TEPCo est toujours à la peine avec l’eau contaminée. Il y a trois mois, elle a commencé à pomper de l’eau en amont des réacteurs pour la rejeter en mer. Cela n’a pas été facile car cette eau est contaminée au tritium à cause des cuves voisines. Il y a aussi du césium, comme dans les cours d’eau, suite au lessivage des sols. Les pêcheurs étaient réticents et TEPCo leur avait menti par omission en ne leur disant pas que les fuites en mer continuaient. Après de longues discussions, un double contrôle avant rejet en mer, TEPCo en a finalement rejeté 25 000 m3 en trois mois. Elle l’avait annoncé que cette mesure allait faire diminuer la quantité d’eau qui pénètre dans les sous-sols des réacteurs où elle se contamine beaucoup plus et elle vient de reconnaître qu’il n’en est rien. Il y a toujours 400 m3 par jour qui viennent s’ajouter au stock et il faut toujours ajouter des cuves et des cuves pour la stocker.
Par ailleurs, le gouvernement japonais a retenu trois compagnies étrangères parmi 29 candidatures pour déterminer la meilleure méthode pour séparer le tritium de l’eau contaminée. Il s’agit de Kurion (Etats-Unis), General Electric Hitachi Nuclear Energy Canada Inc et RosRAO (Russie). Elles vont recevoir chacune jusqu’à un milliards de yens (7,3 millions d’euros) en R&D pour déterminer si le tritium peut être séparé à un coût raisonnable. Elles doivent rendre leur conclusion pour mars 2016. Il n’y a aucun engagement à déployer ces technologies par la suite.
Pendant ce temps là, les fuites en mer continuent (cf 15 août dernier).
Archives mensuelles : août 2014
Réévaluation du rejet du 19 août 2013
TEPCo avait estimé, à la louche, à 1,12 TBq (1 120 milliards de becquerels) le rejet atmosphérique du 19 août 2013 lors de travaux de démantèlement de la partie haute du réacteur n°3. Comme nous l’avons déjà raconté, ces travaux ont entraîné plusieurs rejets, mais celui du 19 août serait le plus fort et aurait contaminé du riz à plus de 20 km de la centrale. Cette contribution venant s’ajouter à la contamination déjà existante aurait rendu ce riz impropre à la consommation.
La compagnie vient d’affiner son estimation pour le seul 19 août et avant un chiffre 5 à 10 fois inférieur. Cela reste très élevé !
Voir les 27 pages d’explications en japonais.
Soutien au démantèlement
Le ministère de la recherche veut dédier un budget de 8,1 milliards de yens (60 millions d’euros) à la recherche sur le démantèlement des installations nucléaires. Cet argent devrait partiellement être dédié à un nouvel institut de recherche et de formation situé à Fukushima. Son nom pourrait être quelque chose comme International Joint Research Center for Dismantlement of Nuclear Reactors (2 milliards de yens). Le reste devrait être dédié au traitement et stockage du combustible fondu et autres déchets radioactifs.
Hausse rapide de la contamination du puits 1-17
Records du jour de la contamination radioactive de l’eau souterraine : dans le puits de contrôle 1-17, il y a maintenant 540 000 Bq/L en bêta total (prélèvement du 25 août). Le précédent record dans ce puits était de 350 000 Bq/L. Il s’agit d’une hausse vertigineuse, non expliquée.
Publication des témoignages
Le gouvernement a confirmé son intention de publier, en septembre prochain, la quasi-intégralité du témoignage de l’ancien directeur de la centrale de Fukushima daï-ichi, Masao Yoshida, maintenant décédé. Les noms de tiers ou des détails relevant du sécurité nationale seront expurgés. De larges extraits de ce témoignage avaient déjà été publiés par des journaux japonais. Le gouvernement, ne fait donc que rendre public un document qui l’est déjà partiellement. Il y a 771 autres témoignages dans le cadre de la commission d’enquête. Le gouvernement devrait rendre publics ceux pour lesquels il obtient l’accord des personnes interrogées.
L’Asahi avait révélé, en mai dernier, à partir du témoignage de M. Yoshida, que les personnes présentes sur le site avaient désobéi à ses ordres et étaient allées se réfugier à la centrale voisine daï-ni au lieu de rester à proximité. Le Sankei Shimbun, a, ce moi-ci, publié d’autres extraits et dément les conclusions de l’Asahi : les ordres auraient été mal transmis et il régnait une grande confusion sur place. Mais l’Asahi cite d’autres propos de l’ancien directeur, disant que les personnes avaient bien fait de fuir.
Le Sankei rapporte que M. Yoshida a fortement critiqué l’ancien premier ministre Naoto Kan, qui a affirmé que TEPCo voulait abandonner la centrale : ce n’était pas le cas des personnes sur place.
TEPCo prête à rejeter l’eau en mer
Risques volcaniques
La NRA a eu sa première audience avec des vulcanologues à propos des risques pour les centrales nucléaires. Rappelons que la centrale de Sendaï (Kagoshima) est à 50 km du Sakurajima, un volcan en activité. Les experts ont critiqué les critères de sûreté établis par la NRA par rapport à ce type de risques et le dossier déposé par Kyûshû Electric. Il est très difficile de faire des prédictions avec les volcans et il n’est donc pas possible d’affirmer que le risque est négligeable qu’un volcan près de la centrale de Sendaï devienne actif, comme l’a fait la NRA.
De plus, la seule étude citée par l’exploitant et la NRA ne concerne qu’un type très spécifique de caldeiras et ne peut pas être étendue à tous les volcans. Il y a 5 caldeiras autour de la centrale de Sendaï.
SPEEDI
Le logiciel SPEEDI, supposé prédire les retombées radioactives en cas d’accident nucléaire et aider à la décision pour protéger au mieux les populations, s’est révélé inopérant durant les premiers jours de la catastrophe à Fukushima daï-ichi. Et ces premiers résultats n’ont pas été transmis aux personnes qui en avaient besoin, aussi bien au niveau central, qu’au niveau local.
Selon l’Asahi, la NRA va réduire de moitié le budget dédié à ce système l’an prochain et va utiliser l’argent pour renforcer son réseau de balises en lien avec les pouvoirs locaux. Comme les zones de préparation à l’urgence nucléaire ont été étendues, c’est devenu nécessaire. Mais les balises, coupées des réseaux, s’étaient aussi révélées peu utiles durant les premiers jours et n’avaient pas permis de calibrer SPEEDI.
Records du jour de la contamination
Records du jour de la contamination radioactive de l’eau souterraine :
– dans le puits de contrôle 1-17, il y a maintenant 350 000 Bq/L en bêta total. La contamination en tritium de l’eau de mer le long du littoral bat aussi des records en trois points de prélèvement, avec des niveaux compris entre 350 et 600 Bq/L (prélèvements des 18 et 21 août 2014).
– dans l’eau pompée en amont des réacteurs, mais en aval des cuves, pour rejet en mer, la contamination en tritium dans le puits n°11 est maintenant de 820 Bq/L (prélèvement du 21 août 2014)
TEPCO a mis en ligne des résultats de mesure sur de l’eau souterraine pompée au pied des réacteurs, mais en amont.
Rappelons, à titre de comparaison, que la compagnie se refuse à rejeter dans l’océan une eau qui aurait plus de 5 Bq/l en bêta total et plus de 1 500 Bq/l en tritium.
Vidéos IRSN
L’IRSN a mis en ligne les vidéos d’un colloque interne sur la « récupération des territoires contaminés ». L’Institut vante toujours son ouverture à la société civile mais ne l’invite jamais quand il s’agit de sujets l’intéressant directement.