Préparation du retour à Naraha

Presque tous les 7 500 habitants de Naraha ont dû évacuer à cause de la catastrophe nucléaire. Le gouvernement et les autorités communales espèrent lever l’ordre d’évacuer au printemps prochain car les travaux de décontamination sont terminés depuis mars dernier.

Le 28 janvier, le conseil municipal s’est même tenu dans les locaux de la mairie pour la première fois depuis mars 2011. 20 employés municipaux sont retournés travailler à la mairie et 4 membres du conseil municipal, dont le maire, vivent même dans leur maison. Les autres habitants peuvent retourner chez eux depuis août 2012, mais ne peuvent pas y passer la nuit.

En octobre dernier, 45,7% des personnes interrogées ont déclaré vouloir rentrer si les conditions le permettent et 23% ont déclaré ne pas vouloir rentrer. Parmi les conditions au retour, il y a le rétablissement des infrastructures et des services publics (routes, hôpitaux…).

Des réunions publiques vont bientôt être organisées avec les populations concernées à propos du retour.

Une superette ouverte 24H/24 a rouvert à Kamishigeoka, (commune de Naraha).

D’autres superettes et supermarchés ont rouvert dans des zones évacuées, mais c’est le seul magasin à l’être 24h/24. Comme il est placé sur la nationale 6, à 14 km de la centrale de Fukushima daï-ichi, il espère attirer les travailleurs.

Dans le district de Miyakoji de la commune de Tamura, une superette a ouvert le 21 janvier dernier, à la demande de l’agence de reconstruction, alors que l’ordre d’évacuer a été levé en avril dernier.

La compagnie Chiyoda reconnaît officiellement que ses dosimètres sous-estiment la dose reçue

Nous avions révélé, le 24 janvier dernier, que la compagnie Chiyoda (千代田テクノル), qui a fourni des dosimètres individuels aux habitants de Daté, avait reconnu, lors d’une réunion à huis-clos du conseil municipal, que ses dosimètres sous-estimaient la dose. Cela faisait suite à l’exposé d’un représentant d’une association qui avait révélé l’affaire. Le PDG a dû s’excuser devant le conseil municipal.

C’est maintenant officiel sur le site de la compagnie qui explique que la dose enregistrée est bien 30 à 40% inférieure à la dose ambiante, mais que ce n’est pas irréaliste car les organes les plus sensibles sont situés à l’avant, près du dosimètre…

Cela fait suite à la publication de l’affaire dans un hebdomadaire japonais.

L’IRSN a sélectionné ces dosimètres en France et a accompagné le maire de Daté dans le cadre d’Ethos in Fukushima. L’Institut n’a rien dit ?

Ajout du 24 mars 2015 : l’IRSN répond à l’ACRO à ce propos.

Démantèlement de la gare de Tomioka

JR, la compagnie nationale de chemins de fer, a débuté le démantèlement de la gare de Tomioka qui a été inondée par le tsunami puis contaminée par la catastrophe nucléaire. La compagnie estime qu’il y a un risque d’effondrement. Les rails et les quais vont rester, même si, pour le moment, elle ne sait pas quand elle pourra à nouveau utiliser cette ligne.

Les dosimètres sous-estiment la dose enregistrée

Comme la décontamination n’apporte pas les effets escomptés et que les autorités souhaitent que les populations restent ou retournent dans les zones contaminées, il a changé de paradigme. Un dosimètre individuel va être distribué à chacun afin d’enregistrer la dose reçue. Les Japonais l’appellent « glass-badge ».

D’autres dosimètres, dits “D-shuttle”, permettent, grâce à un logiciel de lecture, aux personnes concernées d’avoir accès à la dose reçue, heure par heure, jour par jour, … et adapter leur mode de vie de façon à limiter la dose reçue (voir la présentation sur le sujet lors du séminaire IRSN-ANCCLI sur le post-accident et la vidéo associée).

La méthode a été expérimentée à Daté où le maire se bat pour que la population puisse y rester à long terme. Il soutient fortement l’initiative et explique que les doses enregistrées sont inférieures à la limite de 5 mSv/an que s’est fixée la commune (voir la présentation sur le sujet lors du séminaire IRSN-ANCCLI sur le post-accident et la vidéo associée).

