Obésité des enfants de Fukushima

Les enfants de Fukushima sont toujours les plus gros du Japon. Chez les neufs-ans, par exemple, le taux d’obésité, à savoir le pourcentage d’enfants ayant un surpoids de plus de 20%, est de 15%. C’est 8,14% au niveau national.

Les enfants du Tôhoku ont déjà une tendance à être plus gros que la moyenne à cause des hivers vigoureux qui réduisent les activités en plein air. Mais cela s’est aggravé après la catastrophe nucléaire car de nombreux enfants ne jouent plus dehors ou dans des logements provisoires.

Les dosimètres sous-estiment la dose enregistrée

Comme la décontamination n’apporte pas les effets escomptés et que les autorités souhaitent que les populations restent ou retournent dans les zones contaminées, il a changé de paradigme. Un dosimètre individuel va être distribué à chacun afin d’enregistrer la dose reçue. Les Japonais l’appellent « glass-badge ».

D’autres dosimètres, dits “D-shuttle”, permettent, grâce à un logiciel de lecture, aux personnes concernées d’avoir accès à la dose reçue, heure par heure, jour par jour, … et adapter leur mode de vie de façon à limiter la dose reçue (voir la présentation sur le sujet lors du séminaire IRSN-ANCCLI sur le post-accident et la vidéo associée).

La méthode a été expérimentée à Daté où le maire se bat pour que la population puisse y rester à long terme. Il soutient fortement l’initiative et explique que les doses enregistrées sont inférieures à la limite de 5 mSv/an que s’est fixée la commune (voir la présentation sur le sujet lors du séminaire IRSN-ANCCLI sur le post-accident et la vidéo associée).

Tous les élus ne sont pas convaincus et le conseil municipal a organisé un séminaire avec un représentant associatif et le fabriquant du dosimètre, Chiyoda Technology (千代田テクノル).

Lors de la réunion, le représentant associatif a souligné les limites de la méthode : il importe de protéger chacun. On ne peut pas se contenter de moyenne, comme le font les autorités. Par ailleurs, ces dosimètres ont été développés pour les travailleurs du nucléaire qui, dans la plupart des situations, font face à la source radioactive. Le dosimètre est donc mis sur le poitrail de façon à enregistrer correctement la dose. Mais quand on vit dans un environnement entièrement contaminé, l’exposition a lieu tout autour. Le dosimètre placé sur le poitrail ou suspendu autour du cou sous-estime donc les rayonnements qui arrivent dans le dos.

Lors de la réunion, le directeur de Chiyoda Technology a reconnu que les dosimètres sous-estimaient la dose reçue de 30 à 40%. Il s’est ensuite excusé de ne pas avoir signalé ce fait.

La presse n’était pas présente lors de cette réunion qui a eu lieu à huis-clos, mais quand cette information sera rendue publique, elle risque de faire beaucoup de bruit…

Les statistiques présentées par le maire de Daté mettent en avant que la dose enregistrée est environ la moitié de celle estimée lors du zonage. Mais si les dosimètres sous-estiment de 30 à 40% la dose reçue, l’intérêt est assez limité ! Les autorités vont devoir revoir leur politique.

Les Amis de la Terre critiquent le rapport sur les cancers de la thyroïde

En décembre dernier, les derniers résultats de suivi de la thyroïde des enfants de Fukushima ont été rendu publics (cf 24 décembre 2014). Le rapport qui accompagnait a été soumis à l’avis du public. Les Amis de la Terre Japon ont mis en place un groupe d’experts qui ont rédigé et envoyé une critique du rapport officiel. Il est ici en japonais, avec un résumé en anglais.

Le rapport associatif réitère sa critique relative à la sélection des experts officiels. Ainsi, le rapport officiel affirme, sans recherche supplémentaire, ni démonstration, que le nombre de cancer élevé est dû au dépistage systématique et pas à la catastrophe nucléaire. Les doses reçues seraient trop faibles. Mais l’étude n’est pas étendue aux provinces voisines qui ont aussi été impactées par l’iode radioactif, parfois plus qu’en certaines zones de Fukushima. Pourquoi tous les enfants de Fukushima ont droit à un dépistage par échographie et pas tous les enfants potentiellement exposés au Japon.

Par ailleurs, comme nous l’avons signalé le 24 décembre dernier, il y a quatre cas de cancer supplémentaires qui n’avaient pas été détectés lors du premier dépistage, mais qui sont apparu lors du deuxième. Le rapport officiel n’a mené aucune investigation à ce propos.

Il n’y a pas non plus de discussion à propos d’autres cancers potentiels.

Bref le rapport officiel ne fait pas apparaître une démarche scientifique où l’on essaye de conclure en étudiant les faits, mais interprète les faits dans le sens décidé dès le départ, à savoir qu’il n’y a pas d’impact sanitaire des rejets radioactifs.

Nouvelle plainte contre des responsables du nucléaire

Une deuxième plainte a été déposée contre des anciens responsables de la sûreté nucléaire et de TEPCo car ils n’auraient pas pu prévenir l’accident de Fukushima daï-ichi. Les neufs personnes, dont 3 de TEPCo et 4 de la NISA, l’ancienne autorité de sûreté, sont accusées d’avoir négligé les mesures de prévention nécessaires. Il y a aussi une personne de la Fédération des compagnies d’électricité et une de la défunte Nuclear Safety Commission.

