Gestion du retour par la dose

Le gouvernement s’était engagé à décontaminer toutes les zones où l’exposition externe dépasse le millisievert par an, qui est la limite annuelle à ne pas dépasser en temps normal. En supposant que les habitants passent 8 heures par jour à l’extérieur et 16 heures à l’intérieur, cela se traduit par un débit de dose de 0,23 microsievert par heure.
Mais les travaux de décontamination ne donnent pas les résultats attendus. Les autorités veulent donc changer la façon d’évaluer les doses. Un dosimètre est fourni aux habitants et les données relevées. En faisant attention, il est possible de prendre moins d’un millisievert par an là où le calcul grossier prédit plus. Et donc, il n’est pas besoin de décontaminer autant !
Certaines communes, comme Daté, sont contentes de ce choix. Le maire, soutenu par le programme français Ethos in Fukushima, fait régulièrement venir des experts étrangers pour faire valoir ce point de vue. L’exemple norvégien est mis en avant : les Samis, qui vivent de l’élevage de rennes, ont vu leur mode de vie menacé par la contamination radioactive de Tchernobyl. Les Norvégiens ont donc accepté une augmentation de la limite de contamination de la viande de renne.
Des dosimètres ont été distribués à 50 000 personnes entre juillet 2012 et juin 2013 à Daté. 70% d’entre elles avaient une dose enregistrée inférieure à 1 mSv. Même dans des zones où la contamination engendre un débit de dose supérieur à 0,23 microsievert par heure.
Mais le gouvernement ne se base que sur des moyennes. Or il faut protéger chaque individu, pas un individu moyen. Il est donc important de connaître aussi les valeurs les plus fortes enregistrées. Et puis, les habitants de Daté ont modifié leur mode de vie, en passant moins de temps à l’extérieur. Est-on sûr qu’ils portaient toujours leur dosimètre ?
La municipalité de Tamura est opposée à ce nouveau mode d’évaluation des doses et ne va pas changer ses plans de décontamination. Elle pense que les habitants n’accepteront jamais les nouvelles règles.
Avoir différents standards, est-ce viable ?

Démantèlement du réacteur n°1

TEPCo a mis en ligne, en japonais uniquement, une présentation des travaux de retrait de la couverture du réacteur n°1 et de démantèlement de la partie supérieure. Seule la partie haute de la couverture sera retirée dans un premier temps. TEPCo insiste sur le fait qu’elle va pulvériser un produit pour diminuer la remise en suspension des poussières. Elle aussi essayé de colmater la partie inférieure du bâtiment où elle aspirera les poussières.
On peut cependant s’attendre à une augmentation des rejets radioactifs et un silence assourdissant de TEPCo à ce sujet, comme pour le réacteur n°3…

Bétonnage du fond du port

TEPCo avait déjà bétonné le fond marin dans le port devant la centrale. Elle va recommencer.
Voir les photos et explications en japonais.
Les poissons pêchés dans le port peuvent toujours être fortement contaminés. Voir les derniers résultats en japonais.

Résultats de mesure sur l’eau de mer prélevée devant la centrale de Fukushima daï-ichi qui inclut le césium, le strontium et le tritium. Les niveaux sont faibles, mais la contamination est systématique. Les sédiments marins restent contaminés sur des centaines de kilomètres.

Piscine du réacteur n°6 : fuite

On s’en souvient, au début du mois de juillet 2014, le refroidissement de la piscine du réacteur n°5 a dû être arrêté suite à une fuite sur le circuit d’eau de mer. Comme il faut plusieurs jours à l’eau de la piscine pour atteindre la température limite autorisée de 65°C, cela n’était pas très grave. L’IRSN a tout de même consacré une note au sujet, sans que l’on sache trop pourquoi il a retenu cet événement plutôt qu’un autre. Il n’a même pas intéressé les médias français. La contamination des rizières par les opérations de démantèlement, par exemple, est bien plus grave.
Le refroidissement de la piscine du réacteur n°6 avait aussi dû être arrêté le 11 juillet dernier suite à une fuite sur une vanne.
TEPCo annonce maintenant avoir trouvé une fuite d’eau radioactive sur le circuit de refroidissement de cette même piscine. Cette eau contient 2 000 à 3 000 Bq/L de Cobalt 60. Cette portion du réseau de refroidissement est inutilisée depuis le 6 juillet dernier, suite à la découverte de l’autre fuite. L’eau serait restée dans le réceptacle qui entoure les vannes.
Ce nouvel incident montre que les vannes se détériorent vite et que les contrôles effectués par TEPCo ne sont pas suffisants. TEPCo reconnaît qu’elle doit améliorer ce dernier point.
Photos et explications en japonais.

