Environ 270 à 330 habitants de Kawauchi, selon les sources, seront autorisés à passer la nuit chez eux à partir du 26 avril, jour anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, pour une durée de 3 mois. Les travaux de décontamination sont terminés. Le gouvernement veut donc lever l’ordre d’évacuer et entend ainsi permettre aux habitants de préparer leur retour.
40% du village avait dû fuir en 2011. Les habitants, comme ailleurs, sont réservés. Il reste des points chauds et la vie sur place sera difficile si les villages voisins avec des commerces restent évacués.
Archives mensuelles : mars 2014
Déplacés au Japon
Les habitants de Futaba sont restés longtemps dans un lycée désaffecté de la province de Saïtama, en banlieue de Tôkyô. Il y a eu jusqu’à 1 423 personnes sur place. Il n’y a plus personne. 250 volontaires sont allés le nettoyer aujourd’hui, jour férié au Japon.
Le Tôkyô Shimbun dresse le bilan des lieux d’évacuation des habitants de Fukushima. C’est en japonais.
Editorial du New-York Times
Editorial cinglant du New-York Times qui parle de démantèlement-décontamination honteux à Fukushima. Il critique les conditions de travail et les faibles revenus des travailleurs peu qualifiés qui conduisent à une série de dysfonctionnements suite à des erreurs humaines. Il critique aussi les nombreuses couches de sous-traitance.
Le fonctionnement actuel est intenable. Le quotidien appelle le gouvernement japonais, qui a promu et fait développer l’énergie nucléaire, à prendre ses responsabilités en prenant le contrôle des opérations.
Est-ce que ce sera vraiment mieux ? Le gouvernement a pris en charge le chantier de la décontamination des territoires évacués et ce n’est guère mieux…
Deuxième décontamination
ALPS : problèmes sérieux
Le problème de la station de traitement de l’eau contaminée ALPS semble sérieux. Elle est arrêtée pour un temps indéfini…
La voie B a dysfonctionné, réduisant à peine la contamination de l’eau. 900 tonnes d’eau supposée « décontaminée », mais encore très radioactive, sont allées dans 21 cuves réservées à l’eau peu contaminée. Cela a recontaminé les 15 000 tonnes d’eau qui y était stockée, ainsi qu’un kilomètre de tuyaux. Un mois de travail de perdu…
TEPCo est en train d’estimer l’ampleur des dégâts. Personne ne s’est rendu compte de rien, une fois de plus. TEPCo n’avait pas pensé que cela puisse arriver. Heureusement que l’eau traitée ne va pas directement dans la mer !
Il y a 340 000 tonnes d’eau contaminée dans des cuves qui est en attente de traitement par ALPS… Plus tout ce qu’il y a dans les sous-sols.
La NRA a demandé à TEPCo de mettre la priorité sur la sûreté à Fukushima daï-ichi car ce problème aurait pu être évité. Elle doit être moins avare pour ce qui concerne la sûreté. Ce n’est pas la première fois. Tant que cela restera des vœux pieux, TEPCo continuera à favoriser le redémarrage hypothétique de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa qui peut lui rapporter de l’argent. Ce démarrage devrait être conditionné par la sûreté à Fukushima daï-ichi.
Records de la contamination
La contamination des nappes phréatiques en aval des cuves, mais en amont des réacteurs s’étend. La concentration en tritium dans le puits E3 vient de battre son propre record avec 4 300 Bq/L (prélèvement du 18 mars 2014).
Il en est de même pour l’eau souterraine dans les stations de pompage en amont des réacteurs : il y a 44 Bq/L dans la pompe n°5, la plus éloignée, qui est son nouveau record (prélèvement du 18 mars 2014).
“Concertation” avec les habitants
Le correspondant du Maïnichi à Kôriyama a assisté aux réunions publiques avec les habitants du district de Miyakoji à Tamura, où l’ordre d’évacuation sera levé à partir du 1er avril prochain. Il a le sentiment que les autorités ont manipulé les habitants. Il explique pourquoi et donne des conseils aux habitants des autres zones où l’ordre d’évacuer devrait être prochainement levé, comme à Kawauchi ou Naraha.
Il note que certains habitants sont très contents de la décision, mais que beaucoup ne sont pas satisfaits. Il a mené une enquête auprès des habitants de Miyakoji et a reçu 73% de réponses. 47% des personnes qui ont répondu ont dit souhaiter une levée de l’ordre d’évacuer après 2015 et 39% préfèrent dès ce printemps.
