La faille sous la centrale de Higashidôri pourrait être active

Le groupe d’experts de la NRA a estimé que la faille qui passe sous la centrale de Higashidôri (Aomori) pourrait être active. Il y a un an, ces experts avaient estimé que les failles F3 et F9 qui passent près du bâtiment réacteur pourraient bouger dans l’avenir. Le propriétaire, Tôhoku Electric, avait mené des investigations complémentaires dans le but de contredire ce point de vue.
Les experts de la NRA ont réfuté les nouveaux arguments de l’exploitant qui n’a pas pu démontrer la stabilité de ces failles. En revanche, les experts n’ont pas pu se mettre d’accord à propos de la faille F1 qui passe sous la prise d’eau, un équipement important pour la sûreté. Pour la faille F2, qui passe sous le réacteur, ils sont d’accord pour dire qu’elle n’est pas active.
Il est trop tôt pour savoir si ce réacteur devra être abandonné ou pas. Si ces failles étaient finalement reconnues actives, cela ne condamne pas forcément la centrale car elles ne passent pas directement sous les réacteurs, mais cela imposerait un renforcement des mesures antisismiques.
L’exploitant a déjà déposé un dossier de demande de redémarrage qui ne sera pas instruit tant que ce problème n’est pas réglé.
Le groupe d’experts a mené quatre inspections de terrain et tenu 11 réunions pour arriver à cette conclusion.

Les vieilles méthodes

Pour faciliter l’acceptation du redémarrage des réacteurs nucléaires, le gouvernement veut augmenter la dotation aux communes qui hébergent les centrales nucléaires…
Pour le moment, c’est uniforme pour les 48 réacteurs, même s’ils sont à l’arrêt. Ce pourrait être plus, une fois le réacteur en fonctionnement… et moins s’il reste à l’arrêt. Comme si les communautés locales étaient responsables de la sûreté défaillante des centrales nucléaires. Bref, c’est toujours les mêmes méthodes !
La prime au démarrage pourrait être mise en place en 2016. La décision sera prise d’ici la fin de l’année fiscale, en mars 2015. Comme de nombreux réacteurs devraient être arrêtés définitivement dans un avenir proche, les autorités vont aussi revoir les sommes allouées dans ce cas là.

Monju, l’acharnement thérapeutique continue

L’exploitant a soumis un rapport au gouvernement où il explique les mesures prises pour éviter que se reproduise les manquements graves à la sûreté qui avaient été dénoncés par la NRA. Elle avait suspendu toute velléité de redémarrer ce réacteur.
Rappelons qu’il a démarré en 1994 et est tombé en panne en 1995 et que depuis, il est à l’arrêt. Il s’agit d’une technologie obsolète et excessivement dangereuse à cause du sodium liquide utilisé pour le refroidissement.

Fin de la décontamination des points chauds

Outre les zones d’évacuation, les autorités japonaises ont évacué des points chauds où l’exposition externe dépassait 20 mSv/an. Cela s’est fait jusqu’en septembre 2011 et la décision était prise maison par maison à la fin. Les habitants pouvaient choisir entre une évacuation avec indemnisation ou rester.
Depuis, ces points chauds ont été décontaminés et le conseil à l’évacuation levé. La dernière recommandation à évacuer un de ces points chauds devrait être levée le 28 décembre à Minami-Sôma. Elle concerne 152 foyers à une vingtaine de kilomètres de la centrale de Fukushima daï-ichi.
Le gouvernement voulait lever cette recommandation en octobre dernier, mais les habitants s’y sont opposés car ils considéraient qu’il n’était pas encore sûr d’y habiter. Mais les autorités auraient depuis obtenu l’accord des autorités locales. Tous les habitants ne sont pas convaincus et réclament une meilleure décontamination. L’indemnisation va continuer jusqu’en mars 2015.

Retard du transport des déchets radioactifs

Le gouvernement devait commencer, dès janvier, à transporter les déchets vers le site d’entreposage prévu à Fukushima. Mais il ne devrait pas pouvoir tenir le calendrier. Les négociations avec les propriétaires des terrains sont plus complexes que prévu. Cela n’est pas étonnant car les autorités prétendent qu’il s’agit d’un entreposage pour 30 ans maximum – c’est inscrit dans la loi – et qu’un site de stockage définitif sera trouvé en dehors de la province de Fukushima d’ici là. Il y a plus de 25 millions de m3 à déménager. Qui peut les croire ?

Alors que le déblaiement des débris du tsunami a commencé à Tomioka, de nombreux objets personnels sont retrouvés, créant beaucoup d’émotion chez leurs propriétaires. Certains seront utilisés pour un mémorial.

La piscine du réacteur n°4 est vide !

La piscine du réacteur n°4 est vide ! Bonne nouvelle ! Il y avait 1 535 assemblages, dont 1 331 irradiés et 204 neufs. Le retrait avait débuté en novembre 2013.
Rappelons que cette piscine a été source d’inquiétude dans les premiers jours de la catastrophe. Le premier ministre avait sur son bureau le scénario du pire qui consistait en une perte de refroidissement de cette piscine suite à une fissure et une fusion des combustibles. Comme il n’y a pas d’enceinte de confinement, il avait été estimé qu’il aurait fallu évacuer jusqu’à 250 km, c’est à dire jusqu’à Tôkyo. Une pétition d’un collectifs d’association avait aussi réclamé la vidange rapide de cette piscine.
Rappelons aussi que le cœur du réacteur était vide le 11 mars 2011 et qu’il n’a donc pas fondu, contrairement aux réacteurs 1, 2 et 3. L’explosion du bâtiment réacteur serait due à de l’hydrogène venue du réacteur n°3.
Le démantèlement du réacteur n°4 va pouvoir continuer, même s’il n’est pas prioritaire car ce réacteur accidenté pose beaucoup moins de risques maintenant. Et puis, TEPCo ne sait pas où mettre les déchets engendrés. Les travaux vont donc être temporairement suspendus.
Pour les réacteurs 1, 2 et 3, ce sera plus complexe car les humains ne peuvent pas pénétrer dans les réacteurs à cause du débit de dose trop élevé.
Le Japon, comme les autres pays, n’a pas de solution pour ces combustibles usés.

Restrictions à l’importation

Taïwan a annoncé maintenir son interdiction d’importation de denrées alimentaires provenant de 5 provinces japonaises (Fukushima, Ibaraki, Gunma, Tochigi et Chiba). Le pays n’a pas de projet de lever cette interdiction pour le moment et a imposé, le mois dernier, des contrôles sur les matières recyclables importées (papiers, métaux, plastics…) du Japon.