L’eau souterraine fuit toujours vers la mer

TEPCO est toujours à la peine avec ses fuites d’eau contaminée. Rappelons que de l’eau souterraine pénètrent chaque jour dans les sous-sols où elle se mélange à l’eau de refroidissement fortement contaminée. Un partie est pompée et stockée et une autre fuit vers la mer. TEPCo installe une barrière souterraine destinée à geler le sol en amont des réacteurs. Mais en aval, côté océan, il y a de nombreuses galerie souterraines avec tuyaux câbles… TEPCo avait essayé en vain de geler une de ces tranchées durant tout l’été. Elle avait tenté d’ajouter de la glace pour abaisser la température, sans plus de succès. La compagnie avait ensuite proposé de remplir la tranchée de béton, tout en pompant l’eau pour éviter les débordements.
Lors d’une réunion avec la NRA, TEPCo a admis que cette nouvelle tentative n’était pas un succès. La compagnie a complètement rempli de ciment des tunnels, sauf les puits d’accès et retiré 2 500 m3 d’eau contaminée. Mais quand TEPCo pompe l’eau d’un des puits, le niveau baisse dans le puits voisin, indiquant qu’elle n’a pas réussi à boucher la connexion entre les deux puits. TEPCo veut donc remplir les puits de ciment pour tout boucher, mais la NRA n’était pas convaincue et a demandé des investigations complémentaires.
TEPCo va suivre les niveaux dans ces puits pendant un mois pour comprendre les écoulements.

Fuite

TEPCo a annoncé une fuite de 6 m3. Cette eau aurait été décontaminée partiellement par ALPS et aurait fui des tuyaux de transport jusqu’aux cuves de stockage. Cette eau est allée sur le sol mais n’aurait pas rejoint la mer. Des analyses effectuées lundi 15 décembre sur cette eau donnent une contamination de 89 Bq/L en bêta total. Rien n’est dit sur la contamination au tritium.
Des photos et une carte sont disponibles ici en japonais.
La fuite coïncide avec la visite d’une délégation d’experts coréens venus vérifier les contrôles effectués sur les ressources halieutiques. Ils visitaient la centrale au même moment et n’auraient pas été informés de la fuite…

L’eau contaminée rejetée en mer ?

Le président de la NRA, Shunichi Tanaka, a visité la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi pendant 4 heures. C’est sa troisième visite en deux ans. Il aurait déclaré que l’eau qui s’accumule devra être rejetée dans l’océan afin de pouvoir nettoyer le site. Impressionné par le nombre de cuves qui constituent une menace pour le site, il veut trouver une solution. Après décontamination partielle, cette eau devra être rejetée en mer. Il veut donc mieux informer la population car il est conscient que l’idée va choquer. C’est toujours la même stratégie qui est à l’oeuvre au Japon : Décider – Annoncer – Défendre (DAD).
En revanche, il n’a rien dit à propos de l’énorme volume de déchets radioactifs sur le site de la centrale, pour lequel il n’y a aucune solution envisagée pour le moment.

Contamination de l’eau souterraine

La contamination de l’eau souterraine autour des réacteurs nucléaires de la centrale de Fukushima daï-ichi a tendance à s’améliorer. Il n’y a plus d’augmentation régulière avec des records battus jours après jours. Dans certains puits, la contamination reste cependant très élevée.
En amont des réacteurs, au pied des cuves, un record de la contamination au tritium vient d’être battu : il y a 900 Bq/L dans le puits E-13 (prélèvement du 9 décembre).

Amélioration du traitement de l’eau

La station de traitement des eaux contaminées, ALPS, est de plus en plus fiable. Le nombre de pannes a fortement diminué et les autorités reprennent confiance. Elles pensent qu’il sera possible de traiter 320 000 m3 d’eau contaminée d’ici mars 2015, comme indiqué dans la feuille de route.
Les six unités peuvent traiter 1 500 m3 par jour. TEPCo teste une version améliorée qui lui permettrait de passer à 2 000 m3/jour.

Contamination au strontium

TEPCo annonce avoir adopté une nouvelle mesure du strontium qui prend quelques dizaines de minutes alors que la méthode actuelle prend un mois environ. On aura peut-être les résultats plus rapidement dans l’avenir.

Justement, les prélèvements du 2 octobre 2014 battent des records de contamination en strontium dans les puits 1-14 et 1-17 avec respectivement 28 000 Bq/L et 990 000 Bq/L. Dans le puits 1-6, il y a encore plus, même si ce n’est pas un record. Ces chiffres sont à manier avec précaution car, pour le puits 1-17, TEPCo trouve plus de strontium que de bêta total. Idem pour le puits 1-16 ! Pour le puits 1-6, c’est exactement la même valeur alors qu’il y a d’autres émetteurs bêta qui polluent. La compagnie s’était déjà trompée dans ce type de mesures par le passé. Elle sous-estimait systématiquement la contamination bêta totale en cas de forte pollution car le détecteur saturait.
Espérons que la nouvelle méthode de mesure sera plus fiable…

Rappelons que TEPCo se refuse de rejeter en mer une eau qui aurait plus de 5 Bq/L en bêta total.

Ultime tentative de colmatage

TEPCo a commencé à injecter du ciment dans la galerie souterraine qu’elle n’arrive pas à colmater malgré des essais divers. Elle pompe l’eau contaminée en parallèle pour éviter les débordements. 80 m3 ont été versés ce jour. TEPCo devrait commencer dès le mois prochain des travaux similaires dans une autre galerie souterraine reliée au réacteur n°3.
La compagnie va de nouveau faire des tests d’étanchéité et espère tout finir pour mars 2015.
Voir la présentation en japonais faite devant la NRA à ce propos et des photos du chantier.

Record de contamination en strontium

Le puits de contrôle 1-17, qui battait des records de contamination par le passé, a aussi battu un record de contamination en strontium. Dans le prélèvement du 1er septembre 2014, il y avait 490 000 Bq/L alors que la contamination bêta totale était de 540 000 Bq/L. Ce qui signifie que le strontium, très radiotoxique, domine la contamination de cette eau. Les puits 1-6 et 1-16 sont bien plus contaminés, mais ils ne battent leur propre record.