Début du démantèlement du réacteur n°1

TEPCo veut retirer le chapiteau qui recouvre le réacteur n°1 pour commencer le démantèlement, mais elle vient, une fois de plus, de retarder le démarrage des travaux à la fin octobre. C’était juillet dans le calendrier initial, puis fin septembre à cause de la polémique suscitée par les rejets lors du démantèlement du réacteur n°3 qui a contaminé du riz de Minami-Sôma.
Le 22 octobre, TEPCo va faire 48 trous et asperger des produits chimiques pour tenter de fixer les poussières. Puis, TEPCo va retirer deux panneaux à la fin du mois et regarder l’intérieur à l’aide de caméras. Le retrait du chapiteau ne devrait commencer qu’en mars 2015 et prendre un an. Le retrait des débris en haut du réacteur devrait commencer en octobre 2016.

Démantèlement du réacteur n°1

TEPCo ne devrait pas commencer les travaux de démantèlement du réacteur n°1 avant l’hiver 2015. La compagnie a promis qu’elle veillerait à ce qu’il n’y pas de rejets atmosphériques importants, comme lors des travaux sur le réacteur n°3.
Le chapiteau qui a été construit par dessus sera retiré avant, bien entendu.

Piscine du réacteur n°3 : retrait d’un gros débris

Le pont roulant qui sert à mettre ou retirer les barres de combustible dans les piscines de refroidissement s’est effondré dans celle du réacteur n°3 suite à l’explosion hydrogène en mars 2011. TEPCo va bientôt tenter de le retirer. Il s’agit d’une opération délicate à cause de la masse de la poutre principale et du risque pour les combustibles en dessous.

Coût de la catastrophe nucléaire

Selon une étude par deux universitaires, Ken’ichi Ôshima et Masafumi Yokémoto, les coûts directs de la catastrophe nucléaire de la centrale de Fukushima daï-ichi s’élèveront à 11 000 milliards de yens (80 milliards d’euros). C’est près du double de l’estimation gouvernementale de 2011. Cela se décompose ainsi :
–    4 910 milliards de yens (36 milliards d’euros) d’indemnisations des évacués ;
–    2 480 milliards de yens (18 milliards d’euros) pour la décontamination ;
–    2 170 milliards de yens (16 milliards d’euros) pour le démantèlement des réacteurs ;
–    1 076 milliards de yens (7,9 milliards d’euros) pour la gestion des déchets radioactifs engendrés par l’accident, sans leur stockage définitif, qui est inconnu.
Il s’agit du prix minimum, préviennent les auteurs. D’autres études donnent un coût deux fois plus élevé pour la décontamination. Le fond de soutien gouvernemental, qui avance, sans intérêt, le coût de l’indemnisation, a fixé à 9 000 milliards de yens la limite. Cette estimation ne prend pas en compte tous les coûts indirects sur l’économie locale, l’industrie nucléaire japonaise…

Soutien au démantèlement

Le ministère de la recherche veut dédier un budget de 8,1 milliards de yens (60 millions d’euros) à la recherche sur le démantèlement des installations nucléaires. Cet argent devrait partiellement être dédié à un nouvel institut de recherche et de formation situé à Fukushima. Son nom pourrait être quelque chose comme International Joint Research Center for Dismantlement of Nuclear Reactors (2 milliards de yens). Le reste devrait être dédié au traitement et stockage du combustible fondu et autres déchets radioactifs.

Ouverture du marché de l’électricité avec soutien au nucléaire

Le marché de l’électricité devrait être complètement concurrentiel à partir de 2016. L’industrie nucléaire est à la peine car ses quelques centrales qui pourraient redémarrer nécessitent des investissements massifs et celles qui vont fermer définitivement vont grever les budgets des exploitants. Le gouvernement prévoit donc un mécanisme de stabilisation des prix pour l’électricité d’origine nucléaire avec garantie d’un prix minimal. Un système similaire existe en Grande-Bretagne.
Le prix standard devrait être fixé à l’issue de négociations entre le gouvernement et les exploitants et doit prendre en compte le démantèlement et la gestion des déchets radioactifs.
Ce mécanisme va donner un avantage aux compagnies déjà en place et les nouveaux venus sur le marché de l’électricité feront face à une concurrence faussée.

Démantèlement de la station de traitement Areva

TEPCo va démanteler la station de traitement de l’eau contaminée installée par Areva au tout début de la catastrophe. Cela fait presque 3 ans qu’elle n’a pas été utilisée.
Cette station avait été installée en juin 2011 mais n’avait fonctionné que 3 mois, avant d’être remplacée par une autre installation plus fiable. Elle n’a traité que 76 000 m3 d’eau contaminée, mais elle a aussi accumulé les problèmes et les pannes.
Comme elle est très contaminée, sa maintenance induit des doses inutiles. TEPCo va donc demander à la NRA l’autorisation de la démanteler.

Contrôle de l’inventaire de plutonium

L’AIEA réclame un contrôle strict du plutonium au Japon, comme dans les autres pays. Avec la fusion du cœur du réacteur n°3 qui contenait du MOX, et donc beaucoup de plutonium, le Japon doit mettre au point de nouvelles méthodes de contrôle pour prouver qu’il ne va pas détourner du plutonium lors du démantèlement de ce réacteur dans l’avenir.

Note IRSN sur le rejet du 19 août 2013

L’IRSN a rédigé une note sur le rejet atmosphérique du 19 août 2013 qui fait beaucoup couler d’encre actuellement au Japon. L’Institut ne prend en compte que le rejet de ce jour et se base sur l’AFP pour ses informations. Rappelons que les rejets liés au démantèlement du réacteur n°3 ont été détectés à plusieurs reprises et que celui du 19 août semble être le plus élevé. L’IRSN semble l’ignorer.
Le seul apport de la note est le calcul des retombées à Minami-Sôma en prenant en compte la météo du jour et le terme source de TEPCo via l’AFP, à savoir la quantité de radioéléments rejetés. Ce rejet aurait ajouté entre 100 et 1 000 Bq/m2 pour le seul césium. C’est faible par rapport à la contamination existante des sols qui était déjà de quelques dizaines de Bq/m2 à plus d’un million et demi de Bq/m2. Mais ce nouveau rejet est aussi tombé sur les feuilles des plants de riz avec un transfert à la plante qui est beaucoup plus grand que par les racines.