Sûreté nucléaire : les causes de l’accident

Quelle est la part due au séisme et quelle est la part due au tsunami dans l’accident nucléaire ? Cette question est importante pour la suite, car les séismes sont plus fréquents que les tsunamis, même si cela n’est pas une raison valable pour négliger le risque tsunami. Peu importe la fréquence, si c’est possible.
La NRA, l’autorité de sûreté nucléaire japonaise, est arrivée à la conclusion que c’est le tsunami qui a endommagé les équipements de secours importants pour la sûreté. Le rapport d’enquête parlementaire avait suggéré que le séisme avait pu endommager des circuits de refroidissement et que les générateurs électriques du réacteur n°1 aient pu aussi être rendus indisponibles avant. Des ouvriers avaient vu une fuite d’eau avant l’arrivée du tsunami. Mais la NRA a conclu que cette eau venait de la piscine de combustible voisine. Les diesels de secours ont bien été endommagés par le tsunami.
Le rapport de la NRA va être envoyé à l’AIEA.
Il ne faut pas en conclure que le séisme a été inoffensif : les lignes électriques ont été coupées à cause du séisme. L’approvisionnement en eau aussi. A Fukushima daï-ni, où le séisme a aussi noyé les générateurs de secours, l’électricité réseau était encore disponible à quelques kilomètres de cela, ce qui a permis d’éviter l’accident grave.

