KEPCo organise une visite de presse

Kansaï Electric (KEPCo), qui veut redémarrer les réacteurs 1 et 2, c’est à dire les plus anciens de sa centrale de Takahama (Fukui), qui est en passe de voir son dossier de sûreté accepté par la NRA pour les réacteurs 3 et 4 de cette même centrale et qui veut augmenter ses tarifs d’électricité, vient d’organiser une grande opération de communication. Elle a montré à la presse les inspections supplémentaires qu’elle est en train de mener sur les réacteurs 1 et 2. Le 1er vient de passer la quarantaine, le second c’est pour 2015, mais elle veut malgré tout les redémarrer.
Rappelons que la loi japonaise, votée après mars 2011, limite à 40 ans l’exploitation des réacteurs nucléaires, en laissant la possibilité aux exploitants de demander une prolongation « exceptionnelle » jusqu’à 60 ans à condition de mener des examens complémentaires de sûreté relatifs au vieillissement. En France, l’autorisation d’exploiter un réacteur doit être révisée tous les 10 ans. Cela ne semble pas le cas au Japon où KEPCo espère obtenir 20 ans de plus. Cela n’empêche pas les autorités de déclarer qu’elles ont le référentiel de sûreté le plus contraignant…
La presse a pu observer les contrôles aux ultra-sons effectués sur les soudures.

Retour sur le dossier du rachat de l’électricité solaire

Retour sur le dossier du rachat de l’électricité solaire qui bénéficie d’un tarif préférentiel pour favoriser son développement : sept compagnies d’électricité (Hokkaïdô, Tôhoku, Hokuriku, Chûgoku, Shikoku, Kyûshû et Okinawa Electric Power Co.) ont reçu, en tout, des demandes de raccordement pour 40 GWhe, mais leur réseau ne peut accepter que 58%, à savoir 23,69 GWhe selon le ministère de l’industrie, le METI. 6 de ces compagnies sont concernées par le surplus de demande de raccordement. Le METI veut donc changer les règles mais ne semble rien proposer pour adapter le réseau afin de favoriser les énergies renouvelables.

Demande de démarrage d’un réacteur

J-Power était en train de construire un nouveau type de réacteur à Ôma dans la province d’Aomori qui doit fonctionner uniquement avec du combustible MOx, c’est à dire un mélange d’uranium appauvri et de plutonium. Un tel réacteur est unique au monde. Les réacteurs classique qui utilisent aussi du MOx limitent sa part à un tiers.
Le combustible MOx est plus difficile à contrôler, ce qui rend ce type de réacteur plus dangereux.
Les travaux, commencés en 2008, ont été suspendus après le 11 mars 2011, puis ont repris en octobre 2012. Le degré d’avancement serait de 37,6%. En toute logique, J-Power allait faire les démarches pour être autorisée à exploiter ce réacteur une fois les travaux terminés en 2021. La puissance est de 1,38 GWhe.
La compagnie ne veut pas perdre de temps semble-t-il puisqu’elle vient de déposer un dossier de sûreté pour qu’il soit instruit par la NRA, l’autorité de régulation nucléaire. Elle veut aussi adapter les travaux à l’avis de cette dernière.
Evidemment, il a fallu revoir les plans à la lumière du nouveau référentiel de sûreté. Par exemple, des travaux de renforcement vont être effectués pour que le réacteur puisse supporter une secousse de 650 gals, contre 450 gals précédemment. La vague de tsunami pourra atteindre 6,3 m. L’augmentation du coût de construction serait de l’ordre de 130 milliards de yens (presqu’un milliard d’euros).
Rappelons que la ville de Hakodaté, à Hokkaïdô, de l’autre côté du détroit de Tsugaru, mais à moins de 30 km du réacteur, a entamé une action en justice pour faire arrêter les travaux.
Mais le « village nucléaire japonais », qui a investi dans une usine pour séparer le plutonium des combustibles usés – usine qui ne marche pas pour le moment – a besoin de ce réacteur pour justifier sa politique dite de retraitement. Le combustible MOx usé ne pourra pas être retraité à l’usine de Rokkashô-mura, car il est beaucoup plus radioactif. Il faudrait construire une autre usine pour ce type de combustible. Ce qui n’est guère envisageable, même à moyen terme. Les plans n’existent même pas.
C’est le 21ième dossier de sûreté soumis à la NRA depuis la mise en place du nouveau référentiel de sûreté en juillet 2013.

L’eau contaminée rejetée en mer ?

Le président de la NRA, Shunichi Tanaka, a visité la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi pendant 4 heures. C’est sa troisième visite en deux ans. Il aurait déclaré que l’eau qui s’accumule devra être rejetée dans l’océan afin de pouvoir nettoyer le site. Impressionné par le nombre de cuves qui constituent une menace pour le site, il veut trouver une solution. Après décontamination partielle, cette eau devra être rejetée en mer. Il veut donc mieux informer la population car il est conscient que l’idée va choquer. C’est toujours la même stratégie qui est à l’oeuvre au Japon : Décider – Annoncer – Défendre (DAD).
En revanche, il n’a rien dit à propos de l’énorme volume de déchets radioactifs sur le site de la centrale, pour lequel il n’y a aucune solution envisagée pour le moment.

Visite d’experts coréens

Depuis septembre 2013, la Corée du Sud interdit l’importation de produits de la mer en provenance de huit provinces japonaises suite à la catastrophe nucléaire (Fukushima, Aomori, Iwaté, Miyagi, Ibaraki, Gunma, Tochigi et Chiba). D’autres pays font de même, mais le Japon est particulièrement sensible au cas coréen. Une délégation d’experts coréens va donc venir visiter la région, observer les contrôles et les mesures prises par TEPCo pour tenter de limiter les fuites en mer.

Dossier de sûreté de Takahama 3 et 4 bientôt aprouvé

Les réacteurs n°3 et 4 de la centrale de Takahama (Fukui) pourraient voir leur dossier de sûreté approuvé par l’autorité de sûreté nucléaire japonaise, la NRA. La décision est ensuite soumise à l’avis du public pendant un mois. Puis, il faut soumettre les plans détaillés, les instruire, finir les travaux, mener les inspections… Cela va encore prendre des mois avant un démarrage.
Pour les deux réacteurs de Sendaï à Kyûshû, cet avis favorable avait été donné en juillet 2014 et les réacteurs n’ont toujours pas démarré. Personne ne peut donner de date précise.
A Takahama, la situation est plus complexe car la zone de préparation à l’évacuation de 30 km empiète sur les provinces voisines de Shiga et Kyôto.