Tensions autour du redémarrage de réacteurs nucléaires

La Tôhoku Electric Power Company, propriétaire de la centrale de Higashidôri (Aomori), a conclut que les failles qui passent sous sa centrale ne sont pas actives. Quelle surprise ! Les experts de la NRA, qui n’étaient pas convaincus jusqu’à présent, vont étudier ce nouveau dossier.

La ville de Hakodaté (Aomori) veut porter plainte contre le gouvernement afin d’annuler l’autorisation de construire une centrale nucléaire à Ôma, tout au Nord de l’île principale. La ville, qui est à 23 km du projet de centrale, n’accepte pas de ne pas avoir été consultée, alors que le rayon de la zone de préparation à une catastrophe nucléaire est étendu à 30 km.

Renforcement de la préparation à la catastrophe

Le Japon va revoir sa préparation face aux catastrophes. En particulier, les personnes vulnérables, qui ne peuvent pas fuir par elles-mêmes, seront répertoriées. Lors du tsunami du 11 mars 2011, 60% des victimes avaient plus de 60 ans. Des pastilles d’iode seront distribuées aux habitants dans un rayon de 5 km autour des centrales et la zone de préparation à une catastrophe nucléaire sera étendue de 10 à 30 km.

Fortes doses dans le réacteur n°1

TEPCo a mis en ligne, en japonais, des relevés de débit de dose dans le réacteur n°1. Aux points 10 et 11 (cf p.3), il y a respectivement 1,66 et 1,1 sievert par heure. Les hommes ne peuvent donc pas y pénétrer.
Page 8 du document, il y a deux points, les 20 et 21, avec respectivement 2,1 et 5,2 sieverts par heure !
On voit aussi des photos prises par le robot.

Projet de ville nouvelle pour Ôkuma

La ville d’Ôkuma a été fortement touchée par la catastrophe nucléaire, puisque 96% de sa surface sont classés en “zone de retour difficile”. La commune veut construire une ville nouvelle avec tous les services publics dans une zone au Sud de la commune qui n’est pas trop contaminée. Il y avait 300 habitants dans cette partie, il devrait y en avoir 3 000 en 2018, quand les travaux seront terminés, dont 2 000 qui travailleront à la centrale accidentée toute proche.
Le calendrier semble bien optimiste ! Il y avait 11 000 habitants à Ôkuma, tous évacués.

TEPCo : plan de redressement irréaliste

Le gouvernement japonais a approuvé le plan de redressement de TEPCo qui prévoit le redémarrage de deux réacteurs de Kashiwazaki-Kariwa dès juillet 2014 et de deux autres tranches en 2015. C’est complétement irréaliste, mais le gouvernement a accepté.
Le gouverneur de Niigata est toujours opposé à ce redémarrage. Il a parlé de plan chimérique et critique le fait que les banques et les actionnaires n’aient pas pris leurs responsabilités.

Demande de compensation complémentaire

Environ 180 habitants du district de Nagadoro d’Iitaté, qui avaient été évacués tardivement malgré une forte contamination, ont demandé une compensation à TEPCo, à cause de l’angoisse engendrée. La structure de conciliation qui a été saisie leur a donné raison, mais TEPCo rechigne à payer et n’accepte pas la décision.

Saumons du Pacifique légèrement contaminés

Une compagnie de pêche de Seattle a fait mesurer la contamination de saumons du Pacifique. Sur les 7 spécimens, elle en a trouvé 2 qui étaient légèrement contaminés. Mais un échantillon a plus de césium 134 (1,2 Bq/kg) que de césium 137 (< 1Bq/kg). Un tel résultat est surprenant.
Un autre a 1,4 Bq/kg en césium 137 et une contamination inférieure à 1 Bq/kg pour le césium 134, ce qui est plus plausible.

Situation tendue à Tsuruga

Un taxi de Tsuruga (Fukui) a refusé de prendre un homme politique qui est contre l’énergie nucléaire. Avec l’arrêt de la centrale de Tsuruga à cause d’une faille et les déboires de Monju, le nucléaire de la ville est en mauvaise posture et l’économie locale s’en ressent. La situtation est tendue. Mais cela n’excuse pas ce refus.