Réacteur n°3 : scénario revisité

TEPCo a revu le scénario de l’accident pour son réacteur n°3 et pense maintenant que presque tout le combustible a fondu. Il s’est accumulé au fond de l’enceinte de confinement. La compagnie affirmait, jusqu’à maintenant, que 60% du combustible avait fondu et que le reste était resté dans la cuve. Le démantèlement sera donc plus complexe.
Rappelons qu’il s’agit partiellement de combustible MOx, c’est à dire un mélange d’uranium et de plutonium.
Par ailleurs, la commission d’enquête gouvernementale avait estimé que les personnes sur place avaient arrêté par erreur un système de refroidissement de secours et que cela avait contribué à l’accident. TEPCo estime désormais que ce système ne fonctionnait déjà plus quand il a été arrêté. La forte pression à l’intérieur de la cuve aurait empêché l’eau d’y pénétrer à partir de 20h la veille.
La compagnie en déduit que la fusion du cœur a eu lieu 5 heures plus tôt que ce qu’elle avait estimé précédemment. Elle aurait débuté à 5h30 le 13 mars 2013 et vers 7h, presque tout aurait fondu, percé la cuve et se serait étalé dans le bas de l’enceinte de confinement.Cet horaire coïncide avec la détection de neutrons à l’entrée du site. Une augmentation du flux de neutrons a aussi été détectée lors de la fusion du cœur du réacteur n°2 vers minuit le 14 mars.
L’injection d’eau grâce à un camion pompier a débuté à 9h25 ce même jour. Comme la température a immédiatement baissé, TEPCo estime qu’une petite partie du combustible a dû rester dans la cuve.
L’explosion hydrogène a eu lieu le lendemain, peu après 11h.
TEPCo estime toujours que presque la totalité du cœur du réacteur n°1 et 60% du cœur du réacteur n°2 ont fondu.
Voir le communiqué de TEPCo et une présentation, le tout en anglais.

Déchets radioactifs : accord du gouverneur de Miyagi

Les autorités régionales de Miyagi vont donner leur accord au lancement d’études pour installer un centre de stockage des déchets radioactifs dus à la catastrophe nucléaire : boues de station d’épuration, cendres d’incinérateurs, paille de riz… contaminées à plus de 8 000 Bq/kg en césium. Le gouverneur justifie sa décision par le fait qu’il y a de tels déchets un peu partout entreposés dans des sacs plastiques qui ne vont pas durer longtemps, ou dans des conditions non pérennes.
Mais les trois communes où le gouvernement envisage de mener ces études, Kurihara, Taïwa et Kami, sont opposées à l’installation d’un site de stockage. Le maire de Kami a refusé de coopérer avec le ministère et envisage de porter l’affaire devant la justice afin de bloquer les investigations. Il veut que les déchets soient stockés à Fukushima. Les deux autres maires ont accepté les investigations, avec des réserves.

Pas de redémarrage cette année

Kyûshû Electric a annoncé qu’elle ne pourrait pas soumettre les documents de sûreté concernant sa centrale de Sendaï (Kagoshima) avant septembre-octobre 2014. Ce qui signifie qu’il n’y aura pas de redémarrage avant l’hiver car il faut laisser le temps à l’instruction des dossiers et aux inspections. Bref, ce sera 2015 au plus tôt.
Le dossier déposé jusqu’à présent, qui a reçu l’assentiment de la NRA, concernait les améliorations à effectuer pour satisfaire aux nouveaux critères de sûreté. Il faut maintenant soumettre un rapport plus détaillé avec les plans de construction et la résistance aux séismes. Le document fera plusieurs dizaines de milliers de pages.
La compagnie avait initialement promis ce rapport pour mai 2014, puis juillet. Maintenant, ce n’est pas avant septembre 2014, au plus tôt.
Pendant ce temps là, la procédure de consultation du public sur le premier rapport de la NRA, qui a débuté le 16 juillet, continue jusqu’au 15 août.

La NRA est en train d’inspecter la centrale de Tomari à Hokkaïdô pour étudier le risque sismique et le risque volcanique.

Le mur de glace ne prend pas

Depuis avril dernier, TEPCo essaye, en vain, de construire un mur de glace dans une galerie souterraine pour bloquer les écoulements d’eau contaminée. Elle a augmenté le nombre de tuyaux avec du liquide réfrigérant, sans pouvoir bloquer les écoulements. En juillet, elle a essayé de verser de la glace dans l’eau de la tranchée pour abaisser sa température et favoriser le gel. Elle a commencé avec 2 tonnes par jour, sans plus de succès. Fin juillet, elle est passée à 15 tonnes par jour ! Elle est arrivée à un total de 58 tonnes de glace et un représentant de la compagnie a déclaré qu’il fallait voir si cela marche. Pas très optimiste comme déclaration. La compagnie va aussi essayer la neige carbonique. C’est du bricolage. D’autres personnes avaient proposé d’injecter du béton, plus simple et moins cher, mais TEPCo s’acharne avec son gel. La NRA s’impatiente.