Les négociations avec les propriétaires des terrains où le gouvernement souhaite implanter le centre d’entreposage pour 30 ans des déchets radioactifs de Fukushima sont plus complexes que prévu. L’ouverture, prévue initialement en Janvier pourrait être retardée.
Mais le ministère de l’environnement a organisé un voyage de presse sur un site où les déchets attendent pour montrer aux journalistes la mise dans des « big bags » d’un mètre cube pour préparer les déchets au transport. Les sacs actuels, qui attendent depuis 3 ans, pourraient montrer des signes de détérioration. Les reprendre maintenant est donc une mesure préventive. Les odeurs seraient fortes, mais il n’y aurait pas de gaz toxiques.
Le gouvernement espère terminer avant l’arrivée de la neige en décembre.
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Reportage sur les déchets
Le Figaro propose un reportage sur les déchets issus de la décontamination, avec une photo impressionnante. Il mentionne un total de 43 millions de mètres cube sans préciser s’il s’agit seulement de Fukushima ou si cela inclut aussi les provinces limitrophes.
Les autorités veulent incinérer les déchets végétaux pour limiter les volumes, mais sans être précis sur les rejets atmosphériques engendrés.
A Tochigi, qui est la deuxième province la plus touchée après Fukushima, le gouvernement est à la peine pour trouver un site de stockage définitif pour ces déchets. Lors d’une réunion entre le ministre de l’environnement et les maires concernés qui a eu lieu la veille, le maire de Shioya a fermement réitéré son opposition à voir un te centre sur sa commune. Cela n’a pas empêché le ministre de dire que l’acceptation du projet progressait. Il y a actuellement 170 sites d’entreposage à Tochigi.
Décontamination des résidences secondaires
A Nasu, dans la province de Tochigi, où il y a de nombreuses résidences secondaires, les travaux de décontamination n’avancent pas car il est impossible de joindre de nombreux propriétaires. Selon le Maïnichi, seulement 3 361 maisons sur près de 20 000 ont été décontaminées au 4 novembre dernier. Mais il n’y a pas que cela, puisque 11 000 propriétaires ont donné leur accord. Une petite partie a refusé et 3 600 environ n’ont pas répondu. Certaines propriétés sont aussi abandonnées suite à un héritage et sont entrées en décrépitude.
Le problème ce sont les déchets. Ils sont actuellement laissés sur chaque propriété. Les autorités locales peuvent décontaminer une maison de vacances en cas de non réponse du propriétaire, à condition de l’annoncer dans la presse. En revanche, elles n’osent pas y laisser des déchets sans leur consentement. Et comme l’eau de pluie lessive les sols contaminés avant de rejoindre, parfois, les jardins de résidents permanents, ces derniers demandent au gouvernement de faire quelque chose.
Renvoyer les déchets à Fukushima
Le maire et les habitants de Shioya à Tochigi ne veulent toujours pas d’un centre de stockage des déchets radioactifs issus de la catastrophe nucléaire car ils craignent pour leurs ressources en eau. Le maire propose donc que ces déchets soient mis à Fukushima, soit sur un des centres prévus ou sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi. Mais le ministre de l’environnement a refusé cette idée en disant que la province de Fukushima avait suffisamment souffert de cette catastrophe et que chaque province devait gérer ses propres déchets. Une réunion est prévue dimanche avec les maires de Tochigi concernés.
Loi déchets adoptée par la chambre basse
La chambre basse du parlement japonais a adopté la loi sur le stockage des déchets radioactifs issus de la décontamination à Fukushima. Pour rappel, cette loi prévoit un entreposage de 30 ans maximum à Fukushima avec un stockage définitif en dehors de la province. Elle prévoit aussi la mise au point de technologies pour réduire les volumes gigantesques, de l’ordre de 25 à 30 millions de m3. Elle charge aussi une compagnie d’Etat, en charge du stockage des PCB, de trouver une solution de stockage définitif.
