Selon le Maïnichi, TEPCo a finalement accepté d’indemniser partiellement des habitants qui ont dû évacuer car leur maison se trouvait à proximité d’un point chaud. Rappelons qu’après l’évacuation d’urgence dans les premiers jours de la catastrophe, il y a eu une évacuation tardive due aux retombées radioactives suivie par des évacuations ponctuelles près de points chauds qui se sont poursuivies jusqu’en septembre 2011. A la fin, la décision était prise maison par maison avec recommandation à l’évacuation, pas ordre à l’évacuation.
52 personnes réparties dans 10 foyers de Minami-Sôma dont les maisons étaient un district classé « point chaud » ont réclamé une indemnisation au titre des dommages à la propriété. Un autre foyer avec 9 personnes d’un autre district s’est associé à la procédure.
TEPCo a accepté de payer 420 millions de yens (3,1 millions d’euros), ce qui correspond en grande partie à la somme recommandée par la commission ad-hoc chargée des conflits relatifs aux indemnisations. En revanche, TEPCo a refusé d’indemniser le foyer situé dans un autre district où il n’y a pas eu de recommandation à l’évacuation. La compagnie tient à faire la distinction entre les maisons situées près d’un point chaud et les autres. La limite entre les deux cas est assez arbitraire et considérée par beaucoup comme trop élevée. Les plaignants restent solidaires et n’accepteront le paiement qui si tous sont indemnisés.
C’est la première fois qu’une telle demande d’indemnisation est acceptée.
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Trois compagnies d’électricité encore dans le rouge
Kansaï, Kyûshû et Hokkaïdô Electric Power Co. sont encore en déficit pour les neufs premiers mois de l’année fiscale qui débute en avril. Pour celle du Kansaï le déficit s’est creusé par rapport à l’année précédente.
TEPCo, quant à elle, voit ses profits croître (voir son communiqué).
Vol de dosimètres
Kansaï Electric va couper dans les retraites
Kansaï Electric, qui dépendait à 40% du nucléaire, a toujours des difficultés financières. Elle a déjà coupé dans les salaires (-5%) et les primes, augmenté ses tarifs (+9,75% en moyenne), mais cela ne suffit pas. Elle a donc demandé à pouvoir augmenter une deuxième fois ses tarifs et veut couper dans les retraites. Elle a demandé l’accord au syndicat maison. Ce sont les cadres qui seront concernés.
Nouveau versement
TEPCo a reçu 78,3 milliards de yens (600 millions d’euros) d’aide pour l’aider à payer les indemnisations. Il s’agit du 36ième versement.
Le Japon rejoint un traité international de compensation en cas d’accident nucléaire
Le Japon a officiellement fait part à l’AIEA de sa volonté de rejoindre un des traités concernant les indemnisation en cas d’accident nucléaire. Il s’agit surtout d’exonérer les compagnies japonaises qui construiraient des réacteurs nucléaires à l’étranger. La convention devrait avoir un nombre suffisant de signataires pour pouvoir prendre effet à partir du 15 avril prochain.
Feu vert pour le centre d’entreposage des déchets à Fukushima
Le gouvernement veut installer un centre d’entreposage de 16 km2 sur les communes d’Ôkuma et de Futaba pour les déchets issus de la décontamination à Fukushima. Les déchets n’y resteront pas plus de trente ans, en principe. C’est dans la loi, même si c’est complètement irréaliste car les autorités ne trouveront pas d’autre site et le transport des volumes énormes attendus est très lourd à mettre en œuvre. La commune d’Ôkuma a donné son feu vers en décembre dernier. C’est au tour de la commune de Futaba d’accepter. En revanche, les négociations avec les propriétaires des terrains et le plan pour le transport des déchets prennent beaucoup de retard.
Le gouvernement vient d’affecter un budget de 75,8 milliards de yens (550 millions d’euros) au projet. C’est moins qu’initialement prévu, mais le retard dans l’achat des terrains fait qu’une partie de la somme sera transférée à l’année fiscale 2015 qui commence le 1er avril. La construction du site devrait coûter 70 milliards de yens (plus de 500 millions d’euros) et la recherche 700 millions (plus de 5 millions d’euros).
Les consommateurs vont payer pour le démantèlement des réacteurs nucléaires
Le gouvernement veut toujours que le coût du démantèlement des réacteurs nucléaires soit pris en charge par une taxe sur l’électricité une fois l’ouverture du marché, en 2016. C’est la conclusion du groupe d’experts du ministère de l’industrie qui va conduire à la socialisation des coûts après la privatisation des profits, comme toujours.
L’électricité japonaise était, avant la catastrophe, une des plus chères du monde. Les compagnies d’électricité, qui bénéficiaient d’un monopole, ont engrangé des profits énormes et ont arrosé tout le monde pour maintenir un système qui leur est favorable. Elles doivent maintenant faire face à l’arrêt complet du parc nucléaire, au démantèlement fort probable de nombreux réacteurs et à l’ouverture prochaine du marché. Le marché du gaz devrait être ouvert en 2017.
Alors, le coût du démantèlement pourra être étalé sur 10 ans et pris en charge par une taxe sur la distribution de l’électricité. Ainsi tous les consommateurs devront payer, même s’ils choisissent une nouvelle compagnie qui n’exploite pas de nucléaire.
Cette proposition va être soumise à l’avis du public avant d’être entérinée par le gouvernement avant la fin mars.
C’est maintenant quasi-officiel, 5 réacteurs vont être arrêtés définitivement. La décision sera annoncée le mois prochain. Rappelons qu’il s’agit des réacteurs 1 et 2 de Mihama (Fukui) et des n°1 de Tsuruga (Fukui), Shimané et Genkaï (Saga). Ils ont tous plus de 39 ans et leur puissance est assez faible. En revanche KEPCo espère toujours demander une extension de 20 ans de la durée d’exploitation des réacteurs n°1 et 2 de Takahama (Fukui) qui ont plus de 40 ans.
Indemnisations
Fin de l’indemnisation pour les activités commerciales
Actuellement, les travailleurs indépendants et les PME des 11 communes évacuées peuvent recevoir des indemnisations. Mais ce soutien doit s’arrêter en février 2015. En dehors des zones évacuées, les activités commerciales qui souffrent des « rumeurs néfastes » reçoivent une aide sans limite officielle. Va-t-elle continuer ?
Face à une telle situation, les autorités locales ont demandé au gouvernement et à TEPCo de clarifier leur politique. Ces derniers ont proposé à la chambre de commerce et d’industrie d’arrêter les indemnisations aux activités commerciales en février 2016, à l’exception de la pêche, agriculture et foresterie. Le président de la chambre de commerce a critiqué cette proposition, bien-entendu, car la crise ne sera pas terminée en 2016. Certaines compagnies, surtout celles issues des zones évacuées, continuent à souffrir et ne pourront pas survivre sans indemnisation.
De septembre 2011 à novembre 2014, TEPCo aurait versé 1 694 milliards de yens (12 milliards d’euros) d’indemnisation au secteur commercial.