La province de Shizuoka avait donné son accord à l’utilisation de combustible MOx dans le réacteur n°4 de la centrale de Hamaoka. C’était avant le 11 mars 2011. Le gouverneur a déclaré qu’il fallait considérer cet accord comme caduque. L’exploitant, Chubu Electric, devra à nouveau solliciter l’accord des mairies proches et de la province s’il veut utiliser ce combustible.
Il demande aussi à l’exploitant de prévoir un stockage à sec des combustibles usés. Il envisage, en particulier, la possibilité que l’usine de retraitement de Rokkashô ne démarre jamais et que le combustible usé qui y est déjà entreposé, soit renvoyé à Hamaoka.
Le combustible usé occupe 70% des capacités d’entreposage autour des réacteurs et à l’usine de retraitement. Les perspectives d’utilisation du plutonium qui y serait extrait sont très réduites : le surgénérateur Monju est en panne depuis 1995 et les réacteurs classiques tous arrêtés depuis au moins 8 mois. Peu redémarreront, et probablement sans MOx.
Si l’usine de retraitement ne démarre pas, le gouverneur d’Aomori a dit qu’il renverrait les combustibles usés et certains réacteurs ne pourront plus fonctionner faute de place d’entreposage.
Archives mensuelles : mai 2014
Réévaluation du terme source
Une équipe de chercheurs japonais a ré-estimé la quantité de césium 137 rejeté dans l’atmosphère par la catastrophe de Fukushima et trouve plus que ce qu’avait estimé TEPCo.
TEPCo avait estimé à moins de 13 600 TBq, la quantité totale de césium 137 rejetée. A titre de comparaison, c’était 85 000 TBq à Tchernobyl. L’équipe de recherche annonce entre 17 500 et 20 500 TBq et prétend qu’il s’agit du chiffre le plus probable.
D’autres estimations faites dans les premiers mois avaient trouvé plus.
Plus de 85% de ces rejets seraient allés vers l’océan, selon eux. Le rejet direct en mer est estimé, quant à lui, à 3 500 TBq. TEPCo avait 940 TBq et l’IRSN 22 000 TBq.
TEPCo a chaque fois l’estimation la plus basse. Un hasard sûrement…
(1 TBq = un térabecquerel = 1 million de millions de becquerels)
Nucléaires civil et militaire au Japon
Bon article du Japan Times sur les relations ambigües du Japon avec l’arme nucléaire.
KEPCo révise le risque sismique à Ôï
Kansaï Electric a finalement cédé et a revu à la hausse l’accélération potentielle qui pourrait secouer sa centrale d’Ôï en cas de séisme : c’est passé de 700 à 856 gal. Il va donc falloir renforcer les infrastructures, ce qui va prendre du temps. Le redémarrage n’est donc pas pour bientôt.
253 citoyens avaient porté plainte pour s’opposer au redémarrage de ces réacteurs et ils viennent d’être déboutés car il n’y a pas d’autorisation d’exploitation actuellement. Voir les explications de Greenaction Kyôto.
Le manga Oïshimbo fait scandale
Un des derniers épisodes d’un série de Manga qui existe depuis 1983 (Oïshimbo, 美味しんぼ), qui représente des saignements de nez après un séjour à la centrale de Fukushima, fait polémique au Japon. Des élus locaux, indignés, déclarent : « A cause de la publication de cet épisode, ce ne sont pas seulement les ex-habitants de Futaba mais aussi toutes les personnes de la région de Fukushima qui risquent d’être victimes de discrimination ». L’auteur se défend : « Tout le monde aurait sans doute été content de lire que Fukushima était sûr, sans problème et que la reconstruction avançait », mais « je ne peux raconter que la vérité ».
Le ministre de l’environnement y est aussi allé de son couplet : « Je ne peux pas comprendre l’intention de l’auteur ou ce qu’il veut dire ».
