Notez que le dernier article sur les cancers de la thyroïde a été remis à jour avec les données publiées par ce même journal.
Archives mensuelles : février 2015
Le nombre de personnes évacuées est passé sous les 120 000 à Fukushima
Selon les statistiques officielles, le nombre de personnes évacuées suite aux trois catastrophes à Fukushima est passé sous les 120 000, en prenant en compte ceux qui partis « volontairement ». Il est de 118 862, soit 73 077 à Fukushima (au 30 janvier) et 45 735 en dehors de la province (au 15 janvier). Les autorités ne savent où sont les 50 personnes qui manquent pour retrouver le bon total.
C’est en juin 2012 que ce nombre était le plus élevé avec 164 218, soit 102 180 à Fukushima et 62 038 en dehors.
Source : Fukushima Minpo
Ouverture d’un tronçon d’autoroute dans la zone évacuée
La compagnie East Nippon Expressway a fini de construire l’autoroute Jôban qui part de Tôkyô vers le Nord, parallèlement à la ligne de train du même nom et à la nationale 6. Le dernier tronçon de 14,3 km à travers la zone évacuée doit ouvrir le 1er mars prochain. Il passe à 6 km de la centrale de Fukushima daï-ichi. L’autoroute fait 300 km en tout.
La compagnie a installé 6 radiamètres pour informer les usagers. Un affiche 5,5 microsieverts par heure. Un conducteur qui prendrait cette section d’autoroute à 70 km/h recevra une dose de 0,2 microsievert.
Voir le communiqué de la compagnie avec une carte et des photos.
L’autorité de sûreté nucléaire japonaise doit rester indépendante
Le gouvernement veut accélérer le redémarrage des réacteurs nucléaires et pense, avec les exploitants, que la nouvelle autorité de sûreté nucléaire, la NRA, mise en place après la catastrophe de Fukushima, est trop tatillonne. La loi prévoit un audit au bout de 3 ans avec une possibilité de la placer sous le contrôle du premier ministre où elle perdrait son indépendance.
Un audit international, présidé par Richard Meserve de l’AIEA, avec André-Claude Lacoste, ancien président de l’ASN française et Michael Weightman, ancien directeur de l’autorité britannique, a estimé qu’il fallait maintenir l’indépendance de l’organisation et s’est dit inquiet d’un transfert de tutelle. L’actuel président de la NRA a salué les conclusions de l’audit. Source : Reuters.
Arrestation après l’embauche d’un mineur sur un chantier de décontamination
La police d’Aïchi a arrêté le responsable des ressources humaines d’une compagnie engagée dans les travaux de décontamination autour de la centrale pour avoir employé un mineur de 15 ans en juillet dernier. C’est interdit pour des travaux sous rayonnements.
L’enfant a commencé à travailler pour la compagnie en avril 2014, à la fin du collège. EN juillet, il a été envoyé sur un chantier de décontamination où on lui a demandé de mentir sur son âge. Il se serait sauvé au bout de 5 jours sans être payé. Il prétend que son salaire journalier aurait été réduit à 3 000 yens (22 euros) par jour et qu’il était battu quand il ne travaillait pas assez dur. Les travailleurs engagés dans ces travaux sont supposés recevoir une prime de risque journalière gouvernementale de 9 000 yens, en plus du salaire.
Ce n’est pas la première fois qu’un tel scandale arrive (cf le 25 décembre dernier). La police explique qu’il y a d’autres cas similaires. A Kôriyama, le PDG d’une compagnie de construction a été condamné à 2 ans et 2 mois de prison en octobre 2013 pour avoir demandé à sept mineurs de mentir sur leur âge en les envoyant travailler sur des chantiers de décontamination.
L’implication des organisations criminelles dans ces chantiers est aussi un soucis. Il y a eu une condamnation en mars 2013.
Campagne de promotion du tourisme à Fukushima
Les touristes hésitent à revenir à Fukushima et c’est, bien-entendu, la faute aux « rumeurs néfastes », comme toujours. C’était -40% en 2011 et -15% en 2013 par rapport à 2010.
Pour attirer à nouveau les touristes, les autorités régionales vont émettre des coupons d’une valeur de 10 000 yens vendus 5 000 yens pour payer les hôtels où la nuit dépasse les 10 000 yens. La province espère vendre 190 000 coupons. Il y aura plusieurs campagnes dans l’année et les résidents de Fukushima pourront aussi en bénéficier.
Nouvelles mesures pour l’eau contaminée
TEPCo a mis en ligne de nouvelles pages pour présenter les mesures mises en place pour limiter les fuites vers l’océan. Elle avait déjà installé un système de détournement de l’eau souterraine plus en amont, avec pompage, mise en cuves tampon et rejet en mer après contrôle. L’effet est assez limité.
Elle est en train d’installer un système de drains pour pomper l’eau souterraine aux pieds des réacteurs afin de limiter les infiltrations. En amont, ce système de drain existait déjà et il faut le réparer. Avant la catastrophe, la compagnie était déjà obligée de pomper de l’ordre de 1 000 m3 par jour pour éviter les infiltrations.
Cette fois-ci, elle devrait pomper entre 500 et 700 m3 par jour qui sera partiellement décontaminée à des niveaux permettant son rejet en mer. Mais comme les pêcheurs sont contre, TEPCo explique n’avoir pas encore décidé du sort de cette eau. En attendant, elle ira dans des cuves…
TEPCo espère ainsi diminuer de 200 m3 par jour les infiltrations dans les sous-sols des réacteurs. Cela reste à vérifier…
Il y a aussi une vidéo explicative en anglais. Le dernier bilan de l’eau contaminée est ici et est toujours aussi peu lisible.
Resumé du rapport de l’UNSCEAR
TEPCo s’engage à améliorer les conditions de sécurité sur ses chantiers
Entre mars 2014 et janvier 2015, il y a eu neuf accidents sérieux, conduisant à 8 blessés graves et deux décès. Le ministère du travail a donc demandé à la compagnie d’améliorer la sécurité sur ses chantiers. TEPCo vient de soumettre ses projets au ministère. Selon le rapport interne, ces accidents sont dus à une forte pression pour tenir les délais et à un manque de formation du personnel parfois très peu qualifié pour les tâches qui leur incombent. La compagnie va donc former ces personnes avant qu’elles interviennent.
Lors de la conférence de presse, TEPCo a annoncé vouloir mettre la priorité sur la sécurité. Elle a précisé qu’il fallait que les travailleurs se sentent en sécurité pour qu’ils continuent à venir, puis elle a conclu qu’elle voulait accélérer le démantèlement et améliorer les performances des travailleurs afin qu’ils puissent travailler plus avant d’atteindre la dose limite de 50 mSv. N’est-ce pas contradictoire avec sa volonté affichée d’améliorer la sécurité ?
Source : Asahi
Fin de la visite de l’AIEA
Un groupe d’experts de l’AIEA vient de terminer sa troisième visite de neuf jours au Japon avec un passage à la centrale de Fukushima daï-ichi. Lors de la conférence de presse, le chef de la délégation a demandé au gouvernement japonais de trouver une solution pour la gestion à long terme de l’eau contaminée et les déchets engendrés par le démantèlement. Pour l’eau contaminée partiellement décontaminée qui contient beaucoup de tritium, il a suggéré le rejet dans l’océan.
Un rapport préliminaire est en ligne, ainsi qu’un communiqué de presse, des photos et une vidéo qui permettent de voir la centrale. Le rapport final est pour mars prochain.