Centrale de Sendaï : point sur la situation

La décision de la NRA concernant le dossier de demande de redémarrage de la centrale de Sendaï (Kagoshima) a été beaucoup commentée.
France Inter titre, Le Japon redémarre une centrale nucléaire. La station de radio va un peu vite en besogne. Les deux réacteurs ne redémarreront pas avant l’automne, au plus tôt, car les obstacles sont encore nombreux. Si une étape importante a été franchie, ce n’est pas encore un feu vert qui a été donné.
Les journaux plus critiques, comme l’Asahi ou le Maïnichi, soulignent l’absence de progrès dans la gestion d’une catastrophe nucléaire. En particulier, les plans d’évacuation, à la charge des autorités locales, ne sont pas prêts. Ils donnent la parole aux évacués de la catastrophe de Fukushima qui prennent cette décision comme une insulte, comme si leur vie détruite ne comptait pas. Ils rappellent que la centrale de Fukushima avait aussi été qualifiée de « sûre ».
Dans un éditorial, l’Asahi pense que le redémarrage est trop risqué et donc irresponsable. Le quotidien n’a pas confiance dans les exploitants qui ont rechigné à faire les investissements nécessaires à améliorer la sûreté de leurs installations et leur tenue face à des situations extrêmes. La NRA a dû batailler dur pour imposer ses vues. Est-ce bien raisonnable de les laisser exploiter une source d’énergie si dangereuse sans réforme interne drastique ? Rappelons que c’est l’exploitant qui a la responsabilité de la sûreté de ses installations ! Dans un éditorial, le Maïnichi est en phase. Il regrette que la NRA ne doivent pas valider les plans d’évacuation mis en place par les autorités locales, alors qu’il s’agit du dernier niveau de défense des populations riveraines.
Mais la décision d’exploiter ou non l’énergie nucléaire n’est pas seulement technique. Il s’agit d’un choix de société qui n’a pas été débattu après la catastrophe, même si la population le réclame fortement.
Dans les faits, personne ne veut prendre la décision finale d’autoriser la centrale à redémarrer, comme le souligne le Japan Times. Le gouvernement a clairement dit qu’il s’en remettait à l’autorité de sûreté, la NRA, pour évaluer la sûreté et laisserait les compagnies décider de l’exploitation de tous les réacteurs jugés « sûrs ». Il se décharge ainsi de sa responsabilité. Le porte-parole du gouvernement a ainsi précisé qu’il ne prendrait aucune décision politique et qu’il laisserait les procédures légales suivre leur cours.
Mais le président de la NRA rappelle qu’il n’est pas de son ressort de décider le redémarrage ou non. Sa seule tâche concerne l’évaluation de la sûreté. Il n’a même pas à décider si un réacteur est sûr ou pas, mais seulement à estimer si les normes de sûreté son satisfaites.
Est-ce que les autorités locales, qui ne sont pas prêtes en cas d’accident, donneront un avis favorable ? Quelle sera leur responsabilité si cet accident se produit ? Ce qui entendu par « autorité locale » qui peut donner son avis est très restreint au Japon. Il s’agit des mairies des communes qui abritent la centrale et qui touchent de larges subsides. Le gouverneur de la province n’a, officiellement, pas son mo à dire, même s’il essaye de faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Dans le cas de la province de Kagoshima, il est favorable au redémarrage des réacteurs de Sendaï, mais n’a pas à prendre la responsabilité du redémarrage, puisqu’il n’a pas on mot à dire ! Alors que la zone de préparation à l’accident nucléaire a été étendue à un rayon 30 km autour de la centrale, les autres communes concernées n’ont pas non plus leur mot à dire.
Quant aux exploitants, qui ont massivement investi dans l’industrie nucléaire, ils doivent satisfaire leurs actionnaires et cherchent la rentabilité maximale. Ces derniers ne se considèrent pas pour autant responsables.
Le Yomiuri, journal officiel du village nucléaire, qui appelle régulièrement à un redémarrage rapide des réacteurs nucléaires, demande au gouvernement de prendre ses responsabilités en soutenant localement le redémarrage des réacteurs de Sendaï. Il demande aussi à la NRA de venir défendre sa position devant les riverains.
En avril dernier, un sondage par téléphone effectué auprès de 1 016 personnes vivant dans la province de Kagoshima avait montré que 59,5% étaient opposés au redémarrage de la centrale de Sendaï et 36,8%, favorables.

L’exploitant de la centrale de Sendaï, Kyûshû Electric, avait organisé une visite de presse le 8 juillet dernier, date anniversaire du nouveau référentiel de sûreté, pour montrer les efforts qu’il a fait pour faire face aux aléas, conformément aux nouvelles exigences. Il y avait 3 100 travailleurs sur le site pour effectuer les travaux qu’il reste à faire.
Avant 2011, l’accident était considéré comme impossible pour la technologie japonaise et les mesures à prendre étaient laissées à la discrétion des exploitants. Ce n’est plus le cas. Les nouvelles règles de sûreté imposent aux exploitant de pouvoir faire face à des situations extrêmes, comme celles qui ont prévalues à Fukushima. C’est le refroidissement des cœurs de réacteur qui est le plus critique. En cas d’accident, il faut aussi pouvoir diminuer l’impact des rejets.
La secousse maximale envisagée en cas de séisme est passée de 540 à 620 gals (cm/s2). C’était plus à Fukushima. La vague de tsunami la plus haute envisagée est passée de 4 à 5 m.
Une barrière de 10 m de haut  et un mur de 3 m ont été construits pour protéger les pompes qui prélèvent l’eau de mer nécessaire au refroidissement. Elles sont à 5 m d’altitude. Des cuves avec de l’eau de refroidissement de secours ont été protégées par une cage en acier qui n’a pas la même résistance que les réacteurs mais qui doit pouvoir les protéger des chutes d’objet en cas de typhon.
L’exploitant prétend aussi pouvoir faire face à 15 cm de cendre en cas d’éruption du volcan Sakurajima situé à 50 km.
Il y a des nouveaux générateurs électriques montés sur des camions, ainsi que des pompes. Ils viennent compléter les générateurs électriques installés en hauteur.
Les filtres à particules radioactives nécessaires pour limiter les rejets en cas de dépressurisation d’un cœur accidenté ne sont pas encore installés car les réacteurs à eau sous pression bénéficient d’un délai de 5 ans. Ce devrait être fait en 2016, après le redémarrage envisagé. Des recombineurs à hydrogène pour limiter le risque d’explosion comme à Fukushima ont été installés.
La salle de commande de secours décentrée et bunkérisée n’est pas encore construite. C’est prévu pour 2015. D’ici là, une autre salle va être utilisée.
Ces équipements ne servent à rien s’ils ne sont pas utilisés correctement. La compagnie est donc en train de revoir toutes ses procédures en cas d’urgence. Il faudra ensuite former le personnel.
Tout cela devra aussi être inspecté. Bref, la compagnie n’est pas encore prête au redémarrage.
Toutes ces meures concernent le renforcement des moyens pour faire face à une perte du refroidissement et une minimisation des conséquences. Pour ce qui est de la sûreté ordinaire, comme tous les problèmes liés au vieillissement, qu’en est-il ? La précédente autorité de sûreté, la NISA, avait brillé par son laxisme. Ne faut-il pas tout revoir et tout réinspecter de ce côté là aussi ?