Tous les élus ne sont pas convaincus et le conseil municipal a organisé un séminaire avec un représentant associatif et le fabriquant du dosimètre, Chiyoda Technology (千代田テクノル).

Lors de la réunion, le représentant associatif a souligné les limites de la méthode : il importe de protéger chacun. On ne peut pas se contenter de moyenne, comme le font les autorités. Par ailleurs, ces dosimètres ont été développés pour les travailleurs du nucléaire qui, dans la plupart des situations, font face à la source radioactive. Le dosimètre est donc mis sur le poitrail de façon à enregistrer correctement la dose. Mais quand on vit dans un environnement entièrement contaminé, l’exposition a lieu tout autour. Le dosimètre placé sur le poitrail ou suspendu autour du cou sous-estime donc les rayonnements qui arrivent dans le dos.

Lors de la réunion, le directeur de Chiyoda Technology a reconnu que les dosimètres sous-estimaient la dose reçue de 30 à 40%. Il s’est ensuite excusé de ne pas avoir signalé ce fait.

La presse n’était pas présente lors de cette réunion qui a eu lieu à huis-clos, mais quand cette information sera rendue publique, elle risque de faire beaucoup de bruit…

Les statistiques présentées par le maire de Daté mettent en avant que la dose enregistrée est environ la moitié de celle estimée lors du zonage. Mais si les dosimètres sous-estiment de 30 à 40% la dose reçue, l’intérêt est assez limité ! Les autorités vont devoir revoir leur politique.

J-Village devrait retourner à l’entraînement de footballeurs d’ici 2020

J-Village, situé à cheval sur Hirono et Naraha, à quelques kilomètres de la centrale de Fukushima daï-ichi, était un centre de formation de footballeurs japonais sponsorisé par TEPCo. Après la catastrophe, il a été transformé en centre d’accueil pour les milliers de travailleurs à la centrale accidentée.

Le président de la fédération japonaise de foot a réitéré son souhait de récupérer la base, située en zone contaminée, pour entraîner l’équipe nationale avant les JO de 2020. Et d’ajouter qu’il serait même envisageable qu’une équipe étrangère l’occupe aussi… Sûr que cela va leur faire plaisir !

Comme il n’y a pas de limite d’innocuité, toute exposition aux rayonnements ionisants doit être justifiée par un bénéfice. Quel est le bénéfice pour les joueurs d’aller s’entraîner dans la zone évacuée de Fukushima ?

Un service de bus va traverser la zone interdite

JR, la compagnie nationale de chemin de fer exploite aussi un réseau du bus. Elle veut proposer une liaison via la zone interdite à partir du 31 janvier prochain. Elle va relier la gare de Tatsuta, à Naraha, à celle de Haranomachi, à Minami-Sôma. Le trajet de 46 km, dont 14 km dans la zone de « retour difficile », et va remplacer la ligne Jôban qui a été suspendue après la triple catastrophe. Le tarif sera le même et il y aura deux trajets sans arrêt par jour, dans chaque sens, d’une durée d’une heure environ.

Ce sera le premier transport public à pénétrer dans un rayon de 20 km autour de la centrale. La dose prise à chaque passage est estimée à 1,2 microsievert. Les chauffeurs auront des dosimètres.

Fin de la décontamination des points chauds

Outre les zones d’évacuation, les autorités japonaises ont évacué des points chauds où l’exposition externe dépassait 20 mSv/an. Cela s’est fait jusqu’en septembre 2011 et la décision était prise maison par maison à la fin. Les habitants pouvaient choisir entre une évacuation avec indemnisation ou rester.
Depuis, ces points chauds ont été décontaminés et le conseil à l’évacuation levé. La dernière recommandation à évacuer un de ces points chauds devrait être levée le 28 décembre à Minami-Sôma. Elle concerne 152 foyers à une vingtaine de kilomètres de la centrale de Fukushima daï-ichi.
Le gouvernement voulait lever cette recommandation en octobre dernier, mais les habitants s’y sont opposés car ils considéraient qu’il n’était pas encore sûr d’y habiter. Mais les autorités auraient depuis obtenu l’accord des autorités locales. Tous les habitants ne sont pas convaincus et réclament une meilleure décontamination. L’indemnisation va continuer jusqu’en mars 2015.