Evacués : statistiques officielles

Les chiffres officiels de janvier 2014 de la province de Fukushima indiquent qu’il y a 89 491 évacués vivant dans des logements temporaires de la province, plus 48 364 ailleurs. Il faut ajouter les évacués « volontaires », qui ont décidé de partir même s’ils ne vivaient pas dans une zone à évacuer. Ils n’acceptent pas la limite de dose fixée par les autorités pour délimiter ces zones. Leur nombre n’est pas connu, mais la presse parle de 35 000 personnes.
Leur situation est précaire : certains vivent dans des mobil-homes, d’autres dans des logements prêtés par les communes d’accueil. La procédure de prêt de logement est prévue par les autorités suite à une catastrophe. Elle n’est supposée durer que deux ans. Face à la situation actuelle, le prêt a été prolongé d’un an, puis encore d’un an. Mais les réfugiés ne savent pas jusqu’à quand cela va durer. Quand pourront-ils rentrer ? Jusqu’à quand peuvent-ils bénéficier de leur logement temporaire ?
Ils réclament une plus grande stabilité pour leur permettre de se fixer, de chercher du travail et pour que les enfants sachent à quoi s’en tenir à propos de leur école.
Un groupe d’évacués vivant à Tôkyô vient d’adresser une pétition avec 16 000 signatures au premier ministre pour lui demander un soutien à long terme.

Deux personnes vivent en zone interdite

Deux personnes sont restées dans la zone évacuée de 20 km autour de la centrale et refusent de partir. Elles s’occupent des nombreux animaux de ferme abandonnés.
Un éleveur s’occupe ainsi de 350 têtes de bétail. Certains bovins ont de nombreuses taches blanches sur le pelage.
Ces deux personnes sont venues manifester devant le ministère de l’agriculture avec une vache malade pour réclamer des études sur la cause de ces taches.

Records du jour

Records du jour de la contamination de l’eau souterraine :
–    dans le puits de contrôle 1-6, situé près du rivage, il y a maintenant 890 000 Bq/l en bêta total (prélèvement du 19 juin 2014).
–    dans le puits G-1, situé près de la cuve qui a débordé en février 2014, il y a maintenant 480 Bq/L en tritium (prélèvement du 18 juin 2014).
A titre de comparaison, TEPCo se refuse à rejeter dans l’océan de l’eau souterraine qui dépasserait les 5 Bq/L en bêta total. C’est 1 500 Bq/L pour le tritium.

Modifications du plan d’entreposage des combustibles

TEPCo veut modifier ses plans à propos du transfert des combustibles de la piscine du réacteur n°4. Pour le moment, ces combustibles sont entreposés dans la piscine commune de la centrale, située au niveau du sol. Au Japon, il n’y a pas d’entreposage centralisé comme à La Hague en France.
Pour y faire de la place, TEPCo envisageait d’entreposer à sec les combustibles usés les plus anciens. Mais comme ils sont contaminés, ce n’est pas possible. La compagnie veut donc mettre les combustibles neufs de la piscine du réacteur n°4 dans celle du réacteur n°6. Elle va demander la permission à la NRA. Si l’avis est favorable, cela se fera à partir de novembre 2014.
Document en japonais.

Ministre de l’environnement critiqué

Les propos du ministre de l’environnement continuent de faire des vagues. Faute de pouvoir convaincre les riverains évacués d’accepter un centre de stockage des déchets nucléaires dans leur commune d’origine, il a déclaré qu’en versant suffisamment d’argent, il réussirait à les convaincre.
Des éditoriaux (Asahi, par exemple) dénoncent le mépris face à ces populations qui ont tout perdu. L’opposition a déposé une motion de censure contre le ministre qui a échoué car elle n’a pas la majorité. Le ministre a fini par retirer ses propos, mais le mal est fait.
Le village nucléaire pense toujours qu’il peut tout acheter…

Evacuation des personnes vulnérables

L’Asahi a interrogé 52 communes à propos des hôpitaux, cliniques, maisons de convalescence ou de retraite situées dans un rayon de 30 km autour de 6 centrales nucléaires : Tomari (Hokkaïdô), Takahama et Ôï (Fukui), Ikata (Ehimé), Genkaï (Saga) et Sendaï (Kagoshima). Une demande d’autorisation de redémarrage a été déposée pour chacune d’entre elles et la procédure est la plus avancée.
Le quotidien a ainsi découvert que plus de 90% des hôpitaux et cliniques n’ont toujours pas de plan d’évacuation en cas d’accident nucléaire. Seulement 18 sur 217 ont un plan, soit 8%. Pour les maisons de retraite et de convalescence, c’est 204 sur 823, soit 25%.
Pour la centrale de Sendaï (Kagoshima), qui devrait redémarrer en premier, seulement un hôpital sur 87 et six maisons de repos sur 153 ont un plan d’évacuation.
Rappelons que les patients hospitalisés et les pensionnaires des maisons de retraite sont ceux qui ont le plus souffert durant l’évacuation d’urgence à Fukushima, qui a provoqué de nombreux décès.
Certaines communes considèrent que l’évacuation de la structure médicale est irréaliste car elles n’ont pas le personnel ni les véhicules pour y faire face. Elles ont pu rédiger un plan d’évacuation pour leur population, mais se sont retournées vers les hôpitaux, cliniques et maisons de repos en leur disant de prévoir leur propre plan.

Centrale de Hamaoka

L’exploitant de la centrale de Hamaoka, qui avait été arrêtée en mai 2011 sur ordre du premier ministre, a conclu ses investigations des failles sous la centrale : elles ne sont pas actives. Elles n’auraient pas bougé ses 130 000 dernières années et ne déclencheront pas de séisme. Il ne peut pas dire l’inverse, autrement, il n’est plus autorisé à exploiter la centrale. Le rapport d’étude va être soumis à la NRA.

Echec du gel de la galerie souterraine

Suite à l’annonce de la veille à propos de son échec à geler l’eau d’une galerie souterraine située entre les réacteurs et l’océan, TEPCo a tenu à préciser qu’elle continuait les travaux en amont des réacteurs où il s’agit de geler le sol. Ce n’est donc pas la même chose. Mais en aval, il y a de nombreuses galeries et si TEPCo ne trouve pas de solution, elle n’arrivera pas à isoler les réacteurs.
Communiqué de TEPCo et explications en anglais.

Record du jour

Record du jour de la contamination de l’eau souterraine :
–    dans le puits de pompage en amont des réacteurs, la contamination en tritium atteint maintenant 2 000 Bq/L (prélèvement du 16 juin) et dépasse largement la limite de rejet en mer fixée par TEPCo : 1 500 Bq/L. La compagnie continue à pomper car, grâce à la dilution avec de l’eau provenant des autres puits, elle pourra rester sous la limite.