Nouvelle proposition de TEPCo pour colmater les fuites

TEPCo a présenté sa stratégie devant la NRA pour faire face aux fuites en mer via les galeries souterraines. Elle a reconnu que le projet de bloquer les écoulement en gelant l’eau, puis en tentant de colmater avec du ciment ne marchait pas. La compagnie abandonne cette méthode et envisage de combler les galeries avec du ciment tout en pompant l’eau pour éviter les débordements. Des tests vont avoir lieu d’ici la fin de l’année.

La NRA lui a demandé de ne pas aller au-delà de fin décembre et d’étudier l’impact. Il faut aussi étudier la tenue du ciment avec le temps. Risque-t-il de se fissurer ?

Il y a de nombreux tuyaux, gaines et câbles dans ces galeries. L’eau ne va-t-elle pas continuer à passer, même si le flux est ralenti ? La jonction avec le sol qui devra être gelé à proximité risque d’être complexe.

Toujours pas de colmatage

TEPCo et le gouvernement veulent isoler les sous-sols des réacteurs, pleins d’eau contaminée, de la nappe phréatique. En amont, la compagnie construit un mur gelé. En aval, du côté de la mer, il y a de nombreuses galeries souterraines avec des câbles, tuyaux, etc… TEPCo a essayé, en vain, de geler l’une de ces galeries. Elle a ensuite prévu de cimenter la partie qui ne gelait pas. Des essais de colmatage ont eu lieu jusqu’au 6 novembre dernier. Puis, TEPCo a pompé 200 m3 en espérant ainsi faire baisser le niveau de 80 cm, mais il n’a baissé que de 21 cm. Ce qui signifie que l’eau pénètre rapidement depuis le bâtiment réacteur. La compagnie pensait pourtant avoir réussi à colmater le passage.
La compagnie va donc revoir ses plans en tentant d’injecter plus de ciment sans vider la galerie, tout en veillant à ce que l’eau ne déborde pas. Cela va être discuté avec l’autorité de sûreté le 21 novembre prochain. Tant que le colmatage de ces galeries ne fonctionne pas, TEPCo ne pourra pas isoler les sous-sols des réacteurs.
La galerie en question contient environ 5 000 m3 d’eau contaminée.

L’éternel problème de l’eau contaminée

L’eau contaminée demeure le cauchemar principal de TEPCo à la centrale de Fukushima daï-ichi. Selon l’AP, sur les 6 000 travailleurs qui interviennent quotidiennement sur le site de la centrale, la grande majorité est là pour l’eau. Comme les ressources humaines et financières sont limitées, cela entrave les travaux de démantèlement.

Il y a plus de 500 000 m3 d’eau radioactive dans des cuves. A titre de comparaison, l’accident de Three Mile Island en 1979 avait généré 9 000 m3 d’eau contaminée et il a fallu 14 années pour l’évaporer et traiter les déchets. Le traitement de l’eau devrait coûter de l’ordre de 2 000 milliards de yens (14 milliards d’euros).

Kurion prétend pouvoir retirer le tritium

L’entreprise américaine Kurion, engagée par le gouvernement japonais pour trouver un moyen de séparer le tritium, hydrogène radioactif, de l’eau contaminée à Fukushima – un travail à un milliard de yens – a publié un communiqué triomphant : non seulement, la compagnie prétend pouvoir séparer le tritium, mais elle va aussi générer du dihydrogène qui pourrait être utilisé comme combustible dans les piles à hydrogène.
Il y a déjà 400 000 m3 d’eau contaminée à traiter et Kurion prévoit d’en traiter le double. Elle prévoit aussi de produire 90 000 tonnes de dihydrogène.
La compagnie prétend pouvoir adapter la performance du système au niveau requis par la demande sociétale, en restant discrète sur le coût et l’énergie consommée, et le devenir du tritium séparé.

Toujours pas de solution pour l’eau décontaminée

TEPCo voulait pomper l’eau souterraine au pied des réacteurs, la décontaminer partiellement et le rejeter en mer, mais elle vient d’abandonner le projet face à l’opposition des pêcheurs. Il faut dire que les niveaux de contamination peuvent être très élevés et que la compagnie est restée vague sur les performances du traitement de l’eau. A titre d’exemple, la contamination bêta totale dans le puits 1-6 est passée de 1,4 million de Bq/l à 2,5 millions de Bq/L entre les prélèvements des 23 et 27 octobre. Et pour l’eau pompée en amont, TEPCo s’est engagée à ce qu’elle ne dépasse pas 5 Bq/L en bêta total avant rejet dans l’océan.

TEPCo a mis en ligne un schéma avec ses différents dispositifs de traitement de l’eau contaminée. Cela devrait aider à comprendre ses communiqués, entre la station ALPS, la station ALPS améliorée et la station ALPS à haute performance…

Augmentation soudaine de la contamination

Il y a quelques jours, TEPCo a annoncé, en japonais uniquement, avoir observé une augmentation soudaine de la contamination radioactive de l’eau souterraine dans des puits de contrôle situés près du réacteur n°2. L’un a eu une concentration en césium qui a atteint 428 000 Bq/L et l’autre 458 000 Bq/L. Les niveaux auraient baissé depuis et seraient 10 fois moindre. Et TEPCo se met à mettre les tableaux de résultat en ligne… (Voir, par exemple, les résultats publiés les 25, 26, 27, 28 octobre).
La contamination est toujours 10 fois plus élevée que dans les puits voisins.