TEPCo veut geler le sol en amont des réacteurs pour limiter les infiltrations d’eau souterraine. En aval, elle a des problèmes à cause des nombreuses galeries. Cependant, elle ne pourra pas tenir les délais annoncés pour la partie amont, à savoir mars 2015, à cause des mesures de sécurité supplémentaires qu’elle est en train d’installer suite au décès de deux travailleurs.
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Record de la contamination de l’eau souterraine
L’eau du puits de contrôle 3-4 a une contamination bêta total de 75 Bq/L (prélèvement du 28 janvier 2015). Pour rappel, TEPCo ne s’autorise pas à rejeter en mer une eau qu aura plus de 5 Bq/L en bêta total.
Records de la contamination de l’eau souterraine
L’eau souterraine des puits de contrôle 0-2, 0-3-1 et 0-4 vient de battre un record de contamination en bêta total avec, respectivement, 150, 36 et 300 Bq/L (prélèvements du 25 janvier 2015). Celle du puits de contrôle 1-14 vient de battre un record de la contamination en strontium-90 avec 31 000 Bq/L (prélèvement du 1er décembre 2014).
Les fuites dans l’océan continuent et les dernières données sur la contamination de l’eau de mer sont ici.
Les pêcheurs inquiets
Suite au feu vert de la NRA au rejet en mer d’eau souterraine pompée et partiellement décontaminée, les pêcheurs sont inquiets. Le président de la fédération des pêches a demandé au ministre de l‘industrie de ne pas donner son accord sans le consentement des pêcheurs. Pour le moment, ils y sont opposés.
TEPCo ne pourra décontaminer toute l’eau accumulée avant mars 2015 comme promis
Comme prévu, TEPCo a officiellement reconnu qu’elle ne pourrait pas tenir son engagement de traiter toute l’eau contaminée accumulée avant la fin mars 2015 comme elle s’y était engagée en septembre 2013. Un nouveau calendrier sera proposé à la mi-mars, même si le PDG a affirmé, qu’au rythme actuel, ils auront fini à la mi-mai 2015.
Voir le 19 janvier dernier, le communiqué lénifiant de TEPCo et une présentation en anglais.
Le dernier bilan sur l’eau contaminée est ici en anglais.
Nouveau record de la contamination de l’eau souterraine
Dans l’eau souterraine pompée dans le puits E-13, situé en amont des réacteurs, mais en aval des cuves de stockage, il y a 940 Bq/L en tritium (prélèvement du 20 janvier 2015).
Vers une autorisation de rejeter en mer l’eau souterraine
TEPCo veut pomper l’eau souterraine contaminée au pied des réacteurs, la décontaminer partiellement et la rejeter en mer. Elle a demandé l’autorisation à la NRA qui vient de donner son accord.
L’eau serait pompée dans 42 puits, décontaminée et stockée dans des cuves tampon pour contrôle avant rejet. La NRA a demandé que les données de contrôle de l’eau rejetée soient publiques. Elle pense que cela diminuera de moitié la quantité d’eau souterraine qui pénètre dans les sous-sols des réacteurs.
La contamination en césium devrait être inférieure à 1 Bq/L, celle en bêta total (hors tritium) 3 Bq/l et celle en tritium 1 500 Bq/L. Pour le tritium, c’est la même limite que celle utilisée pour l’eau pompée en amont. Pour les autres éléments, elle est légèrement inférieure. Pour le tritium, les niveaux de contamination sont beaucoup plus élevés que pour l’eau pompée en amont et TEPCo ne le retire pas (voir les derniers résultats ici). Elle va sûrement diluer l’eau afin de la faire passer sous la limite… Diluer avant rejet revient à augmenter la limite avant rejet, puisque, de toutes façons, l’eau se diluera dans l’océan. C’est donc une façon malhonnête de présenter les choses. La quantité totale de radioélements rejetés devrait aussi être limitée.
TEPCo a promis qu’elle ne commencerait pas avant d’avoir obtenu l’accord du public et des coopératives de pêche en particulier. Pour l’eau pompée en amont, les discussions ont duré plus d’un an jusqu’à ce que la compagnie trouve la solution la plus évidente, à savoir faire contrôler l’eau avant rejet par un laboratoire tiers. Cette fois-ci, avec l’eau en aval, qui est contaminée, ce sera plus compliqué.
TEPCo ne pourra décontaminer toute l’eau accumulée avant mars 2015 comme promis
Petit retour en arrière : durant l’été 2013 TEPCo reconnaît enfin que les fuites en mer n’ont jamais cessé, même si elles largement inférieures à celle d’avril 2011. Cela fait un scandale international embêtant pour un pays voulant accueillir les jeux olympiques en 2020. Le premier ministre ira jusqu’à déclarer que la situation est sous contrôle et TEPCo s’est engagée à décontaminer toute l’eau accumulée avant la fin de l’année fiscale 2014, c’est à dire avant la fin mars 2015.
Problème, les stations de traitement ALPS accumulent les pannes. La première, lors de la phase de test avait fui au bout de quelques mois à cause de la rouille. L’eau contaminée va empoisonner TEPCo pendant des décennies. On pourrait s’attendre à du matériel plus robuste… Et puis ALPS n’arrive pas à atteindre les niveaux de décontamination espérés et produit de grandes quantités de déchets. En attendant, le stock d’eau contaminée s’accroît toujours de 400 m3 par jour…
Au 15 janvier, il reste 280 000 m3 d’eau très contaminée dans des cuves et depuis l’automne dernier TEPCo a une capacité nominale de traiter 1 960 m3 par jour, s’il n’y a pas de panne. Cela ne suffira pas.
TEPCo a donc introduit un autre équipement qui ne retire que le strontium en plus du césium déjà retiré par la station SARRY mise en place dès 2011. Cette eau partiellement traitée est qualifiée de « traitée » par TEPCo qui veut toujours tenir l’engagement pris lors de la visite du premier ministre. Retirer uniquement le césium et le strontium ne règle pas le problème de l’eau qui ne peut pas être rejetée en mer. Mais comme ces deux éléments dominent la contamination, en cas de fuite ou d’accident, l’impact sera moindre. Cela devrait aussi réduire le débit de dose sur le site.
TEPCo devrait pouvoir retirer le strontium de 1 800 m3 d’eau par jour. La dernière unité de traitement du strontium a été mise en place le 10 janvier dernier et il en faut encore deux, qui seront installées avant la fin du mois, pour atteindre cette performance.
Mais même si TEPCo utilise ALPS et la station strontium à pleine capacité, cela ne suffira pas pour tenir les délais promis. Et la pleine capacité n’est pas encore atteinte.
La date de mars 2015 est surtout symbolique, mais quand TEPCo aura fini de tout traiter, elle n’en aura pas fini pour autant avec ce cauchemar. L’eau contaminée continue de s’accumuler et l’eau décontaminée prend énormément de place. Elle est toujours trop radioactive pour pouvoir être rejetée en mer avec les limites actuelles à cause du tritium qui n’est pas retiré.
Source : Asahi.
Contamination en tritium de l’eau de mer
L’eau de mer devant la centrale de Fukushima est toujours contaminée au tritium. C’est beaucoup moins que dans la Manche où il y a les rejets des installations nucléaires, mais c’est une signature que les fuites en mer continuent.
Nouveau record de la contamination de l’eau souterraine
L’eau du puits de contrôle 1-12 vient de battre son propre record de contamination : il y a 15 000 Bq/L en bêta total, dont 610 Bq/l pour le césium et 1,9 Bq/L pour le Cobalt (prélèvement du 12 janvier 2015). Le reste doit être essentiellement du strontium.