Le Woods Hole Oceanographic Institute a lancé une surveillance citoyenne de la radioactivité dans l’eau du Pacifique le long des côtes américaines, à l’instar de ce que fait l’ACRO en France. La grande différence est que l’ACRO ne fait pas payer ses préleveurs volontaires, cet Institut, si.
Les premiers résultats sont ici en ligne. L’institut trouve une contamination systématique en césium 137, de l’ordre de 1,1 à 1,5 Bq/m3, soit 0,001 1 à 0,001 5 Bq/L en 2014. Le césium 134, qui disparaît plus vite grâce à sa période radioactive de 2 ans, est indétectable, sachant que la limite de détection annoncée est de 0,2 Bq/m3.
La contamination en césium 137 est donc très probablement beaucoup plus ancienne que l’accident de Fukushima : essais nucléaires atmosphériques et rejets de l’industrie nucléaire américaine.
A noter qu’en 2011, les quelques mesures qui ont été faites font parfois apparaître une contamination une peu plus forte en césium 137 et la présence de césium 134. Il avait donc une contribution des rejets aériens, massifs en 2011, qui sont partiellement retombés dans l’océan et sur le sol américain qui a été lessivé par la pluie.
Archives mensuelles : août 2014
Nouvelle évaluation du terme source
Une évaluation italienne de la quantité de radioéléments dispersés dans l’atmosphère par la catastrophe à la centrale de Fukushima daï-ichi est ici en anglais.
Records du jour de la contamination
Records du jour de la contamination radioactive de l’eau souterraine :
– dans le puits de contrôle 1-13, il y a maintenant 13 000 Bq/L en bêta total (prélèvement du 31 juillet 2014). TEPCo se refuse à rejeter dans l’océan une eau qui aurait plus de 5 Bq/L en bêta total.
– dans le puits n°5 situé en amont des réacteurs où TEPCO pompe l’eau souterraine pour la rejeter dans l’océan, la contamination en tritium est maintenant de 50 Bq/L (prélèvement du 31 juillet 2014).
L’eau du puits n°12 dépasse systématiquement la limite que s’est fixée TEPCo qui est de 1 500 Bq/L avant rejet en mer.
Compagnies d’électricité fragiles
Il y a 10 compagnies d’électricité au Japon qui se partagent le territoire. 9 exploitaient du nucléaire et 8 étaient dans le rouge à cause de l’arrêt des réacteurs. Au cours du premier trimestre de l’année fiscale 2014 (avril – mai – juin), 6 compagnies ont fait des bénéfices, y compris TEPCo. Elles invoquent des coupures dans les dépenses et une augmentation de leurs tarifs. Mais toutes réclament un redémarrage rapide de leurs réacteurs nucléaires pour retrouver les profits. Il ne tient pourtant qu’à elles d’avoir des réacteurs aux normes !
Les trois compagnies qui restent dans le rouge sont Hokkaïdô, Kansaï et Kyûshû Electric, qui les plus dépendante envers l’énergie nucléaire.
Okinawa Electric, qui n’exploite pas de nucléaire, était aussi déficitaire pour cette période.
Takahama : KEPCo doit revoir sa copie
KEPCo, Kansaï Electric, vient de se faire retoquer son estimation de la hauteur de tsunami qui pourrait frapper sa centrale de Takahama (Fukui). Une erreur triviale de report de données s’est glissée dans son estimation et c’est la NRA qui l’a découverte. Elle va devoir refaire ses calculs.
L’an dernier, elle avait déjà revu à la hausse cette hauteur maximale estimée à 5,7 m et elle construit une digue de 6,5 m de haut. Mais si cette hauteur augmente encore, la digue ne pourra peut-être plus suffire.
Quand la NRA avait déclaré recevable le dossier de sûreté de la centrale de Sendaï (Kagoshima), elle avait suggéré que la prochaine centrale sur la liste pourrait être Takahama… Cela risque donc de ne plus être le cas.
Vente de fraises d’Iitaté
Des fraises cultivées à Iitaté, village évacué, viennent d’être mises sur la marché. C’est le premier produit agricole cultivé dans les zones évacuées à être vendu.
