Accord final des pêcheurs pour le rejet en mer de l’eau souterraine décontaminée

Comme nous l’avions signalé fin juillet, les pêcheurs ont fini par accepter que TEPCo rejette dans l’océan l’eau souterraine pompée au pied des réacteurs, après l’avoir décontaminée partiellement. Ils ont donc obtenu satisfaction sur les garanties supplémentaires demandées. Il y avait notamment le maintien des compensations tant que l’accident affecte leur activité.

Le pompage devrait commencer en septembre prochain. La compagnie espère ainsi diviser par deux les infiltrations d’eau souterraine dans les sous-sols des réacteurs qui sont actuellement de 300 m3 par jour.

Rappelons qu’elle pompait cette eau souterraine avant la catastrophe, mais elle n’était pas contaminée à l’époque.

TEPCo doit être plus transparente, selon un audit

On s’en souvient, en février dernier, TEPCo avait été prise sur le fait d’avoir caché pendant 10 mois que de l’eau de pluie contaminée avait coulé directement dans l’océan. Cela avait fait scandale. L’eau provenait d’un toit du réacteur n°2.

Le groupe d’experts extérieurs mis en place par TEPCo pour améliorer sa culture de sûreté a jugé, dans son dernier rapport, que la compagnie avait violé son engagement de 2013 de publier rapidement ses données et de ne rien cacher. Le rapport souligne aussi des lacunes dans la distribution des responsabilités.

Dans son communiqué, TEPCo note que le groupe d’experts a noté des progrès dans sa gestion de l’eau contaminée, la publication des résultats et les conditions de travail. Bref, tout va bien. Mais, la compagnie a aussi publié un document expliquant comment elle allait améliorer sa politique de communication des résultats.

La fédération des coopératives de pêche accepte le plan de rejet en mer de TEPCo

Après les coopératives de pêche, c’est au tour de la fédération régionale de donner son accord au rejet en mer de l’eau souterraine pompée au pied des réacteurs, après traitement. Voir le précédent article à ce sujet. La décision, soumise à condition, vient d’être prise lors d’une réunion extraordinaire.

La fédération a posé comme condition que l’eau des sous-sols des réacteurs ne soit pas rejetée en mer, même après traitement, ni celle des cuves, que les limites soient strictement respectées et que l’eau soit contrôlée par un laboratoire tiers. Elle a aussi demandé un soutien en cas de “rumeurs néfastes” qui pourraient affecter les ventes.

La réponse de TEPCO et du gouvernement est attendue pour la fin du mois. Ils veulent aussi rencontrer la fédération nationale des pêcheurs auparavant et d’autres entités. La compagnie pourrait alors commencer les opérations dès septembre prochain. Elle doit préciser son projet et fixer, notamment, la quantité d’eau rejetée à chaque fois. Ce sera la première fois que de l’eau issue des installations de traitement sera déversée dans l’océan.

Contamination de la mer, des poissons et de l’eau souterraine

Les dernières données de TEPCo mises en ligne font apparaître que la contamination en césium de l’eau de mer à l’embouchure du port tourne autour du becquerel par litre, ce qui plus que d’habitude. Après le 24 juillet, elle a baissé.

Plus près du rivage, entre le quai et les barrières mises en place, l’eau de mer est beaucoup plus contaminée : elle peut atteindre 1 000 Bq/L en bêta total et 2 800 Bq/L en tritium (prélèvements du 27 juillet). Ce même document fait un record de la contamination en césium-137 avec 67 Bq/L en un point situé près du réacteur n°4. Le 29 juillet, c’est la contamination bêta total qui bat son propre record en ce même point avec 590 Bq/L d’eau de mer.

Au pied des réacteurs, la contamination de l’eau souterraine reste très élevée qui peuvent atteindre 690 000 Bq/L en bêta total. Des records locaux de contamination continuent à être battus, comme au pied du réacteur n°1, avec 2 500 Bq/L en bêta total dans le prélèvement du 27 juillet. Il y a déjà eu un record en ce même point avec 2 300 Bq/L le 23 juillet. Celle en tritium bat aussi des records dans des puits, avec des valeurs de 8 600 et 2 600 Bq/L (prélèvements du 22 juillet). Pour ce deuxième chiffre, il s’agit du deuxième record successif : il y avait 2 500 Bq/L le 15 juillet.

