Deux communes où le gouvernement veut implanter un centre de stockage de déchets radioactifs liés à la catastrophe nucléaire (boues de station d’épuration, cendres d’incinérateurs, paille contaminées…), ont voté contre à l’unanimité. Il s’agit de Kami à Miyagi et Shioya à Tochigi. Dans cette dernière commune, une source a été classée de façon à compliquer toute procédure administrative. La zone protégée fait 5 000 hectares et inclut la forêt où le gouvernement voulait s’installer. Toute opération dans cette zone devra obtenir l’accord de la commune.
Archives mensuelles : septembre 2014
Effet du pompage en amont
On le sait, TEPCo a commencé à pomper l’eau souterraine bien en amont des réacteurs, la transvase dans des cuves, la contrôle avant de la rejeter dans l’océan. Ces opérations devaient réduire de 100 m3 par jour les infiltrations d’eau souterraine dans les sous-sols des réacteurs. La compagnie pompe entre 300 et 350 m3 par jour et a ainsi rejeté 36 000 m3 d’eau depuis mai dernier.
Les effets se faisaient attendre, TECPo ne constatant aucune baisse et son stock d’eau contaminée continue à augmenter de 400 m3 par jour. La compagnie vient d’annoncer qu’elle a enfin observé un effet : le volume d’eau qui s’infiltre semblerait avoir été réduit de 50 à 80 m3 par jour. Il s’agit là d’une estimation corrigée des données saisonnières qui prend en compte les précipitations. Il est vrai que les pluies ont été particulièrement abondantes cet été au Japon.
La compagnie aurait aussi observé une baisse de 20 cm du niveau de l’eau dans trois puits de contrôle. Voir le document explicatif en japonais.
Pour limiter encore plus les infiltrations d’eau souterraine dans les sous-sols des réacteurs où elle se contamine, TEPCo veut aussi pomper l’eau souterraine à proximité, la décontaminer et la rejeter dans l’océan. La compagnie a eu une réunion avec des pêcheurs d’Iwaki pour leur expliquer ses projets, mais ils s’y sont opposés.
Ils étaient 90 et TEPCo va organiser une autre réunion pour ceux qui n’ont pas pu venir. Elle devra aussi fournir plus d’études et des chiffres.
Cette dernière démarche de TEPCo est aussi un pas de plus vers le rejet de l’eau des cuves après décontamination. Si elle arrive à convaincre pour l’eau souterraine traitée, elle espère ensuite pouvoir convaincre plus facilement pour celle des cuves.
En attendant, TEPCo continue de pomper l’eau contaminée dans des cuves. Elle en a près de 400 000 tonnes maintenant, plus ce qui reste dans les sous-sols, galeries souterraines…
Transport des déchets
Le gouvernement compte toujours ouvrir ses deux centre d’entreposage des déchets issus de la décontamination à Fukushima en janvier prochain. Comme il veut y mettre entre 20 et 30 millions de m3 de déchets, cela va générer un trafic immense. Les autorités réfléchissent à réduire le nombre de transports : des petits camions vont collecter les déchets, les rassembler en certains lieux où ils seront transportés vers les centres de stockage par de gros camions.
Règles d’indemnisation
On s’en souvient, le Maïnichi a révélé que la commission de conciliation chargée le fixer le niveau d’indemnisation des victimes de la catastrophe nucléaire avait fixé comme critère que, par défaut, la part de responsabilité de l’exploitant était de 50%. Le quotidien a même obtenu une note interne avec une telle directive. La commission avait refusé de reconnaître les faits et le document.
L’auteur de cette directive, Isomi Suzuki, a reconnu par écrit, après avoir été interrogé par le journal, avoir contribué à la note de 5 pages. Il justifie cette note par le manque de jurisprudence et l’absence de critères préétablis pour plusieurs situations. Mais, cette note, au contraire des autres critères, n’a jamais rendue publique. Elle ne serait pas contraignante, mais traduirait les échanges d’opinion destinés à harmoniser les décisions.
Fin de mandat
Kunihiko Shimazaki, commissaire de l’Agence de Régulation Nucléaire, la NRA, vient de terminer son mandat, comme prévu. C’était de seul sismologue des cinq commissaires et il avait pris son travail sérieusement, exigeant des exploitants des garanties quant à l’activité sismique. Ces derniers n’avaient pas l’habitude…
Il est remplacé par quelqu’un du sérail qui a toujours été un grand défenseur de cette énergie et qui a touché, jusqu’à récemment, de l’argent des industriels du nucléaire. Satoru Tanaka, c’est son nom, ne doit pas être confondu avec le président de la NRA, Shun’ichi Tanaka.
Echec du gel de la galerie souterraine
On le sait, TEPCo veut geler le sol tout autour des quatre réacteurs accidentés pour limiter les infiltrations d’eau souterraine et les fuites vers la mer d’eau contaminée. Mais, les tests pour geler une galerie souterraine pleine d’eau contaminée en aval des réacteurs se sont révélés être un échec, comme la compagnie l’a reconnu il y a un mois. Seulement 90% de la section de la galerie a pris en glace et l’eau continue à circuler.
TEPCo a proposé de cimenter une partie et la NRA vient de donner son feu vert. Pourquoi ne pas avoir mis du ciment dès le début, c’est plus simple et moins cher que la glace ?
Réacteur expérimental
Selon le Yomiuri, le gouvernement envisagerait de demander l’autorisation de redémarrer le réacteur expérimental d’Oaraï à Ibaraki. Il s’agit d’un réacteur nucléaire refroidi à l’héluim qui pourrait préfigurer une prochaine génération de réacteurs commerciaux. Il a démarré en 1998 et a été arrêté en mars 2011.
La demande pourrait être déposée dans un mois, au minimum. Le gouvernement devrait aussi redéfinir un agenda pour une application industrielle.
Nouveau report du retraitement
Japan Nuclear Fuel Ltd., l’« exploitant » de l’usine de retraitement de Rokkashô devrait, une fois de plus, retarder la date de démarrage de l’usine au printemps 2016. La première date de démarrage était en 1997 et il s’agira du 21ième report… Le dossier de sûreté a été jugé incomplet par l’autorité de sûreté, la NRA. L’annonce officielle devrait avoir lieu le mois prochain.
On arrive à presque 10 ans de retard. Le coût est aussi passé de 760 à 2 200 milliards de yens (5,4 à 16 milliards d’euros).
Pour certaines centrales, si elles étaient autorisées à redémarrer, se posera le problème de l’entreposage des combustibles usés car les piscines sont presque pleines et devraient être pleines après 3 ans de fonctionnement. Il faudra à nouveau les arrêter… Il y a près de 17 000 tonnes de combustibles usés entreposés principalement dans des piscines de refroidissement.
Le principal ennemi du nucléaire, c’est l’industrie nucléaire elle-même.
ALPS2
TEPCo veut traiter l’eau contaminée à l’aide de sa station de traitement ALPS qui cumule les déboires. Elle a donc construit une station ALPS2, qui serait plus performante et plus fiable. La première unité a démarré en phase de test.
Communiqué de TEPCo et document explicatif.