Si vous souhaitez accéder au dossier de la centrale de Sendaï et envoyer des commentaires, c’est ici en japonais. Il fait 423 pages, plus les CR de réunions de la NRA.

Centrale de Sendaï : première étape franchie

L’autorité de sûreté nucléaire japonaise, la NRA, a, comme prévu, annoncé que, sur le papier, les réacteurs 1 et 2 de la centrale de Sendaï à Kagoshima, tout au Sud de l’île de Kyûshû, satisfaisaient aux nouvelles normes de sûreté. Il ne s’agit pas encore d’une autorisation de redémarrage. Le détail des opérations en fonctionnement normal et en cas d’accident n’a pas encore été instruit. Quant aux plans d’évacuation de la population, ils ne sont pas pris en compte dans l’évaluation de la sûreté. Ils ne sont pas terminés.
La centrale peut officiellement supporter des secousses de 620 gals (cm/s2). Celle de Fukushima avait subi des secousses allant jusqu’à 675 gals. Tous les équipements décrits dans le dossier de sûreté ne sont pas encore installés. L’exploitant veut accélérer les travaux pour pouvoir redémarrer au plus vite car ses finances ne sont pas bonnes. Il espère finir à la fin du mois. Ils devront ensuite être inspectés. C’est le cas, en particulier, de la salle de contrôle bunkérisée.
L’exploitant, Kyûshû Electric, avait été un des premiers à soumettre une demande d’autorisation de redémarrage en juillet 2013. Depuis mars dernier, son dossier avait été jugé prioritaire pour accélérer le processus de redémarrage. Il y a 17 autres dossiers en cours d’instruction.
Les élus locaux des zones qui touchent des subsides de la centrale sont satisfaits. Mais certaines communes locales sont opposées au redémarrage. La population locale est plus partagée. Plus de la moitié des habitants d’Ichikikushikino, commune située à 5 km de la centrale, a signé une pétition contre le redémarrage. Parmi leurs griefs, l’absence de plan d’évacuation réaliste.
Le gouvernement est aussi satisfait et va autoriser le redémarrage sans hésitation. Au niveau national, plus de la moitié de la population est opposée au redémarrage des centrales nucléaires, selon les sondages.
Il y a eu des manifestations de protestation devant la centrale et devant le siège de la NRA.
Le dossier technique de 420 pages va être soumis à la consultation du public à partir du 17 juillet pour 30 jours. En parallèle, la NRA va mener des inspections. Des voix se sont déjà élevées pour souligner que le risque d’éruption volcanique était sous-estimé. Il y a 39 volcans dans un rayon de 160 km et aucun vulcanologue n’a été consulté.
La prochaine centrale sur la liste pourrait être Takahama (Fukui), selon la NRA. le dossier de Genkaï (Saga), est aussi bien avancé.

