250 hectares de terrains devraient être couverts de panneaux solaires à Fukushima

250 hectares de terrains agricoles ont été reclassés en terrains pour la production d’électricité solaire dans les territoires contaminés de Fukushima. La production va être rachetée par Tôhoku Electric. A Iitaté, où deux centrales solaires sont prévues, une compagnie locale a même été créée pour l’occasion. Il s’agit d’Iitaté Denryoku, dont le patron était éleveur avant la catastrophe.

Des nouveaux projets pourraient voir le jour, en mettant les panneaux plus en hauteur de façon à pouvoir maintenir une activité agricole.

Pluies torrentielles suite au passage d’un typhon

Le passage du typhon n°18, ou typhon Etau, a entraîné des pluies torrentielles sur le Nord-Est du Japon et la situation est particulièrement critique à Tochigi et Ibaraki. A Miyagi aussi des digues ont lâché. Plus de 100 000 personnes ont dû être évacuées temporairement. Des digues ont lâché, entraînant l’inondation de plusieurs communes et la destruction de nombreuses constructions. On déplore déjà trois victimes et plusieurs disparus. Parfois, les scènes n’étaient pas sans rappeler le tsunami de 2011.

Le risque d’inondation de ces zones était connu depuis longtemps (voir les cartes de prédiction) et l’agence de météorologie nationale avait émis un message d’alerte maximum, demandant aux populations de s’éloigner des zones à risques. Mais cela n’a pas suffit, de nombreuses personnes se sont trouvées bloquées chez elles et il n’a pas été facile d’aller les secourir. Parfois, l’ordre d’évacuer est arrivé trop tard. De plus, le risque d’inondation ne semble pas bien connu des populations, contrairement au risque sismique.

Face à un tel drame, et cela peut paraître anecdotique, mais à la centrale de Fukushima daï-ichi, l’eau de pluie a, une fois de plus, débordé dans la mer. Comme à son habitude, TEPCo a immédiatement tweeté pour dire qu’il n’y avait pas d’effet noté.

Plus dans les terres, à Iitaté, des sacs contenant des déchets radioactifs issus des opérations de décontamination auraient été emportés par les flots de la Niida. Sur 82 sacs emportés, 32 auraient pu être repêchés le jour même. Un sac fait un mètre cube.

De nombreux déplacés refusent de quitter leur préfabriqué

Suite à la triple catastrophe, les autorités japonaises ont rapidement mis à la disposition des personnes déplacées des logements préfabriqués, le temps de trouver mieux. Fin juillet 2015, il restait encore 52 000 préfabriqués à Iwaté, Miyagi et Fukushima, dont 30% étaient occupés.

De nouveaux logements en dur sont proposés aux personnes concernées, mais, parfois, elles refusent de partir. Il y aurait 900 cas avec de nombreuses raisons. Pour certains, c’est la peur d’un nouveau tsunami. Ainsi, à Sendaï, plusieurs familles refusent d’habiter dans le nouveau complexe construit dans une zone inondée par le tsunami. Il y a aussi des personnes âgées isolées. Une est allée en maison de retraite, mais il n’y avait personne pour déménager ses affaires. Une autre est décédée, mais personne n’est venu vider le logement temporaire.

Pour d’autres personnes, c’est le coût des nouveaux logements qui est un frein. Les préfabriqués sont gratuits alors qu’il faut payer un loyer une fois relogé. Il y a aussi des abus. Certains utilisent le préfabriqué pour le stockage ou l’ont sous-loué.

Les communes souhaitent éliminer rapidement ses logements temporaires pour utiliser les terrains. A Kamaishi, les autorités ont réussi à convaincre les derniers récalcitrants à aller dans des préfabriqués sur un autre site. Ils étaient une cinquantaine.

Selon les statistiques officielles, il resterait 199 000 évacués suite aux trois catastrophes. Parmi eux, 68 000 seraient toujours dans des préfabriqués, prévus, initialement pour durer deux ans. Il s’agit surtout de personnes âgées ou avec de faibles revenus qui ne peuvent pas se reloger par elles-même. Après le séisme de Kôbé, certains étaient restés 5 ans dans des préfabriqués. Cette fois-ci ce sera plus car le programme de reconstruction n’avance pas assez vite. Il est question de 2018, voire au-delà.

Il y aurait besoin, en tout, de 29 501 unités d’habitation pour reloger tout le monde, mais seulement 11 000 auraient été construites.

A Fukushima, où il y a 20 000 personnes dans des préfabriqués, s’ajoutent les problèmes liés à la contamination radioactive. Il y a 70 000 personnes évacuées à cause des ordres gouvernementaux, plus tous les évacuées dits “volontaires”.

Naraha : l’ordre d’évacuer est levé mais les problèmes demeurent

Comme annoncé, le gouvernement japonais a levé l’ordre d’évacuer la commune de Naraha, située à moins de 20 km de la centrale de Fukushima daï-ichi. Cet ordre avait déjà été levé dans le district de Miyakoji à Tamura et dans une partie de Kawauchi. Mais c’est la première fois que cela concerne une commune entière. Il y a 6 autres communes entièrement évacuées.