TEPCo a aussi mis en ligne ses derniers résultats concernant la contamination des poissons. Ceux pêchés au large, à moins de 20 km de la centrale, sont tous en dessous de la limite de mise sur le marché fixée à 100 Bq/kg pour la somme des deux césiums. La tendance est donc à l’amélioration. En revanche, ceux pêchés dans le port devant la centrale sont tous contaminés, avec des valeurs qui vont de 10 à 26 600 Bq/kg.

Les pêcheurs en voie d’accepter le rejet en mer de l’eau souterraine décontaminée

L’eau souterraine, qui pénètre dans les sous-sols des réacteurs où elle se mélange à l’eau de refroidissement fortement contaminée, constitue un des problèmes majeurs de TEPCo. Une grande partie des personnes qui interviennent sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi sont affectées à des taches relatives à l’eau.

Rappelons que TEPCo a rasé la falaise pour installer la centrale en bord de mer et que les sous-sols sont sur le trajet des écoulements souterrains. Avant la catastrophe, la compagnie devait pomper environ 1 000 m3 par jour pour faire baisser le niveau des nappes phréatiques afin d’empêcher les infiltrations dans les bâtiments réacteur et turbine. Ce pompage s’est arrêté avec la catastrophe. Depuis, tout est contaminé et l’eau souterraine ne peut plus être directement rejetée en mer.

TEPCo pompe plus en amont, mais l’effet reste limité : les infiltrations seraient passées de 400 à 300 m3 par jour. Alors, TEPCo veut reprendre les pompages au pied des réacteurs et rejeter directement l’eau en mer après l’avoir partiellement décontaminée, sans la stocker dans des cuves comme celle pompée dans les sous-sols. Mais il faut convaincre les pêcheurs d’accepter. Le lobbying auprès des coopératives de pêche a été intense et elles devraient accepter prochainement. Celle de Sôma-Futaba vient de donner son feu vert, après celle d’Iwaki.

Pourquoi seuls les pêcheurs sont consultés ? Il ne sont pas “propriétaires” de l’océan. Une pétition en anglais existe pour s’opposer à ces rejets (relayée par nos voisins lointains).

TEPCo va pomper 500 m3 d’eau par jour dans une quarantaine de puits et espère ainsi diviser par deux les infiltrations. La contamination en césium de l’eau rejetée devrait être inférieure à 1 Bq/L, celle en bêta total inférieure à 3 Bq/L. Si la contamination en tritium, qui n’est pas filtré, devait dépasser 1 500 Bq/L, l’eau sera stockée. C’est bien en dessous de l’autorisation de rejet annuelle. Mais le sort du tritium stocké dans les cuves reste inconnu.

Eau contaminée : toujours les mêmes problèmes

L’eau souterraine pompée en amont des réacteurs pour être rejetée dans l’océan vient de battre son sixième record successif de la contamination en tritium dans le puits n°10, avec 2 000 Bq/L (prélèvement du 13 juillet). Cela n’a pas l’air de perturber TEPCo qui se contente de signaler que, lors du prélèvement précédent, daté du 9 juillet, elle avait trouvé 1 900 Bq/L et le laboratoire tiers qui double les mesures, 2 000 Bq/L. Dans le prélèvement du 17 juillet, la contamination du puits n°10 est repassée à 1 900 Bq/L pour le tritium, mais celle du puits voisin, le n°9, bat son propre record avec 250 Bq/L.

Plus en amont, au pied des cuves de la zone H4, il y a toujours 25 000 Bq/L pour le tritium (prélèvement du 11 juillet 2015).

L’eau pompée au pied des réacteurs bat aussi son propre record de la contamination en tritium avec 2 400 Bq/L (prélèvement du 8 juillet).

L’eau du drain qui rejette l’eau de pluie vers le port bat aussi son record de la contamination en césium-137 en deux points (prélèvement du 16 juillet). Cela peut être lié aux fortes pluies qui lessivent la pollution des sols.

Dans ce fichier, outre un autre record pour le tritium avec 1 500 Bq/L au pied du réacteur n°2 (prélèvement du 14 juillet), il y a deux records de la contamination en strontium dans l’eau de mer prélevée dans le port, entre le quai et la barrière avec 1 500 Bq/L. Les prélèvement d’eau de mer datent du 1er juin 2015, car la mesure du strontium prend du temps. A chaque fois, c’est plus que la contamination bêta totale du même échantillon qui est de 1 200 Bq/L, sans que cela ne trouble TEPCo. Le strontium est un émetteur bêta : sa contamination doit être inférieure à celle en bêta total !

