Suivi médical des travailleurs

Plus de 20 000 travailleurs sont intervenus sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi la première année. La Radiation Effects Research Foundation de Hiroshima, qui a étudié les victimes des bombardements atomiques, veut en suivre un grand nombre afin d’étudier l’impact des radiations. Cette fondation est financée par le Japon et les Etats-Unis. Cette étude est financée par le ministère de la santé et des affaires sociales.
Ce sera la première fois que la fondation s’intéresse à d’autres victimes que celles de l’arme nucléaire ou leur famille.
Des documents informatifs ont déjà été envoyés à 5 000 travailleurs afin de les convaincre d’accepter. La fondation espère pouvoir faire de même avec les habitants. Il s’agit d’un suivi à long terme afin d’étudier les effets des radiations sur la santé.
Les travailleurs seront interrogés sur les tâches effectuées afin de reconstituer la dose reçue.

Evacuation : doses limites et normes

Dans sa publication n°109, la Commission internationale de protection radiologique (CIPR), recommande que, dans le contexte des plans d’urgence, les autorités nationales fixent des niveaux de référence à partir desquels il faut évacuer entre 20 et 100 millisieverts (mSv). Le Japon s’est vanté d’avoir choisi la valeur la plus basse de l’intervalle proposé pour fixer sa limite d’évacuation au début de la catastrophe de Fukushima.

Cette recommandation internationale ne concerne que la phase d’urgence. Cependant, en cas d’accident majeur, une contamination de l’environnement peut persister pendant une période prolongée se comptant en décennies, affectant ainsi durablement la vie des personnes concernées. La CIPR recommande que l’exposition à long terme aux contaminations résultant d’une situation d’urgence soit considérée comme une exposition à une « situation existante ».

La Commission ajoute qu’il n’y a pas « de frontières temporelles ou géographiques prédéfinies qui délimitent la transition d’une exposition à une situation d’urgence à une situation existante. En général, les niveaux de référence utilisés lors des situations d’urgence ne sont pas acceptables comme références à long terme car les niveaux d’exposition correspondant ne sont viables ni socialement, ni politiquement. Ainsi, les gouvernements et/ou les autorités compétentes doivent, à un certain moment, définir des niveaux de référence pour gérer l’exposition aux situations existantes, typiquement dans la partie basse de l’intervalle de 1 à 20 mSv/an recommandé par la Commission. »

La phase d’évacuation d’urgence lors des premiers jours de la catastrophe s’est faite sur des critères géographiques uniquement, avec des cercles concentriques autour de la centrale nucléaire, sans la moindre référence aux doses. L’évacuation au-delà du cercle de 20 km, ordonnée le 22 avril 2011, s’est faite tardivement et les habitants avaient un mois pour partir. Il ne s’agissait plus d’urgence, mais de “situation existante”. La limite de 20 mSv/an fixée à ce moment correspond donc à la valeur la plus haute des recommandations internationales !

Par ailleurs, la CIPR recommande que cette limite diminue avec le temps pour revenir à la limite “normale” de 1 mSv/an. Mais elle ne donne aucune contrainte sur la vitesse à laquelle il faut baisser les limites. Les radioéléments comme le césium décroissent lentement. Le débit de dose moyen n’a diminué que de 40% en moyenne la première année au Japon et les travaux de décontamination se sont révélés très décevants.

Dans sa publication n°111 dédiée aux conséquences à long terme d’un accident nucléaire majeur, la CIPR n’est pas très explicite : « les autorités nationales peuvent prendre en compte les circonstances et aussi profiter de l’agenda du programme de réhabilitation pour adopter des valeurs de référence intermédiaires qui conduisent à une amélioration progressive de la situation ».

Quel retour ?

Pour le moment, le Japon a adopté un retour à une limite de 1 mSv/an, mais sans aucun calendrier. La politique de retour actuelle dans les zones évacuées est toujours basée sur une limite annuelle de 20 mSv/an choisie au moment de l’évacuation. De nombreuses personnes ne souhaitent pas rentrer, surtout quand il y a de petits enfants. Mais si le Japon adoptait une limite de retour plus faible, les populations non évacuées ne comprendraient pas et se sentiraient abandonnées.