Les fraises ont été cultivées sous serre dans une zone de préparation au retour où les travaux de décontamination sont terminés. Les bâches en plastique de la serre et la terre ont été changées. Un contrôle de la radioactivité a été fait par les autorités régionales. L’exploitant de la ferme a fait faire d’autres contrôles par la commune et un laboratoire privé pour regagner la confiance des consommateurs.
Le 15 juillet dernier, un agriculteur de Shinchi, dans la province de Fukushima, a repris la vente de champignons shiitaké. Ce sont les premiers shiitakés de Fukushima à être remis sur le marché. Il y en avait 24 kg et la plus forte contamination était de 5 Bq/kg. La provenance était indiquée sur les paquets.
Note IRSN sur le rejet du 19 août 2013
L’IRSN a rédigé une note sur le rejet atmosphérique du 19 août 2013 qui fait beaucoup couler d’encre actuellement au Japon. L’Institut ne prend en compte que le rejet de ce jour et se base sur l’AFP pour ses informations. Rappelons que les rejets liés au démantèlement du réacteur n°3 ont été détectés à plusieurs reprises et que celui du 19 août semble être le plus élevé. L’IRSN semble l’ignorer.
Le seul apport de la note est le calcul des retombées à Minami-Sôma en prenant en compte la météo du jour et le terme source de TEPCo via l’AFP, à savoir la quantité de radioéléments rejetés. Ce rejet aurait ajouté entre 100 et 1 000 Bq/m2 pour le seul césium. C’est faible par rapport à la contamination existante des sols qui était déjà de quelques dizaines de Bq/m2 à plus d’un million et demi de Bq/m2. Mais ce nouveau rejet est aussi tombé sur les feuilles des plants de riz avec un transfert à la plante qui est beaucoup plus grand que par les racines.
Annonce du démantèlement du réacteur n°1
Dans un communiqué en anglais, TEPCo annonce le début des travaux de démantèlement du réacteur n°1 et qu’elle va tirer les leçons du réacteur n°3, sans mentionner les problèmes passés. Aucun calendrier précis n’est donné, même si l’on sait qu’il y a un mois de retard suite aux scandales sur le réacteur n°3. Mais la compagnie espère pouvoir commencer à retirer les combustibles de la piscine à partir de 2017. Elle ne dit pas non plus comment elle va s’y prendre pour les 70 assemblages qui sont endommagés depuis bien avant la catastrophe sur les 292 au total.
Des nouvelles de la station ALPS
TEPCo a annoncé que sa station de traitement de l’eau contaminée, ALPS, qui cumule les déboires, devrait fonctionner à plein régime à partir de décembre prochain après avoir amélioré sa performance pour quatre radioéléments (cobalt 60, iode 129, antimoine 125 et ruthénium 106). La première date de démarrage annoncée était septembre 2012, les premiers tests ont débuté en mars 2013.
Rappelons qu’ALPS est supposée réduire significativement la contamination pour 62 radioéléments. Elle ne retire pas le tritium et la compagnie n’est pas autorisée à en rejeter une telle quantité dans l’océan. Elle devra donc garder des cuves pleines d’eau moins contaminée. Le risque est moindre en cas d’accident, mais cela ne résout pas le problème de la place prise par les cuves, leur surveillance etc. TEPCO ne mentionne jamais la contamination au carbone 14 et n’a jamais effectué la moindre mesure. Cela ne lui a pas été demandé non plus.
Outre ses pannes à répétition, ALPS génère beaucoup de déchets radioactifs, pour lesquels il n’y a aucune solution non plus. TEPCo ne dit rien à propos de ce problème. A-t-elle réussi à en diminuer le volume ? Si elle ne dit rien, c’est que la réponse doit être négative.
La compagnie n’a pas encore le feu vert de la NRA.
Ce communiqué s’explique par le fait que TEPCo avait, en septembre 2013, promis de traiter toute l’eau d’ici la fin de l’année fiscale 2014 (31 mars 2015). C’était à l’époque du choix de Tôkyô pour les jeux olympiques. La situation était officiellement “sous contrôle”.
Seulement 110 000 tonnes ont été traitées sans que l’objectif ne soit atteint pour les quatre éléments mentionnés.
Voir aussi la fiche technique.
Record du jour
Record du jour de la contamination de l’eau souterraine : dans l’eau pompée entre les réacteurs 2 et 3, la contamination en tritium est maintenant de 7 300 Bq/L (prélèvement du 27 juillet 2014).