TEPCo communique sur les progrès réalisés pour la gestion de l’eau contaminée

TEPCo communique sur les progrès réalisés pour la gestion de l’eau contaminée.

Tout d’abord, la compagnie a fini de démanteler 12 cuves de la zone H1. Il y a quelques photos en ligne. Ces cuves sont parmi les premières et avaient fui. TEPCo continue démanteler d’autres cuves identiques.

TEPCo avait annoncé avoir fermé le mur le long du littoral le 26 octobre dernier. On a droit à une vidéo du PDG à ce propos sur la page Facebook de la compagnie. Le texte du discours est ici. Aucun intérêt.

La compagnie a aussi mis en ligne quelques résultats pour montrer que la contamination de l’eau de mer dans le port devant la centrale accidentée a diminué depuis. Tout près du littoral, cela semble être le cas. Plus loin, au milieu du port, cela stagne. En dehors du port, aussi.

Les dernières données de l’autorité de régulation nucléaire sur la contamination de l’eau de mer sont ici.

En revanche, la compagnie ne communique pas en anglais sur les dernières fuites. Le PDG, dans sa vidéo, promet pourtant la transparence…

L’eau de pluie contaminée a souvent débordé ces derniers temps. TEPCo a donc engagé des travaux pour qu’elle aille dans le port avant de se diluer au large. Une délégation des autorités régionales et municipales est venue inspecter les travaux le 5 novembre dernier. Des photos sont en ligne sur le site du Maïnichi en japonais. Mais, le même jour, il y a eu une fuite d’eau fortement contaminée à l’intérieur du bâtiment turbine du réacteur n°2. 225 litres auraient fui, mais n’auraient pas atteint la mer (voir le Maïnichi en anglais). Quelques photos et données sont disponibles en japonais sur le site de TEPCo. La contamination de cette eau est de quelques dizaines de millions de becquerels par litre en bêta total.

Quelques jours auparavant, c’est la station de traitement des eaux contaminées ALPS qui a fui. Toujours rien en anglais sur le site de TEPCo. En japonais, c’est ici. La contamination de l’eau est de 230 000 Bq/L en bêta total et une cinquantaine de litres se sont échappés.

La transparence en anglais reste très sélective…

D’après le Fukushima Minpo, les autorités, quant à elles, ont annoncé que la quantité d’eau souterraine qui s’infiltre quotidiennement dans les sous-sols des réacteurs a baissé depuis que TEPCo pompe au pied des réacteurs. C’était 300 m3 avant le pompage. C’est descendu à 130 m3 par jour du 8 au 15 octobre, avant de remonter à 230 m3 par jour du 15 au 22 octobre 2015. L’effet demande encore à être confirmé.

TEPCo annonce avoir fermé le mur le long du littoral

Les fuites en mer de l’eau souterraine contaminée est un des défis majeurs auxquels fait face TEPCo qui accumule les tentatives de les colmater. Il y a d’abord eu le pompage en amont des réacteurs, avant que l’eau ne se contamine plus au contact des réacteurs. En 2012, TEPCo a aussi commencé à construire une barrière le long du littoral. Mais comme on n’arrête pas un écoulement, les eaux souterraines contournent la barrière. La compagnie a donc laissé des ouvertures dans le port où d’autres barrières ralentissent les échanges avec l’océan, mais ne les arrêtent pas.

Depuis septembre dernier, TEPCo pompe l’eau au pied des réacteurs nucléaires, la décontamine partiellement avant de la rejeter en mer. Grâce à cette dérivation, la barrière le long du littoral peut être plus efficace. La compagnie a donc décidé de la fermer complètement. Voir les photos mises en ligne sur son site. Elle fait 780 m de long et a une profondeur de 30 m.

TEPCo estime que 400 m3 d’eau souterraine s’écoulent vers l’océan chaque jour. Avec la barrière, elle espère que ce ne sera plus que 10 m3 par jour.

Mais, il y aurait toujours 150 m3 d’eau souterraine qui pénètrent quotidiennement dans les sous-sols des réacteurs, où elle se mélange à l’eau de refroidissement, fortement contaminée. C’était 400 m3 par jour au début de la catastrophe. Parmi les autres mesures encore en développement, il y a le mur souterrain gelé en amont des réacteurs. TEPCo espère sa mise en service pour la fin de l’année. Mais l’Autorité de régulation nucléaire, la NRA, n’a pas encore donné son accord. En effet, si le niveau de l’eau souterraine baisse de façon significative, l’eau fortement contaminée des sous-sols va prendre la place et contaminer fortement le sol. Elle attend donc de TEPCo des explications précises sur la façon dont elle va faire face à ce problème.