Lors de la réunion du 23 février avec les 117 foyers de Miyakoji, des habitants se sont opposés à la décision du gouvernement pour diverses raisons : décontamination insuffisante, risques de recontamination, absence d’accès au centre du bourg où il y avait les commerces, médecins, fin de l’indemnisation… Mais à la fin de la réunion, aucune de ces craintes n’a été prise en compte et les autorités ont confirmé leur décision de lever l’ordre d’évacuer au 1er avril 2014.
En juin 2013, à la fin des travaux des décontamination, qui n’a eu lieu qu’à proximité immédiate des habitations, les autorités ont autorisé les habitants à rentrer chez eux et même y passer la nuit. Cette largesse, initialement prévue pour l’été, a été prolongée sans consultation jusqu’en octobre 2013. Le gouvernement voulait lever l’ordre d’évacuer dans la foulée, à partir de novembre 2013. Mais les habitants, surpris par la rapidité de la décision et l’absence de concertation, s’y sont opposés.
La division des habitants a joué en faveur des autorités. Certains, réticents à l’idée de rentrer, ont été accusés de vouloir profiter de l’indemnisation. Des fractures sont apparues entre les habitants.
Miyakoji est divisé en quatre zones. Dans une zone, les habitants ont réclamé un retour rapide. Dans deux autres zones, où la contamination est plus élevée, les habitants voulaient encore attendre une deuxième campagne de décontamination. Dans la dernière zone, il n’y a pas eu de consensus. En janvier 2014, les autorités locales et nationales ont eu des réunions avec chacune des zones séparément. Un calendrier d’une levée de l’ordre d’évacuer n’a été évoqué qu’avec les habitants de la zone où un retour rapide était souhaité. Le 23 février, les autorités ont profité de la division pour faire adopter la levée de l’ordre d’évacuer pour tout le district.
Le journaliste prévient donc les habitants des autres zones qu’il leur faut être conscient que les autorités ont un agenda en tête en faveur d’un retour rapide. Elles ont donc préparé un scénario et une mise en scène. Le droit du choix du lieu de résidence, garanti par l’article 22 de la constitution, a été mis en avant pour donner une tournure solennelle aux discussions et à la décision. La conclusion de la réunion a été tirée au moment le plus favorable de la discussion, sans qu’il soit possible, pour les autres habitants de changer l’ordre des choses.
Le journaliste appelle donc les habitants opposés à un retour rapide de bien s’organiser en amont de la réunion pour parvenir à faire entendre leur voix. Il pense aussi que les opposants s’étaient résignés sous le prétexte que le gouvernement fera ce qu’il veut à la fin. Les mauvaises conditions de vie des réfugiés leur confèrent un sentiment d’infériorité et de résignation. Ils n’ont plus la force de se battre et ont le sentiment d’avoir été trahis par les fonctionnaires qui devraient servir le public.
Enfin, le dernier point soulevé par le journaliste est que de nombreuses réunions n’étaient pas publiques. Il suggère aux habitants d’exiger que les réunions soient publiques et qu’un compte-rendu soit fait par un tiers.
Il espère que ces conseils seront utiles aux habitants face aux autorités.
Informations sur la pêche
L’Agence des pêches a mis en ligne une présentation en anglais résumant les derniers résultats de mesure et sa politique. Il apparaît clairement que les poissons du fond qui se nourrissent de la faune benthique qui vit dans les sédiments sont les plus contaminés.
Violations du droit du travail
Le bureau du travail à Fukushima a mené des inspections dans 660 compagnies impliquées dans la décontamination entre juillet et décembre 2013 et a trouvé des violations du droit du travail pour 446 d’entre elles, ou 67,6%. Il a, notamment, trouvé 742 cas où le salaire ou le temps de travail n’étaient pas clairement indiqués dans le contrat de travail, ou pour lesquels les salaires n’ont pas été entièrement versés.
363 cas concernent la protection des travailleurs : absence d’équipements de protection individuelle, de masque ou de dosimètre, ou encore de visite médicale.
Entre janvier et juillet 2013, 387 compagnies avaient été inspectées et des violations du droit du travail avaient été relevées pour 68% d’entre elles. Le bureau du travail menace d’être plus sévère par la suite.
Une majorité de Japonais contre le nucléaire
Un sondage du Asahi montre que 59% des Japonais sont opposés au redémarrage des réacteurs nucléaires, 28% sont pour. Il y avait 56% d’opposants lors des derniers sondages.
En ce qui concerne la sortie du nucléaire, 77% sont pour et 14% contre.
95% des personnes interrogées considèrent que le fait qu’il n’y ait pas de solution pour les déchets radioactifs est problématique.