Amélioration de la protection des personnes fragiles en cas d’accident nucléaire

Le gouvernement veut améliorer la prise en charge des personnes vulnérables en cas d’accident nucléaire. Rappelons que l’évacuation d’urgence a entraîné le décès de nombreuses personnes hospitalisées et de pensionnaires de maisons de retraite.
Le gouvernement aidé financièrement les hôpitaux et maisons de retraite situés à moins de 5 km des centrales pour qu’ils renforcent leurs bâtiments de façon à ne pas avoir à évacuer dans l’urgence. Entre avril 2012 et mars 2014, il a ainsi donné 260 millions de dollars à 149 structures médicales. Pour répondre à la demande des communes, il étendre les aides jusqu’à 10 km, avec un budget de 76 millions de dollars.
Parmi les mesures, il y a un renforcement des fenêtres et l’installation de filtres sur les systèmes de ventilation.

Encore beaucoup de stress chez personnes touchées par la catastrophe nucléaire

L’Asahi publie une interview d’un psychanalyste de l’université de Fukushima qui a travaillé auprès des mères de famille de Fukushima. Il a noté que 24% d’entre-elles sont dépressives alors que ce taux est généralement de 15% au Japon. Il y a un corrélation entre la dépression et l’inquiétude de l’impact des radiations sur les enfants.
De fortes différences de comportement demeurent entre les familles : la nourriture vient parfois d’ailleurs, les enfants ne sont pas autorisés à jouer dehors. Dans d’autres familles, aucune précaution particulière n’est prise. Mais même ces dernières ne font du soucis pour l’avenir de leurs enfants.
La radioactivité est devenue un sujet dont on ne parle plus. Il y a la crainte d’être critiqué par les autres en cas d’opinion divergente. Les personnes évacuées, qui touchent une indemnisation de TEPCo, sont parfois traitées de profiteurs et font souvent profil bas.
Or, il y a un besoin d’échange sur le sujet. Le psychanalyste propose donc d’organiser des petits groupes de discussion où les familles peuvent échanger avec des spécialistes. Le but est de dépasser les questions générales couvertes lors des premiers temps de la catastrophe pour se focaliser sur les questions particulières en laissant les personnes concernées s’exprimer. Cela nécessite une certaines confiance envers les spécialistes qui s’engagent dans ce genre de réunions.

Quatre nouveaux cas de cancers suspectés de la thyroïde chez les enfants de Fukushima

Les autorités locales ont ausculté la thyroïde de tous les enfants de Fukushima. Elle a commencé une deuxième série d’échographies et quatre enfants, chez qui aucun problème n’avait été relevé la première fois, sont désormais suspectés d’avoir un cancer. Ils étaient âgés de 6 à 17 ans au moment de l’accident et originaires d’Ôkuma, Fukushima, Daté et Tamura.
Ces 4 cas viennent s’ajouter aux 107 cas précédents, confirmés ou suspectés. Parmi eux, 84 cas sont confirmés après intervention chirurgicale (c’était 57 lors de la dernière publication en août 2014).
370 000 enfants ont été contrôlés la première fois. Ils seront 385 000 la deuxième car les enfants nés la première année sont ajoutés. La presse ne dit pas combien d’entre eux ont déjà été auscultés une deuxième fois.
Il ne s’agit pas d’une annonce officielle, mais d’une fuite dans la presse. Voir Fukushima Voice en anglais. L’annonce est prévue pour le 25 décembre.

Oïshimbo

On s‘en souvient, le manga Oïshimbo (gourmet) avait défrayé la chronique car il montraient de personnes saigner du nez après être allées à Fukushima. « Rumeurs néfastes » avaient hurlé les autorités. La série, qui paraissait dans un magazine avait dû être arrêtée. Un éditeur qui compile les épisodes dans des livres vient de publier le 111ième volume qui inclut les épisodes controversés, mais après quelques modifications. Ainsi, lors de la première parution, les saignements de nez du héro principal, un journaliste, étaient directement liés à l’exposition aux radiations. Dans la présente version, il déclare, après avoir consulté un médecin, que ce n’est pas dû aux radiations.

Tests génétiques sur la thyroïde

Les autorités ont fait effectuer des tests génétiques sur les thyroïdes de 23 enfants de Fukushima qui ont subi une intervention chirurgicale après la découverte d’un début de cancer. Selon l’étude, les résultats sont similaires à ce que l’on trouve chez des adultes japonais et diffèrent de ce qui a été observé autour de Tchernobyl. Les auteurs concluent que c’est un argument supplémentaire pour dire que l’augmentation observée n’est pas due à la catastrophe nucléaire, mais au dépistage systématique qui a permis de découvrir rapidement ces cas.

Erreur d’adresse

Un hôpital de Fukushima a envoyé des résultats de contrôle de la thyroïde à une mauvaise adresse. 173 personnes ont reçu le résultat d’une autre personne… Parmi eux, il y a deux enfants où la taille du nodule nécessite un deuxième examen et ils ont reçu une lettre leur indiquant que ce n’était pas nécessaire.