Rappelons, à titre de comparaison, que TEPCo se refuse de rejeter dans l’océan une eau qui aurait plus de 1 500 Bq/L pour le tritium et plus de 5 Bq/l en bêta total.

A l’embouchure du port, la contamination en césium continue à osciller. Cela doit être lié aux pluies.

Avec l’approche du typhon Nangka la bataille de l’eau contaminée continue

L’approche du typhon Nangka entraîne de fortes pluies à la centrale de Fukushima daï-ichi. TEPCo a découvert que de l’eau de pluie contaminée a débordé avant de se retrouver dans l’océan. Une première mesure a donné une contamination en césium de 830 Bq/L et 1 100 Bq/L en bêta total. La fuite a été découverte à 8h40, heure locale, et à 17h, le problème n’était pas réglé car la compagnie ne peut faire face aux fortes pluies.

Ce même typhon a fait un mort, 17 blessés et entraîné le déplacement de 350 000 personnes à Shikoku.

Par ailleurs, TEPCo a mis, en anglais, un document avec les relevés de température du sous-sol, là où elle tente de tout geler pour réduire les infiltrations. Les températures ne sont négatives que pour 6 points sur 13. Toujours aussi optimiste, TEPCo tweete que la température diminue progressivement. Les opérations de refroidissement ont débuté le 30 avril dernier. Cela prend du temps !

En aval des réacteurs, on le sait, le gel des galeries souterraines n’est pas possible. TEPCo les remplit donc de ciment. Voici le dernier point sur l’avancement de ces travaux.

Le dernier bilan de l’eau contaminée accumulée est ici en anglais.

TEPCo annonce aussi avoir débuté le démantèlement des cuves du type de celles qui avaient fui.

Contamination de l’eau souterraine et rejets en mer

La contamination en tritium du puits de pompage n°10 en amont des réacteurs continue de monter et vient de battre deux nouveaux records avec 1 800 Bq/L (prélèvement du 6 juillet) et 1 900 Bq/L (prélèvement du 9 juillet). Il s’agit des quatrième et cinquième records successifs. Cela dépasse la limite fixée pour le rejet en mer, qui est de 1 500 Bq/L, mais TEPCo compte sur la dilution avec l’eau des autres puits : la contamination en tritium de l’eau rejetée tourne autour de 100 Bq/L. Plus en amont, la contamination en tritium des nappes phréatiques peut atteindre 20 000 Bq/L dans le puits de contrôle E10 (prélèvement du 7 juillet).

Au pied des réacteurs, la contamination en tritium a aussi battu un record dans le puits de contrôle n°3 avec 8 500 Bq/L (prélèvement du 1er juillet). Celle en césium bat aussi son propre record dans le puis 1-8, avec respectivement 170 et 670 Bq/L pour les césium-134 et -137 respectivement (prélèvement du 6 juillet).

La contamination en césium de l’eau de mer à l’embouchure du port continue d’osciller.

Par ailleurs, Fukushima dairy rapporte que le mur gelé souterrain en phase de test au pied du réacteur n°4 ne prend pas après deux mois de refroidissement. C’est une mauvaise nouvelle car TEPCo ne pourra pas limiter les infiltrations d’eau souterraine.

Hausse de la contamination de l’eau par endroit

TEPCo pompe de l’eau souterraine, bien en amont des réacteurs, mais en aval des cuves de stockage d’eau contaminée, et la rejette directement dans l’océan afin de réduire les infiltrations dans les sous-sols des réacteurs. La contamination en tritium dans le puits de pompage n°10 augmente continûment en battant trois records successifs, avec 1 300 Bq/L le 22 juin, 1 500 Bq/L le 29 juin et 1 700 Bq/L le 2 juillet. La compagnie s’est engagée à ne pas rejeter une eau qui dépasserait 1 500 Bq/L, mais elle compte sur la dilution avec l’eau des puits voisins, moins contaminée.

Rappelons que l’eau des cuves est fortement chargée en tritium, qui est de l’hydrogène radioactif, très difficile à contenir. Il s’échappe par évaporation avant de contaminer l’environnement en cas de pluie.

