Nombreux records du jour de la contamination

Records du jour concernant la contamination de l’eau souterraine :
–    dans les puits 2-7 et 3-2, situés près des réacteurs, il y a maintenant 1 000 Bq/L et 2 600 Bq/L respectivement en bêta total (prélèvements du 14 mai). La contamination en césium de ce dernier puits et des puits voisins (3-3 et 3-4) bat aussi son propre record.
–    dans le puits 1-8, il y a maintenant 19 000 Bq/L en tritium (prélèvement du 12 mai).
–    dans le puits 1-14, il y a maintenant 3 300 Bq/L en bêta total (prélèvement du 15 mai).
–    la contamination en tritium de l’eau de mer le long du rivage bat aussi des records en trois points. Près de la prise d’eau des réacteurs 2 et 3, il y a désormais 1 900 Bq/L. Il y a 1 400 Bq/L un peu plus loin (prélèvements du 12 mai). Ces records ont, pour une fois, intéressé les médias. Peut-être parce que cela a dépassé la limite fixée par TEPCo pour les rejets en mer qui est de 1 500 Bq/L pour le tritium. Celle pour le césium est dépassée depuis longtemps…
– dans le puits G3, situé près de la cuve qui a débordé en février 2014, il y a maintenant 36 Bq/L en bêta total (prélèvement du 13 mai 2014).

Les dernières données sur l’eau de mer publiées par la NRA montrent que la concentration en césium est toujours plus forte au pied des réacteurs qu’un peu plus loin, montrant par là que les fuites dans l’océan continuent.

TEPCo a mis en ligne une vidéo promotionnelle en anglais qui montre les efforts faits pour installer des cuves qui arrivent par la mer construites sur le site de la centrale. Il a fallu refaire toute la voirie pour pouvoir les transporter du port à leur lieu de stockage. Ces cuves font 700 m3 chacune.

Bilan de la décontamination

En dehors des zones évacuées, ce sont les communes qui sont en charge de la décontamination, financée par le gouvernement. Le ministère de l’environnement a fait un bilan de l’avancement des travaux dans 58 communes situées dans 7 provinces. Pour 42 d’entre elles, les travaux sont terminés, ou presque terminés. Cela fait 70%. 16 n’ont pas réussi à finir dans les temps, à savoir avant la fin mars 2014. 12 ont donc demandé une extension du soutien financier gouvernemental pour une durée qui va de un à trois ans. Les délais sont dus au fait qu’il y a plus d’habitations à décontaminer qu’initialement prévu.
En revanche, il n’y a toujours pas de solution pour les déchets engendrés.
Le document du ministère de l’environnement est ici en anglais.

Dépassement d’horaires de travail

Un sous-sous-traitant de TEPCo vient de recevoir un avertissement pour avoir forcé ses employés à travailler plus de 10 heures par jour, en violation du droit du travail japonais pour les travaux sous rayonnement. Le sous-traitant, Hazama Ando Corp., est impliqué dans la construction de cuves pour l’eau contaminée.
On ne sait rien sur le nombre de personnes concernées ni depuis quand de telles pratiquent perdurent, la compagnie refusant de répondre aux questions des médias.
Ce n’est pas la première fois que cette limite de 10 heures est dépassée.

8 mois sans nucléaire et pas de redémarrage en vue

Le 15 mai, le Japon sera sans énergie nucléaire depuis 8 mois consécutifs. Le président de la NRA a expliqué que si les procédures de redémarrage prenaient tant de temps, ce n’était pas de la faute des autorités, mais des exploitants. Il ajoute que ses agents travaillent dur, mais que les réponses des exploitants à leurs questions tardent à venir.
Il ne peut toujours pas dire quand les deux réacteurs de Sendaï (Kagoshima) seront autorisés à redémarrer. 7 000 pages de documents ont déjà été analysées, mais il y a encore des lacunes. Le calendrier est dans les mains des exploitants.
Cela fait exactement 3 ans que la centrale de Hamaoka (Shizuoka) est arrêtée. Un dossier de demande de redémarrage a été déposé pour un des réacteurs, mais les élus locaux restent très réservés, voire opposés, même si la NRA donne son feu vert.
Le Maïnichi a interrogé les 11 maires dont les communes sont à moins de 30 km de la centrale et leur a demandé si les mesures de sûreté nationales sont suffisantes : 6 ont répondu « non » et 5 « autre ». Aucun n’a choisi « oui ».
L’exercice de crise du mois dernier, n’a été qualifié d’ « utile » que par 4 maires. Un des maires dit qu’il ne s’agit que d’un exercice bureaucratique très éloigné de la réalité.
7 communes se plaignent du manque d’information de la part de l’exploitant.