La contamination de l’eau à la centrale en septembre 2015

Les mois passent et se ressemblent : toujours les mêmes problèmes avec l’eau contaminée.

En amont des réacteurs, mais en aval des cuves de stockage, la contamination en tritium de l’eau pompée pour être rejetée en mer a encore battu quelques records. Dans le puits n°9, elle est montée à 330 Bq/L le 10 septembre, puis 340 Bq/L le 17 septembre. C’est moins que la limite de rejet que TEPCo s’est fixée à 1 500 Bq/L. En revanche, dans le puits voisin n°10, la contamination a tritium a aussi battu des records avec 2 100 Bq/L le 21 septembre, puis 2 300 Bq/L le 28 septembre. TEPCo compte sur la dilution pour que le rejet respecte les règles.

Au pied des cuves de la zone G, la contamination en tritium de la nappe phréatique a aussi battu un record avec 9 800 Bq/L le 17 septembre, dans le puits G2. Le lendemain, c’est le puits voisin qui bat son propre record, avec 3 600 Bq/L, puis 4 400 Bq/L le 19 septembre. Puis, une série de records successifs sont battus dans le puits G2, avec 10 000 Bq/L le 21 septembre, 17 000 Bq/L le 24 septembre, 19 000 Bq/L le 26 septembre et 20 000 Bq/L le 27 septembre.

Au pied des réacteurs, la contamination de l’eau souterraine peut être beaucoup plus élevée. De nombreux records sont régulièrement battus. Le puits de contrôle n°1 mérite l’attention. Le 3 août, la contamination en strontium-90 bat un record à 2 800 Bq/L. Ce même, jour, il y aurait 2 600 Bq/L en bêta total, alors que le strontium est un émetteur bêta. Cela ne perturbe pas TEPCo d’afficher des résultats aberrants. Dans le puits voisin, TEPCo annonce 520 000 Bq/L pour le strontium-90, 33 900 Bq/L en césium et… 500 000 Bq/L en bêta total. Il y a d’autres cas suspects. La compagnie comprend-elle ce qu’elle publie ou se contente-t-elle d’être “transparente” pour lutter contre les “rumeurs néfastes” ?

La contamination bêta totale affichée pour le puits n°1 continue de monter : le 31 août, c’est 3 800 Bq/L, puis 3 900 Bq/L le 7 septembre et 4 700 Bq/L le 10 septembre. Le 14 septembre, on arrive à 6 000 Bq/L et 6 100 Bq/L le 17, 6 800 Bq/L le 21 septembre. Il finit le mois, le 28, à 7 300 Bq/L.

L’eau de pluie peut aussi être chargée en tritium : 320 Bq/L dans les cuves. L’eau qui s’écoule en surface, depuis les cuves de la zone H4, où il y a eu une fuite par le passé, a battu deux records successifs de la contamination bêta total : 150 Bq/L le 10 septembre et 280 Bq/L le 12 septembre. Elle finit dans le port, comme les eaux souterraines.

Dans le port, le long du rivage, il y a eu plusieurs records de battu allant jusqu’à 152 Bq/L pour le césium le 7 septembre.

A l’embouchure du port, la contamination en césium de l’eau de mer a connu quelques soubresauts. Elle a dépassé 3 Bq/L le 8 septembre, alors qu’elle est généralement inférieure au Bq/L. Les mesures ont été interrompues pendant quelques jours suite aux intempéries. Il y a eu un autre pic le 18 septembre avec plus de 4 Bq/L suivi par un plateau à environ 3 Bq/L et une nouvelle interruption. Puis, la contamination reste relativement élevée plus de 2 Bq/L jusqu’à la fin du mois. La pollution radioactive n’est donc pas piégée dans le port comme le prétend l’exploitant.

Enfin, les poissons pêchés dans le port continuent à être fortement contaminés : de 93 à 1 390 Bq/kg. Au large, à moins de 20 km de la centrale, la situation s’améliore : aucun poisson ne dépasse la limite de mise sur le marché, fixée à 100 Bq/kg. La valeur la plus élevée est de 53 Bq/kg. TEPCo donne aussi 5 résultats de la contamination en strontium-90 de poissons pêchés au large. Elle est beaucoup plus faible que celle en césium.