La contamination en césium de l’eau de mer à l’embouchure du port fluctue fortement en ce moment, pour dépasser le becquerel par litre. Là encore, ce peut être lié à la saison des pluies et au lessivage des sols fortement contaminés.

Point sur la contamination de l’eau

Suite aux différents scandales, TEPCo a promis de ne plus cacher de données concernant la pollution de l’eau sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi. En revanche, elle ne publie plus rien en anglais. Il faut aller consulter les tableaux en japonais. Fin mai, elle a mis en ligne un résumé en anglais pour le mois de mai : tout semble bien aller. Mais aucune donnée ne concerne l’eau souterraine où la situation ne s’améliore guère.

La compagnie a aussi récemment mis en ligne une vidéo qui montre les prélèvements, à télécharger depuis cette page en cliquant sur ダウンロード.

Pour lire les tableaux, le tritium est noté H-3, le strontium-90, Sr-90 et la contamination bêta totale, 全β.

L’eau souterraine pompée en amont afin de rabattre la nappe et réduire les infiltrations dans les sous-sols est contaminée en tritium. Les niveaux sont maintenant inférieurs à la limite de rejet qui est de 1 500 Bq/L, mais dans un des puits, un record a été battu avec 190 Bq/L dans le prélèvement du 4 juin, puis 200 Bq/L dans le celui du 18 juin. Pour la contamination bêta totale, la limite de détection affichée de 12 Bq/L est supérieure à la limite de rejet qui est de 5 Bq/L. On ne peut donc rien conclure.

Au pied des cuves, toujours en amont des réacteurs, la contamination en tritium est aussi systématique. Elle atteint 24 000 Bq/L dans le puits (prélèvement du 11 juin).

Au pied des réacteurs, l’eau est bien plus polluée et la situation ne s’améliore pas. Des records continuent à être battus régulièrement. Ainsi, dans le puits n°3, c’était 7 700 Bq/L en tritium dans le prélèvement du 27 mai 2015. Ce n’est pas la plus forte contamination : ce document fait apparaître des valeurs s’élevait jusqu’à 120 000 Bq/l pour le tritium et 660 000 Bq/L en bêta total. Il montre aussi un record de la contamination en césium-137 dans le puits 1-8 avec 570 Bq/L et dans l’eau de mer, au milieu du port, avec 270 Bq/L en tritium. Il y a aussi des records de la contamination bêta total de l’eau de mer, avant les barrières, allant jusqu’à 1 200 Bq/L. Rappelons que TEPCo se refuse de rejeter en mer une eau qui aura plus de 5 Bq/l en bêta total.

Quelques jours plus tard, c’est la contamination en tritium de l’eau de mer avant les barrières qui bat son propre record avec des valeurs allant de 1 200 à 3 200 Bq/L dans les prélèvements du 1er juin 2015.

Le fait que l’on trouve du tritium dans l’eau de mer est une signature sans équivoque que les fuites en mer continuent sans relâchement. En effet, le tritium ne s’accumule pas dans les sédiments et est dispersé rapidement. S’il est présent, c’est que cela fuit.

Dans le puits 2-8, situé au pied des réacteurs, c’est la contamination bêta totale qui a battu un record avec 6 400 Bq/L dans le prélèvement du 3 juin 2015. Ce même jour, un record est aussi battu pour le tritium avec 8 100 Bq/L dans un puits de pompage (ウェルポイント).

L’eau du port a aussi battu des records de contamination en bêta total, avec des valeurs allant de 16 à 24 Bq/L dans les prélèvements du 15 juin 2015 effectués à l’embouchure. Cette pollution atteint donc l’océan.

La mesure du strontium-90 est beaucoup plus longue à effectuer. Les données publiées en juin sont donc plus anciennes. Dans les prélèvements du 5 mai 2015, il y a eu deux records de la contamination de l’eau de mer avant la barrière avec 1 000 Bq/L. C’est plus que la contamination bêta totale affichée pour ces mêmes points qui est de 800 et 810 Bq/L. Comme le strontium est un émetteur bêta, ce n’est pas possible. Cela ne semble pas gêner TEPCo plus que cela…

La compagnie a aussi mis en ligne un document en anglais sur l’évolution de la contamination des ressources halieutiques. Si c’est traduit en anglais, c’est que cela s’améliore…