Les vols dans les maisons abandonnées suite à la catastrophe nucléaire se poursuivent. Certaines communes ont mis en place des patrouilles financées sur les fonds dédiés à la reconstruction. D’autres sont en train d’installer un système de vidéo-surveillance.
Namié, Ôkuma, Futaba, Tomioka et Katsurao ont installé des caméras qui enregistrent les plaques d’immatriculation des véhicules qui passent.
Selon un habitant de Tomioka qui aide les autres évacués à nettoyer leur maison, 70% des habitations ont été visitées par des voleurs. Les cinq communes listées ont enregistré 212 vols en 2013, ce qui est 4 fois plus qu’en 2010, avant l’accident. Entre janvier et juin de cette année, la police a enregistré 107 vols.
Le nombre de cas doit être plus élevé car tous les évacués ne rentrent pas régulièrement voir leur maison. Il n’est pas non plus facile de repérer un vol dans une maison endommagée.
La commune d’Ôkuma va donc installer 40 caméras de vidéosurveillance et 18 pour enregistrer les plaques des véhicules. Une compagnie de sécurité est chargée de la surveillance. Cela va coûter 725 millions de yens (5,3 millions d’euros) par an à la commune. Les niveaux de contamination sont trop élevés pour pouvoir surveiller les lieux autrement.
Source : Asahi
Archives mensuelles : juillet 2014
Plus de cuves
Incendie sur un générateur
Il y a eu un petit incendie dans un générateur électrique à la centrale de Fukushima daï-ichi. Voir le communiqué et la photo.
Record du jour
Record du jour de la contamination de l’eau souterraine : dans le puits de contrôle 1-14, il y a maintenant 9 300 Bq/L en bêta total (prélèvement du 14 juillet 2014).
Riz contaminé à Minami-Sôma
La contamination du riz cultivé dans 14 rizières de Minami-Sôma a dépassé les 100 Bq/kg, même à plus de 20 km de la centrale, dans une zone où elle n’aurait pas dû être si élevée. Il ne dépassait pas la limite au même endroit l’année précédente. Ce riz n’a pas été mis sur le marché.
D’où vient cette contamination ? Le ministère de l’agriculture soupçonne les retombées de poussières lors du démantèlement du réacteur n°3 durant l’été 2013. La contamination n’était pas uniforme comme elle aurait dû l’être s’il s’agissait d’un transfert racinaire via la contamination des sols. Les retombées directes ont donc dû contribuer à hausser la contamination. En plus des poussières du démantèlement, il y a les rejets gazeux qui continuent.
Or, en août 2013, des ouvriers avaient été contaminés à la tête sur le site de la centrale par ces poussières et le niveau de dose ambiant avait augmenté au niveau des stations de mesure situées au Nord de la centrale.
TEPCo, qui n’a rien dit à ce propos, ne peut pas contester l’explication, mais ne peut pas la confirmer non plus. Un fonctionnaire de Fukushima a, quant à lui, dit qu’il n’y a pas d’autre explication possible. TEPCo va reprendre ses travaux de déblaiement des débris après avoir retiré la couverture mise sur le réacteur n°1. Elle a reconnu que cela va entraîner de nouveaux rejets. Mais elle devrait prendre des mesures préventives comme pulvériser plus d’agents anti-dispersion. Un pis aller.
Le maire et les habitants de Minami-Sôma sont furieux, car ni TEPCo, ni le gouvernement, ne leur ont signalés des retombées radioactives sur la commune. Le ministère de l’agriculture a parlé de ce problème avec TEPCo en mars dernier mais n’a pas prévenu la commune.
Le gouverneur de Fukushima a annoncé, le 4 juillet dernier, qu’il voulait continuer l’an prochain le contrôle systématique du riz produit dans sa province. Cela coûte 700 millions de yens (5 millions d’euros) par an et le gouverneur ne sait pas sur quel budget il va continuer ce programme.