Toutes les données du mois de septembre sont ici en ligne.

TEPCo va augmenter ses capacités de stockage de l’eau contaminée

TEPCo a une capacité de stockage de 950 000 m3 pour l’eau contaminée ou partiellement décontaminée, mais cela pourrait ne pas suffire car il y a déjà 700 000 m3 d’utilisés. Il y a toujours 300 m3 par jour d’eau souterraine qui pénètrent dans les sous-sols des réacteurs accidentés où ils se mélangent à l’eau de refroidissement fortement contaminée. Le stock continue donc à croître à un rythme que TEPCo n’arrive pas à juguler. Le mur gelé mis en place en amont tarde à être efficace. La compagnie se voit donc contrainte à ajouter 20 cuves d’une capacité de 700 m3 chacune avant la fin de l’année fiscale, qui se termine en mars 2016.

Il faut voir cette annonce comme un aveu d’échec pour le mur gelé. Quant au pompage de l’eau souterraine au pied des réacteurs, pour la rejeter en mer après décontamination, il est encore trop tôt pour en mesurer l’effet.

TEPCo a commencé à rejeter en mer l’eau souterraine partiellement décontaminée

TEPCo a commencé à rejeter en mer l’eau souterraine pompée au pied des réacteurs et partiellement décontaminée. 850 m3 issus d’un stock de 4 000 m3 devraient être rejetés durant ce premier jour. Le rejet du stock complet devrait durer 3 jours supplémentaires.

La compagnie pompe actuellement entre 100 et 200 m3 d’eau souterraine par jour et devrait passer à 500 m3 par jour s’il n’y a pas de problème.

Rappelons que TEPCo s’est engagée à ne pas rejeter une eau qui aurait plus de 1 Bq/L en césium, 3 Bq/L en bêta total et 1 500 Bq/L en tritium. Lors du rejet, la contamination en tritium variait entre 330 et 600 Bq/L.

La compagnie espère ainsi que les infiltrations dans les sous-sols des réacteurs vont diminuer alors que le mur de glace prend du retard. Ce sont 300 m3 qui pénètrent chaque et se mélangent à l’eau de refroidissement très contaminée.

TEPCo a mis en ligne une photo et une vidéo qui ne présentent aucun intérêt.

Pluies torrentielles suite au passage d’un typhon

Le passage du typhon n°18, ou typhon Etau, a entraîné des pluies torrentielles sur le Nord-Est du Japon et la situation est particulièrement critique à Tochigi et Ibaraki. A Miyagi aussi des digues ont lâché. Plus de 100 000 personnes ont dû être évacuées temporairement. Des digues ont lâché, entraînant l’inondation de plusieurs communes et la destruction de nombreuses constructions. On déplore déjà trois victimes et plusieurs disparus. Parfois, les scènes n’étaient pas sans rappeler le tsunami de 2011.

Le risque d’inondation de ces zones était connu depuis longtemps (voir les cartes de prédiction) et l’agence de météorologie nationale avait émis un message d’alerte maximum, demandant aux populations de s’éloigner des zones à risques. Mais cela n’a pas suffit, de nombreuses personnes se sont trouvées bloquées chez elles et il n’a pas été facile d’aller les secourir. Parfois, l’ordre d’évacuer est arrivé trop tard. De plus, le risque d’inondation ne semble pas bien connu des populations, contrairement au risque sismique.

Face à un tel drame, et cela peut paraître anecdotique, mais à la centrale de Fukushima daï-ichi, l’eau de pluie a, une fois de plus, débordé dans la mer. Comme à son habitude, TEPCo a immédiatement tweeté pour dire qu’il n’y avait pas d’effet noté.

Plus dans les terres, à Iitaté, des sacs contenant des déchets radioactifs issus des opérations de décontamination auraient été emportés par les flots de la Niida. Sur 82 sacs emportés, 32 auraient pu être repêchés le jour même. Un sac fait un mètre cube.

TEPCo annonce avoir terminé la barrière le long du littoral

TEPCo a mis en ligne des photos et une vidéo du chantier de construction d’une barrière dans le port devant la centrale, supposée arrêter les écoulements d’eau souterraine contaminée vers l’océan. La vidéo est aussi sur la page Facebook de la compagnie.