Aux Etats-Unis, la réglementation impose l’évacuation des populations quand l’exposition peut dépasser 20 mSv durant la première année, puis 5 mSv ou moins la seconde année. L’objectif à long terme est de garder une dose inférieure à 50 mSv sur 50 ans. Ces doses concernent l’exposition aux radioéléments déposés sur les sols et autres surfaces.

On ne mesure pas facilement la dose sur un an. Les autorités japonaises ont estimé qu’en moyenne, les personnes passent 8 heures par jour dehors et 16 heures par jour à l’intérieur où l’exposition serait réduite de 60%. Ainsi, 1 mSv par an correspond à 0,23 microsievert par heure quand on ajoute le bruit de fond naturel de 0,04 microsievert par heure. Cela peut être mesuré directement avec un radiamètre.

20 mSv se traduisent par une limite de 3,8 microsieverts par heure par la même méthode. C’est cette valeur qui a été utilisée pour l’évacuation. Et c’est encore elle qui est retenue pour le retour…

Un zonage complexe

Le gouvernement a divisé le pays en plusieurs zones :dans un rayon de 20 km autour de la centrale, tout le monde a été évacué, quelle que soit la contamination. Entre 20 et 30 km, les habitants ont d’abord été confinés, puis il leur a été recommandé de partir. Là où la pollution induit une exposition externe inférieure à 20 mSv/an, les habitants sont invités à rentrer après avoir effectué des travaux de décontamination. Dans les faits, ils ne sont pas tous rentrés, loin de là.

Dans un rayon de 20 km, le gouvernement a désigné les zones où la contamination externe est inférieure à 20 millisieverts par an, en zones de préparation au retour. Il les décontamine en priorité et tente d’y rétablir les services pour permettre le retour des populations. Là encore, dans les deux communes où il y a eu levée de l’ordre d’évacuer, le taux de retour est faible.

Au-delà des 20 km, si le débit de dose ambiant est supérieur à 3,8 microsieverts par heure, et donc l’exposition annuelle est supérieure à 20 millisieverts, il y a eu ordre d’évacuer, comme nous l’avons déjà mentionné. Les territoires concernés ont été subdivisés en deux sous zones, en fonction de la pollution des sols. Là où l’exposition externe peut dépasser 50 millisieverts par an, il s’agit d’une “zone de retour difficile”.

Cette zone la plus contaminée couvre 337 km2 sur 7 communes. 24 000 habitants y habitaient. Tout autour de la centrale de Fukushima daï-ichi, dans les communes de Futaba et d’Ôkuma, le gouvernement veut installer un centre d’entreposage des déchets radioactifs sur 16 km2. Il n’y aura donc pas de retour possible.

Enfin, là où l’exposition est comprise entre un et vingt millisieverts par an, au-delà des 20 km, il n’y a pas eu d’ordre d’évacuer, même si de nombreuses personnes sont parties d’elles-même. En revanche, il y a décontamination à la charge des communes. Plusieurs provinces sont concernées.

La dernière carte officielle des zones évacuées est ici en anglais.

Décontamination à Kawamata

Les travaux de décontamination sous responsabilité gouvernementale du district Yamakiya de la commune de Kawamata sont terminés depuis août dernier pour 350 habitations et les forêts proches. Il reste encore les routes et 960 hectares de terrains agricoles à décontaminer pour lesquels les travaux viennent de débuter.
Les résultats de mesure de débit de dose ont été présentés aux habitants. Ils sont en moyenne de 0,53 microsievert par heure près des habitations, avec un minimum à 0,18 et un maximum à 1,75 microsievert par heure. A titre de comparaison, la limite d’évacuation et de retour fixée par le gouvernement est de 20 mSv/an, ce qui correspond à 3,8 microsieverts par heure. Cette limite est considérée comme trop élevée par beaucoup. La limite générale pour le public en temps normal est de 1 mSv/an, ce qui correspond à 0,23 microsievert par heure. (Voir nos explications sur les limites et les normes). Dans l’ensemble, les données sont donc entre ces deux limites.
Selon les autorités, le débit de dose moyen a été réduit de 49% avec les travaux de décontamination.