La loi doit encore passer à la chambre haute pour être validée, mais ce n’est pas parce que la loi est adoptée qu’elle sera effective. Trouver un nouveau site n’est pas facile et déplacer un tel volume, non plus. Il est peu probable que le gouvernement puisse tenir ses engagements.
Incinérateur de déchets à Fukushima daï-ichi
D’après le Maïnichi, les travailleurs à la centrale accidentée revêtent des combinaisons protectrices qui deviennent des déchets radioactifs. Et comme ils sont presque 6 000 par jour sur le site, cela s’accumule vite. Il y en aurait 33 300 m3 et cela augmenterait à raison de 1 000 m3 par mois. Sur l’équipement complet d’un travailleur, seuls les chaussures et masques sont réutilisés après nettoyage. Tout le reste, à savoir les combinaisons, les gants en trois épaisseurs, chaussettes en deux épaisseurs… sont à usage unique.
TEPCo veut construire un incinérateur sur place pour traiter ce problème, qui ne devrait pas être mis en service avant un an avec près de six mois de retard. Et encore, cette installation ne devrait pouvoir incinérer que 960 m3 par mois si l’on en croit la présentation faite à la NRA. Et le nombre de travailleurs devrait encore augmenter.
Il s’agit là d’un exemple illustratif du problème des déchets générés par le démantèlement des réacteurs accidentés pour lesquels la compagnie n’a aucune solution à proposer.
Personne ne veut des déchets
Les habitants de Shioya dans la province de Tochigi ont demandé au Ministère de l’environnement d’abandonner le projet de centre de stockage des déchets radioactifs générés par la catastrophe nucléaire. Le maire et un représentant de la commune de 12 000 habitants ont remis une pétition signée par 173 000 personnes à travers le Japon. Ils ont expliqué, notamment, que le projet menaçait les ressources en eau de la commune.
Une réunion est prévue le 9 novembre prochain entre des représentants du ministère et les maires de Tochigi. Le maire réitérera l’opposition de sa commune.
Le gouvernement n’est pas en reste : les déchets radioactifs issus de la décontamination des cours d’école de Fukushima, qui sont souvent encore dans la cour, ne seront pas transférés vers les centres de stockage que le gouvernement veut ouvrir dans deux communes situées près de la centrale de Fukushima daï-ichi, car la loi sur les déchets générés par la catastrophe a été votée en janvier 2012, après les travaux de décontamination.
Les autorités régionales réclament que ces déchets soient pris en charge comme les autres, mais le gouvernement n’a pas donné de réponse claire pour le moment.
Centre de stockage : le blocage continue
Rejet des centres de stockage
Le gouvernement a dû suspendre les investigations sur des sites pressentis pour accueillir les déchets radioactifs dus à l’accident nucléaire suite à une manifestation des opposants.
Le gouvernement a présélectionné 3 sites dans la province de Miyagi et devait commencer les études géologiques ce jour. Mais à Kami, entre 40 et 50 opposants, dont le maire de la commune, attendaient les représentants du ministère sur le site.
Le ministère a donc suspendu les forages sur les trois sites. Les deux autres sont à Taïwa et Kurihara.
Fin de la concertation pour le centre d’entreposage
Le gouvernement a terminé sa série de 12 réunions avec les propriétaires des terrains où il veut implanter le centre de stockage des déchets radioactifs issus de la décontamination qui sera à cheval sur deux communes.
Il y avait 240 personnes à la dernière réunion qui s’est tenue à Iwaki et qui n’était pas publique. Ils sont 901 en tout à avoir assisté à une réunion. De nombreux propriétaires n’ont pas encore pu être contactés par les autorités car elles ne les retrouvent pas. Il y a aussi des terrains dont le propriétaire est décédé et les héritiers ne sont pas connus. Les fonctionnaires du ministère de l’environnement n’ont réussi à contacter que 1 269 personnes alors qu’il y a 2 365 parcelles.
Il a surtout été question d’argent. Certains propriétaires estiment que le prix proposé par le gouvernement ne leur permet de refaire leur vie ailleurs. D’autres se sont plaints du peu de considération des officiels pour leur situation.