Pompage en amont : pas d’effet décelé

Il y a un mois, TEPCo a commencé à pomper l’eau souterraine en amont des réacteurs, à la stocker dans des cuves tampon, le temps de faire des contrôles de la contamination, et à la rejeter dans l’océan. Cela devait diminuer les infiltrations dans les sous-sols des réacteurs accidentés où l’eau se mélange à l’eau de refroidissement fortement contaminée. La compagnie aurait ainsi rejeté 8 600 m3 en mer. Mais aucun effet n’a été décelé dans le niveau d’eau souterraine qui monte à chaque pluie. TEPCo a donc affirmé qu’elle allait continuer à pomper et attendre patiemment les effets.

Redémarrage d’ALPS

Dans un communiqué en anglais, TEPCo se félicite du redémarrage d’ALPS, la station de décontamination de l’eau, qui serait unique au monde et qui avait été arrêtée… pour maintenance et modernisation !
En parallèle, TEPCo travaille à l’amélioration de la station SARRY, qui n’enlève que le césium et le sel. Des essais sont menés par Kurion d’un côté et Toshiba de l’autre pour retirer aussi le strontium, qui est un contaminant majeur. Il est temps que TEPCo prenne sérieusement en compte le fait qu’ALPS, prévue pour retirer 62 éléments dont le strontium, ne pourrait pas fonctionner et qu’il faut trouver d’autres solutions, moins ambitieuses, mais qui rendraient l’eau stockée beaucoup moins toxique en cas de fuite.

Plusieurs records de la contamination

TEPCo a annoncé avoir mesuré 4 700 Bq/L dans l’eau souterraine à 25 m de profondeur d’un puits de contrôle situé près du réacteur n°1 (prélèvement du 4 juin). La pollution s’enfonce donc et trouve par là un autre chemin d’accès à l’océan. TEPCo a dit vouloir accélérer les travaux de barrière.
La NRA est venue pour inspecter les travaux de construction du mur gelé souterrain en amont des réacteurs. En aval, il s’agit seulement de test de mur de glace dans les galeries souterraines inondées. Tant que ce test n’est pas concluant, il n’est pas question de construire le mur partout a expliqué la NRA.

Autres records de contamination de l’eau :
–    deux records battus dans l’eau de mer prélevée entre le rivage et la barrière marine, avec des contaminations bêta total de 140 et 610 Bq/L (prélèvements du 23 juin 2014).
–    l’eau pompée en amont pour être rejetée dans l’océan vient de battre un nouveau record de contamination en tritium dans le puits n°12 : il y a maintenant 2 100 Bq/L (prélèvement du 23 juin 2014). Le prélèvement du 19 juin dans ce même puits a été contrôlé par un labo tiers : là où TEPCo trouvait 1 800 Bq/L, le labo tiers trouve 2 000 Bq/L. Les incertitudes ne sont jamais indiquées.
TEPCo ne communique pas sur l’effet de se pompage en amont. Fait-il baisser les infiltrations d’eau souterraine dans les sous-sols des réacteurs ? Si oui, de combien ? Ce silence n’est pas de bon augure.
A titre de comparaison, TEPCo ne s’autorise pas à rejeter dans l’océan une eau qui contiendrait plus de 5 Bq/L en bêta total. C’est 1 500 Bq/L pour le tritium. L’eau du puits n°12 est diluée avec celle des puits voisins avant rejet.

ALPS et eau contaminée

TEPCo a relancé la dernière ligne de sa station expérimentale de traitement de l’eau contaminée, la célèbre ALPS, qui tombe souvent en panne. Deux lignes devront être arrêtées le mois prochain pour de la maintenance car la corrosion est très rapide.
Le stock d’eau contaminée dans les cuves à traiter s’élève à 360 000 m3. Il faut ajouter l’eau des sous-sols des bâtiments réacteur et turbine.

Records du jour de la contamination

Records du jour de la contamination de l’eau souterraine :
–    dans le puits de contrôle 2-7, situé près du rivage, il y a maintenant 1 300 Bq/L en bêta total (prélèvement du 20 juin 2014).
–    dans les puits de contrôle 0-1-2 et 0-4, il y a respectivement 24 et 44 Bq/L en bêta total (prélèvements du 22 juin 2014).
A titre de comparaison, TEPCo ne s’autorise pas à rejeter dans l’océan une eau qui contiendrait plus de 5 Bq/L en bêta total.
Dans le puits de pompage n°12 situé en amont des réacteurs, la contamination en tritium est de 1 800 Bq/L. Ce n’est pas un record, mais c’est toujours supérieur à la limite de 1 500 Bq/L que s’est fixée compagnie pour le rejet dans l’océan. Elle va donc profiter de l’effet dilution (prélèvement du 19 juin 2014). L’analyse de l’eau des cuves avant rejet est ici en anglais.

Records du jour

Records du jour de la contamination de l’eau souterraine :
–    dans le puits de contrôle 1-6, situé près du rivage, il y a maintenant 890 000 Bq/l en bêta total (prélèvement du 19 juin 2014).
–    dans le puits G-1, situé près de la cuve qui a débordé en février 2014, il y a maintenant 480 Bq/L en tritium (prélèvement du 18 juin 2014).
A titre de comparaison, TEPCo se refuse à rejeter dans l’océan de l’eau souterraine qui dépasserait les 5 Bq/L en bêta total. C’est 1 500 Bq/L pour le tritium.

Echec du gel de la galerie souterraine

Suite à l’annonce de la veille à propos de son échec à geler l’eau d’une galerie souterraine située entre les réacteurs et l’océan, TEPCo a tenu à préciser qu’elle continuait les travaux en amont des réacteurs où il s’agit de geler le sol. Ce n’est donc pas la même chose. Mais en aval, il y a de nombreuses galeries et si TEPCo ne trouve pas de solution, elle n’arrivera pas à isoler les réacteurs.
Communiqué de TEPCo et explications en anglais.

Record du jour

Record du jour de la contamination de l’eau souterraine :
–    dans le puits de pompage en amont des réacteurs, la contamination en tritium atteint maintenant 2 000 Bq/L (prélèvement du 16 juin) et dépasse largement la limite de rejet en mer fixée par TEPCo : 1 500 Bq/L. La compagnie continue à pomper car, grâce à la dilution avec de l’eau provenant des autres puits, elle pourra rester sous la limite.