La NRA est convaincue que la centrale de Tsuruga (Fukui) est sur une faille sismique active, ce qui interdit son redémarrage. L’exploitant, qui risque de perdre tout son parc nucléaire car son autre centrale, à Tôkaï (Ibaraki), est obsolète, a tenté de convaincre la NRA qu’il n’en était rien. Il affirme que de nouvelles études montrent que cette faille n’a pas bougé pendant les 120 000 dernières années, et qu’il n’y a pas de lien avec une autre faille, au large, reconnue active.
Mais l’exploitant semblait manquer d’arguments convaincants lors de la réunion avec la NRA qui a eu lieu le mardi 2 septembre. Lors de la réunion qui a eu lieu ce jour, la NRA a conclu que son opinion à propos de cette faille n’a pas changé. Les deux réacteurs devront donc être arrêtés définitivement. L’exploitant a essayé de poursuivre les discussions, mais le commissaire de la NRA en charge du dossier a dit que c’était terminé. Un nouveau rapport de la NRA, amendé dans les détails seulement, avec sa position officielle, est attendu pour octobre prochain.
Archives mensuelles : septembre 2014
Exercice de crise : levée d’un tabou
Le Japon va faire un exercice de crise à la centrale de Shika, sur la côte de la Mer du Japon, en supposant qu’il y a simultanément un séisme et un accident nucléaire. Cela devrait durer deux jours en novembre prochain. Des habitants dans un rayon de 5 km vont être évacués préventivement, des pensionnaires des maisons de retraite mis dans des pièces protégées… 200 000 personnes habitent dans un rayon de 30 km autour de la centrale.
Rappelons que la Commission d’Enquête Indépendante sur l’Accident Nucléaire de l’Assemblée Nationale Japonaise (Nuclear Accident Independent Investigation Commission of Japanese National Assembly, NAIIC) précise que souligne aussi que « le séisme Chuetsu-oki de la province de Niigata qui a eu lieu le 16 juillet 2007, a entraîné plusieurs incidents à la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa. Suite à cet événement, de nombreux experts ont réclamé que la préparation aux accidents prenne en compte la possibilité de catastrophes complexes. Cependant, aucun effort n’a été fait, ni par le gouvernement, ni par les autorités municipales, pour se préparer à des situations complexes avant l’accident qui a eu lieu à la centrale de Fukushima daï-ichi ».
La Commission d’Enquête Indépendante sur l’Accident Nucléaire de Fukushima, mise en place par une fondation privée, ajoute : « En 2010, par exemple, les autorités régionales de la province de Niigata, sur la côte Ouest, ont planifié un exercice de crise impliquant un séisme et un accident nucléaire. C’était un sujet sensible puisque trois ans auparavant un séisme au large avait provoqué l’arrêt de la centrale nucléaire de TEPCo située sur la côte de Niigata. Mais l’Agence pour la Sûreté Nucléaire et Industrielle (Nuclear and Industrial Safety Agency, NISA), l’agence de régulation nucléaire de l’époque, a fait savoir aux autorités locales qu’un exercice de crise nucléaire suite à un séisme créerait « des inquiétudes inutiles et de l’incompréhension » parmi les résidents ».
Il aura fallu un accident grave pour briser le tabou…
Evaluation du risque volcanique
Bétonnage du port
TEPCo veut cimenter le fond marin dans le port devant la centrale de Fukushima daï-ichi pour éviter que les sédiments contaminés ne se propagent dans l’océan. Mais, une fois les fuites terminées, TEPCo ne pourra pas reprendre ces sédiments qui resteront sous le ciment, s’il tient.
Il y a 180 000 m2 et TEPCo veut mettre deux couches. La première couche devrait être mise d’ici la fin mars 2015.
Reprise du retrait des combustibles
TEPCo va reprendre le retrait des combustibles de la piscine du réacteur n°4 à partir du 4 septembre.
Taux d’indemnisation
Le Maïnichi continue son enquête sur le taux d’indemnisation des victimes de la catastrophe nucléaire. Il s’intéresse au problème des décès liés à la catastrophe et a regardé 120 cas « résolus ». Pour 80% de ces cas, la commission d’arbitrage a estimé que la part de responsabilité de la catastrophe était inférieure ou égale à 50%. Et donc TEPCo indemnise les familles en fonction de sa part de responsabilité.