Cancers de la thyroïde : données en anglais

Les dernières statistiques concernant les cancers de la thyroïde publiées le 12 février dernier (voir notre résumé) sont maintenant partiellement disponibles en anglais sur le site officiel de l’université médicale de Fukushima.

Les données sur les anomalies congénitales que nous avons signalées le 19 février dernier sont encore en cours de traduction en anglais. Elles sont ici en japonais et seront accessibles à partir de la même page que pour la thyroïde.

Le taux d’anomalies congénitales à Fukushima est normal

Le taux moyen d’anomalies congénitales et autres anomalies chez les nouveaux nés de Fukushima entre 2011 et 2013 est d’un peu plus que 2%, ce qui est dans l’intervalle de variation de la moyenne nationale. Plus précisément, il était de 2,85% en 2011, 2,39% en 2012 et de 2,35% en 2013. Il n’y pas de différence significative entre les différentes parties de Fukushima. La moyenne nationale était de 2,34% en 2012. Il n’y a donc pas d’impact mesurable de la radioactivité sur le taux d’anomalies congénitales.
Source : Fukushima Minpo. Les données officielles sont ici en japonais.

Notez que le dernier article sur les cancers de la thyroïde a été remis à jour avec les données publiées par ce même journal.

Nouveaux cas de cancers de la thyroïde

Les autorités régionales de Fukushima ont entamé la deuxième vague de dépistage du cancer de la thyroïde chez les 385 000 enfants de la province. 8 enfants sur 75 000 chez qui l’on n’avait pas détecté de cancer lors de la première échographie sont suspectés d’avoir un cancer après un deuxième examen. C’est quatre de plus que la dernière fois. Parmi eux, il y a un cas confirmé. Les 7 autres vont subir d’autres examens médicaux. Ils avaient entre 6 et 17 ans au moment des rejets radioactifs massifs. Les tumeurs font entre 6 et 17,3 mm. Ces enfants étaient classés dans les catégories A lors du premier dépistage, signifiant “pas de problème” (5 en A1 et 3 en A2).

Selon une reconstitution des doses reçues pour 6 de ces enfants à partir d’un questionnaire, 2 auraient reçu une dose inférieure à 1 mSv durant les quatre premiers mois de la catastrophe, 3 moins de 1,5 mSv et un 2,1 mSv.

Par ailleurs, sur les 75 000 enfants ayant subit une deuxième échographie de la thyroïde, 611 sont classés B et vont subir des examens complémentaires. Parmi eux, 441, ou 72,2%, avaient été classés A lors de la première campagne.

A l’issue de la première campagne de dépistage, 86 enfants avaient un cancer confirmé et 23 autres sont suspectés d’en avoir un sur 368 000 enfants auscultés. C’est de plus que la dernière fois car les autorités continuent d’accepter des “premiers examens”. Il y a toujours un cas qui s’est révélé être bénin après l’intervention chirurgicale.

Les autorités médicales continuent à affirmer qu’elles pensent que ce n’est pas lié à la catastrophe nucléaire.

Voir la page officielle en japonais. Les données ont été partiellement traduites en anglais sur ce site non officiel. Ajout du 25 février 2015 : données officielles en anglais.

Que s’est-il passé à Fukushima ?

Résumé des évènements, ACRO.eu.org.

L’accident de fusion du cœur est le plus craint par l’industrie nucléaire. Il y en a eu trois simultanément à la centrale de Fukushima daï-ichi en mars 2011. Comment en est-on arrivé là ?

Les combustibles nucléaires usés dégagent de la chaleur, beaucoup de chaleur et doivent être continuellement refroidis. Après le tremblement de terre d’une magnitude exceptionnelle et le tsunami qui ont frappé le Nord Est du Japon le 11 mars 2011, il y eu perte de l’alimentation électrique et de l’alimentation en eau. Les combustibles des trois réacteurs en fonctionnement ce jour là n’ont pas pu être refroidis et ont fondu. Ils ont percé leur cuve et se seraient partiellement écoulés au niveau du radier en béton. Le dégagement de vapeur a fait augmenter la pression et a endommagé la cuve et l’enceinte de confinement. Il y a eu de forts rejets radioactifs lors de la dépressurisation des réacteurs et des fuites non contrôlées. Des explosions hydrogène ont détruit les bâtiments réacteurs.