Evacuation des personnes vulnérables

Le Maïnichi a interrogé les autorités locales à propos des hôpitaux et maisons de retraite situés à moins de 30 km d’une centrale nucléaire. Une grande majorité n’a pas de lieu d’accueil défini en cas d’accident nucléaire. C’est le cas pour 621 maisons de retraite sur 875, soit 71%, et pour 633 hôpitaux sur 838, soit plus de 75%.
40% des communes concernées n’ont pas fini d’établir leur plan d’évacuation. Dans les provinces de Miyagi, Ibaraki, Niigata, Shizuoka et Toyama, où ces communes sont situées, aucun des 412 hôpitaux et clinique et des 377 centres de soins et de repos n’ont de plan d’évacuation.
Les provinces de Kagoshima, où il y a la centrale de Sendaï, Aomori, Ishikawa, Shiga, Ehimé et Nagasaki, les plans d’évacuation des populations sont terminés, mais à de rares exceptions près, les hôpitaux, cliniques et centres de soins, n’ont pas de lieu d’évacuation prédéfinis.
A Fukui, où il y a 14 réacteurs nucléaires, il y a un lieu d’accueil prédéfini pour les 231 centres de soin et les 202 hôpitaux et cliniques. A Shimané et certaines parties de Hokkaïdô, les patients seront d’abord évacués dans des hôtels avant d’être pris en charge par les autorités compétentes…
C’est en fait très difficile de trouver un lieu d’accueil pour des patients qui ont besoin de soin car le centre se secours ne peut pas garantir avoir de la place à l’avance, à moins de garder une partie de sa structure inutilisée en temps normal pour faire face à l’imprévu.
Le directeur de la maison de retraite Togo, située à 16 km de la centrale de Sendaï qui devrait redémarrer prochainement, a déclaré au Maïnichi, qu’il ne sait même pas par quel bout prendre le problème. Certains pensionnaires ne peuvent plus quitter leur lit. Il envisage donc de ne pas évacuer, mais plutôt de s’enfermer en cas d’accident, en espérant que la contamination ne rentrera pas dans les bâtiments. Mais s’il n’y a plus d’approvisionnement, cela ne pourra pas durer longtemps. Les employés resteront-ils ?

Retour sur l’affaire des poussières radioactives

Retour sur l’affaire de la contamination du riz à Minami-Sôma, dans des rizières situées à plus de 20 km de la centrale, suite aux travaux de démantèlement des débris. Selon une étude menée par l’université de Kyôto rapportée par l’Asahi, les particules radioactives peuvent être transportées jusqu’à une cinquantaine de kilomètres.
Ils ont installé des systèmes de prélèvement de l’air en trois points de la province de Fukushima et ont mesuré les filtres chaque semaine depuis septembre 2012. Entre le 15 et le 22 août 2013, c’est à dire la période incriminée par le ministère de l’agriculture, ils ont relevé 1,28 millibecquerel par mètre cube d’air à Sôma, à 48 km au Nord de la centrale. C’est plus de 6 fois plus que ce qu’ils mesurent habituellement. La contamination de l’air était 20 à 30 fois supérieure aux niveaux habituels à Minami-Sôma (Sôma Sud), au point de mesure situé à 27 km de la centrale, pendant cette même semaine. En revanche, à Kawauchi, situé à 22 km vers l’Ouest Sud-Ouest, il n’y a pas eu d’augmentation significative.
L’équipe a aussi trouvé une augmentation significative de la contamination de l’air à Minami-Sôma en mai et juin 2013. Elle attribue ces pics de contamination aux travaux de démantèlement à la centrale.
Elle a présenté ces résultats aux ministères de l’environnement et de l’agriculture en mars dernier. Ce dernier aurait alors demandé à TEPCo de prendre des mesures pour limiter ces rejets aériens.
TEPCo a reconnu que le 19 août 2013, les travaux de démantèlement ont entraîné un rejet de 4 térabecquerels (4 000 milliards de becquerels), ce qui est 10 000 fois plus que les rejets habituels. Et les autres jours ? La compagnie a demandé des excuses pour les troubles occasionnés… Mais elle continue à affirmer que le lien de cause à effet n’est pas prouvé, sans pour autant apporter d’explication alternative.
A la fin juillet, TEPCo va retirer la couverture installée au dessus du réacteur n°1 afin de retirer les débris de la partie haute du bâtiment.