Contamination interne à Kashiwa

La commune de Kashiwa, citée dortoir de la banlieue de Tôkyô, située dans la province de Chiba, a été particulièrement touchée par les retombées radioactives, au vu de son éloignement. La municipalité a soutenu les anthropogammamétries (WBC) des enfants et des femmes enceintes.
Les résultats sont ici en japonais. Sur 369 personnes contrôlées, une contamination interne au césium a été détectée chez 20 d’entre elles. Parmi elles, 11 ont moins de 6 ans. La plus forte contamination est de 16,11 Bq/kg. La dose reçue sur la vie liée à cette contamination est inférieure à 0,1 mSv selon la commune.

Prévisions de dose

Le gouvernement a fait une estimation des doses liées à l’exposition externe dans les zones évacuées à l’horizon 2021, c’est à dire après 10 ans. Après des travaux de décontamination, là où il y a 100 mSv/an, il y aura entre 9 et 20 mSv/an. Et là où il y a 50 mSv/an, il y aura entre 6 et 11 mSv/an. Ces calculs sont basés sur une hypothèse que les habitants passent 6,5 à 8 heures par jour à l’extérieur (selon les médias) et le reste du temps dans une maison en bois où l’exposition est moindre.
A titre de comparaison, la limite d’exposition en temps normal est de 1 mSv/an et les autorités ont augmenté cette limite à 20 mSv/an pour l’évacuation et pour le retour. Il a promis un retour à la limite de 1 mSv/an à long terme, sans donner de calendrier.
Comme les autorités semblent optimistes, cela signifie qu’elles ne vont pas passer à 1 mSv/an avant 2021. Pour s’approcher de la limite basse, il veut revoir la méthode de calcul et considérer un scénario moins pénalisant. Il espère ainsi pouvoir afficher des doses annuelles allant de 1 à 12 mSv/an.

Impact du régime alimentaire

Des chercheurs japonais ont étudié la contamination du régime alimentaire d’habitants de Fukushima qui se nourrissent de leur propre production qui échappe aux contrôles officiels. Certains avaient une forte contamination interne qui a diminué suite au changement de régime alimentaire.
Les chercheurs ont suivi 9 habitants de Minami-Sôma qui avaient plus de 50 Bq/kg en césium 137 dans le corps. La contamination totale variait entre 3 230 et 15 918 Bq et induit une dose comprise entre 0,07 et 0,53 mSv par an. Cela vient s’ajouter à l’exposition externe.
Ces habitants, âgés de 60 à 74 ans consomment tous des produits de leur jardin non contrôlés. Ils mangent aussi des champignons sauvages ou cultivés. Le plus contaminé a même mangé du sanglier sauvage et des poissons de rivière.
Suite à un changement de régime alimentaire, qui consiste surtout à éviter les produits connus pour être les plus contaminés, la contamination en césium a été divisée par deux en trois mois. Au bout de 6 mois, elle était à moins d’un tiers de la contamination originale.
Les chercheurs appellent à une meilleure information des personnes ainsi exposées.
Etude en libre accès dans Plos one.

Prévention du suicide à Fukushima

Selon le Fukushima Minpo, traduit par le Japan Times, Fukushima Inochi no Denwa, la permanence téléphonique de prévention du suicide de Fukushima a reçu un record de 18 194 appels en 2013. En 2011, il y en a eu 13 677, ce qui est moins qu’un an auparavant avec 16 649. En 2012, c’était 17 881.
Les consultations liées à la triple catastrophe de mars 2011 se distinguent toujours. En 2011, 1 618 appels étaient directement reliés à ces catastrophes. C’est descendu à 816 en 2012, mais le temps passé au téléphone était plus long.
Les appels les plus récents concernaient des querelles familiales à propos du dilemme auquel doivent faire face les familles, rester ou partir ou la distance prise par le père obligé de s’éloigner pour trouver du travail.
Il y a un sentiment d’isolement, d’abandon et de pessimisme général. Lors d’un récent coup de fil, une personne se plaignait de n’avoir rien pu faire durant le tsunami. Une autre, qui a participé aux secours, s’est plaint de n’avoir pu sauver personne.

Retour et limite de dose

Le gouvernement japonais s’est fixé comme objectif à long terme de décontaminer de façon à ce que l’exposition annuelle soit inférieure à 1 mSv/an. Il n’a jamais donné de calendrier et, pour la politique de retour actuelle, il s’accroche au 20 mSv/an.
Cet objectif est traduit par un débit de dose de 0,23 microsievert par heure. Pour faire ce calcul, il est supposé que les personnes passent 8h par jour à l’extérieur et 16h à l’intérieur où le débit de dose est 60% plus faible qu’à l’extérieur. Le bruit de fond naturel de 0,04 microsievert/h est ensuite ajouté.
Selon le blog ex-skf, le ministère de l’environnement serait en discussion avec les communes pour revoir cet objectif qui est difficilement atteignable. Un seuil 2 fois plus élevé serait choisi, avec un débit de dose entre 0,4 et 0,6 microsievert/h.
Pour justifier ce choix, les autorités estiment que le calcul précédent est trop pénalisant : peu de gens restent 8 heures par jour à l’extérieur et à l’intérieur des bâtiments en béton, le débit de dose est réduit de 80, voire 90%.
Rappelons que cette limite de 1 mSv/an n’est pas une limite d’innocuité, mais une limite à ne pas dépasser en prenant compte de toutes les sources d’exposition possibles.

