Bétonnage du fond du port

TEPCo avait déjà bétonné le fond marin dans le port devant la centrale. Elle va recommencer.
Voir les photos et explications en japonais.
Les poissons pêchés dans le port peuvent toujours être fortement contaminés. Voir les derniers résultats en japonais.

Résultats de mesure sur l’eau de mer prélevée devant la centrale de Fukushima daï-ichi qui inclut le césium, le strontium et le tritium. Les niveaux sont faibles, mais la contamination est systématique. Les sédiments marins restent contaminés sur des centaines de kilomètres.

Retour sur l’affaire des poussières radioactives

Retour sur l’affaire de la contamination du riz à Minami-Sôma, dans des rizières situées à plus de 20 km de la centrale, suite aux travaux de démantèlement des débris. Selon une étude menée par l’université de Kyôto rapportée par l’Asahi, les particules radioactives peuvent être transportées jusqu’à une cinquantaine de kilomètres.
Ils ont installé des systèmes de prélèvement de l’air en trois points de la province de Fukushima et ont mesuré les filtres chaque semaine depuis septembre 2012. Entre le 15 et le 22 août 2013, c’est à dire la période incriminée par le ministère de l’agriculture, ils ont relevé 1,28 millibecquerel par mètre cube d’air à Sôma, à 48 km au Nord de la centrale. C’est plus de 6 fois plus que ce qu’ils mesurent habituellement. La contamination de l’air était 20 à 30 fois supérieure aux niveaux habituels à Minami-Sôma (Sôma Sud), au point de mesure situé à 27 km de la centrale, pendant cette même semaine. En revanche, à Kawauchi, situé à 22 km vers l’Ouest Sud-Ouest, il n’y a pas eu d’augmentation significative.
L’équipe a aussi trouvé une augmentation significative de la contamination de l’air à Minami-Sôma en mai et juin 2013. Elle attribue ces pics de contamination aux travaux de démantèlement à la centrale.
Elle a présenté ces résultats aux ministères de l’environnement et de l’agriculture en mars dernier. Ce dernier aurait alors demandé à TEPCo de prendre des mesures pour limiter ces rejets aériens.
TEPCo a reconnu que le 19 août 2013, les travaux de démantèlement ont entraîné un rejet de 4 térabecquerels (4 000 milliards de becquerels), ce qui est 10 000 fois plus que les rejets habituels. Et les autres jours ? La compagnie a demandé des excuses pour les troubles occasionnés… Mais elle continue à affirmer que le lien de cause à effet n’est pas prouvé, sans pour autant apporter d’explication alternative.
A la fin juillet, TEPCo va retirer la couverture installée au dessus du réacteur n°1 afin de retirer les débris de la partie haute du bâtiment.

Riz contaminé à Minami-Sôma

La contamination du riz cultivé dans 14 rizières de Minami-Sôma a dépassé les 100 Bq/kg, même à plus de 20 km de la centrale, dans une zone où elle n’aurait pas dû être si élevée. Il ne dépassait pas la limite au même endroit l’année précédente. Ce riz n’a pas été mis sur le marché.
D’où vient cette contamination ? Le ministère de l’agriculture soupçonne les retombées de poussières lors du démantèlement du réacteur n°3 durant l’été 2013. La contamination n’était pas uniforme comme elle aurait dû l’être s’il s’agissait d’un transfert racinaire via la contamination des sols. Les retombées directes ont donc dû contribuer à hausser la contamination. En plus des poussières du démantèlement, il y a les rejets gazeux qui continuent.
Or, en août 2013, des ouvriers avaient été contaminés à la tête sur le site de la centrale par ces poussières et le niveau de dose ambiant avait augmenté au niveau des stations de mesure situées au Nord de la centrale.
TEPCo, qui n’a rien dit à ce propos, ne peut pas contester l’explication, mais ne peut pas la confirmer non plus. Un fonctionnaire de Fukushima a, quant à lui, dit qu’il n’y a pas d’autre explication possible. TEPCo va reprendre ses travaux de déblaiement des débris après avoir retiré la couverture mise sur le réacteur n°1. Elle a reconnu que cela va entraîner de nouveaux rejets. Mais elle devrait prendre des mesures préventives comme pulvériser plus d’agents anti-dispersion. Un pis aller.
Le maire et les habitants de Minami-Sôma sont furieux, car ni TEPCo, ni le gouvernement, ne leur ont signalés des retombées radioactives sur la commune. Le ministère de l’agriculture a parlé de ce problème avec TEPCo en mars dernier mais n’a pas prévenu la commune.
Le gouverneur de Fukushima a annoncé, le 4 juillet dernier, qu’il voulait continuer l’an prochain le contrôle systématique du riz produit dans sa province. Cela coûte 700 millions de yens (5 millions d’euros) par an et le gouverneur ne sait pas sur quel budget il va continuer ce programme.