Il y a encore 7 368 habitants officiellement enregistrés dans la commune, répartis dans 2 694 foyers. 80% vivent à Iwaki, à une trentaine de kilomètres. Selon des sondages, 46% souhaitent rentrer. Mais, après que le gouvernement ait autorisé les habitants à dormir chez eux pendant de courts séjours afin préparer leur retour, seulement 780 ont fait la demande en tout, pour 351 foyers.

Une cérémonie a été organisée pour l’évènement, avec seulement entre 100 et 200 personnes, selon les médias, dont de nombreux officiels. La veille, 3 000 lanternes ont été allumées pour les victimes des séisme et tsunami de 2011. Le projet de reconstruction a été présenté et un arbre de l’espoir (kibô no ki) a été planté par des enfants. Force est de constater que la population ne se bouscule par pour rentrer, ni pour fêter l’évènement.

Ce sont surtout les personnes âgées qui souhaitent renter. Une partie de la population de Naraha a refait sa vie ailleurs.

La radioactivité résiduelle est une préoccupation importante pour les familles avec enfants. Rappelons que la limite fixée pour le retour correspond toujours à une dose annuelle de 20 mSv, si l’on reste 8 heures par jour à l’extérieur. C’est la limite pour les travailleurs du nucléaire en France et cela s’applique aux enfants de Fukushima, même les plus jeunes. La commune avait demandé une décontamination plus complète. Les négociations ont été difficiles et la levée d’ordre d’évacuer repoussée plusieurs fois. La contamination des boues d’un réservoir (Kido), qui sert à l’alimentation en eau potable, est une source d’inquiétude.

Des dosimètres vont être distribués afin que chacun puisse apprendre à faire attention pour que la dose reçue soit nettement inférieure à la limite. L’eau du robinet va être contrôlée en continu, 24h/24.

L’eau et l’électricité ont été rétablies, mais il manque encore de nombreux services. Une zone commerciale avec services est prévue à l’Est de la gare Tatsuta. Cette “compact town” a été présentée lors de la cérémonie. Un supermarché propose des livraisons gratuites. Un autre devrait ouvrir devrait ouvrir en 2016, ainsi qu’un magasin de bricolage. En attendant, il n’y a que deux superettes (convenience stores) et un supermarché.

Parmi les problèmes qui restent à résoudre, il y a le manque crucial de structures de soin. Avant l’accident nucléaire, le district de Futaba qui inclut Naraha ainsi que quatre autres communes entièrement évacuées et Kawauchi et Hirono, partiellement évacuées, avait 54 hôpitaux et cliniques pour 72 800 habitants, dont 3 hôpitaux avec un service d’urgences secondaires. Il n’y a plus que 5 hôpitaux et cliniques sans service d’urgence pour une population 10 fois moindre. En 2010, 63% des urgences restaient dans le district. Ce n’était que 23% en 2014. Les autres sont envoyés à Kôriyama ou Iwaki. En 2010, une ambulance mettait, en moyenne, 37 minutes pour arriver. C’était 55 minutes en 2014.

Les cliniques attendent le retour des habitants avant de reprendre leurs activités et certains habitants attendent que les cliniques rouvrent… Une clinique devrait ouvrir au centre de la commune en octobre prochain, une autre à partir de février prochain.

Les deux écoles et le collège devraient rouvrir en avril 2017, qui correspond à la rentrée. En attendant, elles restent à Iwaki.

L’apparence de la ville a beaucoup changé. Un tronçon du réseau ferroviaire est toujours hors d’usage, avec des herbes. Des maisons tombent en ruines après plus de quatre années à l’abandon et des bandes de sangliers rôdent dans les rues la nuit. La partie le long de la côte est toujours détruite et des rizières sont couvertes de sacs en plastique noir pleins de déchets radioactifs issus de la décontamination.

Plusieurs compagnies impliquées dans la sécurisation des réacteurs accidentés de la centrale de Fukushima daï-ichi se sont installées à Naraha. Il y a environ 1 000 travailleurs qui y résident temporairement et qui fréquentent les rares commerces. C’est plus que les habitants qui sont revenus préparer leur retour.

Les finances de la commune sont aussi une source d’inquiétude. La centrale de Fukushima daï-ni rapportait beaucoup. Même si elle n’est pas officiellement arrêtée définitivement, elle ne redémarrera jamais. Le déclin de la population rend les investissements difficiles. Les 8 communes du district de Futaba pourraient fusionner dans l’avenir. Mais l’ordre d’évacuer de certaines parties, classées en zones de “retour difficile”, devrait rester en place longtemps encore.

Pourtant, pour plusieurs médias francophones, la commune serait “redevenue habitable ce samedi”… Et d’ajouter que “les autorités estiment en effet que le niveau d’exposition à la radioactivité […] est revenu à un seuil inférieur à 20 millisieverts par an. Ce niveau permet en théorie aux habitants d’y revivre presque normalement, même si la décontamination n’est ni pas intégrale.” Qui irait y vivre “presque normalement” ?