Chacun sait que l’on n’arrête pas un écoulement, on le détourne seulement. L’eau continuait donc à rejoindre l’océan, par d’autres chemins. C’est pourquoi, la barrière n’était pas complètement fermée. Mais, comme la compagnie veut pomper l’eau souterraine au pied des réacteurs et rejeter l’eau en mer, après traitement, la barrière pourrait devenir utile. Elle a récemment montré les installations à la presse et communique maintenant sur la barrière.

Sixième débordement d’eau de pluie contaminée dans l’océan

Nous avions expliqué récemment que TEPCo ne maîtrisait pas les écoulements d’eau de pluie contaminée et que les débordements vers l’océan allaient continuer.

Un sixième débordement vient d’avoir lieu alors que les 8 pompes fonctionnaient à plein régime. Mais la pluie était trop forte pour que la compagnie puisse faire face. Elle a sous-dimensionné ses installations et cela va continuer jusqu’en mars 2016, le temps que les travaux du nouveau bassin soient terminés.

La quantité d’eau qui s’est échappée n’est pas connue, ni sa contamination. Mais TEPCo assure, dans un tweet, qu’il n’y a pas eu d’effet sur l’océan, sans expliquer ce qu’elle entend pas “effet”.

Par ailleurs, la compagnie va rejeter l’eau souterraine pompée au pied des réacteurs à partir du 14 septembre prochain. Elle va commencer par le stock de 4 000 m3 qu’elle a accumulé depuis août 2014, à titre d’essai.

TEPCo montre ses installations de pompage et rejet à la presse

En amont des premiers rejets en mer, après décontamination, de l’eau souterraine pompée au pied des réacteurs, TEPCo a montré ses installations à la presse. Le pompage vient à peine de débuter : 168 m3 ont été pompés le premier jour et 162 m3, le deuxième.

Cette eau est entreposée dans trois cuves situées près du réacteur n°1 et du rivage. L’installation de traitement peut décontaminer partiellement 1 200 m3 par jour.

TEPCo continue à pomper l’eau des sous-sols des réacteurs accidentés, qui est encore plus contaminée par l’eau de refroidissement des cœurs fondu. Elle est aussi partiellement décontaminée et, pour partie réutilisée pour le refroidissement et pour stockée dans des cuves en attendant mieux. Bien entendu, la compagnie rêve pour pouvoir aussi la rejeter dans l’océan. Le stock atteint presque 700 000 m3 et s’accroît de 300 m3 par jour à cause des infiltrations d’eau souterraine.

Le dernier bilan de l’eau contaminée mis en ligne est ici en anglais.

TEPCo a commencé à pomper l’eau souterraine contaminée pour la rejeter en mer après traitement

Suite au feu vert des coopératives de pêche, le 25 août dernier, TEPCo a commencé à pomper l’eau souterraine au pied des réacteurs. Cette eau peut être fortement contaminée, comme nous le rapportons régulièrement, du fait des échanges avec les sous-sols des réacteurs.

Avant la catastrophe, TEPCo pompait 1 000 m3 par jour pour éviter les infiltrations. Depuis, l’eau injectée pour refroidir le combustible des trois réacteurs accidentés se contamine, fuit dans les sous-sols et se mélange à de l’eau souterraine qui s’infiltre à un rythme de 300 m3 par jour. Une partie de la pollution passe dans la nappe phréatique avant de s’écouler dans l’océan.

Pour tenter de reprendre la situation en main, TEPCo veut reprendre les pompages dans une quarantaine de puits, décontaminer partiellement cette eau et la rejeter directement dans l’océan. Les négociations avec les pêcheurs ont été longues et difficiles, mais ils ont fini par donner leur accord. Il n’y a pas eu de concertation avec la population.

TEPCo a commencé à pomper l’eau souterraine dans vingt puits et devrait se limiter à 200 m3 ce premier jour. Le va être entreposée dans des cuves, puis traitée. On en sait pas quand aura lieu le rejet en mer. La compagnie a déjà 4 000 m3 sur les bras, qu’elle avait pompés il y a un an à titre d’essai. Elle va vouloir les rejeter rapidement.

Voir le communiqué de la compagnie à ce propos.