marin dans le port devant la centrale de Fukushima daï-ichi pour éviter que les sédiments contaminés ne se propagent dans l’océan. Mais, une fois les fuites terminées, TEPCo ne pourra pas reprendre ces sédiments qui resteront sous le ciment, s’il tient.
Il y a 180 000 m2 et TEPCo veut mettre deux couches. La première couche devrait être mise d’ici la fin mars 2015.

Eau contaminée : “situation sous contrôle”

Il y a un an, le premier ministre japonais déclarait devant le comité international olympique que la situation était « sous contrôle » en ce qui concerne les fuites en mer d’eau contaminée. Un an plus tard, TEPCo a reconnu que le pompage en amont dans les nappes phréatiques ne servait à rien, que le mur gelé dans une galerie souterraine n’a pas pris et, maintenant, que la station de traitement des eaux contaminées, ALPS, n’est toujours pas au point. Outre des pannes à répétition, ses performances ne sont pas à la hauteur des espérances pour quatre éléments.
TEPCo veut donc installer une nouvelle ligne test pour ALPS, avec une meilleure protection contre les fuites et une unité de décontamination supplémentaire pour ces quatre éléments.
Tout doit fonctionner pour décembre 2014 et pouvoir traiter 2 000 m3/jour. Mais cela fait des mois et des mois que la station ALPS est pour bientôt. Les premiers tests ont eu lieu en mars 2013.
En attendant, les fuites en mer continuent et l’eau continue de s’accumuler dans des cuves. Il y en a maintenant 367 000 m3 auxquels il faut ajouter ce qu’il y a dans les sous-sols des réacteurs, bâtiments turbine, galeries souterraines…

Reprise de la pêche à Iwaki

Les pêcheurs d’Iwaki vont reprendre la pêche de la petite friture (petits poissons de 3 cm qui sont bouillis et séchés) pour la première fois depuis le début de la catastrophe. Il s’agit d’une pêche expérimentale avant de reprendre une pêche commerciale. Les pêcheurs avaient voulu reprendre en octobre 2013, mais le scandale de l’été précédent sur les fuites en mer avait suspendu leur projet.
17 bateaux sont partis en mer ce premier jour et ont rapporté 3 tonnes de poissons qui ont été testés et déclarés conformes aux normes de mise sur le marché. Cette friture représentait la principale activité des petits bateaux de pêche, qui ne reprend, d’abord, qu’avec une seule sortie par semaine.

Eau contaminée : peu de progrès

TEPCo est toujours à la peine avec l’eau contaminée. Il y a trois mois, elle a commencé à pomper de l’eau en amont des réacteurs pour la rejeter en mer. Cela n’a pas été facile car cette eau est contaminée au tritium à cause des cuves voisines. Il y a aussi du césium, comme dans les cours d’eau, suite au lessivage des sols. Les pêcheurs étaient réticents et TEPCo leur avait menti par omission en ne leur disant pas que les fuites en mer continuaient. Après de longues discussions, un double contrôle avant rejet en mer, TEPCo en a finalement rejeté 25 000 m3 en trois mois. Elle l’avait annoncé que cette mesure allait faire diminuer la quantité d’eau qui pénètre dans les sous-sols des réacteurs où elle se contamine beaucoup plus et elle vient de reconnaître qu’il n’en est rien. Il y a toujours 400 m3 par jour qui viennent s’ajouter au stock et il faut toujours ajouter des cuves et des cuves pour la stocker.
Par ailleurs, le gouvernement japonais a retenu trois compagnies étrangères parmi 29 candidatures pour déterminer la meilleure méthode pour séparer le tritium de l’eau contaminée. Il s’agit de Kurion (Etats-Unis), General Electric Hitachi Nuclear Energy Canada Inc et RosRAO (Russie). Elles vont recevoir chacune jusqu’à un milliards de yens (7,3 millions d’euros) en R&D pour déterminer si le tritium peut être séparé à un coût raisonnable. Elles doivent rendre leur conclusion pour mars 2016. Il n’y a aucun engagement à déployer ces technologies par la suite.
Pendant ce temps là, les fuites en mer continuent (cf 15 août dernier).