A Fukushima, il y a encore 70 000 personnes qui ne sont pas autorisées à vivre chez elles à cause de la pollution radioactive.

Quelques résultats sur des analyses de sols effectués par un laboratoire indépendant basé à Iwaki sont disponibles en anglais.

L’AIEA publie son rapport sur la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi

L’AIEA a publié son rapport sur la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi. Il y a 1 200 pages en tout réparties en

avec des annexes.

En feuilletant rapidement certaines parties, il apparaît que ce rapport a beaucoup puisé dans les rapports des commissions d’enquête gouvernementale et parlementaire et n’apporte pas beaucoup d’information nouvelle.

Dans sa communication, l’AIEA a mis en avant deux points repris par les médias :

  • une trop grande confiance dans la sûreté des installations nucléaires et un manque de préparation pour faire face à l’accident (il aurait été difficile de dire l’inverse…)
  • qu’il est peu probable qu’il y ait une augmentation du nombre de cancers de la thyroïde chez les enfants de Fukushima.

Retour permis dans trois communes

Comme cela a été annoncé, les habitants Kawamata ainsi que ceux de Katsurao et d’une partie de Minami-Sôma peuvent rester chez eux la nuit. L’ordre d’évacuer n’est pas encore levé afin de pouvoir bénéficier des indemnisations. Il s’agit de permettre aux habitants originaires de ces communes de préparer leur retour en amont de la levée de cet ordre. Le calendrier n’est pas encore connu, mais le retour définitif devrait pouvoir se faire à partir du printemps 2016. La mesure actuelle n’est prévue que pour 3 mois.

En revanche, il n’est toujours pas possible de rentrer, même durant la journée, dans les zones les plus contaminées, classées en zone de “retour difficile”.

14 255 personnes sont concernées par cette mesure, ou 4 647 foyers, mais seulement 1 265 personnes ou 465 foyers ont déposé une demande de retour. Cela fait à peine 10%. Il y a encore beaucoup d’inquiétude à propos de la contamination radioactive. De nombreuses familles ont décidé de refaire leur vie ailleurs. Surtout quand il y a de jeunes enfants.

Il y a encore 79 000 personnes qui sont forcées à évacuer suite à la pollution radioactives. A cela, s’ajoutent les personnes qui sont parties d’elles-mêmes.

Début d’un vaste chantier de décontamination en zone de retour difficile

Dans les zones les plus contaminées, où l’exposition externe peut dépasser 50 mSv/an, il n’y a pas eu de décontamination, sauf quelques chantiers test. Elles sont classées en “zones de retour difficile”. Mais, à la demande de la commune d’Ôkuma, le ministère de l’environnement vient de lancer un chantier de décontamination sur 95 hectares, autour des bâtiments de service public, dont des écoles.

Pour les autres zones de retour difficile, rien n’a été décidé pour le moment.

Les autorités régionales vont soutenir financièrement le retour des déplacés “volontaires”

Les autorités régionales de Fukushima ont décidé de soutenir financièrement les familles de déplacés “volontaires”. Ils s’agit des personnes qui sont parties de chez elles à cause de la pollution radioactive, même s’il n’y avait pas eu d’ordre d’évacuer. Elles pourront recevoir jusqu’à 100 000 yens par famille (735 euros). Celles qui sont déjà rentrées aussi, à la condition d’avoir vécu plus de deux ans dans un logement provisoire.

Les autorités régionales ont alloué 376 millions de yens (2,8 millions d’euros) à ce programme destiné à 5 200 familles, en espérant les dépenser dans l’année. Les ménages les plus pauvres pourront aussi bénéficier d’une aide au logement.

Fin 2014, il y avait encore officiellement environ 25 000 déplacés “volontaires”. Rappelons qu’en juin denier, les autorités ont décidé de cesser le soutien à ces déplacés à la fin de l’année fiscale 2016 (mars 2017).

Les habitants de Katsurao et d’une partie de Minami-Sôma bientôt autorisés à dormir chez eux

Après Kawamata, les autorités ont décidé de permettre aux habitants de Katsurao et de la partie évacuée de Minami-Sôma seront autorisés à rester chez eux la nuit à partir du 31 août afin de leur permettre de se préparer à la levée de l’ordre d’évacuer. Pour ces deux zones, il est déjà autorisé de rentrer durant la journée, mais pas d’y passer la nuit.

A Minami-Sôma, sont concernés, les 11 700 habitants des districts Haramachi et d’Odaka. A Katsurao, 1 360 habitants sont concernés. Ils viennent s’ajouter aux 1 200 habitants de Kawamata qui auront les mêmes droits à la même date.

La date de levée de l’ordre d’évacuer n’est pas encore fixée. Cela dépendra de la situation sur place. La commune de Minami-Sôma vise avril 2016 et celle de Katsurao, le printemps 2016. Dans ces deux communes, les zones classées pudiquement en “zones de de retour difficile” ne sont pas concernées par ces décisions.

Par ailleurs, alors que l’on s’approche d’O-bon, c’est à dire la fête des morts, les habitants des zones évacuées sont autorisés à se rendre sur les tombes.