A titre de comparaison, la famille qui est allée en justice suite à un suicide, a obtenu une reconnaissance de 80% de part de responsabilité due à la catastrophe.
La somme standard fixée pour indemniser les familles est inférieure à 20 millions de yens (145 000 euros), ce qui est moins que ce qui est retenu pour un accident de la route. Une décote est ensuite appliquée en fonction de la part de responsabilité de TEPCo. A titre de comparaison, la famille qui est allée en justice, a obtenu 49 millions de yens (358 000 euros).
Lors des audiences au tribunal, TEPCo a mis en avant plusieurs autres cas de suicides où un arbitrage de la commission d’indemnisation avait fixé sa part de responsabilité à 10 et 30%. Mais la cour ne l’a pas suivie.
Encore un record dans le puits 1-17
Record du jour de la contamination radioactive de l’eau souterraine : dans le puits de contrôle 1-17, nouveau record avec maintenant 580 000 Bq/L en bêta total (prélèvement du 29 août 2014). Dans le prélèvement du 1er septembre, c’est redescendu à 540 000 Bq/L, qui est le précédent record.
Plainte pour un meilleur salaire
Quatre plombiers qui ont travaillé pour un sous-traitant de TEPCo viennent de porter plainte à Iwaki pour réclamer un meilleur salaire étant donnés les risques liés à leur travail sous rayonnements. Leurs salaires n’ont pas changé après que TEPCo ait annoncé une revalorisation en novembre dernier. Une de ces personnes a expliqué que son exposition mensuelle a parfois dépassé les 4 millisieverts.
Ils réclament au total 90 millions de yens (660 000 euros) selon les médias japonais et 65 millions de yens (475 000 euros) selon l’AFP car TEPCo a la responsabilité de contrôler que les sous-traitants rétribuent correctement leurs employés.
Problème des déchets
Le gouverneur de Fukushima et les maires de Futaba et Ôkuma doivent rencontrer le premier ministre pour lui transmettre leur accord pour les deux centres d’entreposage des déchets radioactifs issus de la décontamination.
Les négociations avec les 2 000 propriétaires des 16 km2 de terrain nécessaire vont pouvoir commencer. Certains sont toujours opposés au projet.
Il est toujours question d’un entreposage temporaire pour 30 ans, qui doit être inscrit dans la loi. C’est une absurdité et un vrai mensonge. Qui acceptera ces déchets dans 30 ans ? Les politiques n’ont aucune piste à proposer pour le moment. Ils n’ont pas réussi, avant la catastrophe, à trouver un site pour les autres déchets, comment y arriveront-ils après ?
Et puis, le volume est considérable : de 25 à 30 de millions de mètres cube. Une dizaine de stades de France remplis ! Le nombre de voyages en camion pour apporter ces déchets se compte en millions. Qui peut imaginer déménager tout cela dans 30 ans ?
Mais comme les autorités n’ont toujours pas reconnu officiellement qu’il y a des zones où les habitants ne rentreront pas, elles ne peuvent pas proposer un centre définitif.
Pour le moment, tout est mis dans des sacs plastiques qui ne résistent pas toujours avec le temps, sans traçabilité, répartis sur près de 54 000 sites. Comment cela va-t-il être repris, traité, emballé etc ? Aucune information à ce sujet dans les médias japonais.
Les déchets radioactifs empoisonnent aussi les autres provinces touchées par les retombées radioactives. A Chiba, des boues de station d’épuration et des cendres d’incinérateurs contaminées à plus de 8 000 Bq/kg de trois communes particulièrement exposées sont entreposées sur des terrains appartenant à la province. Le gouvernement doit proposer un site définitif, mais il n’y arrive pas à cause de l’opposition des riverains. Les autorités régionales ont donc demandé aux municipalités, Kashiwa, Matsudo and Nagaréyama, de reprendre leurs déchets si le gouvernement ne propose pas de solution avant mars 2015. Elles ont accepté. Il y en a 526 tonnes en tout.
La ville de Kashiwa va proposer un budget de 400 millions de yens au conseil municipal pour installer un centre où les 296 tonnes de déchets pourront être reprises par la suite. Mais le lieu n’a pas encore été trouvé et les riverains risquent de s’y opposer.
Réacteur n°3 : photos de la console
TEPCo a mis en ligne des infos en anglais à propos de la console qui est tombée dans la piscine du réacteur n°3 lors de travaux de démantèlement. Les photos et la vidéo sont ici. Les commentaires, ici.