Fuite des réceptacles sous les cuves

TEPCo a rehaussé les barrières qui entourent les cuves pour pouvoir mieux retenir l’eau qui pourrait fuir ou l’eau de pluie qui se contaminerait. Mais la compagnie a trouvé 7 fuites au niveau de ces barrières. En un point, 19,2 m3 (19 200 litres) auraient fui et auraient été absorbés par le sol. La contamination en strontium 90 de l’eau restante serait de 23 Bq/L, ce qui est 2,3 fois plus que la limite que TEPCo s’est fixée pour pouvoir rejeter l’eau de pluie.

Décontamination des habitations

Le ministère de l’environnement a annoncé avoir procédé à la décontamination de 80 000 habitations en dehors de Fukushima. Cela représente 59% des maisons à traiter dans 58 communes. Il y aurait une accélération qui s’explique par le fait que certaines maisons n’auraient plus besoin de décontamination après avoir effectué de nouvelles mesures.

Les travaux sont presque terminés à Chiba et Gunma, mais seulement 30% des maisons de Miyagi et d’Ibaraki qui doivent être décontaminées l’ont été.

Le tableau avec tous les chiffres est ici en japonais.

Comment sauver Monju ?

Le gouvernement pourrait changer la finalité du surgénérateur Monju qui n’a presque jamais fonctionné afin de tenter de le sauver. Il va servir à étudier la transmutation des déchets. La même chose avait été envisagée pour Superphénix, mais c’est une supercherie : le réacteur n’est pas plus sûr et les bénéfices attendus sont extrêmement maigres. C’est ce qu’avait conclu la commission Castaing de 1996.

Dans son cahier d’acteur pour le débat cigéo, l’IRSN écrit : “La séparation/transmutation consiste à retirer des déchets une partie des atomes radioactifs à vie longue pour les transformer en atomes à durée de vie plus courte. En dépit de l’avancée des recherches qui se poursuivent aujourd’hui, il est vraisemblable que ces opérations ne seront pas réalisables à l’échelle industrielle dans un proche avenir ni applicables aux déchets déjà produits. Par ailleurs, la transmutation nécessite de déployer un parc de réacteurs dits de quatrième génération dont la conception est encore à l’étude. De plus, la transmutation ne permet pas d’éliminer tous les radionucléides à vie longue et des déchets HA et MA-VL resteront à gérer même si cette technique est mise en oeuvre. Ainsi, dans l’état actuel des connaissances, la transmutation ne constitue pas par elle-même une solution suffisante pour gérer les déchets de ce type. L’IRSN estime en outre qu’elle n’apporterait pas un gain probant pour la sûreté.”

Bref, le village nucléaire sait mieux recycler les mauvaises idées que les déchets…

Hokkaïdô Electric : nouvelle augmentation des tarifs en vue

En septembre dernier, la compagnie d’électricité de Hokkaïdô avait augmenté ses tarifs de 7,73% en moyenne pour les foyers et 11% pour les entreprises, et envisage de les augmenter à nouveau. Ce serait la première compagnie japonaise à les augmenter deux fois. Mais elle n’est pas très optimiste quant à un redémarrage de sa centrale nucléaire de Tomari.

Retard dans la construction de logements pour les personnes déplacées

La construction de logements pour les réfugiés à Fukushima prend du retard. Les autorités régionales ont prévu un complexe de 16 unités à Aïzuwakamatsu mais les 8 compagnies qui ont répondu à l’appel d’offre ont proposé un tarif bien trop élevé pour la région. C’est dû à un manque de main d’œuvre et de matériaux de construction.

C’est la deuxième fois que cela arrive : en août 2013 à Kôriyama, l’appel d’offre avait échoué deux fois et les autorités ont dû relever le prix par deux fois. Les premiers emménagements dans la vingtaine d’unités prévues dans ce projet devraient avoir lieu en octobre 2014.

Trouver du terrain prend aussi plus de temps que prévu. Sur les 3 700 nouvelles unités d’habitation prévues pour la fin 2015, l’achat du terrain est finalisé pour 60% d’entre elles seulement (2 360 unités). Les autorités veulent en construire 4 890 en tout.

Les autorités veulent favoriser l’emménagement de personnes qui sont devenues proches dans les hébergements provisoires ou avant dans les mêmes unités afin de préserver du lien social.

Engagement de TEPCo pour diminuer le rayonnement X

On s’en souvient, TEPCo avait oublié de mesurer le rayonnement X pour évaluer le débit de dose en bordure de sa centrale. Il pouvait atteindre 8 mSv/an par endroit alors qu’il est limité à 1 mSv/an. Ces chiffres ne prennent en compte que le rayonnement dû à la centrale, pas la radioactivité naturelle, ni les dépôts de césium sur le sol. Le problème concerne surtout pour les travailleurs.

Ce rayonnement vient des cuves pleines d’eau contaminée : le rayonnement bêta provoque une émission de rayons X sur l’acier des cuves. Lors d’une audition, TEPCo avait expliquer vouloir traiter l’eau, sans plus de précision. La compagnie s’est engagée à repasser sous la limite de 2 mSv/ avant mars 2015 et sous 1 mSv/an avant la fin mars 2016.

Colloque sur la thyroïde

Le ministère japonais de l’environnement, l’université médicale de Fukushima et l’Agence pour l’Energie Nucléaire de l’OCDE organisent un workshop à Tôkyô sur les cancers de la thyroïde. Tous les intervenants sont du village nucléaire planétaire. L’ouverture à la société civile va être promue sans que cette société civile ne soit invitée à donner son point de vue… On imagine le contenu de la conférence de presse à la fin de la conférence.

Statistiques sur la thyroïde d’une clinique de Tôkyô. En anglais.

Liberté de la presse : le Japon au 59ième rang

Reporters sans frontière a classé le Japon au 59ième rang de son classement mondial de la liberté de la presse. L’ONG écrit, sur sa page Asie :
“Fukushima censuré
Arrestations, perquisitions de domicile, convocations par les services du Renseignement intérieur, menaces de poursuites judiciaires, qui eût pu croire que les journalistes indépendants prenaient autant de risques en couvrant l’après-Fukushima ? Depuis l’accident nucléaire en 2011, le système unique au monde des « Kisha clubs », ces clubs de presse dont seuls les membres sont accrédités auprès des autorités, exacerbe les discriminations dont sont victimes les journalistes free-lance et la presse étrangère. Souvent exclus des conférences de presse organisées par TEPCO et le gouvernement, privés d’une information réservée aux grands médias au sein desquels l’autocensure est la règle, les journalistes indépendants luttent à armes inégales contre le « village nucléaire ». Après que le gouvernement de Shinzo Abe a légiféré sur les « secrets d’État », leur combat pour la liberté d’informer s’annonce encore plus dangereux.”

Nouveau puits avec contamination élevée

TEPCo a creusé un nouveau puits, le n°1-13 et la contamination en césium de l’eau y bat tous les records par rapport aux voisins : 54 000 Bq/l en césium 127 et 22 000 Bq/l en césium 134. (Prélèvement du 12 février 2014). Ce puits est à 50 m du rivage, à proximité du réacteur n°2.
TEPCo pense s’être approchée du point où les sous-sols fuient. Ah bon, ils fuient ? Mais pas très loin, tient-elle à rassurer.