Le gouverneur de Tôkyô a dû démissioner suite à une histoire de prêt personnel douteux. Des élections auront lieu le 9 février pour le remplacer. L’ancien premier ministre Hosakawa, qui, avec un autre ancien premier ministre, Koïzumi, soutient une sortie du nucléaire, s’est porté candidat, malgré ses 76 ans. Il avait aussi dû démissionner de son poste de premier ministre suite à une histoire de prêt…
L’actuel premier ministre, en déplacement à l’étranger, a appelé à ne pas faire du nucléaire, l’enjeu de l’élection à Tôkyô. Le principal challenger de M. Hosokawa, Yoïchi Masuzoé, soutenu par la majorité au pouvoir, s’est aussitôt déclaré, lui-aussi, opposé à l’énergie nucléaire.
Et comme la région est un des actionnaires principaux de TEPCo, elle peut faire pression.
Archives mensuelles : janvier 2014
Traitement de l’eau : changement de stratégie demandé
La station ALPS de décontamination de l’eau n’est toujours pas au point : elle n’arrive pas à remplir les objectifs assignés pour certains éléments comme l’iode. En attendant, l’eau s’accumule dans les cuves et le débit de dose augmente sur place. Et avec la prise en compte récente des rayons X, ce n’est pas anodin pour les travailleurs. TEPCo devrait revoir entièrement sa stratégie. La NRA suggère de se limiter d’abord au retrait du césium (déjà effectué par SARRY) et du strontium afin de baisser significativement la contamination bêta totale de l’eau et le rayonnement X induit.
Cartes de la contamination
Les cartes avec l’évolution de la contamination terrestre de la NRA sont en ligne en anglais.
Doses des travailleurs
Le dernier bilan des doses enregistrées pour les 30 904 travailleurs qui sont passés sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi est en ligne.
Politique énergétique et redémarrage
Le gouvernement japonais avait repoussé à la fin janvier 2014 sa nouvelle stratégie énergétique. Le ministre de l’industrie a annoncé un nouveau report, faute de consensus sur le nucléaire, même à l’intérieur de la majorité au pouvoir. Il a confirmé qu’il n’est pas prévu de construire de nouveaux réacteurs nucléaires.
Des militants anti-nucléaire de Kyûshû ont célébré leur 1 000ième jour d’occupation devant le siège de la compagnie Kyushu Electric à Fukuoka. Ils sont là de 10h à 17h en semaine, avec des banderoles.
Evaluation du temps d’évacuation à Hamaoka
Un groupe de recherche privé (Kankyo Keizai Kenkyujo) a évaluer qu’il fallait au minimum 12 heures pour évacuer les populations dans un rayon de 30 km autour des centrales nucléaires japonaise. Si des routes sont endommagées par un séisme, cela pourrait prendre jusqu’à 5 jours et demi autour de Tôkaï (Ibaraki) où il y a près d’un million d’habitants et 6 jours autour de Hamaoka (Shizuoka) où il y a 740 000 personnes. Il serait donc quasiment impossible de protéger les populations en cas d’accident complexe impliquant aussi un séisme, car une mise à l’abris de 5 à 6 jours n’est pas tenable non plus.
L’étude s’est basée sur les plans d’évacuation et a supposé que 30% des bus enregistrés et 50% des voitures individuelles étaient disponibles. Elle a pris en compte les forts embouteillages engendrés qui vont freiner l’arrivée des secours à la centrale.
Les autorités régionales de Hokkaïdô avaient aussi estimé qu’il fallait un minimum de 12 heures et demie pour évacuer la population autour de Tomari. Voir l’article du Maïnichi qui rapporte l’étude.
Redémarrer les réacteurs implique aussi améliorer le réseau routier des zones les plus peuplées.
La province de Fukushima a effectué un exercice de crise dans la zone évacuée, où les habitants sont autorisés à retourner durant la journée seulement, en imaginant un accident dans les centrales nucléaires de Fukushima. Une vingtaine de véhicules ont sillonné la zone avec des haut-parleurs pour prévenir les habitants de rester enfermés. Le message n’a pas été bien entendu dans 26 lieux sur 36. Les personnes équipées d’un vieux téléphone portable n’ont pas reçu de mail d’urgence. En revanche, les talkies-walkies prêtés aux habitants de Futaba et Ôkuma, ont été efficaces. Les autorités régionales vont essayer d’améliorer le plan d’urgence.
Contamination de l’eau
Le désormais fameux puits 1-16 vient de voir un nouveau record de contamination : 2,4 millions de becquerels par litre en bêta total. Le prélèvement date du 13 janvier.
La NRA a rassemblé dans un seul fichier (de 3,4 Mo à cause de la photo…) les derniers résultats de mesure sur la contamination de l’eau de mer. Il y a toujours beaucoup plus de césium près de la centrale qu’au large et du tritium qui ne s’accumule pas dans les sédiments : les fuites continuent.
Un site humoristique américain, connu pour ses canulars, a fait un montage photo présentant un calamar géant échoué sur une plage de Californie. Pour plus d’explications, voir le blog sur le site du Monde.
Retour à Tamura ?
Le district de Miyakoji de Tamura, commune située à une vingtaine de kilomètres de la centrale, devrait être le premier à voir l’ordre d’évacuer levé. Lors d’une rencontre entre les autorités, des représentants de la commune et 25 habitants du district, ces derniers ont demandé à ce qu’ils puissent officiellement rentrer à partir du 1er avril prochain, car cela correspond au début de l’année fiscale et scolaire.
Ils peuvent déjà rester chez eux, même pour la nuit, mais l’ordre d’évacuation est maintenu pour qu’ils puissent continuer à recevoir un soutien financier.
Les travaux de décontamination sont officiellement terminés. Mais des familles avec enfants réclament une nouvelle décontamination et des objectifs en terme de débit de dose. Le gouvernement refuse ces objectifs chiffrés car il ne pourra probablement pas les atteindre. D’autres demandent une décontamination plus vaste car elle se limite actuellement à la proximité immédiate des zones de vie. Une fois les habitants rentrés, le gouvernement continuera-t-il à décontaminer ? Certains en doutent et réclament un engagement ferme des autorités.
Dernier train de débris
Le dernier train de débris du tsunami est arrivé à Tôkyô, ce jour. Il a pratiquement fait un voyage par jour depuis septembre 2012. 184 000 tonnes de déchets ont été transportées. La masse totale de débris est estimée à 17 millions de tonnes. Pour Iwaté et Miyagi, les autorités pensent avoir fini de les traiter d’ici le 31 mars prochain. En revanche, pour les 2,5 millions de tonnes de débris à Fukushima, contaminés par l’accident nucléaire, il n’y a toujours pas de solution.