Parution du dernier épisode d’Oïshimbo

L’éditeur du manga controversé défend son œuvre en expliquant avoir voulu donner la parole aux nombreuses personnes qui vivent dans l’inquiétude à cause de la pollution radioactive et qui sont de moins en moins écoutées. Ce serait une erreur de les ignorer, selon lui. Le dernier épisode dépeint un journaliste qui explique qu’il y a une tendance à adoucir son langage et qu’il faut, au contraire, dire la vérité, sans hypocrisie. Et d’ajouter qu’il comprend et soutien les personnes qui sont parties d’elles-mêmes. Crier sur les toits que Fukushima est sans danger pourra plaire, mais il déteste décevoir.
Parmi les 13 experts qui ont exprimé leur point de vue sur le sujet, il y a le désormais célèbre Hiroaki Koïdé, de l’université de Kyôto, qui explique que l’on ne peut pas exclure un lien entre radioactivité et saignements de nez sans une étude approfondie. Et d’ajouter que le gouvernement n’assume pas ses responsabilités et veut effacer les stigmates de la catastrophe de la mémoire des gens.
Comme annoncé, il s’agit du dernier épisode de la série Oïshimbo lancée en 1983.

Nouveaux cas de cancer de la thyroïde

Le nombre total de cancers de la thyroïde chez les enfants de Fukushima serait maintenant de 50 cas confirmés auxquels s’ajouteraient 39 nouveaux cas en cours d’examens complémentaires. Les experts expliquent qu’il est difficile d’établir un lien de cause à effet avec les retombées radioactives. Lors des précédentes publications de résultats, ce lien était exclu…
80% des 370 000 enfants de Fukushima ont subi une première échographie de la thyroïde à la fin mars 2014. Les résultats complets devraient être disponibles en août 2014.
Les données officielles sont ici en japonais.

Suite du feuilleton Oïshimbo

Le prochain épisode du Manga Oïshimbo, qui avait fait scandale en évoquant des saignements de nez chez les habitants de Fukushima, paraîtra lundi 19 mai. Dans ce nouvel opus, les éditeurs accepteraient les nombreuses critiques reçues. Ils devraient aussi publier les opinions de 13 experts différents à propos de l’impact des faibles doses et des propos tenus récemment par les caractères du manga.
La série sera ensuite suspendue alors qu’elle avait débuté en 1983. Le titre signifie « gourmet » et la série était plutôt dédiée à la gastronomie.

Suivi sanitaire pour 20 000 travailleurs

Suite aux recommandations d’un panel d’experts, le gouvernement va suivre la santé de 20 000 travailleurs qui sont intervenus dans les premiers mois de la catastrophe de Fukushima et qui ont été parmi les plus exposés aux radiations. Rappelons que la limite de dose avait été remontée jusqu’à 250 mSv jusqu’au 16 décembre 2011 alors qu’en temps normal elle est de 100 mSv sur 5 ans sans dépasser 50 mSv sur un an.
Ce sont justement les travailleurs qui étaient présents sur le site entre le 14 mars et le 16 décembre qui vont bénéficier de ce suivi médical à vie.
Le ministère n’a pas encore décidé qui fera les examens.

Oïshimbo : nouvel opus, nouveaux scandales

Le nouvel opus du manga Oïshimbo (美味しんぼ, qui signifie gourmet) est paru ce jour et parle encore des conséquences de la catastrophe de Fukushima. Le précédent opus avait déjà fait scandale.

Selon l’AFP, on peut notamment y lire qu’on ne peut vivre dans cette région en sûreté, qu’on n’enlève pas la radioactivité même en décontaminant, que la cause des saignements de nez est bien l’irradiation et que des habitants d’Ôsaka où ont été incinérés des déchets des environs de Fukushima souffrent aussi de divers maux… Tous ces propos sont tenus pas des personnages bien réels qui apparaissent sous leur vrai nom.
Le gouverneur de Fukushima est furieux car il s’agit, selon lui, de rumeurs non fondées. Les autorités d’Ôsaka aussi et démentent les propos tenus par Eisuke Matsui. Le quotidien conservateur, Yomiuri, qui fait un édito par mois pour appeler au redémarrage rapide des réacteurs nucléaires, parle de Manga « anti-nucléaire ».
Malgré les nombreuses protestations, le scénariste, âgé de 72 ans, va continuer à parler de la catastrophe de Fukushima. Il assume la responsabilité de son œuvre et appelle ses critiques à ne pas harceler l’éditeur. Ce dernier a déjà mis en ligne une précision relative aux saignements de nez, expliquant qu’il n’est pas établi de lien avec les radiations. Il va mettre un ligne une mise au point la semaine prochaine, avec l’avis de nombreux experts.