Nouveau gouverneur à Fukushima

C’est jour d’élection pour le poste de gouverneur à Fukushima et c’est le vice-gouverneur, Masao Uchibori, qui l’aurait emporté. Le gouverneur sortant ne s’est pas porté candidat. Il avait le soutien des principaux partis japonais, majoritaires comme d’opposition.

Ratification d’un traité international sur la compensation

Le gouvernement japonais a accepté de ratifier une des conventions internationales en cas d’accident nucléaire. Il va soumettre la ratification au parlement. Il s’agit de la Convention sur les Compensations en cas d’Accident nucléaire qui traite des problèmes transfrontaliers. Il y a d’autres conventions concurrentes.
Celle là n’a été ratifiée que par 5 pays, dont les Etats-Unis. Mais pour qu’elle entre en force, il faut qu’elle ait été ratifiée par des pays qui totalisent au moins 400 000 MWhe installés. Ce sera le cas si le Japon rejoint ce traité. Les Etats-Unis poussent le Japon à le faire.
Cette convention limite la responsabilité à l’exploitant de la centrale et du pays hôte. Le fabriquant est épargné. L’industrie nucléaire japonaise, qui voit le marché intérieur fermé, espère construire des réacteurs à l’étranger. Elle pousse donc aussi à la ratification. Elle ne pourra pas être tenue responsable en cas d’accident. Le Japon va donc pousser les pays client à rejoindre le traité.
A noter que l’Inde, qui a souffert de la tragédie de Bhopal, refuse cette carte blanche.
Un pays signataire s’engage à provisionner 438 millions de dollars pour faire face à un accident. Si le coût dépasse cette somme, les autres pays signataires doivent mettre la main à la poche pour payer le reste au prorata de la puissance électrique nucléaire installée.

Règles d’indemnisation secrètes

Le Maïnichi continue à enquêter sur les dispositions et règles cachées de la commission en charge d’évaluer le niveau d’indemnisation. Ce quotidien a déjà mis en évidence, par le passé, que le taux de responsabilité de TEPCo avait été fixé à 50%, indépendamment des documents fournis par les victimes. Il a demandé au ministère des sciences et technologies, qui supervise la commission, à avoir accès aux comptes-rendus des réunions qui ont eu lieu à propos de l’établissement des standards, mais cela lui a été refusé.

Le ministère a reconnu avoir ces comptes-rendus, mais refuse de les transmettre au journal sous prétexte que cela empêchera les membres de parler librement, entachera leur neutralité et créera de la confusion dans le public.

Le quotidien a aussi demandé la liste des personnes qui évaluaient les dossiers pour voir si elles étaient vraiment indépendantes de TEPCo, mais la liste fournie par le ministère était entièrement noircie.

Exercice de crise

Les autorités ont effectué un exercice de crise à la centrale de Tomari à Hokkaïdô qui a consisté en l’évacuation d’un millier de personnes et à la distribution de comprimés d’iode, ou plutôt d’un ersatz dans ce cas, à une trentaine de personnes de Kyowa, commune située à moins de 5 km de la centrale. C’est la première fois que cette distribution est testée, alors que les nouveaux plans prévoient une pré-distribution, comme en Europe. Les comprimés n’ont pas été distribués aux femmes qui allaitent ou à leur enfant car rien n’est prévu pour eux !

Rejet des centres de stockage

Le gouvernement a dû suspendre les investigations sur des sites pressentis pour accueillir les déchets radioactifs dus à l’accident nucléaire suite à une manifestation des opposants.
Le gouvernement a présélectionné 3 sites dans la province de Miyagi et devait commencer les études géologiques ce jour. Mais à Kami, entre 40 et 50 opposants, dont le maire de la commune, attendaient les représentants du ministère sur le site.
Le ministère a donc suspendu les forages sur les trois sites. Les deux autres sont à Taïwa et Kurihara.

Procédure judiciaire contre des dirigeants de TEPCo

Les procureurs ont décidé de prolonger leurs investigations avant de décider s’ils mettaient en examen 3 anciens dirigeants de TEPCo pour négligence. La décision est attendue pour février 2015.
Rappelons que l’an dernier, les procureurs avaient refusé de mettre en examen une trentaine de cadres de TEPCo, des hauts fonctionnaires et des membres du gouvernement. Mais un jury de citoyens tirés au hasard les a enjoint de reconsidérer le cas de trois anciens dirigeants de la compagnie. Si les procureurs maintiennent leur position, la mise en examen reste possible si 8 membres du jury sur 11 le demandent.