Contrairement aux cœurs des réacteurs, les piscines d’entreposage des combustibles usés ne sont pas confinées. En cas de fusion, les conséquences sont beaucoup plus graves. C’est pourquoi les piscines ont été à l’origine d’une grosse frayeur. Une réplique sismique aurait pu les fissurer et rendre impossible le refroidissement. En cas d’incendie ou de relargage de grande ampleur, les employés n’auraient pas pu
accéder au site pour tenter de contrôler les réacteurs. Heureusement, cela n’a pas eu lieu.

Dans de telles circonstances, il convient de saluer le courage des employés de la centrale qui ont fait le maximum pour éviter le pire dans une situation de désastre. Outre les problèmes personnels qui devaient les frapper dans ces circonstances, les personnels ont pris des risques. De plus, les conditions matérielles dans lesquelles ils sont intervenus au tout début étaient déplorables : deux repas par jour, pas de couchage correct, stress…

Fin décembre 2014, 40 000 travailleurs étaient passés sur le site de la centrale. Ils sont de l’ordre de 7 000 par jour actuellement, avec une très forte majorité de sous-traitants. Dans les premiers jours, ils n’avaient pas de dosimètre individuel. Seul le chef d’équipe en avait et il n’était pas forcément le plus exposé. Il a fallu un scandale médiatique pour que d’autres centrales en envoient.

Tout est allé très vite : pour le réacteur n°1, il y a eu fusion complète du cœur, rejets radioactifs massifs et explosion hydrogène en moins de 24 heures. La journée la plus inquiétante a été le mardi 15 mars. Selon le premier ministre de l’époque, TEPCo voulait évacuer la centrale, ce que la compagnie dément. Cela aurait entraîné une catastrophe d’une ampleur beaucoup plus grande.

L’exploitant a longtemps estimé que 70% du combustible du réacteur n°1 était endommagé. Ce chiffre était de 33 et 25% pour les réacteurs n°2 et 3. Il a fallu attendre le mois de mai 2011 pour que TEPCo, l’exploitant, finisse par admettre qu’il y avait eu la fusion des trois cœurs. Ni les autorités japonaises, ni les organismes d’expertise internationaux comme l’AIEA n’ont contredit la compagnie.

Pour refroidir les combustibles TEPCo a versé de l’eau, beaucoup d’eau, par divers moyens. Rendue très radioactive au contact du « corium », le cœur fondu, elle s’est accumulée dans les sous-sols des réacteurs où elle a fini par déborder en mer en avril 2011. La compagnie était face à un dilemme : si elle arrêtait de verser de l’eau, la fusion risquait de reprendre, accompagnée de rejets radioactifs et si elle continuait, cela fuyait vers l’océan. La compagnie a donc pompé l’eau des sous-sols après avoir colmaté la fuite, mais le compte n’y est pas. Elle doit pomper 400 m3 d’eau contaminée en plus de ce qu’elle injecte à cause des infiltrations de la nappe phréatique. Presque quatre ans plus tard, l’eau contaminée, qui continue à s’accumuler, reste un problème majeur. TEPCo a tenté plusieurs solutions pour réduire les infiltrations et les fuites en mer, sans grand succès pour le moment. Le stock est gigantesque, de l’ordre de 400 000 m3, que la compagnie tente de décontaminer partiellement pour pouvoir le rejeter en mer.

Des rejets massifs dans l’environnement

Ces évènements ont entraîné la dispersion de gaz et particules radioactifs qui ont contaminé la centrale et une partie du Japon. Les hommes ne peuvent pas travailler dans les réacteurs où il y a eu une fusion du cœur car le débit de dose y est trop élevé. Sur le site de la centrale, il faut des équipements de protection spécifiques. Enfin, la population a été évacuée dans un rayon de 20 km autour de la centrale et jusqu’à 45 km sous les rejets. Mais, 80% de la radioactivité est allée vers l’océan.

