Demande d’une meilleure indemnisation

344 résidents de Minami-Sôma, qui ont dû évacuer suite à la catastrophe nucléaire, viennent de porter plainte contre TEPCo. Comme ils ne peuvent toujours pas rentrer, ils réclament un doublement d’indemnisation de base et une compensation supplémentaire pour avoir tout perdu. L’accident a rendu impossible le retour sur les lieux où vivaient leurs ancêtres et a détruit le lien social. Ils réclament de l’ordre de 6 à 7 milliards de yens.

Profits pour TEPCo

TEPCo a annoncé espérer faire du profit cette année et ne va pas augmenter ses tarifs d’électricité. Elle devrait rembourser 150 milliards de yens (1 milliard d’euros) aux banques le 26 décembre, mais va réemprunter en 2015. Elle a 2 000 milliards de yens de dettes d’urgence auprès des banques suite à la catastrophe. Il faut encore ajouter l’argent avancé par le gouvernement pour les indemnisations.

Coûts de démantèlement

C’est maintenant officiel, le gouvernement veut faire porter les coûts du démantèlement des réacteurs nucléaires par les compagnies qui distribuent l’électricité pour que tout le monde paye une fois le marché de l’électricité ouvert, même les consommateurs qui choisiront un producteur qui n’exploite pas de nucléaire. Il s’agit de protéger les exploitants historiques face à la nouvelle concurrence.

Indemnisations non réclamées

3 713 évacués de la catastrophe nucléaire n’auraient toujours pas demandé à être indemnisés, selon TEPCo. La compagnie a reçu des demandes de la part de 166 000 personnes.
TEPCo ne saurait pas où sont 400 réfugiés et 750 autres n’auraient même pas demandé d’indemnisation provisoire, le temps que leur dossier soit instruit.

Takahama : dossier de sûreté validé

La NRA, l’autorité de régulation nucléaire, a jugé recevable le dossier de sûreté des réacteurs 3 et 4 de la centrale de Takahama (Fukui). La décision a été prise à l’unanimité. Il s’agit de la deuxième centrale à passer cette étape importante sur le chemin du redémarrage, même s’il reste encore de nombreux obstacles. Le rapporteur de la NRA a expliqué que les réacteurs satisfaisaient au minimum requis et que l’exploitant, KEPCo, devait encore faire des efforts pour améliorer la sûreté. Pas très rassurant…
Pour cette première étape, il y a déjà eu plusieurs aller-retour entre KEPCo et la NRA. La compagnie avait d’abord estimé la secousse la plus forte à 550 gals, mais la NRA l’a rejeté. Elle a ensuite proposé 700 gals en décembre 2013, prenant en compte le mouvement simultané de plusieurs failles.
Pour la hauteur de tsunami, c’était d’abord 2,6 m au dessus du niveau de la mer, puis 5,7. Après avoir découvert une erreur de calcul, c’est maintenant 6,2 m. La digue de protection va donc passer d’une hauteur prévue de 6 m à 8 m.
La compagnie a aussi renforcé les moyens de refroidissement du cœur en cas d’accident et des moyens de prévenir les explosions hydrogène.
Pour le moment, ce sont les réacteurs les plus anciens qui servent de salle de contrôle en cas d’urgence, mais ce n’est pas tenable à terme car KEPCo veut aussi les redémarrer. Elle est donc en train de construire un bâtiment protégé en cas d’urgence. En attendant, la NRA refuse le redémarrage des réacteurs 1 et 2.
KEPCo prévoit d’utiliser du combustible MOx dans cette centrale.
L’avis de la NRA va être soumis au public à partir du 18 décembre via Internet pour une durée d’un mois. L’exploitant doit soumettre le détail des dossiers qui devront être instruits, faire les travaux qui devront être inspectés et obtenir le consentement des autorités locales. Comme d’habitude, on ne demandera leur avis qu’à ceux qui sont déjà d’accord car ils dépendent financièrement de la centrale. C’est plus simple !
Mais la zone de préparation à l’urgence empiète sur les provinces de Shiga et Kyôto qui vont légitimement demander voix au chapitre.

Nouvelle augmentation des tarifs d’électricité

KEPCo a annoncé officiellement qu’elle allait solliciter l’autorisation d’augmenter ses tarifs d’électricité pour les particuliers. Ce sera la deuxième hausse depuis 2011. La précédente était de 9,75% en moyenne. Le tarif pour les compagnies va augmenter en avril prochain.
KEPCo, qui dépendait à 45% du nucléaire, aurait perdu presque 5 milliards de dollars depuis l’accident de Fukushima.
TEPCo, de son côté, a confirmé qu’elle n’allait pas demander de deuxième hausse de ses tarifs en 2015.

Socialisation du coût du démantèlement

Avec la libéralisation du marché de l’électricité et de nombreux réacteurs à arrêter prématurément, le coût du démantèlement risque de rendre les compagnies historiques peu compétitives. Le gouvernement réfléchit donc à un moyen de lisser ces coûts ou les « sociabiliser ». Il envisage de les reporter sur les compagnies qui transportent l’électricité afin de faire payer tous les consommateurs. Mais les nouvelles compagnies vont refuser. Surtout celles qui veulent proposer une offre 100% renouvelable. Ces coûts pourraient n’être supportés que par les compagnies qui exploitent du nucléaire, ce qui serait plus équitable.

Fuite

TEPCo a annoncé une fuite de 6 m3. Cette eau aurait été décontaminée partiellement par ALPS et aurait fui des tuyaux de transport jusqu’aux cuves de stockage. Cette eau est allée sur le sol mais n’aurait pas rejoint la mer. Des analyses effectuées lundi 15 décembre sur cette eau donnent une contamination de 89 Bq/L en bêta total. Rien n’est dit sur la contamination au tritium.
Des photos et une carte sont disponibles ici en japonais.
La fuite coïncide avec la visite d’une délégation d’experts coréens venus vérifier les contrôles effectués sur les ressources halieutiques. Ils visitaient la centrale au même moment et n’auraient pas été informés de la fuite…