Singapour assouplit les contrôles à l’importation d’aliments japonais

Conformément à l’engagement pris lors de la visite du Premier ministre japonais, Singapour a assoupli ses règles d’importation d’aliments en provenance du Japon. Les produits en provenance de Fukushima pourront être importés à l’exception de 10 communes de la province. L’importation de champignons et de produits de la mer reste interdite pour toute la province.
Singapour n’exige plus de contrôle de la radioactivité sauf pour les produits en provenance de Ibaraki, Tochigi et Gunma.

Reprise de la vente de shiitakés à Fukushima

La province de Fukushima veut reprendre la vente de shiitakés (champignons) produits localement. Ces champignons sont cultivés sur du bois dans des serres. Chez 4 producteurs, 3 à Daté et un à Shinchi, la contamination est inférieure à 100 Bq/kg. Actuellement, la décision d’autoriser ou d’interdire la vente de produits agricoles de fait à l’échelle d’une commune. Pour les shiitakés, les autorités veulent passer à l’échelle du producteur.
65 mesures ont été faites sur les champignons, en plus de celles sur le bois de culture. La contamination était inférieure à 6,6 Bq/kg pour le césium.

Impact du régime alimentaire

Des chercheurs japonais ont étudié la contamination du régime alimentaire d’habitants de Fukushima qui se nourrissent de leur propre production qui échappe aux contrôles officiels. Certains avaient une forte contamination interne qui a diminué suite au changement de régime alimentaire.
Les chercheurs ont suivi 9 habitants de Minami-Sôma qui avaient plus de 50 Bq/kg en césium 137 dans le corps. La contamination totale variait entre 3 230 et 15 918 Bq et induit une dose comprise entre 0,07 et 0,53 mSv par an. Cela vient s’ajouter à l’exposition externe.
Ces habitants, âgés de 60 à 74 ans consomment tous des produits de leur jardin non contrôlés. Ils mangent aussi des champignons sauvages ou cultivés. Le plus contaminé a même mangé du sanglier sauvage et des poissons de rivière.
Suite à un changement de régime alimentaire, qui consiste surtout à éviter les produits connus pour être les plus contaminés, la contamination en césium a été divisée par deux en trois mois. Au bout de 6 mois, elle était à moins d’un tiers de la contamination originale.
Les chercheurs appellent à une meilleure information des personnes ainsi exposées.
Etude en libre accès dans Plos one.

Contamination des poissons

TEPCO a contrôlé quelques poissons pêchés à quelques kilomètres des côtes. La contamination en césium total varie entre 246 et 500 Bq/kg. C’est plus que la limite de mise sur le marché, qui est de 100 Bq/kg. Il y a aussi une contamination au strontium qui varie de 0,11 à 1,2 Bq/kg. Les plus contaminés en césium ne sont pas les plus contaminés en strontium.

Reprise de la culture du riz

Après la catastrophe nucléaire de mars 2011, le gouvernement avait interdit la culture du riz dans 12 communes. De nombreux agriculteurs ont aussi renoncé d’eux-mêmes à planter. Ce printemps, l’interdiction de cultiver et les restrictions volontaires ont été levées sur 5 600 hectares répartis sur 6 communes. C’est lié à la baisse de la contamination des sols et aux autorisations de retour pendant la journée. Cependant, peu d’agriculteurs concernés ont planté du riz cette année.
A Minami-Sôma, la culture a repris sur 111 hectares, soit 3,6% de la surface disponible. C’est 0,2% à Tomioka et 0,1% à Namié et Ôkuma, 0,06% à Katsurao. Rien à Futaba.
Ils estiment que la décontamination des rizières ou des canaux d’irrigation n’a pas été suffisante. Dans 5 communes, il a d’abord été décidé de planter du riz à titre expérimental, de le faire contrôler, puis de décider ensuite si la culture à grande échelle peut être reprise.
Il y a aussi un manque de motivation de certains agriculteurs et la peur de ne pas pouvoir vendre la récolte.

Reprise de la pêche aux ormeaux

Les pêcheurs d’Iwaki ont repris la pêche aux ormeaux à titre expérimental. Si les niveaux de contaminations sont plus faibles que les limites fixées par la coopérative de pêche, les ormeaux seront mis sur le marché.

Singapour a profité de la visite du Premier ministre japonais pour annoncer que le pays va lever l’interdiction d’importer d’aliments en provenance de Fukushima.