Les populations riveraines ont été évacuées, d’abord dans un rayon de 3 km, puis 10 et enfin 20 km en fonction de l’évolution. Et cela dans des conditions extrêmement difficiles, avec plusieurs évacuations successives ou sous les retombées radioactives. Elles ont d’abord été confinées entre 20 et 30 km, puis invitées à partir. Des ordres d’évacuation tardifs ont entraîné le déplacement de populations supplémentaires jusqu’en septembre 2011 pour certains points chauds. Le seuil fixé par les autorités, de 20 mSv/an pour l’irradiation externe, correspond à la limite des travailleurs du nucléaire en France et est appliquée aux enfants. C’est inacceptable pour de nombreuses familles et celles qui en ont les moyens ont fui par elle même, sans indemnisation.

L’évacuation d’urgence des personnes vulnérables a été la plus dramatique entraînant de nombreux décès. Ce fut le cas, par exemple pour l’hôpital de Futaba où 50 patients sont décédés durant les premiers jours.

Le gouvernement japonais rêve que ce soit une catastrophe réversible avec un retour des populations. Il a engagé un immense chantier de décontamination de larges portions de territoires. Mais pour le moment, il n’existe aucune technique efficace ni de lieu d’entreposage des déchets radioactifs générés. La limite de dose pour le retour reste fixée à 20 mSv/an, ce qui est inacceptable. Beaucoup ont décidé de ne pas rentrer, surtout quand il y a de jeunes enfants.

Internet et les réseaux sociaux ont joué un rôle très important pour répondre à la quête d’informations. De nombreuses associations locales, souvent intitulées “Sauvons nos enfants”, ont aussi été créées dans tout le pays. Elles ont d’abord permis d’échanger sur les problèmes liés à la radioactivité, les conflits qui en résultaient dans la famille, les mesures à prendre pour protéger les enfants et faire pression sur les élus locaux pour décontaminer les écoles, refuser les débris du tsunami, contrôler les repas servis à la cantine, et, à Fukushima, demander un élargissement de l’évacuation, au moins pour les enfants et les femmes enceintes.

L’accès à la mesure de la radioactivité a été un des grands enjeux pour les populations. L’ACRO, laboratoire associatif français créé après la catastrophe de Tchernobyl et basé à Hérouville St Clair, s’est fortement investi pour venir en aide aux populations japonaises. Cela s’est traduit par l’analyse de presque 600 échantillons les plus variés en provenance du Japon et à la création d’un laboratoire de mesure sur place.

 

Saignements de nez

Le Mangaka Tetsu Kariya, auteur de la série Oïshimbo (gourmet) avait fait scandale en suggérant que l’exposition aux rayonnements pouvait provoquer des saignements de nez. Rumeurs néfastes avaient crié les autorités ! La série a été suspendue, puis lors de la réédition sous forme de recueil, l’auteur avait ajouté que ce n’était pas prouvé.
Il récidive en expliquant, qu’après une enquête de terrain, il y a bien eu une augmentation du nombre de cas de saignements de nez. Il parle aussi des problèmes des agriculteurs et pêcheurs sans que les personnes rencontrées puisse être identifiées. Et d’ajouter que la reconstruction de la vie des personnes exposées à la catastrophe est plus importante que la reconquête des territoires abandonnés. Il invite ensuite les habitants de Fukushima à se protéger eux-mêmes et à avoir le courage de quitter la région.

La compagnie Chiyoda reconnaît officiellement que ses dosimètres sous-estiment la dose reçue

Nous avions révélé, le 24 janvier dernier, que la compagnie Chiyoda (千代田テクノル), qui a fourni des dosimètres individuels aux habitants de Daté, avait reconnu, lors d’une réunion à huis-clos du conseil municipal, que ses dosimètres sous-estimaient la dose. Cela faisait suite à l’exposé d’un représentant d’une association qui avait révélé l’affaire. Le PDG a dû s’excuser devant le conseil municipal.

C’est maintenant officiel sur le site de la compagnie qui explique que la dose enregistrée est bien 30 à 40% inférieure à la dose ambiante, mais que ce n’est pas irréaliste car les organes les plus sensibles sont situés à l’avant, près du dosimètre…

Cela fait suite à la publication de l’affaire dans un hebdomadaire japonais.

L’IRSN a sélectionné ces dosimètres en France et a accompagné le maire de Daté dans le cadre d’Ethos in Fukushima. L’Institut n’a rien dit ?

Ajout du 24 mars 2015 : l’IRSN répond à l’ACRO à ce propos.