Selon une étude des universités de Nagoya et Tôkyô commandée par le ministère de l’éducation et effectuée auprès de 10 000 personnes évacuées suite à la catastrophe nucléaire, il apparaît qu’elles sont allées, en moyenne, dans quatre lieux de refuge différents et se sont déplacées de 273 km en moyenne durant le premier mois.
Le premier déplacement était d’environ 57 km, soit dans de la famille ou chez des proches, ou dans des centres d’accueil. Le deuxième déplacement faisait 81 km en moyenne et était pour chercher quelque chose de plus stable, dans des hôtels ou dans le parc locatif privé.
Les troisième et quatrième déplacements du premier mois étaient respectivement de 102 et 112 km en moyenne.
Un an après la catastrophe, les personnes évacuées avaient changé d’abris 4,9 fois en moyenne.
C’est la première étude étendue sur les évacués volontaires au Japon. 76% sont partis en utilisant leur véhicule personnel, 10% le véhicule de proches. Il leur en a coûté 51 253 yens (370 euros) en moyenne (essence, billet de train, de bus…).
Dans 42% des cas, les familles ont été séparées durant l’évacuation.
Des questionnaires ont été envoyés à 41 754 personnes et 10 082 réponses valides ont été reçues. Il y a à la fois des évacués forcés et des évacués « volontaires ».
Voir l’Asahi qui rapporte cette étude.
Archives mensuelles : juillet 2014
L’herbe pousse dans les sacs de déchet
Fukushima Diary a mis en ligne une photo avec des sacs de déchets radioactifs dans lesquels les plantes recommencent à pousser.
Nouvelles images du réacteur n°3
Une partie du toit du bâtiment réacteur n°3 s’est effondré lors de l’explosion hydrogène en mars 2011. C’est que vient de découvrir TEPCo à l’aide d’une caméra suspendue à une grue.
Petit tsunami à Fukushima
Un séisme de magnitude 6,8 a eu lieu à 4h22 à 129 km au large de la centrale de Fukushima daï-ichi. Il a été suivi par un petit tsunami d’une vingtaine de centimètres maximum. Il faisait 10 cm à Sôma, au Nord de la centrale.
TEPCo a annoncé qu’il n’y a eu aucune conséquence à la centrale de Fukushima daï-ichi. Le niveau de la vague n’a pas pu y être mesuré car le système de surveillance des tsunamis a été détruit le 11 mars 2011.
Cet événement est venu rappeler qu’il était temps que la NRA impose à TEPCo de protéger la centrale accidentée des séismes et tsunamis. L’eau contaminée des sous-sols contaminera la mer. Quant aux câbles et tuyaux tout autour des réacteurs, on peut se demander légitimement ce qui se passera.
Arrêt du refroidissement de la piscine du réacteur n°6
Après la piscine du réacteur n°5, cela a été au tour de système de refroidissement de la piscine du réacteur n°6 d’être suspendu pendant deux heures, de nouveau à cause d’une fuite au niveau d’une vanne. Il aurait fallu 5 jour à la piscine pour que sa température dépasse la limite de 65°C. Communiqués en japonais : un et deux.
Record du jour
Record de la contamination de l’eau souterraine : dans le puits de contrôle 1-14, il y a maintenant 8 200 Bq/L en bêta total (prélèvement du 7 juillet).
Pour une meilleure protection des travailleurs en cas d’accident nucléaire
L’organisation Tokyo Occupational Safety&Health Center milite pour une meilleure protection des travailleurs du nucléaire en cas d’accident. Cela fait trois ans qu’elle essaye de convaincre l’administration de revoir les procédures et d’informer les travailleurs avant que la catastrophe ne survienne. Ces derniers doivent pouvoir donner leur accord en amont.
La loi japonaise limite à 100 mSv la dose maximale admise en cas d’accident. Mais cette limite a été rapidement dépassée en 2011 à Fukushima et le gouvernement a remonté la limite à 250 mSv pendant neuf mois.
La NRA a reconnu que les demandes de l’organisation étaient pertinentes et qu’elle allait les prendre en compte. Il est légitime que les travailleurs sachent à l’avance à quelle dose ils peuvent être exposés et qu’ils donnent leur accord. C’est la première fois, en trois ans, qu’une administration répond. Elle va consulter les ministères concernés car elle n’a pas le pouvoir de décider.
Indemnisation en cas de décès
Si le décès d’un proche peut être attribué à la catastrophe, la famille a droit à une compensation financière. Au 25 juin 2014, il y avait ainsi 1 729 liés directement ou indirectement à la catastrophe nucléaire selon le Fukushima Minpo. C’est plus que le nombre de décès liés au séisme et tsunami à Fukushima : 1 603. La décision d’accorder ou pas cette reconnaissance officielle dépend de la commune. Les autorités provinciales veulent donc harmoniser les critères.
La compensation est de 5 millions de yens (36 000 euros) si c’est la personne qui a le principal revenu du foyer qui est décédé. La moitié autrement.
C’est un panel d’experts composés de médecins, juristes,… mis en place dans chaque commune qui décide si les mauvaises conditions de vie après l’évacuation ont pu accélérer le décès.
De son côté, la commission en charge de fixer les indemnités versées par TEPCo a décidé, selon le Maïnichi, de diviser par deux la somme versée en cas de décès. Pour cela, la part de la catastrophe dans le décès est fixée à 50%. Il y a, bien entendu, des cas où c’est manifestement 100%, mais le secrétariat a décidé d’adopter 50% par défaut. Si les familles ne sont pas satisfaites, elles doivent aller devant les tribunaux.
Dans les statistiques de cette commission, il y a 11 cas de décès où la part de la catastrophe nucléaire est fixée : pour 10 cas, c’est 50% avec un indemnité de 5 à 7 millions de yens. Pour un cas, c’est 90% avec une indemnité de 16,2 millions de yens.
Cette règle de 50% n’est pas officielle.
Reuters rapporte le cas d’un fermier qui est allé devant les tribunaux après le suicide de sa femme.
Typhon Neoguri
Le typhon Neoguri (raton laveur en coréen) se dirige vers l’Est du Japon et approche de la centrale de Fukushima daï-ichi. Les vents sont moins forts, mais des trombes d’eau sont tombées sur les zones traversées entraînant parfois des glissements de terrain.
Les réceptacles situés autour des cuves sont vidés pour pouvoir retenir la nouvelle eau de pluie. Les grues sont amarrées.
Voir le communiqué de TEPCo.
Témoignage
Témoignage d’un enseignant de l’université de Fukushima sur la gestion des premiers jours de la catastrophe.