La bataille de l’eau contaminée

Lundi 2 juin, TEPCo va commencer les travaux du mur gelé souterrain pour la partie amont. Pour l’aval, les plans ne sont pas encore terminés car il y a des galeries souterraines et l’eau y est plus contaminée.

Le Japon a lancé un appel d’offre international pour séparer le tritium, de l’hydrogène radioactif, de l’eau. Une technique est mise en œuvre en Corée pour produire du tritium qui est commercialisé. Elle est très onéreuse à mettre en œuvre.
L’appel d’offre a pour but d’évaluer les techniques disponibles, leur coût avant de décider leur mise en œuvre éventuelle ou l’abandon de cette idée.

Records du jour de la contamination de l’eau souterraine :
–    dans le puits de contrôle 3-2, il y a maintenant 2 800 Bq/L en bêta total. Dans le puits 3-5, c’est 350 Bq/L (prélèvements du 28 mai 2014).
–    trois records sont battus pour la contamination en tritium de l’eau de mer près du rivage : il y a de 1 600 à 4 200 Bq/L en fonction du point de prélèvement (prélèvements des 26 et 27 mai 2014). C’est plus que ce que TEPCo est autorisée à rejeter en mer.

Deuxième rejet en mer et contamination des nappes

TEPCo a de nouveau rejeté de l’eau souterraine pompée en amont des réacteurs. C’est le deuxième rejet. Le premier faisait 561 m3, le deuxième, 641 m3.
La compagnie ne communique plus en anglais sur le sujet.

Records du jour de la contamination de l’eau souterraine :
–    dans le puits de contrôle G3, situé près de la cuve qui a débordé en février 2014, il y a maintenant 42 Bq/L en bêta total (prélèvement du 26 mai 2014).
–    dans le puits de pompage n°12 situé en amont des réacteurs, la concentration en tritium atteint 1 700 Bq/L (prélèvement du 26 mais 2014). Cette concentration dépasse la limite que TEPCo s’est fixée pour le rejet en mer qui est de 1 500 Bq/L. Mais la compagnie va diluer cette eau avec celle des puits voisins, moins contaminée, afin de satisfaire à ses critères de rejet. Les derniers résultats sur l’eau des cuves tampon sont ici : il y a 150 Bq/L pour le tritium.

TEPCo a publié en japonais (et en anglais) des résultats surprenants sur des prélèvements de septembre 2013 : dans le puits de contrôle 1-2, il y a 1 000 000 Bq/L en strontium, mais seulement 500 000 Bq/L en bêta total, ce qui est impossible. Dans le puits 1-16, il y a 580 000 Bq/L en strontium contre 400 000 Bq/L en bêta total. Comme le strontium est un émetteur bêta, il y a incompatibilité entre ces mesures. Dans ce dernier puits, en octobre, c’était 890 000 Bq/L en strontium et 880 000 Bq/L en bêta total.
Ce problème n’est pas nouveau : le détecteur bêta total saturait quand la contamination est trop forte et sous-estimait les résultats. TEPCo avait prétendu avoir résolu le problème. Cela ne semble pas être le cas.
De plus, dans le puits 1-9, il y a 300 Bq/L en strontium et 80 Bq/L en bêta total. Ce ne sont pas des contaminations qui saturent les détecteurs !
Plusieurs records de contamination en strontium sont aussi battus. La plus forte valeur est de 1,4 million de becquerels par litre en strontium dans le puits 1-16 en décembre 2014. C’est énorme.

Mur de glace et contamination des nappes

La NRA a donné son accord à la mise en place d’un mur de glace souterrain tout autour des 4 réacteurs accidentés. Il s’agit de faire circuler du liquide réfrigérant dans le sol pour le geler et empêcher les échanges d’eau avec l’extérieur. Il va faire 1,5 km de long sur une profondeur de 30 m environ.
la NRA avait demandé des études complémentaires. TEPCo a donc calculé que le sol autour des réacteurs pourrait s’enfoncer de 16 mm, ce qui ne devrait pas poser de problème.
Les travaux devraient commencer en juin, en amont.

Records du jour de la contamination de l’eau souterraine :
–    l’eau pompée entre les réacteurs 1 et 2 a maintenant 1 100 Bq/L (prélèvement du 25 mai 2014).
–    la contamination en tritium de l’eau souterraine dans le puits de contrôle G3, situé près de la cuve qui avait débordé en février 2014, continue d’augmenter : elle est de 2 400 Bq/L (prélèvement du 22 mai) et 2 600 Bq/L (prélèvement du 24 mai). C’est plus que la limite fixée par TEPCo pour les rejets en mer (1 500 Bq/L).

Traitement de l’eau et contamination des nappes

TEPCO a relancé la ligne B de sa station de traitement ALPS, celle qui avait été arrêtée en mars car un des filtres ne filtrait plus. Les lignes A et C arrêtées la semaine précédente, restent à l’arrêt.

Records du jour de la contamination de l’eau souterraine :
–    dans le puits de contrôle 1-14, il y a maintenant 4 200 Bq/l en bêta total (prélèvement du 22 mai 2014).
–    dans l’eau du puits G3 situé près de la cuve qui a débordé en février 2014, il y a maintenant 2 200 Bq/L en tritium (prélèvement du 21 mai 2014).

Records du jour de la contamination de l’eau

Records du jour de la contamination de l’eau souterraine :
–    dans l’eau souterraine pompée entre les réacteurs 2 et 3, il y a maintenant 5 700 Bq/L en tritium et dans le puits d’observation 3-2, il y a maintenant 2 700 Bq/L en bêta total (prélèvements des 18 et 21 mai 2014).
Ces records quotidiens montrent que la situation n’est pas sous contrôle et que la pollution des nappes s’aggrave.
Les contaminations relevées dépassent les normes de potabilité et traduisent une forte pollution. Mais l’impact sanitaire reste limité car personne ne boit cette eau. Il est fort possible que les fuites en mer s’aggravent aussi.

TEPCo a rejeté dans l’océan l’eau pompée en amont

Comme annoncé, TEPCO a rejeté les 560 m3 d’eau souterraine pompée en amont des réacteurs et stockée dans des cuves tampon. Des photos et vidéos sont disponibles en ligne, ainsi qu’un communiqué.

Record du jour dans l’eau de mer :
–    près de la prise des réacteurs 1 et 2, il y a maintenant 1 900 Bq/L en bêta total (prélèvement du 20 mai 2014).