Katsutaka Idogawa, l’ancien maire de Futaba, qui est dessiné dans le manga, maintient les propos qui lui sont attribués : son nez a souvent saigné au début de la catastrophe, presque tous les jours. Il explique qu’il en est de même pour de nombreuses autres personnes à Fukushima. Il est donc hors de question, pour lui, de démentir ces faits. Sa santé ne regarde pas le ministre de l’environnement.
Aliments de Fukushima
Pour la première fois depuis le début de la catastrophe, des produits de la pêche en provenance d’Iwaki (Fukushima) ont été vendus à la célèbre criée Tsukiji de Tôkyô. Près 1,6 tonnes ont été vendues à des prix similaires à ceux d’avant la catastrophe, ce qui a mis du baume au cœur des pêcheurs.
Le Japon et l’OCDE ont commencé à développer une programme éducatif pour promouvoir la créativité, l’ingénuité… en mettant les élèves face à des problèmes difficiles. A Daté (Fukushima), il s’agissait de promouvoir les produits agricoles locaux.
Voir le Yomiuri.
Record du jour de la contamination
Record du jour de contamination de l’eau souterraine :
– dans le puits G3 situé près de la cuve qui a débordé en février 2014, il y a maintenant 1 400 Bq/L en tritium (prélèvement du 7 mai 2014).
Un sous-traitant porte plainte contre TEPCo
C’était le 24 mars 2011, 6 personnes, employées par un sous-traitant ou par un sous-sous-traitant, étaient allées dans les sous-sols du réacteur n°3 pour y installer des câbles électriques. Il y avait de l’eau qui n’était pas supposée être contaminée. Son origine devait être le tsunami. Or, il s’avère que c’était de l’eau de refroidissement fortement contaminée. Trois personnes ont pataugé dans la flaque jusqu’à la cheville et ont été fortement irradiées aux pieds. Jusqu’à 180 millisieverts. D’autres ont travaillé à côté, sans se méfier. Officiellement, il n’y avait pas de danger. Les ouvriers, à l’époque, n’avaient de dosimètre individuel car ils avaient été noyés par l’eau de mer. Ce n’est que plus tard, quand le scandale est paru dans la presse, que des dosimètres ont été apportés des autres centrales.
Une de ses personnes a décidé de porter plainte contre TEPCo et réclame 11 millions de yens (78 000 euros) d’indemnisation. Elle n’a pas été au contact direct avec l’eau contaminée, mais a travaillé à proximité pendant une heure et demie. Cet ouvrier estime avoir été exposé à plus de 20 mSv ce jour là alors que l’exposition était limitée à 10 mSv. TEPCo aurait dû être plus prudente, estime-t-il, car de l’eau radioactive avait déjà été découverte dans les sous-sols du réacteur n°1.
Il a 48 ans. C’est probablement la première fois qu’un travailleur porte plainte contre TEPCo suite à la catastrophe nucléaire.
Nouvelle organisation anti-nucléaire
Deux anciens premiers ministres du principal parti actuellement au pouvoir, Junichirô Koizumi et Morihiro Hosokawa, ont créé une nouvelle organisation anti-nucléaire au Japon à laquelle se sont associées d’autres personnalités politiques et médiatiques. L’un des deux avait récemment tenté, en vain, de devenir gouverneur de Tôkyô. Ils veulent soutenir les candidats aux élections qui s’opposent au nucléaire. Ils vont organiser plusieurs évènements pour rallier d’autres Japonais à leur cause.
Naraha veut plus de décontamination
Le conseil municipal de Naraha a demandé plus de décontamination avant d’envisager le retour des habitants, alors que les travaux sont officiellement terminés depuis mars dernier. Il demande que l’exposition externe soit inférieure à 1 mSv/an, que la décontamination de l’intérieur des maisons soit prise en charge par le gouvernement. La commune exige aussi la décontamination du barrage d’alimentation en eau potable où les sédiments sont fortement contaminés.