Le gouvernement ne voulait pas révéler la liste des communes qui ont accepté de traiter, c’est à dire incinérer, des débris issus du tsunami de mars 2011. Des résidents craignent la contamination radioactive. Mais un tribunal d’Ôsaka vient de décider que cette liste devait être publique car la population est en droit de savoir.
Ce choix du secret date d’avant la loi sur le secret ! Cela ne devrait donc pas s’arranger…
Archives mensuelles : décembre 2014
Politique de rachat de l’électricité renouvelable
Petit résumé de la situation : en juillet 2012, le gouvernement de l’époque a introduit un tarif de rachat favorable pour les énergies renouvelables afin de favoriser leur développement. Il voulait passer de 10 à 20%. Les 10 compagnies qui commercialisent l’électricité doivent acheter cette électricité auprès des producteurs qui en feraient la demande pour la distribuer et la vendre aux consommateurs. Seulement, elles préfèrent favoriser leur production, plus lucrative pour elles. Et les réseaux électriques n’ont pas été conçus pour cette production décentralisée.
Face au boom des investissements dans le renouvelable, cinq compagnies d’électricité (Hokkaïdô Electric Power Co., Tôhoku Electric Power Co., Shikoku Electric Power Co., Kyûshû Electric Power Co. et Okinawa Electric Power Co.) ont donc arrêté d’accepter les demandes de raccordement sous prétexte de menaces sur le réseau et la stabilité de l’approvisionnement. Le solaire, par exemple, produit beaucoup la journée et pas la nuit. Il faut donc compenser une partie de l’énergie solaire quand il n’y a pas de soleil, ce qui est plus complexe à gérer.
Le ministère de l’économie s’est penché sur le dossier et veut changer les règles. Jusqu’à présent, les compagnies d’électricité pouvaient refuser d’acheter l’électricité renouvelable 30 jours par an, sans compensation pour le fournisseur. Ce sera désormais possible sur une base horaire en prévenant le fournisseur un jour avant, même pour les petits producteurs, comme les particuliers. C’était seulement pour les installations produisant plus de 500 kWh jusqu’à maintenant. En revanche, les compagnies d’électricité ne pourront plus fixer de limite, sauf pour deux d’entre elles : celles de Kyûshû et celle du Tôhoku où ce sera environ 50% de ce qui a été demandé. Cette dernière privilégiera les initiatives de la province de Fukushima.
Ces nouvelles règles devraient être confirmées d’ici la fin de l’année.
Campagne électorale
Suite à la dissolution de l’assemblée par le gouvernement, il y aura des élections dimanche 14 décembre et la campagne bat son plein. En revanche, les candidats évitent de parler du nucléaire. Le parti au pouvoir, favorable à un redémarrage rapide, ne veut pas braquer les électeurs plutôt opposés dans leur majorité. Et le principal parti d’opposition, ne fait pas campagne sur ce thème pour ne pas froisser les syndicats des compagnies d’électricité qui le soutiennent.
En revanche, les petits partis n’hésitent pas à déclarer ouvertement leur opposition au programme nucléaire dans leurs interventions.
Les opposants au nucléaire, qui manifestent toujours tous les vendredis soir autour de la résidence du premier ministre, demandent aux partis d’opposition de clarifier leur politique énergétique. Cela fait deux ans neuf mois qu’ils manifestent toutes les semaines.
Contamination de l’eau souterraine
La contamination de l’eau souterraine autour des réacteurs nucléaires de la centrale de Fukushima daï-ichi a tendance à s’améliorer. Il n’y a plus d’augmentation régulière avec des records battus jours après jours. Dans certains puits, la contamination reste cependant très élevée.
En amont des réacteurs, au pied des cuves, un record de la contamination au tritium vient d’être battu : il y a 900 Bq/L dans le puits E-13 (prélèvement du 9 décembre).
ampo-gaki
Le « ampo-gaki », une spécialité du Nord de Fukushima, à base de kaki séché et fumé, retourne sur les étals des magasins. Les producteurs avaient suspendu la production après la catastrophe nucléaire pour garder la confiance des consommateurs. L’an dernier, quelques producteurs ont repris la production à titre d’essai. Cela a été étendu cette année. Le nombre d’appareils de mesure pour contrôler la radioactivité est passé de 12 à 26. Le maire de Daté veut contrôler toute la production, à l’instar de ce qui est fait pour le riz.
Un cérémonie a célébré le premier envoi d’ampo-gaki depuis Daté, le 5 décembre dernier.
Entrée en application de la loi sur le secret
La loi sur le secret entre en application au Japon. Comme cela a déjà été souligné, le périmètre du secret n’est pas bien défini et cela laisse la porte ouverte à l’arbitraire. Un document peut être classifié durant 60 ans et cela peut être prolongé sans règle claire. Le contrôle n’est pas bien défini non plus, ce qui fait craindre des abus.
Les punitions encourues en cas de violation du secret sont très sévères : jusqu’à 10 ans pour le fonctionnaire qui aurait faire fuir les documents et jusqu’à 5 ans pour ou ses complices, dont les journalistes.
Le premier ministre a déclaré à la télévision que si cette loi devrait entraver la liberté de la presse, il démissionnerait. Comme les premiers ministres ne restent jamais longtemps en poste, ce n’est pas très rassurant comme argument. C’est même complètement ridicule.
De nombreuses personnes et organisations continuent à demander son abolition.
Oïshimbo
On s‘en souvient, le manga Oïshimbo (gourmet) avait défrayé la chronique car il montraient de personnes saigner du nez après être allées à Fukushima. « Rumeurs néfastes » avaient hurlé les autorités. La série, qui paraissait dans un magazine avait dû être arrêtée. Un éditeur qui compile les épisodes dans des livres vient de publier le 111ième volume qui inclut les épisodes controversés, mais après quelques modifications. Ainsi, lors de la première parution, les saignements de nez du héro principal, un journaliste, étaient directement liés à l’exposition aux radiations. Dans la présente version, il déclare, après avoir consulté un médecin, que ce n’est pas dû aux radiations.
Limite de dose en cas d’urgence
Avancement du retrait des combustibles
TEPCo a retiré 1 463 assemblages de combustibles de la piscine du réacteur n°4. Il en reste 70 non irradiés.
Nouvelle augmentation des tarifs de KEPCo
Kansaï Electric Power Co. (KEPCo) devrait faire une demande pour être autorisée à augmenter à nouveau ses tarifs d’électricité pour les ménages de 10% environ à partir d’avril 2015. L’augmentation pour les gros consommateurs devrait être plus élevée, mais il n’y a besoin de demander l’autorisation.
Ce sera la deuxième hausse depuis la catastrophe nucléaire. C’était 9,75% en moyenne pour les ménages et 17,26% pour les compagnies en mai 2013. La compagnie prétend qu’elle baissera ses tarifs une fois les réacteurs redémarrés.
Hokkaïdô Electric a déjà augmenté ses tarifs deux fois.