Centrale de Sendaï : feu vert attendu
La NRA va donner son feu vert au redémarrage de deux réacteurs de la centrale de Sendaï (Kagoshima), exploitée par Kyûshû Electric, lors de sa réunion de mercredi 16 juillet. Ce serait alors les deux premiers réacteurs autorisés à fonctionner depuis le durcissement des règles de sûreté. Mais le redémarrage ne devrait pas avoir lieu avant la fin de l’année. Il y aura encore une consultation du public pendant un mois, des inspections sur place…
Des manifestations de protestation sont prévues devant la centrale mercredi.
Report de la levée de l’ordre d’évacuer
Le gouvernement a reporté la levée de l’ordre d’évacuer une partie du village de Kawauchi, situé à moins de 20 km de la centrale de Fukushima daï-ichi. C’était prévu pour le 26 juillet prochain, mais les habitants sont réservés. Lors de la dernière réunion publique qui a eu lieu la veille, le représentant du gouvernement a donc conclu qu’il valait mieux revoir le calendrier.
Les habitants sont autorisés à dormir sur place depuis avril dernier. Mais parmi les récriminations, il y a les niveaux encore élevés de la contamination, que des infrastructures doivent encore être réparées, comme des routes. Et puis, il y a les déchets issus de la décontamination qui s’entassent toujours partout, sans solution. Le contrôle citoyen de la contamination n’a pas eu lieu non plus. Il vient à peine d’être organisé.
Il y a 157 foyers (329 personnes) qui vivaient dans la partie Est du village située à moins de 20 km de la centrale. Parmi eux, 139 foyers (275 personnes) sont concernés par ce programme de retour et peuvent passer la nuit chez eux. Mais seulement 20 foyers en ont fait la demande.
Shiga : inquiétudes pour le lac Biwa
La gouverneuse de la province de Shiga, où il y a le lac Biwa, le plus grand du Japon, qui alimente en eau potable 14,5 millions d’habitants, était opposée au redémarrage des réacteurs de la province voisine de Fukui. Que se passera-t-il en cas d’accident nucléaire avec l’alimentation en eau potable ?
Son deuxième mandat arrivant à son terme, elle a décidé de ne pas se représenter devant les électeurs. Son successeur, élu la veille, est Taizo Mikazuki, soutenu par le principal parti d’opposition au gouvernement et qui s’inscrit dans la continuation de sa prédécesseuse en terme de politique nucléaire. Une base militaire de la province a aussi un des enjeux de cette élection. Son principal challenger, soutenu par les partis de gouvernement, pensait gagner. Mais il a été battu d’une courte tête.
Evidemment, le gouvernement a annoncé que cette victoire n’allait pas changer sa politique nucléaire.
Réouverture d’une pâture à Iwaki
Une partie de la pâture de Shibayama dans la commune d’Iwaki a été rouverte car les niveaux de la contamination de l’herbe ont baissé après les travaux de décontamination qui ont consisté en la tonte de l’herbe, le retrait de la partie supérieure du sol et un semis. 7 hectares sur les 50 sont donc rouverts au pâturage. 10 bovins de 4 fermes sont venus ce premier jour.
Record du jour
Record de contamination de l’eau souterraine : dans le puits de contrôle 1-6, il y a maintenant 1,1 million de becquerels par litre en bêta total (prélèvement du 10 juillet 2014). Ce n’est pas un record absolu, mais c’est parmi les plus fortes valeurs relevées.
A titre de comparaison, TEPCo ne s’autorise pas à rejeter dans l’océan une eau qui contiendrait plus de 5 Bq/L en bêta total et 1 500 Bq/L en tritium.
Dans le puits de pompage n°12, il y a 2 100 Bq/L en tritium (prélèvement du 10 juillet), ce qui est plus que la limite de rejet, mais la compagnie compte toujours sur la dilution. L’eau rejetée a environ 300 Bq/L en tritium (prélèvement du 3 juillet).