Le gouvernement a demandé aux producteurs d’électricité de réviser leurs centrales électriques avant l’été pour qu’il n’y ait pas de panne pendant les pics de demande au moment le plus chaud de l’année. La situation pourrait être tendue dans l’Ouest du pays, qui dépend plus du nucléaire, en cas de panne. Et le transfert d’électricité depuis l’Est est limité par le fait que la fréquence n’y est pas la même. C’est 50 Hz d’un côté et 60 Hz de l’autre.
En revanche, comme l’an dernier, le gouvernement ne fixera pas d’objectif en terme d’économie d’énergie.

Pompages et contamination de l’eau

TEPCo a commencé à pomper l’eau souterraine en amont des réacteurs, la stocke dans des cuves tampons et veut commencer à la rejeter en mer à partir du 20 mai. Un laboratoire tiers a fait une analyse et a trouvé 0,039 Bq/L pour le césium 137 et 230 Bq/L pour le césium. C’est donc dans les limites que TEPCo s’est fixées grâce à la dilution. Le premier rejet devrait être de 600 tonnes.
Rien n’est dit sur l’impact du pompage sur la contamination des sous-sols des réacteurs. Est-ce qu’il y a toujours 400 m3/j qui y pénètrent et se contaminent ?
Les résultats de mesure sont ici en anglais sur le site du ministère de l’industrie, et ici en anglais sur celui de TEPCo.

Caroline Kennedy, fille de JFK et ambassadrice des Etats-Unis au Japon, a visité la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi avec son fils âgé de 21 ans. Cela permet d’avoir un bilan dans les médias : il y a entre 1 200 et 1 300 cuves pleines d’eau contaminée, avec un total de 450 000 m3. TEPCo espère atteindre une capacité de stockage de 800 000 tonnes d’ici deux ans.

Records du jour de la contamination de l’eau souterraine et de l’eau de mer :
–    dans le puits de contrôle G3, situé près de la cuve qui a débordé en février dernier, il y a maintenant 1 700 Bq/L en tritium (prélèvement du 12 mai 2014).
–    dans la mer, près de la prise d’eau des réacteurs 1 et 2, il y a maintenant 4 100 Bq/L en tritium (prélèvement du 11 mai 2014).

Restitution de J-Village

J-Village, une ancienne base d’entraînement de foot située à 20 km de la centrale de Fukushima, a été transformée en camp retranché de TEPCo pour gérer l’accident. Le gouvernement persiste à vouloir lui rendre son rôle d’origine avant les JO de 2020. Il espère que l’équipe japonaise de foot et des équipes étrangères viendront s’y entraîner.
TEPCo approuve et veut rendre le site en 2018 pour qu’il soit utilisable à partir de 2019.

Oïshimbo : nouvel opus, nouveaux scandales

Le nouvel opus du manga Oïshimbo (美味しんぼ, qui signifie gourmet) est paru ce jour et parle encore des conséquences de la catastrophe de Fukushima. Le précédent opus avait déjà fait scandale.

Selon l’AFP, on peut notamment y lire qu’on ne peut vivre dans cette région en sûreté, qu’on n’enlève pas la radioactivité même en décontaminant, que la cause des saignements de nez est bien l’irradiation et que des habitants d’Ôsaka où ont été incinérés des déchets des environs de Fukushima souffrent aussi de divers maux… Tous ces propos sont tenus pas des personnages bien réels qui apparaissent sous leur vrai nom.
Le gouverneur de Fukushima est furieux car il s’agit, selon lui, de rumeurs non fondées. Les autorités d’Ôsaka aussi et démentent les propos tenus par Eisuke Matsui. Le quotidien conservateur, Yomiuri, qui fait un édito par mois pour appeler au redémarrage rapide des réacteurs nucléaires, parle de Manga « anti-nucléaire ».
Malgré les nombreuses protestations, le scénariste, âgé de 72 ans, va continuer à parler de la catastrophe de Fukushima. Il assume la responsabilité de son œuvre et appelle ses critiques à ne pas harceler l’éditeur. Ce dernier a déjà mis en ligne une précision relative aux saignements de nez, expliquant qu’il n’est pas établi de lien avec les radiations. Il va mettre un ligne une mise au point la semaine prochaine, avec l’avis de nombreux experts.

Plusieurs records de la contamination de l’eau

Records du jour de la contamination de l’eau souterraine :
–    dans le puits de contrôle 1-6, il y a maintenant 860 000 Bq/L en bêta total (prélèvement du 8 mai 2014).
–    dans le puits de contrôle 3-3, il y a maintenant 8 000 Bq/L en tritium. En ce qui concerne l’eau souterraine qui est pompée entre les réacteurs 2 et 3, la contamination tritium est passée à 5 500 Bq/L (prélèvements du 7 mai 2014).
–    la contamination de l’eau de mer atteint maintenant 1 600 Bq/L près de la prise d’eau pour les réacteurs 1 et 2 (prélèvement du 11 mai 2014).
–    la contamination en tritium de l’eau pompée en amont des réacteurs atteint désormais 72 Bq/L (prélèvement du 8 mai 2014).